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	<title>Moulay Hicham &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Moulay Hicham &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Terrorisme: comment la coopération sécuritaire entre le Maroc et la France a failli être compromise</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jan 2021 13:24:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
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					<description><![CDATA[Avec le Sri Lanka, l’Inde, les Etats-Unis, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne ou encore la France, le Maroc a été d’un apport considérable dans l’anticipation sur de nombreux attentats, l’identification de réseaux terroristes tout comme il est intervenu sur le théâtre des opérations, lorsque cela s’est avéré nécessaire. Reste que cette collaboration est conditionnée par des relations de confiance qui ont pu faire défaut ou être parasitées dans certaines séquences récentes du terrorisme européen sur lesquelles le Maroc a pu être amené à intervenir, comme les attentats de Paris en 2015.
Un épisode avec la France interpelle sur l’honnêteté et la transparence dans les relations entre les services, pas toujours en phase avec la qualité des relations politiques entre les deux pays « amis ». Récit.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rôle joué par les équipes de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST) dans la neutralisation des auteurs des attentats de Paris en novembre 2015 a été décisif.</p>
<p>Il tient essentiellement de l’identification du repère du belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des actes terroristes qui ont endeuillé la France. C’est un renseignement marocain qui a en effet mis les enquêteurs français sur la piste du terroriste retranché dans une cache à Saint-Denis, en banlieue parisienne, où il sera tué au cours de l’assaut des forces de sécurité françaises alors qu’une information fournie par la Turquie à la France situait, au même moment, ce même Abdelhamid Abaaoud en Grèce.</p>
<p>Renseignements déterminants sur Abdelhamid Abaaoud, mais également sur sa cousine Hasnaa Aït Boulahcen.</p>
<p>De sorte à prendre part aux enquêtes sur le terrain, des officiers du renseignement marocain avaient été déployés dans les capitales française et belge, au lendemain des actes terroristes du 13 novembre.</p>
<figure id="attachment_216172" aria-describedby="caption-attachment-216172" style="width: 624px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-216172" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/abaoudmaroc.jpg" alt="" width="624" height="347" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/abaoudmaroc.jpg 624w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/abaoudmaroc-520x289.jpg 520w" sizes="(max-width: 624px) 100vw, 624px" /><figcaption id="caption-attachment-216172" class="wp-caption-text">Abdelhamid Abaaoud</figcaption></figure>
<p>Compte tenu des ramifications en Belgique de ces attaques, Bruxelles avait été placée en état d’alerte, « une menace sérieuse et imminente » pesant alors sur des emplacements stratégiques de la capitale belge. Les établissements scolaires et les transports en commun avaient été fermés et l’armée mobilisée pour patrouiller dans les rues.</p>
<p>Tous les détails de la collaboration des services marocains ne sont pas connus à ce jour, mais ils ont été suffisamment significatifs pour que le président François Hollande remercie le 20 novembre le Roi Mohammed VI pour l’« assistance efficace du Maroc » et que trois jours plus tard, le Roi Philippe de Belgique lui demande « une collaboration étroite poussée en matière de renseignement et de sécurité ».</p>
<p>Deux mois après, Le Maroc neutralisait à Mohammedia (20 kms au Nord de Casablanca) un Belge d’origine marocaine lié aux auteurs des attentats de Paris, de même que ses services prêtaient à nouveau main forte à leurs homologues belges en fournissant des données opérationnelles sur les extrémistes impliqués ou liés aux attaques suicides de l’aéroport de Zaventem et du métro de Bruxelles le 22 mars 2016. Elles avaient provoqué la mort de 32 personnes et blessé 340 autres.</p>
<h2><strong>Les renseignements marocains collaborent avec la France, malgré des « fractures »</strong></h2>
<p>Au moment des attentats de Paris, les relations entre le Maroc et la France n’étaient pas au beau fixe, à peine remises sur les rails quelques mois plus tôt, après un épisode inédit dans la diplomatie internationale.</p>
<p>Mais face à la nature asymétrique des menaces actuelles, l’engagement commun est une nécessité pour la sécurité des deux pays. Il l’emporte sur les considérations politiques, quelles que soient les « fractures » qui ont pu illustrer les rapports de « domination » que certains milieux politiques et sécuritaires français persistent, aujourd’hui encore, à vouloir entretenir avec le Maroc.</p>
<p>Il est un fait que le terrorisme a rendu les pays de plus en plus interdépendants et le renseignement occupe un rôle capital dans les stratégies de défense des deux états aux nombreux intérêts communs. Cela a vu naître de nouvelles pratiques, de nouveaux systèmes d’alliances entre les services français et marocains, particulièrement ces deux dernières décennies.</p>
<figure id="attachment_216175" aria-describedby="caption-attachment-216175" style="width: 624px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-216175 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/BRI-1.jpg" alt="" width="624" height="346" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/BRI-1.jpg 624w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/BRI-1-520x288.jpg 520w" sizes="(max-width: 624px) 100vw, 624px" /><figcaption id="caption-attachment-216175" class="wp-caption-text">L&rsquo;assaut de Saint-Denis</figcaption></figure>
<p>C’est ainsi qu’immédiatement après que le premier commando terroriste soit entré en action près du stade de France dans la soirée du 13 novembre 2015, Les services antiterroristes marocains ont mis en place une cellule de crise et activé un dispositif destiné à regrouper et transmettre à leurs homologues français toutes les informations en leur possession, en relation avec les personnes ayant organisé et perpétré les attentats de Paris.</p>
<h2><strong>Quand 7 policiers frappent à la porte d’un Ambassadeur</strong></h2>
<p>L’exemplarité de la coopération du Maroc dans la neutralisation des auteurs des attentats de Paris a, d’une certaine manière, contribué à sceller la réconciliation entre le Maroc et la France après une longue période de mésentente dont les tenants pèsent encore sur la relation entre les deux pays.</p>
<p>Tout commence le 20 février 2014 lorsque 7 policiers français se rendent, aux alentours de 16h, à la résidence de l’Ambassadeur du Maroc à Paris pour remettre à Abdellatif Hammouchi, Directeur Général de la sûreté intérieure marocaine, la convocation d’un juge.</p>
<p>Jamais dans l’histoire des relations entre deux pays, de surcroit « amis », un tel comportement n’aurait pu être envisagé, ni au regard de la convention de Vienne, ni au regard de la pratique diplomatique entre les deux Etats.</p>
<p>S’il avait été envisagé, dans le cadre d’une approche « sincère » et transparente de faire parvenir une convocation, elle aurait dû emprunter un circuit diplomatique, à travers le ministère des Affaires étrangères à Rabat.</p>
<figure id="attachment_216177" aria-describedby="caption-attachment-216177" style="width: 625px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-216177" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/marocamba.jpg" alt="" width="625" height="350" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/marocamba.jpg 625w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/marocamba-520x291.jpg 520w" sizes="(max-width: 625px) 100vw, 625px" /><figcaption id="caption-attachment-216177" class="wp-caption-text">Ambassade du Maroc à Paris</figcaption></figure>
<p>Cette démarche était d’autant plus grave que les policiers se sont présentés non pas à la chancellerie, comme cela aurait pu se concevoir pour la remise d’un courrier, mais à la résidence de l’Ambassadeur du Maroc.</p>
<h2><strong>Violation inadmissible des règles et usages diplomatiques</strong></h2>
<p>Voilà la police française qui vient en force frapper à la porte du représentant officiel d’un pays ce qui, dans les usages diplomatiques est juste inacceptable. Cela constitue « une violation des règles et usages diplomatiques universels et le non-respect des conventions entre les deux pays », avait alors estimé le Maroc qualifiant d’« inadmissible » cet acte, de surcroit pour une notification adressée au patron<strong>  </strong>de la Sûreté nationale . Abdellatif Hammouchi ne se trouvait d’ailleurs pas à Paris ce jour-là mais bien à Rabat, dans son bureau.</p>
<p>Alors, une question mérite d’être posée : amateurisme de la police française, erreur « simulée » ou provocation ? Quelle que soit la réponse, ce fût là un véritable affront fait au Maroc.</p>
<p>D’aucuns ne peuvent envisager que dans cette affaire, une validation politique ou sécuritaire de haut niveau n’ait pas été sollicitée.</p>
<p>« Ils ont agi avec beaucoup de légèreté et en termes diplomatiques, le moins que l’on puisse dire est que le mot légèreté est très lourd ». Cette phrase de Feu Hassan II à propos de la réaction de l’Egypte à la guerre des sables, sied à cette « erreur » de la France. Le Maroc y a répondu par une interruption immédiate de sa coopération judiciaire, tout comme Rabat a réduit au strict minimum sa collaboration sécuritaire avec Paris pendant une année.</p>
<h2><strong>Comment les choses ont-elles pu en arriver là ?</strong></h2>
<p>A la base de ce coup de froid entre les deux pays : les suites données par la justice française à une plainte de l’ex-champion de kickboxing Zakaria Moumni et qui visait directement le chef des renseignements marocains, Abdellatif Hammouchi.</p>
