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		<title>Erdogan dos au mur en Syrie après la mort de plus de 30 soldats turcs</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Feb 2020 14:35:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le président Recep Tayyip Erdogan se trouvait vendredi dos au mur en Syrie après la mort de 33 soldats turcs dans la province d'Idleb, où il aura du mal à renverser un rapport de force favorable au régime syrien protégé par la Russie.]]></description>
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<p>Ankara a beau avoir lancé des représailles meurtrières contre les forces du régime de Bachar al-Assad, il risque de perdre gros s&rsquo;il s&rsquo;engage dans une escalade à long terme, faute de pouvoir compter sur un appui occidental déterminant.</p>
<p>Pour tenter d&rsquo;obtenir davantage de soutien de l&rsquo;Union européenne face au puissant allié russe de Damas, M. Erdogan a une nouvelle fois joué la carte des réfugiés. Ankara a annoncé qu&rsquo;il ne stopperait plus les migrants qui cherchent à se rendre en Europe depuis la Turquie, réveillant le spectre de la grave crise migratoire de 2015.</p>
<p>« La Turquie n&rsquo;a ni les moyens militaires, ni les ressources humaines pour poursuivre l&rsquo;escalade en cours a Idleb », estime Jana Jabbour, experte de la Turquie à Sciences Po Paris.</p>
<p>Outre l&rsquo;aspect militaire, M. Erdogan doit, selon l&rsquo;analyste, tenir compte de l&rsquo;opinion publique en Turquie, « qui risque de se retourner contre lui si le nombre de soldats turcs tués en Syrie augmente ».</p>
<p>« La menace d&rsquo;ouvrir les frontières de l&rsquo;Europe aux migrants est un moyen très efficace pour mettre la pression sur l&rsquo;UE pour qui un afflux supplémentaire de réfugiés représente un scénario cauchemardesque », ajoute-t-elle.</p>
<p>La récente escalade à Idleb, dernier bastion contrôlé par des rebelles pro-turcs et des jihadistes en Syrie, a fait voler en éclats l&rsquo;entente entre Ankara et Moscou qui coopéraient étroitement depuis 2016 pour faire cesser les combats en Syrie en dépit de leurs intérêts divergents.</p>
<h2>&#8211; « Aucune option convenable » &#8211;</h2>
<p>Après avoir demandé, jusqu&rsquo;ici en vain, le déploiement sur son sol de systèmes de défense américains Patriot, la Turquie a appelé vendredi la communauté internationale à mettre en place une zone d&rsquo;exclusion aérienne dans le nord-ouest de la Syrie pour empêcher les avions du régime syrien et de son allié russe de mener des frappes.</p>
<p>Les représentants des pays membres de l&rsquo;Otan se sont réunis en urgence vendredi, à la demande de Turquie, en vertu de l&rsquo;article 4 du traité pouvant être invoqué par un allié « qui estime que son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité est menacée ».</p>
<p>Mais à l&rsquo;issue de la réunion, les membres de l&rsquo;Alliance n&rsquo;ont annoncé aucune mesure concrète, se bornant à exprimer leur solidarité avec Ankara.</p>
<p>Selon Sinan Ulgen, directeur du centre de réflexion Edam à Istanbul, la Turquie a peu de chances d&rsquo;obtenir un soutien militaire de l&rsquo;Otan, surtout après se l&rsquo;être mise à dos en se rapprochant de Moscou et en achetant le système de défense antiaérienne russe S-400.</p>
<p>Il estime que la Turquie ne dispose d&rsquo;aucune « option convenable » en Syrie, soulignant que les frappes du régime jeudi ont « exposé la vulnérabilité de la position turque faute d&rsquo;avoir la supériorité dans les airs ».</p>
<p>« En d&rsquo;autres mots, les troupes turques resteront exposées à des frappes aériennes comme celles d&rsquo;hier », ajoute-t-il.</p>
<p>Dans ce contexte, la Turquie pourrait, selon M. Ulgen, être contrainte d&rsquo;accepter un arrangement avec la Russie pour garder seulement le contrôle d&rsquo;une « petite zone le long de la frontière turque dans laquelle s&rsquo;entasseront les troupes turques et près d&rsquo;un million de déplacés syriens ».</p>
<p>« Erdogan est confronté à des choix extrêmement difficiles qui comportent tous des risques majeurs », abonde Yezid Sayigh, chercheur au Carnegie Middle East Center. « Il ne peut pas ne pas riposter aux attaques directes du régime, mais il doit en même temps éviter d&rsquo;aller trop loin dans l&rsquo;escalade ».</p>
<p>Bien qu&rsquo;elle soit « spectaculaire », l&rsquo;escalade actuelle « est probablement une tactique de négociations à haut risque qui débouchera sur une nouvelle entente russo-turque au sujet d&rsquo;Idleb », estime-t-il.</p>
<p>« En bref, je ne pense pas qu&rsquo;il aura une guerre totale, ni que la Turquie va de nouveau se rapprocher de l&rsquo;Otan », ajoute-t-il.</p>
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