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	<title>radical &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>radical &#8211; Atlasinfo</title>
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	<item>
		<title>Le Conseil d&#8217;Etat confirme la dissolution de BarakaCity et la fermeture de la mosquée de Pantin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Nov 2020 12:35:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[BarakaCity]]></category>
		<category><![CDATA[Idriss Sihamedi]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[mosquée de Pantin]]></category>
		<category><![CDATA[radical]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Paty]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Conseil d'Etat a confirmé mercredi la dissolution de l'ONG BarakaCity et la fermeture temporaire de la mosquée de Pantin, estimant comme le gouvernement qu'elles avaient diffusé des messages incitant à la haine voire à des actes terroristes.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les avocats de l&rsquo;ONG et de la mosquée ont dénoncé des décisions « injustes », accusant la plus haute juridiction administrative d&rsquo;avoir suivi « sans sourciller » les arguments de l&rsquo;Etat alors que celui-ci n&rsquo;a selon eux apporté « aucune preuve » de leur proximité avec l&rsquo;islamisme radical.</p>
<p>Le gouvernement avait ordonné la fermeture pour six mois de la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis) le 21 octobre et dissout une semaine plus tard BarakaCity à la suite de l&rsquo;assassinat du professeur Samuel Paty par un jeune islamiste radicalisé.</p>
<p>La mosquée de Pantin s&rsquo;est retrouvée dans la tourmente pour avoir diffusé, le 9 octobre, la vidéo d&rsquo;un père d&rsquo;élève du collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné après un cours sur la liberté d&rsquo;expression de M. Paty qui y avait montré les caricatures de Mahomet à ses élèves. Cette vidéo avait été à l&rsquo;origine de l&rsquo;engrenage qui a conduit à l&rsquo;assassinat du professeur d&rsquo;histoire-géographie le 16 octobre.</p>
<p>La Fédération musulmane de Pantin, qui assure la gestion du lieu de culte, avait alors saisi le Conseil d&rsquo;Etat. Lors de l&rsquo;audience lundi, son président M&rsquo;hammed Henniche avait estimé avoir donné des « gages » afin d&rsquo;obtenir une réouverture plus rapide.</p>
<p>Mais le juge des référés du Conseil d&rsquo;Etat a notamment jugé que « les propos tenus par les responsables de la Grande mosquée de Pantin et les idées ou théories diffusées en son sein constituent une provocation, en lien avec le risque de commission d&rsquo;actes de terrorisme, à la violence, à la haine ou à la discrimination », justifiant sa fermeture administrative.</p>
<p>Il a toutefois précisé que la fédération pourra demander sa réouverture « lorsqu&rsquo;elle estimera avoir pris les mesures » permettant d&rsquo;éviter de nouveaux « dysfonctionnements ».</p>
<p>Les avocats de la fédération, William Bourdon et Vincent Brengarth, se sont dits stupéfaits d&rsquo;entendre que « la mosquée serait devenue un lieu de rassemblement » pour la « mouvance islamique radicale » alors qu&rsquo;elle avait jusque-là toujours « été érigée en exemple par les pouvoirs publics ». Ils ont également déploré qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas été tenu compte des « arguments et garanties apportés », parmi lesquelles le départ de l&rsquo;imam.</p>
<p>Le conseil d&rsquo;Etat avait examiné lundi les requêtes en référé de la mosquée de Pantin et de l&rsquo;ONG BarakaCity, elle aussi défendue par Me Bourdon et Me Brengarth.</p>
<p>Il a également rejeté celle de BarakaCity, une décision saluée par le ministre de l&rsquo;Intérieur Gérald Darmanin qui a estimé sur Twitter que l&rsquo;ONG « banalisait les actes terroristes ».</p>
<p>Le gouvernement avait dissout cette organisation en l&rsquo;accusant d' »inciter à la haine », de « justifier des actes terroristes » et d&rsquo;avoir des liens avec « la mouvance islamiste radicale ».</p>
<p>Le gouvernement comme le Conseil d&rsquo;Etat ont notamment épinglé les messages publiés sur les réseaux sociaux par le fondateur et président de BarakaCity, Idriss Sihamedi. Notamment un tweet où il dénonçait la republication de caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo: « Qu&rsquo;Allah maudisse Charlie et enflamme leurs tombes à la chaleur du soleil !! »</p>
<p>Ces messages « peuvent être imputés à l&rsquo;association elle-même et constituent des discours pouvant justifier une dissolution », a estimé le Conseil d&rsquo;Etat.</p>
