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	<title>Rached Ghannouchi &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Rached Ghannouchi &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Rached Ghannouchi, le fossoyeur du Maghreb</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2021 11:39:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Quelle mouche a piqué le chef du parti islamiste tunisien Ennahda et président du parlement Rached Ghannouchi pour émettre une proposition  aussi incongrue, aussi irréaliste, aussi ouvertement provoquant que celle de penser construire l’unité du Maghreb arabe entre trois pays, Tunisie, Libye et Algérie, sans la Mauritanie et le Maroc ? Même si cette idée &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle mouche a piqué le chef du parti islamiste tunisien Ennahda et président du parlement Rached Ghannouchi pour émettre une proposition  aussi incongrue, aussi irréaliste, aussi ouvertement provoquant que celle de penser construire l’unité du Maghreb arabe entre trois pays, Tunisie, Libye et Algérie, sans la Mauritanie et le Maroc ?</p>
<p>Même si cette idée ne fera pas long feu et sera assez vite chassée des annales de l’actualité, son importance réside dans ce qu’elle révèle dans la stratégie de la démarche du parti islamiste tunisien et son indéboulonnable chef Rached Ghannouchi.</p>
<p>Depuis le début de sa carrière politique, Ghannouchi est passé maître dans l’art du double langage, l’hypocrisie portée à son zénith, l’opportunisme à toute épreuve. Son parti islamiste ne cache pas ses liens avec la confrérie des frères musulmans. Il avait chevauché et profité du mouvement contestataire à l’origine de la chute du régime Ben Ali pour accéder au pouvoir.</p>
<p>Durant la période politique transitoire où le parti Ennahda faisait la pluie et le beau temps, la Tunisie avait vécu une des séquences les plus dangereuses et les plus sanglantes de son histoire.  Son appareil sécuritaire a subi de dramatiques infiltrations avec des purges ciblées qui l’ont considérablement affaibli. Conséquences: des attentats terroristes et des assassinats politiques ont ensanglanté la la Tunisie. Le nombre de candidats tunisiens qui ont rejoint l’organisation de l’Etat islamique avait battu tous les records faisant de la Tunisie un des principaux fournisseurs de djihadistes à l’organisation terroriste Daech.</p>
<p>Quand les Tunisiens sont revenus de leurs illusions, de nombreuses voix avaient demandé des comptes au Parti Ennahda et à son chef pour sa captation coupable de la colère populaire, pour sa gestion catastrophique des questions sécuritaires et économiques du pays, Ghannouchi avait fait profil bas. Si bas qu’il était prêt à partager le pouvoir et même à le céder temporairement pourvu qu’on ne  lui demande pas de compte ou qu’on ne  lui fasse  pas vivre le triste destin du président égyptien Mohamed Morsi.</p>
<p>Pour sortir de cette impasse où les Tunisiens et la communauté internationale demandaient des comptes, Rached El Ghannouchi , le chef islamiste Tunisien a dû déployer des trésors d’hypocrisie et de ruses pour échapper aux poursuites politiques et judiciaires.</p>
<p>Aujourd’hui même s’il fait partie du pouvoir en campant la posture de faiseurs de carrières, Rached Ghannouchi est cible permanente des critiques. Ses opposants , de plus en plus nombreux audibles,  lui reprochent sa stratégie maléfique qui consiste à tout faire, à tout oser, pour simplement se maintenir dans le spectre du pouvoir et s’éviter ainsi l’inévitable exigence  de comptes .</p>
<p>Dans sa stratégie pour se maintenir au pouvoir à n’importe quel prix, Rached El Ghannouchi a déjà eu l’occasion de provoquer une vive polémique lorsqu’au nom de ses liaisons frèristes  avec le président turc Tayeb Erdogan, il avait proposé de transformer  la Tunisie en base militaire arrière de la Turquie pour  déployer à son aise son agenda politique en Libye.</p>
<p>Aujourd’hui, Rached El Ghannouchi se livre à une véritable danse du ventre devant le régime algérien.  En lançant une proposition aussi saugrenue que la formation de ce mini Maghreb amputé du Maroc et de la Mauritanie, Ghannouchi profite du timing et des circonstances qui mettent de la pression sur le régime algérien dans l’affaire du Sahara marocain pour lui venir en aide et lui assurer une respiration régionale. Mais qui mieux que Ghannouchi sait que son idée ne verra jamais le jour. Plus que n’importe quel homme politique tunisien, il sait qu’à travers cette posture il peut espérer bénéficier des cordes de la bourse d’un régime algérien aux abois qui compte ses soutiens sur les doigts de la main.</p>