<figure id="attachment_216176" aria-describedby="caption-attachment-216176" style="width: 622px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-216176 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/zakaria.jpg" alt="" width="622" height="505" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/zakaria.jpg 622w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/zakaria-370x300.jpg 370w" sizes="auto, (max-width: 622px) 100vw, 622px" /><figcaption id="caption-attachment-216176" class="wp-caption-text">L&rsquo;ex-boxeur Zakaria Moumni</figcaption></figure>
<p>Le 12 février 2014, il dépose une plainte en France dans laquelle il affirme avoir été torturé durant quatre jours, sous la supervision directe du chef de la Sûreté nationale. Malgré les nombreuses contradictions contenues dans la plainte de l’ex-boxeur et l’absence de preuves tangibles, la machine judiciaire française se met en marche avec des zones d’obscurité gênantes, si l’on considère le rôle joué ou attribué à certaines parties dans cette affaire.</p>
<p>Comment un Zakaria Moumni, dont les pratiques sont décrites comme s’apparentant à celles d’un « voyou » qui a par la suite été appréhendé pour violences conjugales et fait l’objet d’une plainte déposée par la police française pour « menaces de mort, outrage à fonctionnaires de police dans l’exercice de leurs fonctions », a pu ébranler la relation entre Paris et Rabat ?</p>
<h2><strong>Un ex-boxeur voyou, une juge zélée et une association acquise au Polisario</strong></h2>
<p>Sans jeter l’opprobre sur la justice française, rares sont les personnes suffisamment naïves pour croire en une action « indépendante » de la juge,   sur la base d’une démarche de l’ONG Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture. L’ACAT qui ne fait pas de son soutien politique inconditionnel au Polisario, un secret. Au contraire, ses animateurs ont épousé le guide argumentaire des séparatistes et de l’Algérie, au point que pour Hélène Legeay responsable Maghreb et Moyen-Orient de l’ONG « le Maroc occupe illégalement le territoire en violation du droit international »* et qu’il y « mène une intense politique de colonisation, de  « marocanisation » de la société sahraouie et de pillage des ressources, misant sur une politique du point de non-retour ».*</p>
<p>Voilà donc le profil d’un « plaignant » à la crédibilité douteuse, une association politiquement alignée sur des adversaires du Maroc, une juge  zélée et des pratiques policières qui ne peuvent pas ne pas avoir reçu un « feu vert » à un niveau élevé.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-216200" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/zakarou.jpg" alt="" width="590" height="769" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/zakarou.jpg 590w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/zakarou-230x300.jpg 230w" sizes="auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><strong>L’ex-boxeur avoue avoir rencontré Hicham Alaoui</strong></h2>
<p>Dans les éléments de ce scénario embarrassant, on ne peut raisonnablement exclure une information dérangeante confirmée par Zakaria Moumni lui-même sur son compte Facebook le 7 octobre 2014 et révélée par la presse. *</p>
<p>L’ex-boxeur y parle de sa rencontre le 26 juin 2014 avec Hicham Alaoui* et sa femme au Fouquet’s à Paris. Dans un paragraphe, il justifie maladroitement cette rencontre par… le hasard.</p>
<p>Comment y croire devant l’action organisée de l’universitaire Hicham Alaoui pour porter atteinte aux valeurs morales du règne du Roi Mohammed VI depuis plus de 20 ans ?</p>
<p>En anglais cela s’appelle du « sapping ». Il s’agit d’œuvrer à affaiblir ou détruire graduellement la force ou le pouvoir d’une personne. Pour tenter d’y parvenir, Hicham Alaoui s’appuie sur trois catégories d’individus : des journalistes, des universitaires et des « créatures » au profil trouble comme Zakaria Moumni ou Mustapha Adib qui avait d’ailleurs ouvertement fait état de ses relations avec Hicham Alaoui*.</p>
<figure id="attachment_216174" aria-describedby="caption-attachment-216174" style="width: 641px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-216174 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/adibhicham1.jpg" alt="" width="641" height="317" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/adibhicham1.jpg 641w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/adibhicham1-520x257.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 641px) 100vw, 641px" /><figcaption id="caption-attachment-216174" class="wp-caption-text">Hicham Alaoui et Mustapha Adib</figcaption></figure>
<p>Il avait dénoncé dans une lettre rendue publique en 2008, ses promesses d’aide financière non tenues, même si l’ex-capitaine avoue avoir reçu de Hicham Alaoui 25% de la somme prévue. Toutes ces personnes ont en commun le même ressentiment lié à des attentes ou des demandes non satisfaites par « Rabat », pour ne pas dire le Roi.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-216199" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/postadib-1.jpg" alt="" width="592" height="897" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/postadib-1.jpg 592w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/postadib-1-198x300.jpg 198w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais c’est là un autre récit auquel nous consacrerons un prochain article.</p>
<h2><strong>Mustapha Adib, « collaborateur » des services français</strong></h2>
<p>Cependant, dans l’architecture marécageuse des cercles dans lesquels ces « créatures » sont récupérées et encadrées dans l’objectif de discréditer le Maroc, le cas de l’ex-capitaine Adib nous interpelle sur les pratiques des services de la sécurité intérieure française, en l’occurrence la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), devenue depuis la Direction Générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Dans un long post publié sur sa page Facebook depuis les Etats-Unis où il s’est installé, Mustapha Adib nous apprend en février 2019 qu’il a travaillé pour les services français, en 2014, c’est-à-dire en pleine crise entre le Maroc et la France.</p>
<p>A en croire l’ancien officier de l’armée de l’air marocaine, cette « coopération » devait être « entourée avec le maximum de secret ». Parmi ses « missions », des passages sur la chaine d’information en continu « France 24 » au sein de laquelle les services français semblent pouvoir ouvrir toutes les portes : « mon passage sur France 24 était dans le cadre d’une transaction avec les services secrets français et au plus haut niveau », écrit Mustapha Adib. On ne sait pas si le fait de qualifier le Maroc de « dictature » sur le plateau de la chaine chapeautée par le Quai d’Orsay faisait partie du « brief » reçu pas ses officiers traitants de la DCRI.</p>
<p>Ce que l’on croit savoir en revanche, c’est que lorsque l’on rend visite à un malade à l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce (fermé depuis), il faut montrer patte blanche.</p>
<p>Or, lorsque Mustapha Adib s’y rend le 18 juin 2014 pour tourmenter la famille du Général Abdelaziz Bennani qui y était hospitalisé, il n’a aucun mal ni à y entrer, ni à trouver la chambre du général marocain mourant. Comment ? Par quels moyens ?</p>
<p>La réponse à ces questions se trouve peut-être dans un second post Facebook dans lequel l’ex-militaire affirme avoir également travaillé pour le compte du renseignement militaire français.</p>
<p>Depuis, les deux posts ont été supprimés du compte de Mustapha Adib.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-216198" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/postFB-1.jpg" alt="" width="645" height="309" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/postFB-1.jpg 645w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/postFB-1-520x249.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 645px) 100vw, 645px" /></p>
<h2><strong>Une plainte classée mais une affaire qui n’a pas livré tous ses secrets</strong></h2>
<p>Pour revenir à Zakaria Moumni, la justice française a classé sa plainte sans suite le 19 juillet 2016.Un protocole additionnel à la convention judiciaire liant les deux pays a été adopté par l’Assemblée Nationale pour que les procédures engagées en France par un ressortissant marocain contre un autre ressortissant marocain sur des faits commis au Maroc soient traitées à Rabat. Malgré cela et les conclusions du rapport d’enquête transmis à la justice française et selon lequel les actes de torture dont Moumni prétend être victime « ne reposent sur aucun fondement, ni de fait ni de droit (…) », la pilule ne passe toujours pas à Rabat.</p>
<p>Au delà du caractère insultant de la démarche, il est évident aux yeux de plusieurs hauts responsables marocains que les ressorts de cette affaire ne sont pas encore tous connus.</p>
<p>Si à deux reprises, Abdellatif Hammouchi s’est rendu en Espagne pour se voir décerner en 2014 et 2019 les plus hautes distinctions du royaume voisin, il n’a jamais voulu recevoir la légion d’honneur française. Une source au sein de l’ambassade de France à Rabat nous confirme que la prestigieuse décoration « n’a en effet jamais pu être remise » au patron de la DGST.</p>
<figure id="attachment_216195" aria-describedby="caption-attachment-216195" style="width: 625px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-216195" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/hamouchiEsp.jpg" alt="" width="625" height="447" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/hamouchiEsp.jpg 625w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/hamouchiEsp-419x300.jpg 419w" sizes="auto, (max-width: 625px) 100vw, 625px" /><figcaption id="caption-attachment-216195" class="wp-caption-text">Le Secrétaire d&rsquo;Etat espagnol à la Sécurité remet une décoration à Abdellatif Hammouchi. 07 octobre 2014</figcaption></figure>
<h2><strong>Le patron de la sécurité intérieure ne veut pas de la légion d’honneur</strong></h2>