<p>L&rsquo;ONG s&rsquo;est aussitôt insurgée contre une décision « injuste », regrettant sur Twitter que le Conseil d&rsquo;Etat ait été dans le sens du ministère de l&rsquo;Intérieur « malgré la légèreté des arguments avancés » par ce dernier, et sans de soucier de l&rsquo;avenir de ses 47 salariés et des « 2 millions » de démunis qui, selon elle, bénéficient de ses programmes dans le monde.</p>
<p>BarakaCity a ajouté que ses avocats allaient saisir la Cour européenne des droits de l&rsquo;Homme (CEDH) et précisé que son siège, actuellement dans l&rsquo;Essonne, était en cours de déménagement à l&rsquo;étranger. Elle avait évoqué dernièrement la possibilité de l&rsquo;installer en Turquie.</p>
<p>Présent à l&rsquo;audience lundi, Idriss Sihamedi avait nié toute radicalité, condamné le terrorisme et concédé des « tweets maladroits » sur Charlie Hebdo. Son association, populaire notamment chez des jeunes musulmans de région parisienne, avait fait l&rsquo;objet ces dernières années d&rsquo;une enquête approfondie des autorités pour financement du terrorisme, classée sans suite faute d&rsquo;éléments probants.</p>
<p>L&rsquo;ONG fait partie, avec le collectif « Cheikh Yassine » et le Collectif contre l&rsquo;islamophobie en France (CCIF), des trois organisations dont le gouvernement a annoncé la dissolution depuis la mort de Samuel Paty.</p>
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		<title>L&#8217;ambassade du Maroc à Paris dément catégoriquement toute relation avec Abdelhakim Sefrioui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2020 15:11:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhakim Sefrioui]]></category>
		<category><![CDATA[ambassade]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[radical]]></category>
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					<description><![CDATA[L'ambassade du Maroc à Paris a catégoriquement démenti toute relation avec Abdelhakim Sefrioui, figure de l'islam radical en France. L'individu est en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat odieux de l'enseignant Samuel Paty.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Interrogé lundi par Atlasinfo après la publication par des médias d&rsquo;une information sur une supposée proximité entre Abdelhakim Sefrioui et l&rsquo;ambassade du Maroc à Paris, celle-ci « a catégoriquement démenti » toute relation avec cet individu, qualifiant cette information d&rsquo;allégation malveillante.</p>
<p>« Sefrioui n&rsquo;est pas connu de l&rsquo;ambassade ni des consulats généraux. Aucun signalement n&rsquo;a été effectué par les autorités françaises à l&rsquo;ambassade du Maroc en France ni », a déclaré à Atlasinfo une source autorisée au sein de la chancellerie marocaine.</p>
<p>« Ce sont les autorités françaises qui lui ont accordé la nationalité. Les idées qu&rsquo;il défend vont à l&rsquo;encontre de la doctrine de l&rsquo;Islam tel que prôné par le Royaume du Maroc », a-t-on ajouté de même source.</p>
<p>Samuel Paty a été décapité en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine en région parisienne, sur le trajet entre son collège et son domicile vendredi après-midi et son agresseur, un Russe tchétchène, a été tué par la police.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/abdelhakim-sefrioui-quelles-sont-ses-accointances-avec-le-mur-bras-ideologique-du-pjd.html"><span class="post-title">Abdelhakim Sefrioui: quelles sont ses accointances avec le MUR, bras idéologique du PJD ?</span></a></p>
<p>Le père d&rsquo;une élève, Brahim Chnina,  avait dès le 7 octobre appelé sur Facebook à la mobilisation contre l&rsquo;enseignant. Dans une vidéo du 12 octobre diffusée sur Youtube, le père de l&rsquo;élève, accompagné sur la vidéo de l&rsquo;islamiste radical Abdelhakim Sefrioui, très remonté, cible l&rsquo;enseignant et fait témoigner sa fille.</p>
<p>Brahim Chnina et le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui « ont manifestement lancé une fatwa » contre le professeur Samuel Paty pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet, a déclaré lundi le ministre de l&rsquo;Intérieur, chargé des Cultes,  Gérald Darmanin.</p>