<p>Rached El Ghannouchi s’est joint aux fossoyeurs du Maghreb arabe uni. Ceux qui, au lieu de chercher à éliminer les obstacles qui se dressent devant sa réalisation en commençant par ce conflit du Polisario artificiellement entretenu par les militaires algériens, multiplient les complications pour reporter aux calendes grecques les rêves unitaires de ses populations.</p>
<p>Ghannouchi a clairement choisi son camp, celui de la division et de la discorde. La seule bonne nouvelle dans cette affaire est que sa carrière politique est en train de connaître un inévitable crépuscule. Et que ses idées pour déconstruire  comme ses faits d’armes pour s’emparer des combats légitimes du peuple tunisien ne seront bientôt qu’un lointain mauvais souvenir.</p>
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		<title>Tunisie: course poursuite pour sortir le pays de l’imbroglio</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Feb 2021 17:31:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[Plus d’un mois après l’annonce par le chef du gouvernement tunisien Hichem Mechichi, le 16 janvier dernier, d’un vaste remaniement de son gouvernement affectant onze ministères, la Tunisie vit une crise politique au sommet de l’Etat que de nombreux analystes avertis considèrent comme un risque susceptible de mettre à mal les institutions de cette jeune &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Plus d’un mois après l’annonce par le chef du gouvernement tunisien Hichem Mechichi, le 16 janvier dernier, d’un vaste remaniement de son gouvernement affectant onze ministères, la Tunisie vit une crise politique au sommet de l’Etat que de nombreux analystes avertis considèrent comme un risque susceptible de mettre à mal les institutions de cette jeune démocratie.</p>
<p>Fait sans précédent, cette crise consacre une sorte de rupture de confiance entre le président de la république, Kaïs Saïed et le chef du gouvernement qu’il a cautionné, le 20 septembre 2020, à l’envers et contre tous pour succéder à Elyes Fakhfakh, rattrapé dans une affaire de conflit d’intérêts.</p>
<p>Dès l’annonce de ce remaniement, auquel il n’a pas été consulté au préalable et qui a marqué le départ d’au moins trois ministres qui lui étaient acquis (Intérieur, Justice, Domaines de l’Etat et Affaires étrangères), le président Saïed a opposé une fin de non-recevoir à ce mouvement pourtant validé par le Parlement le 26 janvier.</p>
<p>Motif : Parmi les 11 nouveaux ministres nommés, on avance qu’au moins quatre seraient poursuivis pour des faits de corruption.</p>
<p>L’opposition du président de la république à recevoir les nouveaux ministres pour prêter serment est catégorique, soutenant sans détours qu’il est « prêt pour le dialogue afin de résoudre les problèmes et mettre un terme à cette crise, mais jamais avec ceux qui ont volé et appauvri le peuple durant des décennies ».</p>
<p>Devant l’impasse, et avec la rupture de toute concertation directe entre les trois présidences de la république, du gouvernement et du parlement, M. Mechichi a cherché, en procédant le 15 février dernier à des nominations de ministres intérimaires, à emprunter une voie de contournement, sans succès.</p>
<p>Sa tentative d’avoir un avis favorable auprès l&rsquo;Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi ainsi que le Tribunal administratif, a trouvé le même sort. Les deux saisis par le chef du gouvernement se sont déclarés incompétents concluant que le litige constitutionnel entre le chef du gouvernement et le président de la République concernant le remaniement ministériel relève exclusivement de la Cour constitutionnelle.</p>
<p>Au regard du blocage institutionnel qui perdure et du profond malaise qu’il a provoqué, partis politiques d’horizons divers et organisations de la société civile sont montés au créneau pour chercher une issue concertée à cet imbroglio.</p>
