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	<title>Maati Monjib &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Maati Monjib &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>L’affaire de Maati Monjib « est toujours en cours d’examen par le juge d’instruction qui a décidé la fermeture des frontières à son encontre et le retrait de son passeport »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 11:32:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En direct]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Societe]]></category>
		<category><![CDATA[blanchiment de capitaux]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
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					<description><![CDATA[Interrogé sur des allégations véhiculées dans les réseaux sociaux concernant une "interdiction" de quitter le territoire national de l'activiste Maati Monjib, Zouhair Lahrach, Premier Substitut du Procureur du Roi près le Tribunal de première instance de Rabat, a présenté le fondement juridique à la base de cette interdiction.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Je tiens de prime abord à affirmer que l’intéressé jouit de toutes les garanties du procès équitable, et comme je l’ai assuré auparavant, le pouvoir judiciaire veille à achever avec célérité les procédures d’enquête », a d&rsquo;abord précisé M. Lahrach dans un entretien à l&rsquo;agence MAP.</p>
<p>« Toutes les allégations trompeuses au sujet de cette affaire n’ont aucun lien avec la réalité, et je tiens à affirmer qu’elle n&rsquo;est guère motivée par son activité politique ou académique ou par son exercice de l&rsquo;un des droits qui lui sont garantis par la loi », a-t-il démenti.</p>
<p>« Il s’agit, par contre, du fait qu’il est soupçonné d’avoir commis un acte incriminé et sanctionné par la loi relative au blanchiment de capitaux, les investigations ayant démontré que l&rsquo;intéressé a reçu d&rsquo;importants virements de l&rsquo;étranger, de même qu’il s&rsquo;est avéré qu&rsquo;il est propriétaire de plusieurs biens immobiliers ayant fait l&rsquo;objet de déclarations de soupçon en vertu de l&rsquo;article 18 de la loi 43-05. », a-t-il indiqué.</p>
<p>Par conséquent, poursuite le Premier Substitut du Procureur du Roi, « le Parquet a ordonné une enquête préliminaire à ce sujet, et après la fin des procédures y afférentes, l&rsquo;intéressé a été déféré devant le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat, qui a décidé de présenter une requête demandant une instruction à son encontre pour soupçon d’avoir commis des actes qui constituent un crime de blanchiment de capitaux en vertu des articles 574-1, 574-2 et 574-3 du Code pénal ».</p>
<p>« Selon M. Lahrach, « le pouvoir judiciaire, soucieux d’établir la vérité, veille par tous les moyens juridiques disponibles à achever les procédures d’instruction, surtout que celles-ci sont liées à des commissions rogatoires internationales adressées à l’étranger et que les résultats qui seront obtenus de ces procédures exigent la présence de l’intéressé pour y être confronté et d’enquêter avec lui de manière détaillée sur leurs conclusions.</p>
<p>Sur le fondement juridique pour l’interdiction de voyage, le Premier Substitut du Procureur du Roi près le Tribunal de première instance de Rabat a souligné que « l’affaire de l’intéressé est toujours en cours d’examen par le juge d’instruction qui a décidé la fermeture des frontières à son encontre et le retrait de son passeport, conformément à l’article 142 du Code de procédure pénale, dont le deuxième alinéa stipule qu’il est possible « pour nécessité d’enquête, d’ordonner la fermeture des frontières et le retrait du passeport afin de garantir la non fuite de l’accusé durant toute la période de l’enquête » et ce, contrairement aux fausses informations véhiculées sur le fondement juridique de l’interdiction de voyage visant l’intéressé ».</p>
<p>« L’article précité accorde au juge d’instruction la possibilité d’émettre l’ordre susmentionné durant toute la phase de l’instruction préparatoire, sans que cela soit associé à un délai légal ou limité à une durée déterminée et sans qu’il soit soumis aux dispositions de l&rsquo;article 160 du Code de procédure pénale, tel que cela a été avancé par l’intéressé, sachant que ce dernier et sa défense ont le plein droit d’engager les procédures qui lui sont garanties par la loi concernant le recours contre ces décisions devant les instances judiciaires compétentes au lieu de véhiculer des allégations trompeuses », a-t-il ajouté.</p>