<p>« Ils ont manifestement lancé une fatwa contre le professeur », a indiqué le ministre de l&rsquo;Intérieur sur Europe 1, en désignant les deux hommes, qui font partie des onze personnes gardées à vue dans l&rsquo;enquête sur cet attentat perpétré vendredi.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>« Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs », selon le fondateur d&#8217;Al Adl Wal Ihssane</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/decryptages/il-ny-aura-pas-de-resurrection-jusqua-ce-que-les-musulmans-tuent-les-juifs-selon-le-fondateur-dal-adl-wal-ihssane/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2020 19:04:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[André Azoulay]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamiste]]></category>
		<category><![CDATA[jamaâ]]></category>
		<category><![CDATA[jihad]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[Qawma]]></category>
		<category><![CDATA[radical]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[La stratégie de conquête de l’attention d’Al Adl Wal Ihssane a été construite autour de la non-violence du mouvement. L’ouragan de mots destiné à bâtir une image médiatico-politique basée sur le pacifisme, a été nourri pendant plus de quatre décennies avec des méthodes de propagande suffisamment remarquables pour qu’elles réussissent à reléguer à un second plan les écrits bellicistes de son fondateur, Abdessalam Yassine. L’apologie qu’il fait du Jihad et son antisémitisme, sont deux des piliers de la doctrine que le prédicateur développe dans ses livres, en particulier « La Sunna d’Allah ». Il constitue un « guide-à-penser » d’une telle brutalité, que l’on ne peut que s’interroger sur les grandes manœuvres médiatiques et politiques destinées à mettre un vernis d'irréprochabilité sur la Jamaâ. L’ambition de cet article est d’aider nos lecteurs à prendre connaissance et décrypter les messages pernicieux et dangereux du mouvement islamiste radical qui aspire à une conquête du pouvoir.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« On nous diabolise et on essaye de nous faire passer pour de méchants islamistes et des obscurantistes. Ce sont des clichés ; les Américains nous soutiennent parce ce qu’ils ne veulent plus de dérives autoritaires ». Ces propos, extraits d’une interview parue dans « La Libre.be » le 6 mai 2006, sont signés de Nadia Yassine. Il n’est pas certain que celle qui fut surnommée « la pasionaria » du mouvement Al Adl Wal Ihssane (Justice et Bienfaisance) aurait prononcé ces propos aussi facilement si Martin Buxant, le journaliste qui l’a interviewée, avait pris connaissance du contenu des écrits de son père, le fondateur de la Jamaâ.</p>
<figure id="attachment_208498" aria-describedby="caption-attachment-208498" style="width: 349px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-208498" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/nadiatou2.jpg" alt="" width="349" height="232" /><figcaption id="caption-attachment-208498" class="wp-caption-text">Nadia Yassine</figcaption></figure>
<p>Celle qui fût la porte-parole du mouvement avant que ses condisciples au sein de la Jamaâ ne décident de l’écarter après une obscure histoire d’adultère, était  un symbole de cette ère des grandes manipulations médiatiques de la Jamaâ. Les méthodes d’influence et de persuasion utilisées par Al Adl Wal Ihssane ont indéniablement contribué à attirer l’attention de médias et de responsables politiques étrangers autour de ce mouvement qui se présentait comme non-violent, au moment où plusieurs capitales étaient endeuillées par des vagues d’attentats perpétrés par des mouvements terroristes se revendiquant de l’Islam.</p>
<p>D’un côté, le besoin de comprendre et d’informer pour les journalistes, et de l’autre, l’idée selon laquelle il valait peut-être mieux composer avec ces mouvements, voire même les aider à accéder au pouvoir. Ce fut le cas des démocrates aux Etats-Unis, par exemple.</p>
<h2>Non, ce n’est pas un mouvement non-violent</h2>
<p>La littérature du maître à penser d’Al Adl Wal Ihssane est bien plus brutale et choquante que les phrases toutes faites et les slogans sur lesquels est basée la stratégie de désinformation des portes-paroles de la Jamaâ.<br />
Non, ce n’est pas un mouvement non-violent. Non, le pacifisme et la recherche de la paix sont étrangers à sa doctrine politique.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong><span style="color: #000000;">Lire aussi: </span></strong><a href="https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html">https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html</a></span></p>
<p>Comme des spasmes violents, les écrits de Abdessalam Yassine viennent balayer le discours des moins conciliants de ses soutiens qui voudraient qu’il eût des hallucinations, qu’il était peut-être un peu fou mais totalement inoffensif. Pour ses disciples les plus fidèles, il suffisait d’adhérer au monde « surnaturel » de cet « élu de Dieu » pour qu’il vous mène aux portes du paradis.</p>