<p>Selon un grand nombre de politologues, il s’agit d’une sorte de course poursuite avec une multiplication des initiatives pour organiser un dialogue national analogue à celui de 2012, mais selon un format nouveau et dans un contexte tout à fait différent de celui qui a abouti à l’organisation des élections législatives et présidentielle de 2014 et à l’élaboration, la même année de la première Constitution post-révolution.</p>
<p>Un dialogue new-look dans la mesure où il est réclamé par l’ensemble des acteurs politiques et sociaux qui cherchent à atteindre parfois des objectifs divergents.</p>
<p>Pour certains partis politiques notamment, ce dialogue salvateur pourrait avoir pour préalable le départ de Mechichi et de son équipe comme moyen pour sauver la démocratie d’un péril certain.</p>
<p>Pour d’autres partis, dont Ennahdha, ce dialogue est un moyen comme un autre pour sortir de cet imbroglio et sauver le gouvernement Mechichi du tourbillon dans lequel il s’est englué.</p>
<p>D’ores et déjà, le Quartet parrain du dialogue national, composé de de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), de l’Ordre National des Avocats de Tunisie (ONAT), de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH) et de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, a annoncé la réactivation de son initiative pour sortir de la crise actuelle.</p>
<p>Brahim Bouderbala, bâtonnier des avocats, a assuré que les représentants des quatre organisations se réuniront incessamment pour examiner la situation générale dans le pays et identifier les actions qui seront engagées.</p>
<p>En même temps, le SG de l’UGTT, Noureddine Taboubi et le président du patronat, Samir Majoul ont exprimé, leurs inquiétudes face à la poursuite de la crise politique et de l’impasse constitutionnelle que vit la Tunisie depuis un mois.</p>
<p>Les deux organisations ont appelé à l’accélération de la résolution de la crise dont la poursuite augmentera la paralysie que vit le pays depuis des semaines et menace l&rsquo;expérience démocratique tunisienne.</p>
<p>Le président du parlement Rached Ghannouchi a, de son côté, lancé une initiative pour une rencontre tripartite entre les trois présidents afin de parvenir à une sortie de crise.</p>
<p>Ghannouchi, qui est également président d’Ennahdha, a envoyé une correspondance dans ce sens au président Saïed, qui à ses yeux constitue « le symbole de l’unité de l’Etat ».</p>
<p>Le président du parlement souligne, en même temps, la détermination de l’institution parlementaire à hâter la mise en place de la Cour constitutionnelle pour être la référence en matière d’interprétation de la Loi fondamentale.</p>
<p>Il n’a pas omis, au passage, d’encenser le gouvernement actuel qui, selon ses dires  » accomplit convenablement son rôle ».</p>
<p>L’avis du chef du bloc parlementaire « Tahya Tounes », Mustapha Ben Ahmed va dans une toute autre direction en soulignant que la Tunisie n’a pas un gouvernement et accusant Hichem Mechichi d’être responsable de l’impasse.</p>
<p>Pour lui, la meilleure solution pour surmonter la crise est la mise en place d’un nouveau gouvernement bénéficiant de l’assentiment d’un large spectre des familles politiques et des organisations sociales.</p>
<p>Parallèlement, des concertations se poursuivent entre des petites formations comme « Al Joumhouri », « le Courant démocrate », « Ettakatol », « Echaab » et des personnalités nationales à l’effet de solutionner la crise politique entre les trois pouvoirs qui, manifestement, reflète le blocage du système politique et le manque de synergie entre la présidence de la République et l’Assemblée des Représentants du Peuple.</p>
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		<title>Echec de la transition en Tunisie: « l&#8217;alliance entre islamistes et laïcs a tiré le pays vers un angle mort »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2021 15:22:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[échec]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahda]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour Houda Ibrahim, spécialiste du Maghreb, 10 ans après la révolution du Jasmin en Tunisie, "le constat est amer et sombre" et "les tunisiens ne peuvent que faire le deuil des espoirs suscités",  selon la journaliste, grande reporter à RFI. "L'alliance entre islamistes et laïcs a tiré le pays vers un angle mort" et signé l'échec de la transition démocratique tunisienne.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>10 ans après la révolution du Jasmin, que reste-t-il des immenses espoirs soulevés en Tunisie ?</h2>