<p>S’agissant de la Grâce Royale dont a bénéficié l’intéressé, « elle n’est pas en lien avec l&rsquo;affaire objet de l’action publique en cours à son encontre pour délit de blanchiment de capitaux devant la Chambre d’instruction, avec tout ce que cela implique en termes de garantie du secret, sachant que le crime de blanchiment de capitaux, objet de la procédure d’instruction préparatoire en cours visant l’intéressé, constitue un crime indépendant du crime initial relatif à des revenus criminels et n’en relève pas de par son fondement juridique, contrairement aux contrevérités véhiculées à ce propos », a-t-il dit.</p>
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		<title>Le procureur du Roi exprime son étonnement après la publication encore une fois de données erronées par le « Comité de solidarité avec Monjib »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Oct 2021 18:30:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En direct]]></category>
		<category><![CDATA[Societe]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
		<category><![CDATA[procureur du Roi]]></category>
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					<description><![CDATA[Le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat a exprimé son étonnement après la publication de données « encore une fois erronées » par le « Comité de solidarité avec Maati Monjib », prétendant qu&#8217;aucune décision de fermeture des frontières et de retrait de passeport n’a été émise par le juge d’instruction ou notifiée à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat a exprimé son étonnement après la publication de données « encore une fois erronées » par le « Comité de solidarité avec Maati Monjib », prétendant qu&rsquo;aucune décision de fermeture des frontières et de retrait de passeport n’a été émise par le juge d’instruction ou notifiée à l&rsquo;intéressé.</strong></p>
<p>Dans un communiqué rendu public vendredi, le procureur du Roi s&rsquo;est dit surpris à nouveau par un communiqué attribué au Comité précité.</p>
<p>« Le Parquet réaffirme, dans un souci d’éclairer l’opinion publique, le contenu de son premier communiqué sur cette question, rendu public le 13 octobre 2021&Prime;, et dans lequel il répond aux allégations de M. Maati Monjib selon lesquelles il prétend être interdit de voyager de manière abusive, ce qui est contraire à la réalité », a-t-il ajouté.</p>
<p>Le procureur du Roi rappelle que M. Monjib a été placé, dans le cadre du dossier d’instruction 141-2020, en détention préventive pour sa présumée implication dans une affaire de blanchiment d’argent, ajoutant que le 23 mars 2021, le juge d’instruction près le tribunal de première instance de Rabat lui a accordé la liberté provisoire, tout en ordonnant la fermeture des frontières à son encontre et le retrait de son passeport. L’exécution de cette décision a été confiée à la Brigade nationale de la police judiciaire.</p>
<p>« A la même date (23 mars), en exécution de l’ordre du juge d’instruction, l&rsquo;officier de la police judiciaire chargé de la notification de cette décision s’est déplacé à la prison El Arjat 2, où il a établi un PV signé par l’intéressé et comportant la notification de la décision de liberté provisoire », a-t-il poursuivi.</p>
<p>S’agissant du retrait de passeport, le procureur a expliqué qu&rsquo;il est précisé dans le PV que, sur la base de la réponse fournie par l’intéressé, celui-ci a attesté détenir 2 passeports, l’un marocain et l&rsquo;autre étranger, lesquels ne figuraient pas parmi les objets en sa possession dans l’établissement pénitentiaire.</p>
<p>« Les éléments de la police judiciaire se sont déplacés avec l&rsquo;intéressé après sa sortie de la prison jusqu&rsquo;à son domicile le 23 mars, où il les a informés que les deux passeports étaient chez son neveu », a ajouté le procureur du Roi, soulignant qu&rsquo;à cet effet, il les a accompagnés vers le lieu où se trouvait ce dernier et à ce moment, il leur a remis les deux passeports, contre un récépissé daté du même jour.</p>