<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-208500 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg" alt="" width="279" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg 279w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah-233x300.jpg 233w" sizes="(max-width: 279px) 100vw, 279px" /></p>
<p>Non, Abdessalam Yassine n’était pas un illuminé et il était en pleine possession de ses moyens en rédigeant ses livres, en particulier la « Sunna d’Allah », publié en 2005. Nous ne retiendrons que celui-ci car il présente l’avantage de réunir dans un seul ouvrage toutes les réflexions intimes et profondes du prédicateur sur la manière de mener le Jihad, de « réhabiliter la personnalité « jihadie » pour prendre les rênes de la Oumma (communauté islamique) » (P.11). Il s’agit pour lui de « vaincre ses ennemis (de Dieu) et régner sur le monde (…) en mettant en marche un programme d’actions pour acquérir la puissance nécessaire » (P.12 et 14).</p>
<h2>Moudjahidines, martyrs et Jihad</h2>
<p>Pour cela, il faut des « moudjahidines » (un combattant qui prend les armes au nom de l’Islam), précise Abdessalam Yassine ajoutant que « Dieu soutiendra uniquement les fidèles armés qui combattent pour la gloire de sa parole. Ce groupe de fidèles forts de la volonté de consentir le martyre, vaincra ses ennemis même si leur nombre est supérieur à celui des Moudjahidines» (P.11 et 12).</p>
<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-208502 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/ssissine.jpg" alt="" width="300" height="450" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/ssissine.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/ssissine-200x300.jpg 200w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le vocable employé par le prédicateur s’apparente plus à celui des leaders des mouvements djihadistes violents qu’à celui des confréries qui jouent un rôle d’encadrement des croyants dans leur quête spirituelle. Abdessalam Yassine le dit lui-même en page 19 lorsqu’il écrit   que « loin d’être inspiré de la pensée « soufie », notre projet est Jihadi ». Cette précision à elle seule indique que le débat qui pourrait exister sur la traduction ou l’interprétation du Jihad (ou Djihad) est ici inutile car ne présentant aucune ambiguïté sur ce que pense Abdessalam Yassine. Il ne parle pas de devoir religieux au sein de l’Islam en tant que tel ni d’« abnégation », d’ « effort », de « lutte » ou de « résistance ».</p>
<p>Si Nous devions nous attacher à la définition qu’en donne Averroès, il y aurait le jihad par le cœur, par la langue, par la main ou par l’épée. La doctrine développée par Al Adl Wal Ihssane nous mènerait tout naturellement à la dernière, tant les concepts développés dans la « Sunna d’Allah » sont belliqueux. Le jihad par l’épée donc, celui-là même qui a servi d’argument à plusieurs groupes ou mouvements à travers le temps pour contrer les « infidèles ».</p>
<h2>Le fondateur de la jamaâ parle de « guerre » et de victoire</h2>
<p>Cette victoire reste « tributaire de la préparation pour l’acquisition de la puissance nécessaire » (P.21). Il insiste également sur « le devoir (qui) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad (guerre sainte pour défendre ou propager l’Islam) » (P.52).</p>
<p><span style="color: #3366ff;"><span style="color: #000000;"><strong>Lire aussi:</strong></span> <a href="https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html">https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html</a></span></p>
<p>Préconiser de mener la guerre n’a rien de pacifiste surtout lorsque l’on s’assigne pour objectif de régner sur le monde et que ce but ne puisse « se concrétiser que grâce au Jihad et à la Qawma, le soulèvement général » (P.301). Pour le fondateur du mouvement, l&rsquo;approche repose sur le fait d&rsquo;avoir été choisi, « élu » par Dieu : « cette quête ne peut être menée par n’importe quel mouvement prétendant être porteur du « fanion » de l’Islam mais dont la pureté n’est pas entière » (P.301).</p>
<h2>« La guerre n’est que ruse »<strong><br />
</strong></h2>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-208503 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/manifets1.jpg" alt="" width="407" height="237" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/manifets1.jpg 407w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/manifets1-260x150.jpg 260w" sizes="auto, (max-width: 407px) 100vw, 407px" /></p>