<p>Le constat est évidemment amer et sombre. Les tunisiens, dix ans après, ne peuvent que faire le deuil des espoirs suscités lors du soulèvement de 2011. La transition démocratique semble être en danger aujourd’hui en Tunisie.</p>
<p>Le soulèvement n’a pas réussi à concrétiser les aspirations du peuple, au contraire, il a créé de nouvelles frustrations. Ce dixième anniversaire du soulèvement intervient donc dans un climat délétère, avec une paralysie politique généralisée, un recul économique et social qui n’est pas près de s’arrêter avec les contraintes imposées par la pandémie de la Covid-19.</p>
<p>Face à cette situation, les inégalités territoriales se sont aggravées et la fracture sociale s’est élargie. Les alliances gouvernementales depuis 2011 ont affaibli l’économie, la justice transitionnelle n’a pas pu avoir lieu réellement et la classe moyenne ne fait que rétrécir.</p>
<p>On a acquis la liberté d’expression oui, la possibilité de changer, mais les réformes nécessaires de l’Etat, des institutions, de la constitution et du système politique n’ont pas encore eu lieu. Pour cela il faut une nouvelle révolution.</p>
<p>Beaucoup espèrent, aspirent et œuvrent toujours à réaliser ce changement profond, ce sont surtout les animateurs de la société civile, et c’est paradoxalement que ce soit eux qui tirent la charrette du changement aujourd’hui et non pas la classe politique occupée par la défense de ses propres intérêts au lieu de défendre ceux du pays. Ce ne sont pas non plus les partis politiques inopérants et qui sont au rang des abonnés absents.</p>
<h2> Pourquoi l&rsquo;alliance entre islamistes et laïcs, présentée comme la planche de salut par laquelle la Tunisie entrerait de plain-pied dans la démocratie, n’a-t-elle pas fonctionnée ? Etait-elle une expérience vouée à l&rsquo;échec dès le départ ?</h2>
<p>Il n’y a pas de mariage possible entre les partis laïcs qui croient à un état civil, un état de droit et les islamistes qui cherchent toujours non seulement à accaparer le pouvoir mais à mettre l’Etat au service de leur vision du pouvoir, à imposer à l’état le pouvoir de la religion telle qu’ils l’interprètent .</p>
<figure id="attachment_216563" aria-describedby="caption-attachment-216563" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-216563" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/telechargement-3.jpg" alt="" width="300" height="168" /><figcaption id="caption-attachment-216563" class="wp-caption-text">Houda Ibrahim</figcaption></figure>
<p>Cette alliance a tiré le pays vers un angle mort. C’est ce qui s’est passé durant l’alliance qui a eu lieu entre le parti Nida Tounes et le parti islamiste Ennahda. Ce mariage ne pouvait pas être « consommé » de par sa nature même. D&rsquo;ailleurs Ennahda, malgré son succès aux élections, ne fait que reculer depuis la poussée qu’il a enregistrée en 2011. La majorité des personnes qui votent pour ce parti sont des protestataires, et cela face à une très grande partie de silencieux qui ne votent pas car ils ne font plus confiance à la classe politique.</p>
<h2>Qu’est ce qui explique les difficultés ou cette incapacité du parti islamiste tunisien à gérer les affaires du pays ?</h2>
<p>Ennahda ne parvient pas à survivre à l’épreuve du pouvoir. Il a déjà échoué et on le voit constamment au parlement fortement divisé aujourd’hui et qui n’arrive pas à légiférer. Le chef du parti et du parlement, Rached Ghannouchi, n’arrive pas à fédérer. Son agenda est largement différent de celui du parlement et il mélange la direction de son parti et la direction du parlement. Si Ennahda n’évolue pas et ne défend pas le pays avant de défendre l’intérêt des islamistes au-delà de la frontière tunisienne, ce parti n’aura pas d’avenir.</p>
<p>S’il y a élection demain en Tunisie, Ennahda sera minoritaire, des partis comme Al Karama, à sa droite, enregistrent je pense des avancées et on assiste à une montée de nouveaux populismes.</p>