<p>Elle avait pourtant été annoncée à grand renfort de caméras de télévision par Bernard Cazeneuve alors ministre de l’intérieur de François Hollande. Il s’était rendu à Rabat le 14 février 2015 pour aplanir les derniers « malentendus », louer « l’efficacité » des services de sécurité marocains et signifier l’estime et la considération de son pays au Maroc, un « partenaire clé » qui s’était tenu aux côtés de la France dans la terrible épreuve des attentats de Paris.</p>
<p>Le pensionnaire de la place Beauvau avait demandé à ce qu’Abdellatif Hammouchi soit présent au déjeuner organisé par son homologue Mohamed Hassad, mais le patron de la sûreté nationale marocaine, « ne s’y est pas rendu », nous affirme notre source de l’ambassade de France qui a insisté pour garder l’anonymat.</p>
<figure id="attachment_216173" aria-describedby="caption-attachment-216173" style="width: 623px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-216173 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/hassadcazeneuve.jpg" alt="" width="623" height="387" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/hassadcazeneuve.jpg 623w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/hassadcazeneuve-483x300.jpg 483w" sizes="auto, (max-width: 623px) 100vw, 623px" /><figcaption id="caption-attachment-216173" class="wp-caption-text">Le ministre français de l&rsquo;intérieur Bernard Cazeneuve en visite au Maroc, Février 2015</figcaption></figure>
<p>Quelques mois plus tard, lors d’une visite officielle à Tanger les 18 et 19 septembre 2015, le président François Hollande lui-même revient à la charge pour l’attribution de la légion d’honneur au patron de la DGST, qu’il s’agissait en réalité d’élever au grade d’officier puisque Abdellatif Hammouchi avait été fait chevalier de la légion d’honneur en 2011 par le président Sarkozy.</p>
<p>Le Directeur Général de la DGST et de la DGSN n’a jamais donné suite, à ce jour, ni à la première ni à la seconde proposition de décoration. Elles avaient été formalisées dans des écrits dont AtlasInfo.fr s’est procuré une copie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-216194" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/lettredecoration.jpg" alt="" width="640" height="444" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/lettredecoration.jpg 640w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/01/lettredecoration-432x300.jpg 432w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<h2><strong>Maitriser le renseignement, c’est contrôler les décisions</strong></h2>
<p>Cet épisode de la résidence du Maroc à Paris illustre combien les questions de sécurité et de renseignement s’inscrivent au cœur des enjeux des relations internationales en devenant les principaux ressorts du changement qui caractérise les différents rapports de force entre Etats.</p>
<p>« La date du 11 septembre 2001 n’est pas seulement le repère symbolique d’un changement d’ère, elle est aussi l’expression d’une dimension inédite de la guerre, celle qui se mène par l’information », écrivent Didier Lucas et Christian Harbulot dans « La Guerre Cognitive » *.</p>
<p>Par le passé, la dissuasion nucléaire ou la guerre économique pouvaient suffire « à tenir un Etat ». Aujourd’hui la production du renseignement a bousculé ces paradigmes. Elle confère à ceux qui la maitrisent une part importante du contrôle de la décision, qu’elle soit régionale ou mondiale.</p>
<p>Aucun état, aucun service au monde ne peut prétendre aujourd’hui être en situation d’« autosuffisance » en matière de renseignement lui permettant de revendiquer ou d’occuper une position de domination absolue.</p>
<p>Pour sa part, le Maroc peut prétendre à une légitimité durable. C’est ce qui en a fait une cible mais c’est également ce qui le rend aujourd’hui si essentiel.</p>
<p><b>*Interview de Hélène Legeay à « Algérie Patriotique », 28 juin 2017.</b></p>
<p><strong>*Interview à « La Croix », 26 janvier 2018.</strong></p>
<p><strong>* Jeune Afrique.com, 3 octobre 2014.</strong></p>
<p><strong>*Hicham Alaoui est le fils ainé de Feu Moulay Abdellah, frère de Feu le Roi Hassan II.</strong></p>
<p><strong>*Sous la direction de Christian Harbulot et Didier Lucas, « La guerre cognitive, l’arme de la connaissance ». Lavauzelle-Graphic Editions, 2004.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Hicham Alaoui, Pierre Vermeren, Khadija Mohsen-Finan et Maati Monjib, ces « intellectuels » qui s’accommodent de l’islamisme radical</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2020 19:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
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					<description><![CDATA[« Je crois que l’on a tort de voir dans l’islamisme un facteur de déstabilisation du champ politique. C’est au contraire l’islamisme qui se transforme au contact de la démocratie ». L’auteur de cette phrase est Hicham Alaoui* auquel l’hebdomadaire français l’Express consacrait une interview le 1er août 2005. Il considère, par exemple, qu’un mouvement radical comme Al Adl Wal Ihssane qui milite pour l’instauration d’une république islamique « est un mouvement politique comme les autres ».
A la lumière des attentats qui ont ensanglanté la France depuis et l’expression du radicalisme religieux qui s’y est propagé, il n’est pas sûr que les affirmations hasardeuses du chercheur marocain continuent d’avoir la faveur de médias français ou qu’elles n’arrachent pas les sarcasmes des experts du radicalisme religieux, si tant est que la situation puisse s’y prêter.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’assassinat odieux du professeur d’histoire Samuel Paty vendredi dernier à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines vient anéantir l’idée selon laquelle l’islamisme radical pourrait s’inscrire dans une cohabitation avec les valeurs de la démocratie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210849 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/samupatty.jpg" alt="" width="443" height="250" /></p>
<p>Un pays comme le Maroc en fait la triste expérience quasi quotidiennement, jonglant depuis 1994 d’un attentat sanglant au démantèlement de cellules terroristes ; d’une saisie d’armes à feu à un prêche incendiaire ; d’un appel au meurtre contre un journaliste à une fatwa contre une chaîne de télévision jugée trop libérale ; d’une association radicale qui prône l’instauration d’une république islamiste à un prédicateur auto-proclamé qui marierait bien les petites filles dès l’âge de 9 ans.</p>
<h2><b>Intégrer les mouvances islamistes dans le champs politique</b></h2>
<p>Il est bien entendu que la définition de l’islamisme dont nous parlons ici n’est pas celle qu’affectionnait Voltaire lorsqu’il réfléchissait à remplacer « mahométisme » pour parler de la religion des musulmans. Il s’agit de l’usage fait de la doctrine musulmane pour guider l’action politique ou encore l’idéologie instrumentalisant l’Islam en vue d’un projet politique, pour qu’il induise une transformation de la société par l’instauration de la charia* pour les uns, le rétablissement d’un califat pour certains ou la formation de « moudjahidines » pour mener le « Jihad », pour d’autres.</p>
<p>Pour des universitaires comme Hicham Alaoui, Khadija Mohsen-Finan, Pierre Vermeren ou Maati Monjib, l’intégration des mouvements islamistes, même les plus radicaux, dans le champs politique, serait la planche de salut par laquelle l’avènement de la démocratie serait possible dans les pays arabo-musulmans. Vraiment ?</p>
<p>Si ces mêmes mouvances islamistes aux dogmes sectaires inséparables du déni de la pluralité, ne peuvent pas s’intégrer dans des modèles démocratiques comme la France où la laïcité délimite clairement la place du fait religieux, comment et surtout pourquoi cela pourrait-il être le cas dans les sociétés de leurs pays d’origine ?</p>
<h2><b>Banaliser le fait même que la foi puisse être instrumentalisée </b></h2>
<p>Il n’est pas certain que l’immense majorité des musulmans de France qui assiste impuissante à la dénaturation de sa foi et au dévoiement de l’esprit progressiste auquel elle aspire, partage les théories de ce courant intellectuel.</p>
<figure id="attachment_210789" aria-describedby="caption-attachment-210789" style="width: 612px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-210789 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1.jpg" alt="" width="612" height="403" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1.jpg 612w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1-456x300.jpg 456w" sizes="auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px" /><figcaption id="caption-attachment-210789" class="wp-caption-text">Mosquée de Pantin fermée par les autorités françaises le 21 octobre 2020</figcaption></figure>
<p>La prolifération des mouvements sectaires dont les animateurs stimulent la haine et encadrent les conditions de la violence, questionne sur cette confusion nourrie et entretenue par cette catégorie d’« experts » pour laquelle ces mouvements devraient et pourraient être intégrés à la vie publique des pays arabo-musulmans. Banaliser le fait même que la foi et la spiritualité puissent être des outils pour accéder au pouvoir politique, revient à leur donner une caution morale, et par ricochet, à les banaliser, y compris même sur des territoires qui ne sont pas de tradition musulmane et où ces mouvements prospèrent.</p>
<h2><b>S’accommoder du discours radical pour promouvoir une alternative</b></h2>
<p>Force est de constater que, pour peu que cela leur permette de promouvoir une « alternative » aux régimes dont le modèle politique n’est pas assorti à leur point de vue ou à leurs objectifs personnels, ces chercheurs semblent s’accommoder des ambivalences discursives de ces organisations islamistes, au point d’amoindrir le danger qu’elles représentent, de promouvoir leur utilité et de leur trouver des « qualités » compatibles avec les valeurs de la démocratie.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique.html"><span class="post-title">Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l’alliance entre les “laïcs” et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</span></a></p>