<p>Regrettant d&rsquo;avoir à nouveau besoin de clarifier ces vérités que l&rsquo;intéressé connait pertinemment, le Parquet met à la disposition de l&rsquo;opinion publique, en plus de ce communiqué, le mandat judiciaire précité et le PV de sa notification à M. Maati Monjib, comprenant sa signature, et les PV du retrait des passeports afin de lever toute équivoque. « Ces documents n&rsquo;affectent en rien la confidentialité de l&rsquo;enquête », a-t-il tenu à préciser.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Maroc: le ministère de l&#8217;Intérieur réfute « les déclarations irresponsables » de Maâti Monjib</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2021 22:50:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[allégations]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[police politique]]></category>
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					<description><![CDATA[Le ministère marocain de l&#8217;Intérieur a réfuté catégoriquement, mercredi, « les déclarations irresponsables et les allégations tendancieuses » de l&#8217;historien Maâti Monjib, qui visent à induire en erreur l&#8217;opinion publique nationale et internationale et porter atteinte à l&#8217;image du Royaume en matière des droits de l&#8217;Homme. M. Monjib, 60 ans, avait été interpellé fin décembre dans le &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le ministère marocain de l&rsquo;Intérieur a réfuté catégoriquement, mercredi, « les déclarations irresponsables et les allégations tendancieuses » de l&rsquo;historien Maâti Monjib, qui visent à induire en erreur l&rsquo;opinion publique nationale et internationale et porter atteinte à l&rsquo;image du Royaume en matière des droits de l&rsquo;Homme.</p>
<p>M. Monjib, 60 ans, avait été interpellé fin décembre dans le cadre d&rsquo;une enquête préliminaire pour « blanchiment de capitaux ».</p>
<p>« Juste après sa libération provisoire sur une décision judiciaire, le dénommé Maâti Monjib a fait, dans une vidéo relayée sur certains sites électroniques et réseaux sociaux, des déclarations et des allégations tendancieuses dans lesquelles il a porté atteinte aux institutions de l&rsquo;État, en évoquant, de mauvaise foi, des concepts et des terminologies étrangers et loin de la réalité et de la nature du travail des institutions nationales, comme « la police politique », « la sécurité politique » et l&rsquo;existence « d&rsquo;une structure secrète menaçant la sécurité des Marocains », indique le ministère dans un communiqué.</p>
<p>« Le travail des institutions sécuritaire est encadré par les dispositions constitutionnelles, les conventions internationales et les lois nationales, qui leurs permettent d&rsquo;exercer leurs nobles missions de maintien de l&rsquo;ordre public et de protection des personnes et des biens, dans le respect des principes de la transparence et des règles de la bonne gouvernance sécuritaire, d&rsquo;autant plus que leur efficacité est saluée à l&rsquo;intérieur et à l&rsquo;extérieur du Maroc, comme des institutions reconnues pour leur dévouement et leur altruisme au service de la patrie et les citoyens », précise-t-on de même source.</p>
<p>Le ministère fait part, à cet égard, de son refus catégorique « de ce genre de déclarations irresponsables qui visent à induire en erreur l&rsquo;opinion publique nationale et internationale et porter atteinte à l&rsquo;image du Royaume en matière des droits de l&rsquo;Homme », soulignant que ces « basses manœuvres ne sauront dissuader les institutions de l&rsquo;Etat à poursuivre l&rsquo;application correcte et ferme des dispositions juridiques à l&rsquo;encontre de tous ceux qui croient bénéficier de l&rsquo;immunité juridique pour le simple fait qu&rsquo;ils détiennent la double nationalité ».</p>
<p>« Tous les Marocains sont égaux devant la loi et sont tenus de s&rsquo;y conformer, sans favoritisme ni discrimination », conclut le communiqué.</p>
]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>L&#8217;universitaire Maâti Monjib en liberté provisoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Mar 2021 16:00:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En direct]]></category>
		<category><![CDATA[Societe]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;universitaire Maâti Monjib, qui avait entamé une grève de la faim, va être remis en liberté provisoire après trois mois de détention, a annoncé mardi son avocat. « Le juge d&#8217;instruction a décidé de le remettre en liberté provisoire, les mesures sont en cours » », a déclaré à l&#8217;AFP Me Mohamed Messaoudi. L’arrestation de Maâti Monjib a &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;universitaire Maâti Monjib, qui avait entamé une grève de la faim, va être remis en liberté provisoire après trois mois de détention, a annoncé mardi son avocat.</p>