<p>Par ailleurs, la question de l’avenir de l’Islam politique et de son rapport avec l’Etat et le pouvoir se pose au-delà de la frontière tunisienne. L’environnement local et régional est moins favorable aux partis de l’Islam politique dans les pays du « Printemps Arabe », même si ces partis, tout comme les mouvements terroristes, sont toujours financés par l’argent des pétrodollars. Ils sont soutenus par l’administration américaine d’Obama, comme l’ont montré les e-mails de Hillary Clinton, l’ancienne ministre américaine des affaires étrangères.</p>
<p>Certains avancent que c’est grâce à cette alliance entre islamistes et partis laïcs ou progressiste que la Tunisie n’a pas éclaté en plein vol et a échappé au sort de pays comme la Libye, la Syrie ou le Yémen, ou à une nouvelle dictature comme en Egypte. Soit, mais le pays est toujours dans l’impasse, il ne trouve pas le système politique censé mener une véritable démocratie.</p>
<p>Il faut beaucoup de courage et de la volonté pour réformer. La démocratie est un long chemin difficile et il faut beaucoup de sacrifices pour y parvenir. Le purgatoire semble être un passage obligé. Jusqu’à quand ? C’est toute la question.</p>
<h2>Comment le pays peut-il sortir de l’impasse et faire qu’il y ait une réelle transition démocratique en Tunisie ?</h2>
<p>Aujourd’hui, nous n’avançons pas en Tunisie car il y a au pouvoir des volontés contradictoires qui se battent entre elles. Celui qui sort vainqueur définira en fin de compte la nouvelle identité de la Tunisie. En attendant, le pays stagne et rien n’avance. Nous verrons ce qui se passera lors des législatives prévues à l’automne prochain.</p>
<p>Si le parti Ennahda a su profiter de l’implosion de la coalition Nidaa Tounes, il n’est pas sûr qu’il puisse préserver ses avancées surtout que le mouvement est secoué actuellement par des déchirements entre les différents courants internes qui s’opposent.</p>
<p>Quant aux partis politiques progressistes, ils doivent faire preuve de leur capacité à avancer sur le terrain. Ils donnent le sentiment d’une forme de « laxisme » nuisible au concept même de la démocratie. Il semblerait qu’ils n’aient pas encore trouvé ni la bonne vitesse ni la bonne manière pour agir.</p>
<h2>Sur le plan purement économique le pays est plongé dans une crise qui exacerbe les fractures : chômage endémique, désespérance de la jeunesse, appauvrissement des régions intérieures. Comment redresser suffisamment la barre pour voir renaitre une dynamique d’espoir ?</h2>
<p>Effectivement, le tableau est très noir mais la situation n’est pas irrécupérable. La Tunisie se trouve aujourd’hui dans une situation de crise à de multiples niveaux et le pays parait ingouvernable. Si je ne me trompe pas, il y a eu, en dix ans, neuf premiers ministres et plus encore de gouvernements et cela ne sert pas la « révolution ». Pour pouvoir agir, un gouvernement a besoin de temps. En six mois, un gouvernement ne peut rien faire, il doit pouvoir s’installer dans la durée, car il lui est impossible de redresser la situation économique, en quelques mois, surtout quand l’héritage est difficile et que le pays ne possède pas beaucoup de ressources naturelles.</p>
<p>La Tunisie a besoin de politiciens droits et pas corrompus, de véritables hommes d’état capables de faire face à cette paralysie généralisée et ses raisons profondes pour pouvoir subvenir aux besoins du peuple. Mais aujourd’hui le pouvoir est fragmenté et les institutions ne fonctionnent pas, c’est la pire des choses qui peut arriver à une démocratie naissante ou encore jeune. Cela pénalise les citoyens comme le pays.</p>
<p>Il faut des hommes politiques avec une vision, un projet politique viable car le constat est affligeant : hausse de la dette publique, inflation, hausse du chômage surtout parmi les jeunes : plus de 35%. Ce chômage les pousse aujourd’hui à prendre la mer pour tenter leur chance ailleurs. Le nombre de candidats à la migration clandestine est en constante augmentation et la pandémie de la Covid-19, aggrave la situation comme partout ailleurs.</p>
<h2>Vous évoquiez la corruption. Jusqu’à quel point est-elle importante aujourd’hui ?</h2>
<p>La Tunisie souffre malheureusement d’une autre pandémie, celle de la corruption. Cette maladie du tiers monde fait des ravages. Elle épuise les ressources de l’Etat pour l’enrichissement d’une minorité. S’il y a un facteur qui réduit le plus l’espoir dans ces pays c’est la corruption qui soumet l’économie à une rude épreuve. En Tunisie, jusqu’à présent la lutte contre la corruption est restée un slogan hissé par plusieurs gouvernements post-soulèvement.</p>