<figure id="attachment_210791" aria-describedby="caption-attachment-210791" style="width: 225px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210791" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yazzin.jpg" alt="" width="225" height="225" /><figcaption id="caption-attachment-210791" class="wp-caption-text">Abdessalam Yassine</figcaption></figure>
<p>De ce point de vue, l’exemple du mouvement islamiste radical marocain Al Adl Wal Ihssane* est assez emblématique. Il est d’ailleurs présent et très actif sur le territoire français, en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne et depuis quelques années, sur une partie du territoire nord-américain.</p>
<h2><b>Quand ce courant intellectuel trouve du « charisme » à un leader radical antisémite</b></h2>
<p>Ce mouvement toléré par les autorités marocaines mais non reconnu, est pourtant aujourd’hui dépouillé de l’idée répandue pendant plus de 40 ans selon laquelle sa démarche est basée sur le pacifisme et la non-violence. Le mouvement islamiste prône ouvertement l’instauration d’un califat, d’une « société islamique authentique » qui pourrait prendre la forme d’une république inspirée du modèle de l’ayatollah Khomeiny.</p>
<figure id="attachment_208500" aria-describedby="caption-attachment-208500" style="width: 279px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-208500 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg" alt="" width="279" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg 279w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah-233x300.jpg 233w" sizes="auto, (max-width: 279px) 100vw, 279px" /><figcaption id="caption-attachment-208500" class="wp-caption-text">La Sunnah d&rsquo;Allah</figcaption></figure>
<p>Son fondateur Abdessalam Yassine que Hicham Alaoui, Khadija Mohsen-Finan ou Pierre Vermeren trouvent « charismatique »*, était d’un antisémitisme effroyable. « Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs. Les musulmans le feront » *, écrivait le leader d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane. La littérature du maître-à-penser du mouvement est d’une extrême violence parlant du « caractère exécrable des juifs, leur apostasie, leur hypocrisie ». Pour celui que le marketing de la Jamaâ* présentait comme un pacifiste, les juifs « constituent une espèce humaine qui concentre toutes les déviations incarnées par la Jahilia*», ajoutant que « les juifs sont maudits par Dieu (…), les juifs sont connus pour être les assassins des prophètes ».</p>
<h2><b>L’Incitation à la haine banalisée</b></h2>
<p>C’est là bien plus qu’une incitation à la haine et elle n’a rien à envier à celle qui a coûté la vie dans des circonstances atroces à Samuel Paty, décapité alors qu’il regagnait son domicile après une journée au collège.<br />
Tout comme lorsque Abdessalam Yassine écrit : « le devoir (qui) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad. » *</p>
<p>Ainsi, les textes fondateurs de la doctrine d’Al Al Wal Ihssane parlent de « guerre », de «moudjahidines », de « martyrs », de « jihad » et de « victoire » et Abdessalam Yassine s’est inspiré de la révolution iranienne pour cerner les contours de son concept de Qawma, le soulèvement général suivant la voie prophétique par lequel ce « jihad » serait mené. Il voyait dans le régime des mollahs, un modèle pour l’espace arabo-musulman et la conquête du reste du monde, de même que les Frères Musulmans d’Egypte suscitaient son admiration.</p>
<h2><b>Jihad, moudjahidines, et décapitation</b></h2>
<p>Lorsqu’Al Adl Wal Ihssane conteste au Roi son titre de Commandeur des Croyants, c’est parce son fondateur se pose en « concurrent » du Roi du Maroc, descendant du prophète. Abdessalam Yassine se considère comme un « élu de Dieu » susceptible de diriger la « société islamique authentique » dont il rêve. Un califat que son successeur continue de promouvoir. En prédicateur zélé, Mohamed Abbadi cite Ibnou Lkhattab qui avait donné 3 jours à ses compagnons pour désigner un nouveau calife et tous ceux qui s’y opposeraient seraient « décapités» *.</p>
<figure id="attachment_209460" aria-describedby="caption-attachment-209460" style="width: 340px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209460" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/ababiii.jpg" alt="" width="340" height="264" /><figcaption id="caption-attachment-209460" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>Nous sommes bien loin de l’image d’un mouvement « pacifiste » et « non violent » que Pierre Vermeren cultive de l’organisation islamiste. Pour l’historien français, « Al Adl Wal Ihssane, mouvement piétiste et non violent, ne subit pas de répression violente, mais endosse une surveillance permanente (…) » *. A la mort du prédicateur en 2012, l’historien dresse de lui le portrait d’un « religieux (…) qui était un théologien, théoricien », ajoutant qu’« Il ne s’est jamais lancé dans une opposition frontale à travers des actions collectives et des violences»*.</p>
<h2><b>Pour ces politologues, Abdessalam Yassine est une « légende » de la dissidence</b></h2>
<p>Pour le professeur d’histoire des mondes arabo-berbères contemporains, Abdessalam Yassine serait même drapé d’héroïsme, voire même de talent puisqu’il le qualifie de « véritable légende de la dissidence au Maroc » *.<br />
Ignorance du socle doctrinal terrifiant d’Al Adl Wal Ihssane et de son projet de république islamique ou l’historien chercherait-il à dédiaboliser un mouvement dont l’opposition à la monarchie marocaine semble susciter sa sympathie ?</p>
<figure id="attachment_210798" aria-describedby="caption-attachment-210798" style="width: 341px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210798" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pierre-vermeren1.jpg" alt="" width="341" height="299" /><figcaption id="caption-attachment-210798" class="wp-caption-text">Pierre Vermeren</figcaption></figure>
<p>Pierre Vermeren ne peut ignorer l’admiration d’Abdessalam Yassine pour la « bravoure » des troupes de la révolution iranienne qui constituait pour lui un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman.<br />
Il ne peut ignorer non plus que dans son livre la « Sunnah d’Allah », le prédicateur parle de «l’épopée de la révolution iranienne, le jihad majestueux des Afghans, la résistance islamique du Sud Liban (celle du Hezbollah soutenu par Téhéran) et les soulèvements des mouvements islamistes, sont autant d’exemples de la vraie identité musulmane recouvrée ».</p>
<h2><b>Apologie du Jihad et déferlement d’antisémitisme</b></h2>
<p>Pierre Vermeren ne peut non plus ne pas connaitre l’ampleur de l’apologie du jihad dont sont nourris les écrits du fondateur de la Jamaâ qui veut « réhabiliter la personnalité jihadie » pour prendre les rênes de la Oumma, la communauté islamique, car il s’agit pour lui de « vaincre ses ennemis (de Dieu) et régner sur le monde (…) *.</p>
<p>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/il-ny-aura-pas-de-resurrection-jusqua-ce-que-les-musulmans-tuent-les-juifs-selon-le-fondateur-dal-adl-wal-ihssane.html"> <span class="post-title">“Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs”, selon le fondateur d’Al Adl Wal Ihssane</span></a></p>
<p>Tout comme l’historien ne peut nier avoir connaissance du déferlement d’antisémitisme de Abdessalam Yassine qui écrit que « le vrai défi consiste à livrer un combat sans merci aux juifs jusqu’à leurs derniers bastions » *.</p>
<p>Ces interrogations méritent d’être posées d’autant que juste avant de qualifier Al Adl Wal Ihssane de mouvement « piétiste et non violent », le « fin connaisseur » des mondes arabo-berbères semble s’étonner qu’un pays, comme le Maroc qui est la cible des mouvements terroristes depuis plus de 25 ans, puisse vouloir se protéger du shiisme Iranien et des djihado-salafistes lesquels, s’émeut Pierre Vermeren, « subissent les assauts hebdomadaires des services antiterroristes marocains ».</p>
<h2><b>Composer avec le diable pour peu qu’il mène au sommet</b></h2>
<p>Cette même sympathie, pour ne pas dire émerveillement pour Al Adl Wal Ihssane, l’historien français semble la partager avec Hicham Alaoui. Dans un texte écrit à la première personne en 2013 * et dans lequel il s’imagine regagner le Maroc 5 ans plus tard, Hicham Alaoui voit la Jamaâ : «transformé(e) en parti à l’instar des salafistes ». Il poursuit : « Al Adl Wal Ihsane n’a pas nécessairement fait le plein des voix pour des raisons religieuses mais plutôt pour son courage et sa persévérance dans la résistance à la monarchie abusive ».</p>
<figure id="attachment_210804" aria-describedby="caption-attachment-210804" style="width: 339px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210804" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1-.jpg" alt="" width="339" height="329" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1-.jpg 339w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1--309x300.jpg 309w" sizes="auto, (max-width: 339px) 100vw, 339px" /><figcaption id="caption-attachment-210804" class="wp-caption-text">Hicham Alaoui</figcaption></figure>
<p>Voilà ! Nous y sommes donc : tous ceux qui prendraient pour cible la monarchie marocaine, fussent-ils des obscurantistes, obtiendraient l’indulgence, si ne n’est la confiance d’une catégorie de préfaciers de l’actualité marocaine pour leur « courage » à vouloir renverser le trône. Les prises de positions de ce courant ne sont pas motivées par la recherche de la vérité. Ainsi, leur approche faussement académique, leurs analyses préétablies, leurs arguments pas toujours vérifiables et leur rigueur contestable, ne tiennent compte de la réalité que d’une seule partie ou que d’une seule obédience : la leur.</p>
<h2><b>Hicham Alaoui voit du « courage » dans ce mouvement qui prône le jihad</b></h2>
<p>Pour lui, « Un jour viendra où on parlera des « islamistes-démocrates » dans le monde arabe avec autant de flegme que les chrétiens-démocrates en Europe, par exemple en Italie ou en Allemagne ». Sans doute a-t-il hérité cette idée des analyses de Rémi Leveau qu’il présente comme son « père spirituel ».</p>
