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	<title>Tri des malades &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Faire le « tri » entre les malades, fardeau quotidien des réanimateurs</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Mar 2020 11:34:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Coronavirus ou pas, choisir de placer ou non un malade sous respirateur artificiel est le lot quotidien des médecins réanimateurs. Mais l&#8217;épidémie actuelle risque de les contraindre à un « tri » à grande échelle soulevant des questions éthiques. La pandémie de Covid-19 a déjà fait plus de 12.000 morts dans le monde et plus de 290.000 &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3 class="txt-title">Coronavirus ou pas, choisir de placer ou non un malade sous respirateur artificiel est le lot quotidien des médecins réanimateurs. Mais l&rsquo;épidémie actuelle risque de les contraindre à un « tri » à grande échelle soulevant des questions éthiques.</h3>
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<p>La pandémie de Covid-19 a déjà fait plus de 12.000 morts dans le monde et plus de 290.000 cas sont officiellement répertoriés.</p>
<p>Et les malades graves nécessitent une réanimation très lourde, provoquant une saturation des hôpitaux dans certains pays, qui pourraient s&rsquo;étendre à d&rsquo;autres. Dans ces conditions, quel patient doit bénéficier d&rsquo;un respirateur ?</p>
<p>Des consignes de bonnes pratiques existent depuis longtemps, veulent rassurer les réanimateurs.</p>
<p>« On ne part pas de zéro, ce sont des décisions qu&rsquo;on prend tous les jours », explique à l&rsquo;AFP Bertrand Guidet, chef du service de médecine intensive réanimation à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.</p>
<p>Pour faire ce choix, trois critères d&rsquo;évaluation, qui s&rsquo;appliquent aussi pour le coronavirus: « le souhait du patient », son état de santé général et la gravité de la maladie, précise-t-il.</p>
<p>Concernant le souhait du malade, le médecin appelle d&rsquo;ailleurs les familles à en discuter en amont, parce que la réanimation est « très lourde » pour les cas graves de covid-19, avec des séquelles importantes possibles en cas de survie notamment pour les plus fragiles.</p>
<p>« Vous vous retrouvez pendant trois semaines avec une machine qui respire pour vous, vous êtes endormis, vous êtes paralysés avec des curares », insiste-t-il.</p>
<p>Ainsi, qu&rsquo;il y ait ou non assez de place, la réanimation peut être « déraisonnable », insistent les experts, notant que les malades peuvent alors être orientés vers les soins palliatifs.</p>
<p>Mais en cas de crise, des tremblements de terre aux vagues d&rsquo;attentats, et bien sûr pour le coronavirus, les critères de réanimation peuvent se durcir, avec un afflux de patients face à des moyens limités.</p>
<p>« Oui, on va être appelé à prioriser les malades. Si on reprend les termes du président (français) Emmanuel Macron, on est en guerre, et bien ça s&rsquo;appelle du tri, comme sur le champ de bataille où on laisse des blessés graves parce qu&rsquo;on pense qu&rsquo;ils vont mourir », souligne le Dr Guidet.</p>
<p>« A ce moment-là, on donne le respirateur à celui qui a le plus de chance de survie », explique à l&rsquo;AFP le Dr Philippe Devos, réanimateur à Liège, en Belgique.</p>
<h2>&#8211; « Poids moral énorme » &#8211;</h2>
<p>« Dans la mesure des moyens disponibles, on essaiera que ce ne soit pas de la loterie », poursuit-il, mettant en avant un ensemble de critères à associer, comme l&rsquo;âge et les maladies sous-jacentes.</p>
<p>Alors que le nombre de malades se multiplie, il faut également « tenir dans la durée », souligne le Dr Guidet. « Il ne faut pas que les malades qui se présentent maintenant soient privilégiés par rapport à ceux qui vont arriver dans une semaine ou 15 jours, il ne faut pas tout saturer tout de suite ».</p>
<p>En Italie, pays désormais le plus touché au monde, les hôpitaux sont déjà saturés et les médecins font ce qu&rsquo;ils peuvent.</p>
<p>« On ne peut pas tenter d&rsquo;obtenir un miracle (&#8230;) On essaie de sauver seulement ceux qui ont une chance », racontait récemment au Corriere della Serra Christian Salaroli, réanimateur dans un hôpital de Bergame. « On décide par âge, par condition de santé. Comme dans toutes les situations de guerre ».</p>
<p>Début mars, face à la saturation des hôpitaux italiens, la Société italienne d&rsquo;anesthésie, réanimation et soins intensifs envisageait même une limite d&rsquo;âge pour l&rsquo;admission en soins intensifs.</p>
<p>Une recommandation qui ne fait pas l&rsquo;unanimité. « L&rsquo;âge seul, non », martèle le Dr Guidet, racontant avoir admis en réanimation une malade grave du Covid-19 âgée de 85 ans, sans aucun antécédent et parfaitement autonome jusque-là. Alors qu&rsquo;un quarantenaire atteint d&rsquo;une cirrhose au dernier degré et qui continue à boire n&rsquo;y aurait pas sa place.</p>
<p>Ce sont les mêmes principes que pour les listes d&rsquo;attentes des greffes d&rsquo;organe, commente Arthur Caplan, de l&rsquo;école de médecine Groceman de l&rsquo;Université de New York.</p>
<p>« Des gens meurent tous les jours depuis des décennies parce qu&rsquo;ils ne peuvent être transplantés », souligne le spécialiste de bioéthique à l&rsquo;AFP. « Nous n&rsquo;avons pas assez d&rsquo;organes (&#8230;), le système est d&rsquo;en donner à la personne qui a le plus de chance de s&rsquo;en sortir ».</p>
<p>Mais pour le coronavirus, malgré les règles ou recommandations, à la fin, c&rsquo;est le réanimateur aux commandes qui prendra la décision, parfois en pleine nuit et en urgence, seul ou en équipe, estime-t-il.</p>
<p>Un « poids moral énorme » à porter, souligne le Dr Devos. « On fait de la médecine pour soulager les gens. Pas pour faire des choix sur qui peut vivre ».</p>
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