<p>Cependant et malgré tout, l’espoir est toujours là car si les gens abandonnaient l’idée du changement, il ne leur resterait plus rien.</p>
<p>La Tunisie a besoin aujourd’hui d’une personnalité forte qui prenne la tête du gouvernement, une personnalité capable de fédérer les tunisiens, d’avoir un projet politique et économique pour tout le pays, surtout pour les régions qui se sont encore appauvries.</p>
<p>Dans la plupart des pays arabes qui ont connu des soulèvements populaires depuis 2011, les gens se sont levés pour la liberté et surtout pour la dignité et la justice sociale. Ils se sont soulevés contre le chômage et la pauvreté. Or, aujourd’hui en Tunisie on est plus pauvre et il y a plus de chômeurs.</p>
<p>Il y a beaucoup de désillusions mais l’espoir renait de ce même désespoir. En dépit de cette situation, la jeunesse continue toujours sur le chemin du changement et c’est en elle qu’on peut placer l’espoir. Si elle échoue, le pays se dirige vers le chaos.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tunisie: le président du Parlement Rached Ghannouchi sur la sellette</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2020 12:03:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En direct]]></category>
		<category><![CDATA[parlement]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Parlement tunisien examine vendredi une motion de défiance contre son président, Rached Ghannouchi, également chef du parti d&#8217;inspiration islamiste Ennahdha, après une série de virulentes controverses sur sa diplomatie parallèle. C&#8217;est la première fois que le Parlement est amené à se prononcer sur son président, dix ans après la révolution qui a chassé du &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Parlement tunisien examine vendredi une motion de défiance contre son président, Rached Ghannouchi, également chef du parti d&rsquo;inspiration islamiste Ennahdha, après une série de virulentes controverses sur sa diplomatie parallèle.</p>
<p>C&rsquo;est la première fois que le Parlement est amené à se prononcer sur son président, dix ans après la révolution qui a chassé du pouvoir Znie el Abidine Ben Ali, et lancé la démocratisation du pays.</p>
<p>Rached Ghannouchi, 78 ans, qui règne sur Ennahdha depuis sa création il y a quatre décennies, a brigué pour la première fois un mandat électoral lors des législatives d&rsquo;octobre 2019.</p>
<p>Il a été élu député puis président du Parlement, et s&rsquo;est retrouvé face à une forte hostilité au sein d&rsquo;un hémicycle fragmenté, dont les débats ont été régulièrement paralysés.</p>
<p>Il a notamment été critiqué pour avoir eu des échanges au plus haut niveau avec des dirigeants étrangers, alors que la diplomatie est une prérogative du président de la République, et accusé de mener une diplomatie parallèle alignée sur la Turquie.</p>
<p>Le vote est organisé à bulletins secrets et sans débat préalable, ce qui a été critiqué par plusieurs députés ainsi que l&rsquo;observatoire indépendant du Parlement, Al Bawsala, qui a appelé à une procédure plus « transparente ».</p>
<p>Ce vote pourrait fragiliser la position de M. Ghannouchi au sein d&rsquo;Ennahdha, alors que son mandat de chef du parti arrive à échéance dans les mois à venir. Le parti, en perte de vitesse, est divisé, et peine à achever sa mue entamée en 2016, après avoir abandonné la prédication religieuse pour devenir une formation civile se voulant « démocrate musulmane », consacrée à la politique uniquement.</p>
<p>Au Parlement, M. Ghannouchi et Ennahdha sont sous le feu du Parti destourien libre (PDL) de l&rsquo;avocate Abir Moussi, ex-proche du régime de Ben Ali, qui l&rsquo;accuse quotidiennement d&rsquo;avoir encouragé la mouvance jihadiste et le terrorisme en Tunisie.</p>
<p>Le président tunisien, Kais Saied, très critique de la démocratie parlementaire et en froid avec Ennahdha, a mis en garde contre un état de « chaos » au sein du Parlement qui « ne fonctionne pas de façon normale », a-t-il déclaré lors d&rsquo;une rencontre récente avec M. Ghannouchi.</p>
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