<p>Ancien conseiller scientifique de l’Institut Français des Relations Internationales, (IFRI), en poste au Maroc comme enseignant à la faculté de droit puis conseiller au cabinet du ministre marocain de l’intérieur de 1968 à 1974 (notamment du temps du général Mohamed Oufkir), Rémi Leveau plaidait pour un compromis entre le pouvoir et les islamistes pensant qu’ils pouvaient évoluer vers « une sociale-démocratisation ».</p>
<h2><b>Un seul « courant » , un même discours</b></h2>
<p>Khadija Mohsen-Finan, politologue, chercheuse associée au laboratoire Sirice*, longtemps responsable du programme Maghreb à l’IFRI, tient pratiquement mot pour mot le même discours que Hicham Alaoui et son « père spirituel ». Pour elle, les islamistes du parti tunisien Ennahda, par exemple, « sans abandonner l’Islam comme référentiel, entendent tourner la page de l’Islam politique pour devenir «démocrates musulmans » à l’instar des partis démocrates-chrétiens qu’a connu l’Europe ». Khadija Mohsen-Finan est également membre du comité scientifique de la Fondation Hicham Alaoui.</p>
<figure id="attachment_210808" aria-describedby="caption-attachment-210808" style="width: 357px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210808" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan.jpg" alt="" width="357" height="361" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan.jpg 357w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan-297x300.jpg 297w" sizes="auto, (max-width: 357px) 100vw, 357px" /><figcaption id="caption-attachment-210808" class="wp-caption-text">Khadija Mohsen-Finan</figcaption></figure>
<p>Sans doute ceci explique l’alignement absolu entre les deux chercheurs qui ont pour autre point commun une analyse invariablement à charge contre Rabat. La politologue tunisienne présente d’ailleurs la singularité de perdre tout sens de l’histoire et de la géographie, dès qu’il s’agit de la question du Sahara pour laquelle les thèses d’Alger emportent systématiquement son adhésion. Mais c’est là une autre histoire.</p>
<p>Pour revenir à Al Adl Wal Ihssane, Khadija Mohsen-Finan fait presque preuve d’angélisme lorsqu’elle présente le mouvement islamiste radical comme une « confrérie », un mouvement « plus mystique que salafiste » dont la structure est centrée « sur la figure de son leader charismatique » *.</p>
<h2><b>Dangereuse stratégie de dédiabolisation </b></h2>
<p>Voilà donc un mouvement antisémite dont le fondateur appelle au Jihad et qui prône l’instauration d’une « société islamique authentique » dont ce cercle de réflexion feint d’ignorer la face obscure, crédibilisant les propos de Hicham Alaoui qui affiche ainsi ses préférences : « à l’arrivée, le PJD étant aussi exsangue que l’USFP* après sa propre expérience de cohabitation, je ne puis qu’être d’accord avec (…) les vrais islamistes au Maroc, ceux d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane (…) »*.</p>
<p>Le Parti de la Justice et du Développement ? Pour celui qui dirige une fondation pour la recherche en sciences sociales sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, ce sont des « islamistes domestiqués ». Sans doute que le parti dirigé par Saad dine El Otmani n’est pas assez en opposition avec la monarchie pour celui qui apporta son soutien à Nadia Yassine, fille du fondateur d’Al Adl Wal Ihssane, parce qu’elle avait affiché sa préférence pour une république islamique.</p>
<figure id="attachment_210810" aria-describedby="caption-attachment-210810" style="width: 350px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210810" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta.jpg" alt="" width="350" height="200" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta.jpg 350w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta-260x150.jpg 260w" sizes="auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px" /><figcaption id="caption-attachment-210810" class="wp-caption-text">Nadia Yassine</figcaption></figure>
<p>Nous étions alors en juin 2005. Dans son livre, Hicham Alaoui raconte cet épisode, évoquant au moins à trois reprises assez longuement la fille du « leader charismatique du mouvement islamiste radical Justice et Bienfaisance », écrit-il. Nadia Yassine était à l’époque la porte-parole officieuse d’Al Adl Wal Ihssane. Elle avait déclaré dans un hebdomadaire arabophone « Al Ousbouia Al Jadida », qu’elle avait une préférence pour une « république islamique » plutôt que pour un « régime autocratique » et que sa constitution mériterait de finir « à la poubelle de l’histoire », ajoutant que « la monarchie au Maroc approchait de sa fin ». Ses déclarations lui valurent une convocation devant le tribunal pour «atteinte à la monarchie ».</p>
<h2><b>Préférence pour une république islamique</b></h2>
<p>Dans les pages de la publication marocaine « Al Jarida Al Oukhra », Hicham Alaoui avait réagi « à la préférence pour une république marocaine exprimée par l’islamiste Nadia Yassine en posant comme principe que l’Islam ne privilégiait aucun régime en particulier (…) ». Il signifie ainsi son « entière solidarité » à l&rsquo;égérie des islamistes radicaux, aujourd&rsquo;hui tombée dans l&rsquo;oubli. Interrogée sur le soutien du fils de Moulay Abdellah, Nadia Yassine répondra à un média français : « (…) je ne vois pas pourquoi il faudrait accorder un intérêt particulier à (son) intervention » *.</p>
<p>Dans cette même interview à « Al Jarida Al Oukhra », Hicham Alaoui assurait ne « pas craindre l’arrivée des islamistes au pouvoir », estimant qu’il fallait trouver une solution à leur entrée sur la scène politique et ce « parmi les islamistes qui sont restés dehors ». Pour renforcer son entreprise de dédiabolisation de l’organisation islamiste radicale, il ajoute : « je pense qu’Al Adl Wal Ihssane est un mouvement politique comme les autres ».</p>
<h2><b>Al Adl Wal Ihssane et Hicham Alaoui alignés sur le même registre de « dissidences »</b></h2>
<p>C’est également en substance ce que Pierre Vermeren et Khadija Mohsen-Finan soutiennent cette fois-ci dans le livre « dissidents au Maghreb » qu’ils ont cosigné en 2018. Dans un chapitre intitulé «Makhzen et Siba »*, la dissidence a le visage d&rsquo;Abdessalam Yassine et de son mouvement radical auquel les deux auteurs persistent à donner les attributs d’une « confrérie », laquelle pourrait, selon eux, « affecter la  légitimité  religieuse  du  Commandeur  des  Croyants  à  l’intérieur  de  l’Islam sunnite».</p>
<p>Etrangement, cette partie consacrée à Al Adl Wal Ihssane est immédiatement précédée de cette autre « dissidence » de Hicham Alaoui présentée ainsi comme « une gêne » pour le Maroc. Curieuse succession dans l’énumération de ces « dissidents », Hicham Alaoui étant un individu qui n’est ni à la tête d’un mouvement, ni à la tête d’une organisation « dissidente », en tout cas pas ouvertement. Il n’a jamais été soumis ni à des assignations à résidence, ni à des emprisonnements, ni à des interdictions professionnelles, encore moins à des menaces.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208504" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg" alt="" width="689" height="383" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg 689w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000-520x289.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 689px) 100vw, 689px" /></p>
<p>De l’autre côté, voilà une organisation qui s’apparente à une secte, structurée avec des adeptes, un socle doctrinal obscurantiste et un projet politique insurrectionnel. Oui, succession étonnante, en tout cas pour ceux qui ne relèveraient pas un point commun capital entre la Jamaâ et Hicham Alaoui: tous deux contestent au Roi la Commanderie des Croyants. Hicham Alaoui s’est prononcé à plusieurs reprises contre « une monarchie sous l’autorité du Commandeur des croyants, mêlant prérogatives politiques et religieuses » *.</p>
<p>Succession troublante pour ceux qui ne retiendraient pas non plus que Hicham Alaoui, qui promeut une inclusion dans le jeu politique du mouvement radical, semble voir Al Adl Wal Ihssane comme la seule alternative lorsqu’il dit en 2011 « le mouvement du 20 février ne pourra que durcir ses positions et risque d’être poussé dans les bras des islamistes extra parlementaires de l’association Al Adl Wal Ihssane » *.</p>
<h2><b>Hicham Alaoui représenté à des réunions secrètes avec Al Adl Wal Ihssane ?</b></h2>
<p>Succession insolite pour ceux qui ne sauraient pas qu’un proche, « ami intime » de Hicham Alaoui, en l’occurrence Abdellah Hammoudi* anthropologue installé aux Etats-Unis, a pris part à des rencontres tenues longtemps secrètes avec des responsables de la Jamaâ, notamment en juillet 2014. Rien n’indique que Abdellah Hammoudi n’ait pas été mandaté par Hicham Alaoui pour l’y représenter.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/maroc-gauche-radicale-et-radicalite-religieuse-lalliance-de-laveugle-et-du-paralytique.html"><span class="post-title">Gauche radicale et radicalité religieuse, “l’alliance de l’aveugle et du paralytique”</span></a></p>
<p>Succession inhabituelle pour ceux qui ne sauraient pas que l’historien Maati Monjib, qui assiste chaque année depuis 2014 aux cérémonies commémoratives du décès du fondateur d’Al Adl Wal Ihssane, est une des parties prenantes de la stratégie de dédiabolisation du mouvement obscurantiste. Cheville ouvrière du rapprochement entre la gauche radicale et certains milieux de la société civile avec la Jamaâ, il est aux premières loges de la page de remerciements que consacre Hicham Alaoui à ses plus proches soutiens dans son livre.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-210826 size-medium alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-459x300.png" alt="" width="459" height="300" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-459x300.png 459w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-768x501.png 768w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-210x136.png 210w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements.png 827w" sizes="auto, (max-width: 459px) 100vw, 459px" /></p>