<p>Al Adl Wal Ihssane serait alors l’un de ces mouvements « investis » de l’autorité pour mener ce jihad, renverser les modèles politiques et sociétaux en place pour atteindre l’objectif ultime qu’est la restauration du Califat. Il s’agit donc d’une guerre et quel que soit le temps qu’elle prendra, le prédicateur décrit à ses disciples l’état d’esprit dans lequel elle doit être conduite : « nous sommes tenus de mener toutes les étapes de la Qawma avec intelligence, dextérité, finesse et ruse. Il s’agit justement d’une guerre et la guerre n’est que ruse » (P.302).</p>
<h2>Le « caractère exécrable des juifs, leur apostasie, leur hypocrisie »</h2>
<p>Pour le fondateur de Al Adl Wal Ihssane, un obstacle majeur à ce soulèvement général doit être levé : les juifs « constituent une espèce humaine qui concentre toutes les déviations incarnées par la Jahilia (période préislamique) », écrit-il page 66.</p>
<p>Se préparer à long terme  pour la restauration du califat et réussir dans cette entreprise ne sera pas possible « si nous ne prenons pas conscience du caractère exécrable des juifs, leur apostasie, leur hypocrisie, leur propension à la ruse et leur déploiement pour dévier les gens du chemin de Dieu », écrit Abdessalam Yassine (P.65). Dans le torrent de haine qui le saisit dès qu’il est question des juifs, il ajoute : « il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs. Les musulmans le feront » (P.70).</p>
<h2><strong>Incitation à la haine</strong></h2>
<p>C’est là bien plus qu’une incitation à la haine, c’est un appel à passer à l’acte qu’il réitère page 69 en parlant de « cauchemar de la puissance croissante des juifs et leur dépravation » ou encore « les juifs sont maudits par Dieu » (P.80) et « les juifs sont connus pour être les assassins des prophètes » (page 74).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208504" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg" alt="" width="689" height="383" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg 689w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000-520x289.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 689px) 100vw, 689px" /></p>
<p>Le déferlement d’antisémitisme d&rsquo;Abdessalam Yassine continue page 126 en présentant les juifs comme une puissance qui dispose de relais lui permettant de façonner les Etats et les économies : « le judaïsme est favorable dans son essence à la perpétuation des conflits entre les différentes nations ». Pour le fondateur d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane, « le vrai défi consiste à livrer un combat sans merci aux juifs, jusqu’à leurs derniers bastions » (P.124).</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><span style="color: #000000;"><strong>Lire aussi: </strong></span><a href="https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html">https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html</a></span></p>
<p>Joseph Goebbels, responsable de l’éducation du peuple et de la propagande nazie, n’aurait pas fait mieux pour tracer et baliser le chemin du parfait petit antisémite. Ceci d’autant plus que les propos de Abdessalam Yassine ne cultivent aucun doute ou confusion avec le sionisme et la cause palestinienne, laquelle question palestinienne est chère au cœur de tous les Marocains, y compris ceux de confession juive dont le conseiller du Roi Mohammed VI, André Azoulay.</p>
<p>Pourtant,  son nom est régulièrement scandé dans les manifestations du mouvement radical, parce qu’il est juif. Les manifestants de la Jamaâ parlent de « honte » s’agissant de son statut de conseiller royal du fait de ses croyances religieuses, faisant de lui une « cible » pour qui prendrait à la lettre les écrits d&rsquo;Abdessalam Yassine. Celui que la propagande du mouvement présente comme un pacifiste parle de la nécessité d’affronter les juifs « et de les combattre sans répit » (P.74).</p>
<p>Non, les adeptes de Al Adl Wal Ihssane ne sont décidément pas des colombes. Reste à déterminer si leurs soutiens et leurs alliés « démocrates » font l’autruche devant la violence effroyable des textes fondateurs de la Jamaâ ou s’ils se complaisent dans ce miroir aux alouettes.</p>
<p>A suivre…</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Enquête/Al Adl Wal Ihssane-Extrême gauche: “frapper ensemble mais marcher séparément »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2020 09:36:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Abdeslam Yassine]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
