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	<title>patriotes &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>L&#8217;Arabie saoudite veut canaliser ses « trolls »</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Aug 2020 08:18:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Ce sont des patriotes 2.0 qui pourraient, hors de contrôle, devenir gênants pour le pouvoir saoudien. Sur les réseaux sociaux, toute une cyber-armée de "trolls" traque et tance les critiques, "traîtres" et rivaux du royaume, au risque de supplanter l'autorité de Ryad.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont des patriotes 2.0 qui pourraient, hors de contrôle, devenir gênants pour le pouvoir saoudien. Sur les réseaux sociaux, toute une cyber-armée de « trolls » traque et tance les critiques, « traîtres » et rivaux du royaume, au risque de supplanter l&rsquo;autorité de Ryad.</p>
<p>En Arabie saoudite, l&rsquo;ascension des trolls &#8212; internautes qui cherchent à torpiller des échanges sereins d&rsquo;opinions, à défendre avec virulence un point de vue ou toutes sortes d&rsquo;intérêts &#8212; a coïncidé avec celle du jeune prince héritier Mohammed ben Salmane qui symbolise le passage d&rsquo;un discours religieux ultraconservateur à une position nationaliste offensive.</p>
<p>Affichant souvent une photo de leurs dirigeants ou le drapeau du royaume en avatar, les trolls saoudiens, surnommés « mouches », n&rsquo;hésitent pas à dénoncer des internautes aux agences de sécurité, ce qui conduit souvent à des arrestations, des licenciements et du harcèlement.</p>
<p>L&rsquo;ancien conseiller de la cour royale, Saoud al-Qahtani portait les surnoms de « M. Hashtag » ou « seigneur des mouches », car soupçonné d&rsquo;être derrière cette armée de trolls défendant le royaume.</p>
<p>Il a été limogé après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat du royaume à Istanbul en octobre 2018, une affaire dans laquelle son nom a été cité.</p>
<p>Mais le pouvoir semble prendre quelque peu ses distances, notamment à travers ses bien plus traditionnels médias publics qui relayent le discours officiel policé.</p>
<p>« Ces comptes qui utilisent des symboles de l&rsquo;Etat et lancent des menaces comme s&rsquo;ils étaient soutenus par le gouvernement ne sont-ils pas dangereux? », a interpelé un animateur de la chaîne gouvernementale d&rsquo;informations Al-Ekhbariya.</p>
<p>« Ils donnent l&rsquo;impression qu&rsquo;ils sont un gouvernement parallèle ou même plus fort que le gouvernement », a répondu l&rsquo;universitaire saoudien Salih al-Asimi.</p>
<h2>« Autorité suprême »</h2>
<p>Le débat, repris par d&rsquo;autres médias pro-pouvoir, a été largement perçu comme un avertissement du gouvernement lancé aux trolls nationalistes trop zélés.</p>
<p>« Ces comptes fantômes se sont avérés précieux pour les dirigeants saoudiens », souligne à l&rsquo;AFP Annas Shaker, un expert saoudien basé à Washington.</p>
<p>« Mais comme ils deviennent de plus en plus puissants, le gouvernement veut affirmer son contrôle et montrer qu&rsquo;il est l&rsquo;autorité ultime », ajoute-t-il.</p>
<p>« Que veulent-ils que nous fassions, que nous arrêtions de défendre la nation? », s&rsquo;est insurgé un troll sur Twitter en réaction au débat sur Al-Ekhbariya.</p>
<p>Certains, parmi lesquels un prince, ont pris leur défense avec le hashtag « les comptes nationalistes sont le bouclier de la nation ».</p>
<p>Alors que la répression contre les militants et les voix critiques s&rsquo;est intensifiée sous la houlette du prince héritier Mohammed, les trolls saoudiens suscitent une peur généralisée.</p>
<p>Houda al-Hamoud, une Saoudienne engagée pour diriger un programme du ministère de l&rsquo;Education en 2017, en a payé le prix, selon M. Shaker.</p>
<p>Accusée d&rsquo;avoir posté d&rsquo;anciens tweets favorables au Qatar, pays du Golfe rival de Ryad, elle a été licenciée quelques jours après sa nomination, rapporte l&rsquo;expert.</p>
<h2>Cheval de Troie</h2>
<p>Pour éviter ces ennuis, certains usent et abusent de faux élans nationalistes.</p>
<p>« Chaque jour, sur Twitter, je lance une ou deux insultes au Qatar », raconte à l&rsquo;AFP un fonctionnaire du gouvernement ayant requis l&rsquo;anonymat, Doha étant, avec l&rsquo;Iran, l&rsquo;une des bêtes noires des trolls saoudiens.</p>
<p>« Je me moque pas mal du Qatar, mais ainsi personne ne peut m&rsquo;accuser d&rsquo;être antipatriotique si je m&rsquo;exprime contre d&rsquo;autres politiques de l&rsquo;Etat », explique-t-il.</p>
<p>L&rsquo;Arabie Saoudite, qui compte le plus grand nombre d&rsquo;utilisateurs de Twitter dans le monde arabe, a été accusée de tenter de manipuler le contenu de la plateforme.</p>
<p>Deux anciens employés de la firme américaine ont été notamment accusés en 2019 d&rsquo;espionnage pour le compte de Ryad.</p>
<p>Twitter a suspendu des centaines de comptes basés dans le royaume, dont certains « liés à l&rsquo;appareil médiatique public de l&rsquo;Arabie saoudite ».</p>
<p>Mais certains trolls ne sont pas faciles à dompter et pourraient se retourner contre le régime alors que le pays entre dans une vague d&rsquo;austérité sur fond de crise de Covid-19 et de chute des prix du pétrole.</p>
<p>« Le sentiment nationaliste encouragé par l&rsquo;Etat pourrait avoir créé un cheval de Troie », dit à l&rsquo;AFP Eman Alhussein, de l&rsquo;Arab Gulf States Institute, basé à Washington.</p>
<p>« Ces comptes pourraient devenir un défi pour l&rsquo;Etat », prévient-elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
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