<p>Succession surprenante pour ceux qui ne verraient pas dans les écrits de Hicham Alaoui sur l’instauration d’une république, des points de convergences avec Al Adl Wal Ihssane : «je pourrais très bien vivre dans une république marocaine si ce régime me paraissait la meilleure option pour mon pays », écrit-il.</p>
<p>Feu Mohammed V, le grand père de Hicham Alaoui, a dû se retourner dans sa tombe à la lecture de cette phrase. Elle réduit à des petits riens les années d’exil forcé à Madagascar du Sultan et de sa famille et le sacrifice de ceux des Marocains qui donnèrent leur vie pour que le Maroc recouvre son indépendance et que Mohammed V, héritier de l’une des plus vieilles monarchies au monde, soit réhabilité dans son autorité.</p>
<p>A suivre…</p>
<p><strong>*Fils de Moulay Abdellah, frère cadet du Roi Hassan II.</strong><br />
<strong>*Charia : loi islamique. Le terme en arabe signifie « chemin pour respecter la loi (de Dieu) ».</strong><br />
<strong>*Traduit « Justice et Bienfaisance » ou « Justice et spiritualité ».</strong><br />
<strong>* Hicham Alaoui, « Journal d’un prince banni », Grasset, 2014; Khadija Mohsen-Finan, « Maroc : l’émergence de l’islamisme sur la scène politique », Politique Etrangère, 2005/1 (Printemps);  Pierre Vermeren, « Le Maroc, un royaume de paradoxe en 100 questions », Tallandier, 2020.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah », 2005.</strong><br />
<strong>*Jamaâ est traduit par communauté.</strong><br />
<strong>*Jahilia : période préislamique.</strong><br />
<strong>*Jihad : guerre sainte pour défendre ou propager l’Islam.</strong><br />
<strong>*Mohamed Abbadi dans une vidéo diffusée en avril 2016.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren, « le Maroc un Royaume de paradoxes en 100 questions », Editions Tallandier, 2020. Page 180.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren, interview sur RFI, décembre 2012.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren et Khadija Mohssen-Finan, « Dissidents au Maghreb », Editions Belin, 2018.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah », pages 11 à 14.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah, page 124.</strong><br />
<strong>*Hicham Alaoui, revue « Pouvoirs » numéro 14, 2013.</strong><br />
<strong>*Laboratoire Sirice : Identités, Relations Internationales et Civilisations de l’Europe.</strong><br />
<strong>* Khadiha Mohsen-Finan, « Tunisie, vers la fin du compromis historique avec les islamistes ? », Orient XXI, novembre 2018.</strong><br />
<strong>*Khadija Mohsen-Finan, « Maroc : l’émergence de l’islamisme sur la scène politique ». Politique Etrangère, 2005/1(Printemps).</strong><br />
<strong> *USFP : Union Socialiste des Forces Populaires.</strong><br />
<strong>*Hicham Alaoui, « Journal d’un prince banni », Grasset, 2014.</strong><br />
<strong>*Khadija Mohsen Finan et Pierre Vermeren, « Dissidents au Maghreb », Edition Belin 2018. Pages 145 à 181.</strong><br />
<strong>*Entretien avec Stephen Smith, « le débat », Gallimard.2011/4, n°166, pages 3 à 14.</strong><br />
<strong>*Entretien avec Stephen Smith, « le débat », Gallimard.2011/4, n°166, pages 3 à 14.</strong><br />
<strong>*Abdellah Hammoudi a dirigé jusqu’en 2016 l’Institut d’Etudes Régionale pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie Centrale à l’université de Princeton, institut financé par Hicham Alaoui.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l&#8217;alliance entre les « laïcs » et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 18:57:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
		<category><![CDATA[Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[AMDH]]></category>
		<category><![CDATA[Annahj Addimocrati]]></category>
		<category><![CDATA[Hicham Alaoui]]></category>
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		<category><![CDATA[Tudeh]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est le modèle iranien de république islamiste qui a inspiré le concept de Qawma* à Abdessalam Yassine. Le fondateur du mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane* voyait dans cet Iran des ayatollahs un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman. Rouhollah Khomeiny n’a pu arriver au pouvoir qu’en promettant liberté et démocratie aux courants notamment d’extrême-gauche qui avaient fait alliance avec lui contre le Shah. Il n’a pu s’y maintenir qu’en les liquidant les uns après les autres pour instaurer une dictature, celle des mollahs. Le rapprochement entre la Jamaâ* de Abdessalam Yassine et la gauche radicale marocaine n’est pas sans rappeler le modèle iranien. Il interroge sur la répartition des rôles et les engagements contractés par les différents acteurs de cette alliance qui  interpelle surtout sur le prix que le camp des « laïcs » est disposé à payer dans sa course folle pour le pouvoir. Une analyse détaillée du rôle joué par l’historien Maati Monjib dans la mise en place de ce « front commun », permet de cerner la stratégie développée ces 10 dernières années. Elle a pour piliers d’œuvrer à l’« acceptabilité » d’Al Adl Wal Ihssane d’une part, et travailler au discrédit de la monarchie, d’autre part. Enquête.        
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Seuls ses proches se souviennent encore de Noureddin Kianouri, dirigeant du parti communiste iranien Tudeh. Emprisonné en juin 1983 sous l’accusation de trahison et d’espionnage au profit de l’ex URSS, lui et 5 autres dirigeants du comité central du parti avaient été acculés à des « aveux » diffusés à la télévision. Pourtant Noureddine Kianouri était si proche de la hiérarchie religieuse mise en place par Rouhollah Khomeiny, qu’il avait été surnommé « Ayatollah Kianouri » par ses opposants.</p>
<h2>Soumission inconditionnelle de l’extrême gauche à Khomeiny</h2>
<figure id="attachment_209469" aria-describedby="caption-attachment-209469" style="width: 349px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209469 " src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg" alt="" width="349" height="429" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg 333w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1-244x300.jpg 244w" sizes="auto, (max-width: 349px) 100vw, 349px" /><figcaption id="caption-attachment-209469" class="wp-caption-text">Noureddin Kianouri</figcaption></figure>
<p>Le « guide suprême de la révolution » a attendu 4 ans avant de liquider Tudeh, sans doute parce que de toutes les forces qui s’étaient jointes au mouvement révolutionnaire, le parti communiste était le plus inféodé aux islamistes, Kianouri allant même jusqu’à approuver la répression contre l’organisation des Moujahiddines du peuple dont l’éviction sanglante a fait des milliers de victimes. C’est cette soumission inconditionnelle qui vaudra à Noureddin Kianouri d’avoir la vie sauve et d’être assigné à résidence jusqu’à la fin de sa vie en novembre 1999, après avoir passé 6 ans en prison. Entre temps, il avait publié une lettre ouverte détaillant les tortures dont lui et sa femme ont été victimes.</p>
<h2><strong>Khomeiny extermine ses alliés de la gauche radicale </strong></h2>
<p>La terrible et massive répression qui s’est abattue sur le parti Tudeh a touché plus de 1. 500 cadres et militants du parti. C’est une véritable purge qui a été entreprise, menant des milliers de personnes au peloton d’exécution ou sur le chemin de l’exil, surtout après que Tudeh ne soit interdit en 1983.</p>
<figure id="attachment_209451" aria-describedby="caption-attachment-209451" style="width: 326px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209451 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg" alt="" width="326" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg 326w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1-272x300.jpg 272w" sizes="auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px" /><figcaption id="caption-attachment-209451" class="wp-caption-text">Ayatollah Khomeiny</figcaption></figure>
<p>Le parti communiste iranien n’est qu’une des organisations qui avaient favorisé l’arrivée des mollahs au pouvoir. Plusieurs courants se réclamant de la gauche radicale avaient en effet fait alliance avec des organisations prônant un « islam révolutionnaire » aux couleurs marxistes, pour marcher, main dans la main, avec l’Ayatollah Khomeiny, lui faisant allégeance et lui octroyant le titre de guide de la révolution.</p>
<p>Pourtant plusieurs signaux auraient dû alerter les dirigeants de Tudeh sur l’évolution (prévisible) de cette alliance dès l’automne 78 lorsque les slogans comme « un seul parti, celui d’Allah » ont commencé à résonner dans les rues de Téhéran. Dès le lendemain de l’arrivée au pouvoir des « religieux », chacune des aspirations démocratiques qui s’exprimait s’éteignait aussitôt, réduite au silence.</p>
<h2><strong>Une fois au pouvoir Khomeiny montre son véritable visage</strong></h2>
<p>Répondant aux questions de journalistes allemands en 1978, l’Ayatollah Khomeiny déclarait pourtant, s’agissant de la place de la femme, par exemple : « tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la république islamique n’est qu’une propagande hostile. Les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront comme les hommes. » Bien plus qu’un discours modéré, c’est un discours moderniste que tient alors le futur « guide suprême de la révolution ».<br />
Pour fédérer les libéraux et les organisations et partis de gauche, il composera et fera siennes les notions de respect des droits de l’Homme, de démocratie et de liberté de parole. Il cultivera savamment pendant des mois un discours d’ouverture et de progrès, avant qu’il ne prenne le pouvoir. Donnant à voir son véritable visage, il accélère l’islamisation de la société avec pour premières cibles les femmes.</p>
<h2><strong>L&rsquo;âge du mariage des femmes fixé à…9 ans </strong></h2>