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					<description><![CDATA[Said ELakhal, islamologue, spécialiste de l'islam politique et des mouvements islamistes, auteur de plusieurs ouvrages* sur le mouvement radical Al Adl wal Ihssane, revient sur le projet politique porté par le mouvement qui ambitionne l’instauration d’un califat. Il en analyse la doctrine, les ressorts et les moyens que la Jamaâ fondée par Abdessalam Yassine est prête à mobiliser pour atteindre ses objectifs. Son “alliance” avec l’extrême gauche marocaine, notamment, fait partie de la stratégie de l’organisation pour arriver à son but.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 dir="ltr"><strong>Al Adl Wal Ihssane poursuit un but : instaurer le califat. En cela, la Jamaâ perpétue-t-elle l’objectif de son fondateur, Abdessalam Yassine ?</strong></h2>
<p dir="ltr"><strong>Said ELakhal</strong>: depuis sa création, Al Adl Wal Ihssane (“Justice et Bienfaisance”) appelle à la restauration du califat. L’actuel chef de la Jamaâ (communauté), Mohamed Abbadi, prétend agir au nom de l’Islam et accomplir la volonté du prophète.</p>
<figure id="attachment_208330" aria-describedby="caption-attachment-208330" style="width: 381px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-208330" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/saidou1.jpg" alt="" width="381" height="235" /><figcaption id="caption-attachment-208330" class="wp-caption-text">Saïd Elakhal</figcaption></figure>
<p dir="ltr">La Jamaâ se distingue des autres organisations de l’islam politique sur deux questions essentielles. La première est qu’elle proclame sa volonté de bâtir un Etat califal sur la base des directives du prophète et sur les ruines des systèmes politiques actuels. Elle ne fait aucune distinction entre les monarchies, les systèmes laïcs, dictatoriaux, démocratiques ou islamiques. Tous ces régimes qui ne gouvernent pas “au nom d’Allah” sont , pour ce mouvement, des régimes illégitimes. Pour Al Adl Wal Ihssane, l’instauration du califat est un devoir religieux pour tout musulman et un “ordre divin”.<br />
Le fondateur de la Jamaâ cheikh Yassine, décédé en 2012, a bâti son projet politique sur la base d’un Hadith attribué au prophète Muhammad : “la prophétie sera en vous si Dieu le veut. Il vous la retire si tel est son désir. (&#8230;) le califat sera sur le modèle du prophète et il s’est tu”.</p>
<p dir="ltr">Il n’y a pas de divergences entre Cheikh Yassine et Aboubakr Al-Baghdadi, le fondateur de Daech. Les deux ont en commun cet objectif d’établir l&rsquo;État du califat quels que soient les moyens utilisés pour y arriver.<br />
Pour Abdessalam Yassine, ce n&rsquo;est pas n’importe quel groupe islamiste qui  peut aspirer à instaurer le califat. Seuls les groupes dirigés par des cheikhs aux qualités divines y ont droit. Pour lui, ils seraient les ayant droits légitimes auxquels Dieu a ordonné d’obéir. “Ô croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d&rsquo;entre vous qui détiennent le commandement”.</p>
<h2 dir="ltr"><strong>Quel est le second point de différentiation?</strong></h2>
<p dir="ltr">Le second est que Adl wal Ihssane refuse la participation aux élections et l’implication dans des institutions, de même qu’il n’est pas question pour elle d’assumer des responsabilités et gérer la chose publique. Cheikh Yassine a établi une constitution et une feuille de route pour la Jamaâ de laquelle elle ne peut dévier. Parmi les fondements de sa doctrine, il y a le fait que tous les régimes politiques dans les pays arabes et islamiques ne gouvernent pas au nom de la “loi d’Allah”. Donc, toute participation à un processus électoral ou alternance politique au sein de ces régimes serait une trahison de “la parole de Dieu”.</p>
<h2 dir="ltr">Sur la base de ce que vous venez de dire , de quelle manière Al Adl Wal Ihssane entend atteindre ses objectifs?</h2>
<p dir="ltr">Leur guide, Abdessalam Yassine, avait  expliqué la situation de la manière suivante : notre ligne politique est que nous ne nous opposons pas aux gouvernants à l’instar des partis politiques à cause de leurs choix économiques ou de leur gestion, nous leur désobéissons car ils sont sortis du cercle de l’Islam. ( “Les principes de la voie prophétique”, page 25).</p>
