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	<title>trouble &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Algérie : Macron sème le trouble en affichant son soutien au président Tebboune</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Nov 2020 12:49:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Soutien à un président "courageux", "transition" et "stabilité" : en quelques mots Emmanuel Macron a enflammé une relation qu'il s'efforçait d'apaiser avec l'Algérie, braquant l'opposition politique et les médias algériens contre lui.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le président français a déclaré à l&rsquo;hebdomadaire Jeune Afrique qu&rsquo;il fera tout son possible « pour aider le président Tebboune », le jugeant « courageux », alors que son homologue reste contesté dans la rue et dans les urnes.</p>
<p>« Ingérence », « néocolonialisme », Emmanuel Macron se croit « autorisé à distribuer des certificats de légitimité », ont aussitôt déploré partis d&rsquo;opposition et militants du mouvement de contestation populaire du « Hirak ».</p>
<p>Dans une lettre au vitriol publiée sur son compte Facebook, l&rsquo;opposant Karim Tabbou, figure centrale du Hirak, l&rsquo;a interpellé directement.</p>
<p>« Au nom de quelle valeur, quelle morale et quel principe démocratique, pouvez-vous justifier votre caution à un pouvoir arrogant qui emprisonne des journalistes, bafoue les libertés publiques et soumet la justice à son diktat », a-t-il martelé.</p>
<p>Né d&rsquo;un immense ras-le-bol des Algériens, le Hirak a poussé à la démission du président Abdelaziz Bouteflika en 2019, après 20 ans de règne autocratique, et réclame un profond changement du « système » en place depuis l&rsquo;indépendance en 1962. En vain jusqu&rsquo;à présent.</p>
<p>Les autorités algériennes ciblent quotidiennement depuis des mois militants, opposants politiques, journalistes et internautes, multipliant interpellations, poursuites judiciaires et condamnations, afin d&#8217;empêcher une reprise du mouvement, suspendu par la crise du Covid-19.</p>
<h2> « Bien choisir ses mots »</h2>
<p>Tétanisée pour des raisons historiques par la relation avec Alger, la diplomatie française calibre au millimètre chaque déclaration afin de ménager toutes les susceptibilités à l&rsquo;égard de l&rsquo;ancienne puissance coloniale, au risque de paraître souvent bien frileuse sur les droits de l&rsquo;Homme.</p>
<p>Dans la relation avec Alger, « il faut bien choisir ses mots », « le président Macron les a malheureusement mal choisis, ils sont maladroits et contreproductifs », estime Hasni Abidi, directeur du Centre d&rsquo;études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève.</p>
<p>« On a l&rsquo;impression qu&rsquo;il ne reconnaît pas ce qu&rsquo;il se passe, qu&rsquo;il soutient un pouvoir discrédité par la population et minimise la portée du mouvement populaire », ajoute-t-il.</p>
<p>En coulisse, un proche du chef de l&rsquo;Etat dément toute prise de position contre le Hirak &#8211; « il reste extrêmement sensible à ce qu&rsquo;il se passe en Algérie », dit-il &#8211; et relève avant tout une « manifestation d&rsquo;amitié envers le peuple algérien et son président » en pleine crise sanitaire.</p>
<p>Certains veulent aussi voir une main tendue de la France au président Tebboune face à une partie de la hiérarchie militaire.</p>
<p>Mal élu en décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune souffre d&rsquo;un déficit de confiance confirmé par une abstention historique lors du référendum constitutionnel du 1er novembre, son projet-phare, et est éloigné du pouvoir depuis un mois, hospitalisé en Allemagne pour cause de Covid.</p>
<p>« Tout le monde n&rsquo;a pas forcément intérêt à ce qu&rsquo;il réussisse », il n&rsquo;est pas à l&rsquo;abri d&rsquo;une « destitution par les militaires », relèvent certains commentateurs à Paris comme Alger.</p>
<h2>« Je t&rsquo;aime moi non plus »</h2>
<p>L&rsquo;absence du président a éveillé le spectre, pour beaucoup d&rsquo;Algériens, de la vacance du pouvoir lors des hospitalisations à l&rsquo;étranger d&rsquo;Abdelaziz Bouteflika après son grave accident vasculaire cérébral en 2013.</p>
<p>« Tout cela rappelle l&rsquo;humiliation du règne de Bouteflika, le quatrième mandat, le soutien de la France aussi à ce règne », observe Brahim Oumansour, chercheur à l&rsquo;Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris) à Paris.</p>
<p>« Soutenir Tebboune en ce moment, alors qu&rsquo;il y a des incertitudes sur l&rsquo;avenir de sa présidence, c&rsquo;est une prise de risque », analyse-t-il.</p>
<p>Au final selon lui, en ménageant Alger, la France reste avant tout soucieuse de préserver ses intérêts, à commencer par la coopération sécuritaire au Sahel.</p>
<p>Mais pour Paris, tout n&rsquo;est que prise de risque dans une relation qui n&rsquo;est toujours pas dépassionnée, 60 ans après l&rsquo;indépendance.</p>
<p>De ce point de vue là, « intervenir sur les droits de l&rsquo;Homme, c&rsquo;est cocher toutes les cases de la catastrophe politique et diplomatique. Ils sont hypersensibles à cela », pointe un observateur français.</p>
<p>Le président Macron a bien esquissé dans son interview une critique de la répression du Hirak &#8211; « il y a aussi des choses qui ne sont pas dans nos standards et que nous aimerions voir évoluer », a-t-il dit &#8211; mais ses propos, très sibyllins, sont passés inaperçus.</p>
<p>Le régime a construit sa légitimité autour du sentiment antifrançais, qu&rsquo;il continue d&rsquo;agiter. Et le contentieux autour de la mémoire de la guerre d&rsquo;Algérie reste vif, malgré les appels à la réconciliation du président Macron.</p>
<p>« Même si on se taisait on interprèterait le silence ! Avec l&rsquo;Algérie, c&rsquo;est toujours +je t&rsquo;aime moi non plus+. Trouver la pertinence ce n&rsquo;est jamais simple », résume un responsable gouvernemental français.</p>
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