<p>Elles qui avaient joué un rôle prépondérant dans les grèves et les manifestations, ont payé le prix fort en devenant le premier axe de la répression de Khomeiny. Moins d’un mois après son arrivée au pouvoir, des mesures drastiques visant à les écarter de tous les domaines de décisions sont prises : ségrégation dans les transports, interdiction de la mixité scolaire et obligation du port du tchador.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-209455" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg" alt="" width="652" height="284" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg 652w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors-520x227.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 652px) 100vw, 652px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209458 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/doktrine2.jpg" alt="" width="302" height="286" /></p>
<p>Plus terrible encore, l’âge légal du mariage passe de 18 à ….9 ans. Cet âge ainsi fixé n’est pas sans rappeler les écrits de Rouhollah Khomeiny pour lequel « si un homme qui a épousé une fille impubère la « possède » avant ses 9 ans révolus et provoque chez elle des traumatismes, il n’a pas le droit de répéter l’acte avec celle-ci* ».</p>
<h2><strong>Une république islamique dont la survie dépend du contrôle des mœurs</strong></h2>
<p>Bien plus qu’une purge, c’est à une véritable extermination à laquelle ont assisté les iraniens, au fur et à mesure que leurs libertés étaient restreintes et dument contrôlées par la police religieuse chargée de la stricte application de la Charia. Comment avoir pu croire, s’étonnent encore les rescapés de cette répression refugiés à l’étranger, que la nature du régime islamiste mis en place par Khomeiny pouvait souffrir la moindre rivalité politique, tolérer l’existence d’un parti politique distinct de l’appareil du pouvoir ? La survie même de cette dictature dépend du contrôle de la vie politique et de la vie sociale dans le plus petit de ses détails, fût-ce-t-il dans le vagin d’une enfant de 9 ans.</p>
<p>D’ailleurs, et ce assez rapidement, la scène politique iranienne s’est résumée au Parti de la Révolution Islamique, « les Hezbollahi » *, le réseau des mosquées, les comités islamiques, les conseils islamiques sur les lieux de travail, l’ « office du péché » pour le contrôle des mœurs, le « ministère du contrôle du comportement conforme aux préceptes », l’armée des gardiens de la révolution, et la SAVAMA*, la police politique islamique mise en place par Khomeiny.</p>
<p>Pour lui, « la foi et la justice islamique exigent de ne pas laisser survivre dans le monde musulman les gouvernements anti islamiques ou ceux qui ne se conforment pas entièrement aux lois islamiques. L’instauration d’un ordre politique laïc revient à entraver la progression de l’ordre islamique* ».</p>
<h2><strong>Al Adl Wal Ihssane trouve de la bravoure dans les troupes de la révolution iranienne</strong></h2>
<p>Pour un mouvement marocain comme la Jamaâ d’Al Adl Wal Ihssane fondée par Abdessalam Yassine en 1973, la révolution iranienne arrive comme une prophétie que le fondateur du mouvement obscurantiste marocain magnifie aux yeux de ses adeptes. Lui qui a des « visions », et a pour ambition l’instauration d’une société islamique authentique, trouve du mérite dans le modèle  « d’éducation » de la population mis en place par l’Ayatollah Khomeiny. Il admire la bravoure des troupes de la révolution, voyant dans cette Iran des Ayatollahs et de leurs conseils islamiques, un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman.</p>
<figure id="attachment_209459" aria-describedby="caption-attachment-209459" style="width: 317px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209459 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg" alt="" width="317" height="473" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg 317w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine-201x300.jpg 201w" sizes="auto, (max-width: 317px) 100vw, 317px" /><figcaption id="caption-attachment-209459" class="wp-caption-text">Abdessalam Yassine</figcaption></figure>
<p>C’est l’Iran de Khomeiny qui lui a inspiré le concept de la Qawma, soulèvement général par lequel serait régénéré le califat, le modèle politique qui lui ferait endosser le rôle de guide suprême, lui qui se considère comme un « élu » de Dieu. Lorsqu’en page 170 de son livre « la Sunnah d’Allah » Abdessalam Yassine nous indique les modèles qui suscitent son admiration, il parle de « l’épopée de la révolution iranienne, le jihad majestueux des afghans, la résistance islamique du Sud Liban (celle du Hezbollah soutenu par Téhéran), et les soulèvements des mouvements islamistes, sont autant d’exemples de la vraie identité musulmane recouvrée », écrit le prédicateur. C’est là l’idéal révolutionnaire que l’ancien instituteur a laissé en héritage à son successeur Mohamed Abbadi et aux cadres de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>La Jamaâ compose mais ne reniera jamais l’héritage de son fondateur</strong></h2>
<p>Quels que soient les changements qui acculent la Jamaâ à se réinventer pour survivre au décès du prédicateur disparu en 2012, le fait est qu’aucun membre n’osera jamais remettre en question la doctrine du fondateur et les orientations qu’il a fixées et il semblerait même que ce soit le contraire.</p>
<figure id="attachment_209460" aria-describedby="caption-attachment-209460" style="width: 340px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209460" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/ababiii.jpg" alt="" width="340" height="264" /><figcaption id="caption-attachment-209460" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>En successeur zélé, Mohamed Abbadi est allé jusqu’à surenchérir sur le lègue « prophétique » d&rsquo;Abdessalam Yassine quant à la restauration du califat qu’il aborde régulièrement dans ses prises de parole depuis octobre 2015.Citant en avril 2016 Bnou Lkhattab qui avait donné 3 jours à ses compagnons pour nommer un nouveau calife, il parle de « décapiter » tout opposant à la restauration du califat. Les propos du prédicateur ont provoqué un tollé d’indignations plongeant la Jamaâ dans une zone de turbulences déstabilisatrice, l’obligeant à clarifier ses positions mais sans jamais renier le fond.</p>
<p>Une secousse d’autant plus grande que le marketing de la Jamaâ depuis sa création avait pour axe principal la non-violence et le rejet du terrorisme.</p>
<h2><strong>L</strong><strong>’instauration du califat, quitte à couper des têtes</strong></h2>
<p>Hassan Bennajeh, porte-parole du cercle politique est alors en première ligne pour éteindre le feu allumé par Abaddi. Il multiplie les déclarations pour limiter les dégâts et tenter de préserver l’image d’un mouvement pacifiste : « le califat que défend Al Adl Wal Ihssane est une sorte de fédération et une union qui rassemble tous les pays musulmans », explique le porte-parole du cercle politique qui semble s’étonner «de la compréhension simpliste et erronée selon laquelle Abbadi voudrait “couper des têtes” […] si cela était vrai, on serait en train de couper des têtes depuis 40 ans*».</p>
<figure id="attachment_209461" aria-describedby="caption-attachment-209461" style="width: 327px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209461 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/hassan-1.jpg" alt="" width="327" height="250" /><figcaption id="caption-attachment-209461" class="wp-caption-text">Hassan Bennajeh</figcaption></figure>
<p>L’exercice est périlleux pour Hassan Bennajeh car Abbadi a fait la promotion d’un modèle de prise de pouvoir basé sur la contrainte, la force et les armes.</p>
<p>Du côté d’Al Adl Wal Ihssane, Hassan Bennajeh porte une grande partie de la responsabilité du rapprochement avec l’extrême gauche. Il a pour principal interlocuteur, dans le camp des « laïcs » l’universitaire Maati Monjib, pivot central, avec Fouad Abdelmoumni, de l’exécution des différentes dispositions de cette alliance. Les deux hommes cultivent une grande proximité et l’historien qui est interpelé par plusieurs figures de l’extrême gauche sur la sortie malencontreuse de Abbadi, se voit demander des comptes sur le Califat et les têtes qu’il faudrait « décapiter ».</p>
<h2><strong>Voler au secours d&rsquo;Al Adl Adl Wal Ihssane</strong></h2>
<p>L’historien tente de désamorcer en disant qu’une telle déclaration est « ordinaire de la bouche d’un Adliste (…) Maintenant ils disent que le califat n’est religieusement nécessaire que sur le plan panislamique, et quand tous les peuples musulmans seront unis ».</p>
<figure id="attachment_209462" aria-describedby="caption-attachment-209462" style="width: 337px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209462 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/mayti.jpg" alt="" width="337" height="215" /><figcaption id="caption-attachment-209462" class="wp-caption-text">Maati Monjib</figcaption></figure>
<p>Et de poursuivre: « Autrement dit, le califat n’est pas politiquement souhaitable sur un niveau strictement national. Les Adlistes sont nationalement pour un régime choisi par le peuple* » , affirme Maati Monjib, pensant dédramatiser les propos du Secrétaire General de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>Quand l’instauration d’un califat dans le monde musulman est cautionnée par Maati Monjib</strong></h2>
<p>Mais cette sortie de l’historien les rend en réalité bien plus effrayants encore. Se présentant comme un homme de gauche, un démocrate moderniste œuvrant pour les libertés, Maati Monjib cautionne le projet d’instauration d’une « société islamique authentique » dans tout le monde musulman. Il ne dit pas que c’est un écart ou que les propos de Abbadi ont été mal compris, il les justifie et avalise le projet d’instauration d’un califat « religieusement nécessaire que sur le plan panislamique (…) quand tous les peuples musulmans seront unis ». En clair, ils ne veulent pas d’un califat au Maroc mais à l’échelle du monde musulman et Maati Monjib ne semble y voir aucune contre-indication.</p>
<p>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><strong> </strong></a><a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><span class="post-title"><strong>“frapper ensemble mais marcher séparément</strong>”</span></a></p>