<p dir="ltr">C’est pour ces raisons que Cheikh Yassine et ses fidèles n’aspirent pas à avoir “la bénédiction” du régime, mais aspirent plutôt à sa chute. Ils veulent précipiter l’heure de son démantèlement s’ils parviennent à convaincre les autres forces politiques de boycotter les élections et de ne pas participer au gouvernement et au parlement. Un tel scénario serait de nature à augmenter la colère et la frustration de la rue qui se révolterait alors contre le régime. C’est ce que la Jamaâ appelle la Qawma, le soulèvement général et dont l’objectif suprême est de réunir les conditions de l’instauration du califat.</p>
<p dir="ltr">Pour réaliser cet objectif ultime, il faut installer une base idéologique, d’où le livre de Abdessalam Yassine “Al minhaj annabaoui “(“Les principes de la voie prophétique”), considéré comme la constitution de la Jamaâ.  Il y lance les fondements doctrinaires en tant que groupe porteur d’un message d’unité pour la nation musulmane, sous l’étendard du califat. Il pose aussi les jalons d’une feuille de route pour réunir cette “force humaine” capable de démanteler le régime monarchique et d’installer à sa place le califat.</p>
<h2 dir="ltr">Quels sont les moyens avec lesquels les dirigeants de la Jamaâ pensent pouvoir réunir cette “force humaine” ?</h2>
<p dir="ltr">Dans leur projet, réunir cette force passe par trois étapes :<br />
<strong>⁃</strong> L’éducation à travers la diffusion de l’idéologie de la Jamaâ  jusqu’à devenir une doctrine solide, susceptible de transformer ses membres en combattants prêt à mourir pour elle.<br />
<strong>⁃</strong> L’organisation, c’est à dire une structure numérique solide, porteuse de ce projet de califat et prête à combattre par tous les moyens pour le défendre et l’atteindre.<br />
<strong>⁃</strong> Le passage à l’acte pour prendre le pouvoir à travers un soulèvement général.</p>
<p dir="ltr">Pour mobiliser ses membres et renforcer leur détermination, Abdessalam Yassine prétendait que Dieu lui avait promis, à lui et à son groupe, la victoire. La Jamaâ ne passerait à la troisième étape que lorsqu’elle serait assurée de posséder toutes les forces humaines nécessaires pour s’emparer du pouvoir à travers les manifestations et la désobéissance civile, sur le modèle de la révolution iranienne de Khomeini. Le prédicateur a demandé à ses disciples de ne pas se précipiter pour proclamer “la révolution”, pas avant d’avoir acquis la certitude que les conditions du succès soient réunies car tout échec signifierait la fin de la Jamaâ.</p>
<h2 dir="ltr">Les orientations tracées par Abdeslam Yassine sont-elles toujours scrupuleusement suivie par la jamaâ, même après sa mort ?</h2>
<p dir="ltr">Abdessalam Yassine a proposé un scénario pour la proclamation du califat sur plusieurs étapes, la plus importante étant que dans chaque pays arabe ou musulman, un groupe s’empare du pouvoir et installe le califat dans ses frontières géographiques. Puis il s’agirait de former une fédération des pays, sous l’autorité de ces Jamaâs, avant de constituer un gouvernement central qui appliquerait la charia et choisirait un calife pour diriger le grand Etat califal. Encore une fois, parmi les conditions de l’installation du califat, la révolte contre les régimes politiques qui gouvernent les pays arabes et musulmans est un préalable. (<strong>Voir vidéo du 7 avril 2016 du SG d’Al Adl Wal Ihsane, Mohamed Abbadi</strong>).</p>
<p dir="ltr"><iframe loading="lazy" src="//www.youtube.com/embed/LXYeiJjvzkY" width="560" height="314" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p dir="ltr">L’hostilité et même la haine que nourrit la Jamaâ à l’égard du régime marocain n’est un secret pour personne de même qu’elle ne reconnaît pas le principe de l’allégeance au Roi, en sa qualité de Commandeur des croyants. La Jamaâ proclame régulièrement que son but est de changer de régime et d’instaurer le califat à sa place. Mais tant qu’elle se sait incapable de renverser le régime, elle se contente de parier sur un large soulèvement devant lequel elle pense que le régime se montrerait incapable de répondre. Dans sa conception des choses, le régime chuterait  comme cela a été le cas en Iran devant la révolution de Khomeini ou d’autres régimes arabes comme la Tunisie et l’Égypte, dans ce qu’on a baptisé les « printemps arabes » .</p>
<h2 dir="ltr">D’où son soutien puis son “alliance” avec le mouvement du “20 février” ?</h2>
<p dir="ltr">Pour Al Adl Wal Ihssane, le mouvement du « 20 février » n&rsquo;était qu’un moyen de concrétiser ses objectifs. La Jamaâ a rejoint le mouvement, tentant de l’instrumentaliser pour qu’il se transforme en soulèvement général pour arriver à la chute du régime.</p>