<p>L’énormité de ces propos prêterait à sourire s’ils n’étaient pas aussi graves. Ils présentent le mérite de révéler les termes de l’entente entre les deux « parties », leur niveau d’engagement et l’état d’avancement du projet insurrectionnel que Fouad Abdelmoumni , en bon relais idéologique de cette alliance, a baptisé « initiative pour la lutte contre le despotisme ». Ainsi cerné, le projet insurrectionnel dans lequel s’inscrivent les différents acteurs qui n’ont pour unique point commun que la prise du pouvoir, suggère d’abord que le mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane soit dédiabolisé aux yeux de l’opinion publique.</p>
<h2><strong>Obtenir une partie du pouvoir ou le renverser</strong></h2>
<p><strong> </strong>Sur cet axe très précis, l’universitaire Maati Monjib réalise un véritable travail d’encadrement de la Jamaâ. Après les déclarations de Abbadi sur le projet califal de la Jamaâ, il multiplie les déclarations à la presse et parraine les sorties médiatiques de Hassan Bennajeh dans ses tentatives de rectifier le tir publiquement pour calmer la colère qui gronde dans les rangs des « alliés » : le parti d’obédience marxiste, Annahj Addimocrati , son pendant associatif l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), des groupuscules de la société civile qui se sont associées à ce rapprochement et des individualités qui œuvrent en coulisses depuis plus de 10 ans pour donner corps à cette alliance entre « laïcs »  et intégristes religieux.</p>
<figure id="attachment_209464" aria-describedby="caption-attachment-209464" style="width: 615px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209464 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg" alt="" width="615" height="460" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg 615w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-401x300.jpg 401w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-86x64.jpg 86w" sizes="auto, (max-width: 615px) 100vw, 615px" /><figcaption id="caption-attachment-209464" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Hassan Bennajeh (à sa gauche)</figcaption></figure>
<p>Leur objectif est d’obtenir une partie du pouvoir ou de le renverser. Devant l’amplitude et la profondeur de l’assise populaire dont jouit Mohammed VI, la première option s’impose aux promoteurs de ce front commun, y compris Al Adl Wal Ihssane qui conteste pourtant au monarque chérifien son rôle de Commandeur des Croyants. Mais le rêve d’une option révolutionnaire républicaine ou califale est toujours caressé par une partie des « laïcs » et une majorité des obscurantistes d’Al Adl Wal Ihssane qui se verraient bien en gardiens de cette révolution.</p>
<p>Lire aussi: <span class="post-title">“<a href="https://atlasinfo.fr/lune-des-plus-grandes-forces-dal-adl-wal-ihssane-est-de-savoir-nager-en-eaux-troubles-et-brouiller-les-cartes.html"><strong>L’une des plus grandes forces d’Al Adl Wal Ihssane est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes”</strong></a></span></p>
<p>En effet, le rôle et les objectifs des héritiers d&rsquo;Abdessalam Yassine est clairement défini notamment dans le livre signé du fondateur de la Jamaâ « la Sunnah d’Allah » publié en 2005 : « le devoir (…) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad » (P52).</p>
<h2><strong>Adopter un discours de démocrates sans se déjuger</strong></h2>
<p>Tirant les leçons de leur participation aux manifestations du mouvement du « 20 Février » et conseillés par Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni, les membres de la Jamaâ ont fait évoluer leur positionnement et épousent des causes sociales aux charges revendicatives plus impactantes pour le quotidien des marocains.</p>
<p>Ils répètent à qui veut l’entendre que le mouvement respecte les libertés individuelles et adhère aux grands principes de la démocratie, mais ils ne réussissent toujours pas à sortir de la ligne directrice de la Jamaâ construite sur le référentiel islamique. L’association ne parvient pas non plus à rassurer sur sa vision de la condition féminine, ses adeptes des deux sexes continuant de défiler séparément lors des manifestations, les hommes devant et les femmes derrière, évidemment.</p>
<h2><strong>Des efforts colossaux pour rendre Al Adl Wal Ihssane fréquentable</strong></h2>
<p>Devant l’idéal religieux défendu par la Jamaâ, le scepticisme ne cède toujours pas le pas aux certitudes et ce en dépit des efforts colossaux réalisés par ses « alliés » pour la rendre fréquentable. Les dirigeants de la Jamaâ comme Omar Iharchane membre du secrétariat général de la section politique et autre pilier du rapprochement avec l’extrême gauche, s’attèlent à faire évoluer le discours du mouvement mais peinent à sortir de leur doctrine : «l’Etat civil que nous appelons de nos vœux est aux antipodes de l’Etat militaire, policier ou théocratique ; c’est un Etat où la religion occupe une place qu’on ne peut renier, vu la nature des sociétés arabes», affirme Omar Iharchane.</p>
<figure id="attachment_209465" aria-describedby="caption-attachment-209465" style="width: 314px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209465" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/iharchane1.jpg" alt="" width="314" height="297" /><figcaption id="caption-attachment-209465" class="wp-caption-text">Omar Iharchane</figcaption></figure>
<p>De l’autre côté, celui des « laïcs » Maati Monjib redouble d’efforts pour banaliser le référentiel religieux de la Jamaâ : «la gauche marxiste orthodoxe pro démocratique […] qui, tout en reconnaissant que le référentiel d’Al Adl reste fondamentalement islamique, juge nécessaire de s’allier à lui pour changer le rapport de force avec le régime, dans la même ligne que les catholiques et le Parti communiste en France après la Seconde Guerre mondiale* »</p>
<h2><strong>Tentative des « laïcs » d’éloigner ce rapprochement du modèle iranien </strong></h2>
<p>La comparaison utilisée par l’universitaire est destinée à estampiller d’un référentiel européen l’alliance entre islamistes intégristes et « laïcs » marocains. Maladroite, cette tentative de l’éloigner d’un parallèle avec la révolution islamique iranienne, ne leurre que les promoteurs de cette alliance eux-mêmes, en tout cas ceux du camp « moderniste ».</p>
<p>La machine répressive du régime des mollahs qui a vu l’élimination de tous les acteurs dont le parti communiste Tudeh qui les ont portés au pouvoir en 1979, atteste de l’échec annoncé d’une alliance de cette nature :<br />
Un tel modèle ne laisse en effet que deux voies possibles : une soumission absolue à l’idéal religieux servile des obscurantistes ou l’élimination.</p>
<h2><strong>Plus de 30.000 opposants liquidés par le régime de Khomeiny</strong></h2>
<p>Le régime chiite iranien qui constitue un modèle à suivre pour Al Adl Wal Ihssane est accusé du massacre d’au moins 30.000 opposants, sur fatwa de Rouhollah Khomeiny.</p>
<figure id="attachment_209467" aria-describedby="caption-attachment-209467" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209467 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg" alt="" width="720" height="485" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg 720w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd-445x300.jpg 445w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption id="caption-attachment-209467" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni à une rencontre organisée par la jeunesse d&rsquo;Adl Wal Ihssane</figcaption></figure>
<p>Que les cadres de la Jamaâ œuvrent pour faire oublier que leur doctrine est inspirée du régime des mollahs est une chose, mais que les activistes « laïcs » minimisent la portée de cette doctrine pour servir leur projet insurrectionnel, en est une autre. Elle révèle leur immense hypocrisie et leur déphasage avec les réalités marocaines. Quelles que soient les difficultés économiques et la situation sociale, les marocains ne sont pas prêts à voir basculer le pouvoir dans l’illégitimité.</p>
<h2><strong>Manœuvres florentines et « Mohammed VI bashing »</strong></h2>
<p>Tout comme ils sont conscients de ce que le harcèlement, notamment médiatique, dont fait l’objet le Roi Mohammed VI, n’a rien de spontané ou de « naturel ». Que les éléments, qui constituent chaque axe du « Mohammed VI bashing » ces 10 dernières années, ont été posés et sont portés par un groupe d’acteurs qui ont pour point commun un parcours et des revendications personnelles vis-à-vis du pouvoir.</p>
<p>Ce ne sont pas leurs idées politiques ou leur positionnement idéologique qui motivent leurs discours forcément à charge et leur réquisitoire anti-monarchique, mais des griefs et des déboires personnels pour la plupart et des aspirations contrariées pour certains.</p>
<p>L’historien Maati Monjib, Les journalistes Ahmed Reda Benshemsi, Abou Bakr Jamaï , Ali Lmrabet, Hussein Majdoubi et Ali Anouzla, l’économiste Fouad Abdelmoumni, l’ex capitaine Mustafa Adib, le boxeur Zakaria Moumni ou encore Hicham Alaoui, le fils du frère cadet de Hassan II, sont de ceux-là.<br />
Leurs itinéraires respectifs se croisent et se confondent en permanence dans cette guérilla dont les ressorts faits d’intrigues et de diversions permanentes s’apparentent à des manœuvres florentines.</p>
<p>A suivre….</p>
<p><strong>*Qawma, soulèvement général.<br />
*Traduit « Justice et Bienfaisance ».<br />
*Jamaâ, communauté.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny décédé en 1989.<br />
*Hezbollahi, les nervis qui se réclament du « parti de Dieu ».<br />
*La SAVAMA est la police politique islamique qui a succédé à la police politique du shah, la SAVAK.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny.<br />
*«Al-Adl Wal Ihssane veut-il vraiment couper des têtes ? », <a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a> , le 12 avril 2016.<br />
*<a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a>, le 12 avril 2016, d’après Lakome.</strong></p>
<p><strong>*« Au Maroc, un mouvement en faveur de la séparation des pouvoirs intrigue » par Dounia Hadni. 13 juillet 2017, Libération.fr .</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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