<p>Mais la majorité des jeunes, issue de la gauche pour beaucoup, a refusé ce mot d’ordre de la Jamaâ visant à faire chuter le régime. Ils ont contesté la présence d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane. Quand les dirigeants de la Jamaâ ont pris conscience que leur participation était exploitée par le Parti de la Justice et du Développement (PJD)  pour faire pression sur le régime en vue de lui arracher des concessions, ils se sont retirés. Mais ce retrait ne signifie nullement qu’Al Adl Wal Ihssane a cessé de coordonner ses actions avec l’extrême-gauche, incarnée, notamment, par Annahj Addimocrati. La coordination s’est poursuivie.</p>
<h2 dir="ltr">Qu’y a-t-il de commun entre deux groupes antagonistes dans leurs idéologies?</h2>
<p dir="ltr">Al Adl Wal Ihssane profite de cette sorte d&rsquo;”alliance” avec Annahj Addimocrati (La voie démocratique), comme avec des groupuscules au sein de la société civile ou encore certaines individualités, dans l’objectif de se rendre “fréquentable”, d’apparaître comme une force politique qui « croit » en la démocratie, qui n’exclut pas ses adversaires politiques et qui « respecte » la diversité d’opinions. Mais le véritable objectif est de pouvoir créer une coalition de groupes d’opposition au régime pour exercer des pressions et arracher des concessions que la Jamaâ pourra ensuite exploiter pour élargir sa base sociale.</p>
<p>Al Adl Wal Ihssane ne veut pas affronter le régime tout seul en dirigeant les protestations sociales afin de ne pas donner au régime, disent-ils, un prétexte d’emprisonner ses leaders et d’interdire totalement ses activités. C’est pour ces raisons que l’on observe sa présence dans toutes les manifestations organisées par des partis, syndicats et associations se revendiquant de l&rsquo;extrême-gauche, l’occasion pour la jamaâ d’exhiber sa force et de montrer sa puissance numéraire dans la rue.</p>
<p dir="ltr">Bien entendu, la majorité des formations politiques de gauche ne travaille pas avec Al Adl Wal Ihssane car ces partis connaissent bien leur objectif et ne le partagent pas. Par ailleurs, le destin qu’a connu le parti iranien de gauche, Toudeh, qui avait fait alliance avec Khomeini contre le régime, ne peut qu’inspirer le rejet. Après la chute du Shah d’Iran, Khomeini avait trahi Toudeh et fait exécuter la majorité de ses membres et de ses partisans.</p>
<h2 dir="ltr">L&rsquo;extrême-gauche marocaine incarnée par Annahj Addimocrati et la Jamaâ ont-ils un projet commun ?</h2>
<p dir="ltr">Annahj Addimocrati, seul parti qui coordonne avec Al Adl Wal Ihssane, travaille autour de ce slogan : “frapper ensemble mais marcher séparément”, appliquant la maxime “l’ennemi de mon ennemi est mon allié”.</p>
<p>Annahj est un tout petit parti et il ne possède aucune base populaire qui en ferait une force de pression. C’est pour cela qu’il a besoin de la Jamaâ. De son côté, Al Adl Wal Ihssane craint de devoir affronter le régime seul. Il a besoin d&rsquo;Annahj dont les militants constituent la colonne vertébrale de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH). Cette association, et ses quelques alliés au sein de la société civile au Maroc ou en France,  procure à la Jamaâ une « image » estampillée droits de l’Homme dont elle a besoin pour se rendre “acceptable” d’une part, et avoir des alliés qui la soutiennent en cas de difficulté, d’autre part. Si l’un de ses membres est arrêté ou emprisonné pour n’importe quelle raison, même une qui supposerait une violation de la loi, l’AMDH monterait au créneau pour faire le maximum de bruit. En fait, la Jamaâ exploite le parti Annahj Addimocrati tout comme celui-ci utilise la Jamaâ pour grossir les rangs lors des manifestations. Chacun y trouve un intérêt, en réalité,  mais au prix d’un danger et d’une menace extrêmement lourds à payer. La question est de savoir si le camp dit “moderniste” ou même celui qui se présente comme “laïc” sont prêts à supporter ce prix.</p>
<p><span style="font-size: 18pt;"><strong>*</strong></span><span style="font-size: 18pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Titres traduits de l&rsquo;arabe des ouvrages de Said ELakhal sur Al Adl Wal Ihssane</span>:</p>
<ol>
<li><strong> « Abdesslam Yassine: de la dervicherie au soulèvement », (2003)</strong></li>
<li><strong>« Dialogue avorté et déluge promis », (2013)</strong></li>
<li><strong>« Obsession du Mahdisme », (2003)</strong></li>
<li><strong>« Abdesslam Yassine: du soulèvement à l&rsquo;Etat califal », (2003)</strong></li>
</ol>
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