<p>« Le juge d&rsquo;instruction a décidé de le remettre en liberté provisoire, les mesures sont en cours » », a déclaré à l&rsquo;AFP Me Mohamed Messaoudi.</p>
<p>L’arrestation de Maâti Monjib a été décidée sur la base d’une enquête préliminaire réalisée par la Brigade nationale de la police judiciaire, qui a révélé l’existence de mouvements de fonds importants reçus de l’étranger.</p>
<p>Après son arrestation, le 29 décembre 2020, sur ordre du procureur du Roi près de la cour d’appel de Rabat, pour blanchiment d’argent, il a été déféré devant le juge d’instruction près du même tribunal pour approfondissement d’enquête.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Maroc: Maati Monjib arrêté pour une affaire de blanchiment</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Dec 2020 10:29:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En direct]]></category>
		<category><![CDATA[Societe]]></category>
		<category><![CDATA[Arrestation]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;historien Maati Monjib a été placé en détention préventive mardi dans une affaire de « blanchiment de capitaux ». Un juge d&#8217;instruction a ordonné sa mise en détention provisoire à la prison d&#8217;El Arjat, dans la banlieue de Rabat. La justice marocaine avait annoncé début octobre l&#8217;ouverture d&#8217;une enquête sur Maati Monjib, suspecté de « blanchiment de capitaux » &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;historien Maati Monjib a été placé en détention préventive mardi dans une affaire de « blanchiment de capitaux ».</p>
<p>Un juge d&rsquo;instruction a ordonné sa mise en détention provisoire à la prison d&rsquo;El Arjat, dans la banlieue de Rabat.</p>
<p>La justice marocaine avait annoncé début octobre l&rsquo;ouverture d&rsquo;une enquête sur Maati Monjib, suspecté de « blanchiment de capitaux » après la saisie du ministère public par une unité spécialisée pour « un inventaire de transferts de fonds importants et une liste de biens immobiliers » qui « ne correspondent pas aux revenus habituels déclarés par M. Monjib et des membres de sa famille ».</p>
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		<item>
		<title>Sécurité intérieure : quand le Maroc réinvente son propre modèle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Dec 2020 15:39:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellatif Hammouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[Annahj Addimocrati]]></category>
		<category><![CDATA[DGSN]]></category>
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		<category><![CDATA[Droits de l’Homme]]></category>
		<category><![CDATA[Hicham Alaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed VI]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[La sécurité est assurément la première obligation d’un Etat. Le Maroc l’apprend chaque jour à ses dépens et consent des efforts colossaux pour garantir celle de ses 35 millions d’habitants avec un voisinage hostile qui ne lui facilite pas la tâche.  Victime de violations de son intégrité territoriale par les guérillas du Polisario, cible des &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La sécurité est assurément la première obligation d’un Etat. Le Maroc l’apprend chaque jour à ses dépens et consent des efforts colossaux pour garantir celle de ses 35 millions d’habitants avec un voisinage hostile qui ne lui facilite pas la tâche.  </strong></p>
<p><strong>Victime de violations de son intégrité territoriale par les guérillas du Polisario, cible des mouvements terroristes internationaux, proie des mafias qui organisent l’émigration clandestine et des trafiquants de drogue et en prise avec les opérations de déstabilisation de puissances étrangères, le Maroc a réussi à créer son propre modèle pour protéger ses populations, ses frontières et ses intérêts à travers le monde.</strong></p>
<p><strong>Récit de l’édification d’une partie du dispositif sécuritaire marocain dont le niveau de maîtrise dérange suffisamment pour affoler certains services de pays pourtant « amis ». Désorientée par la modernisation et l’espérance de progrès portés par le modèle sécuritaire marocain, l’alliance islamo-gauchiste, constituée par Al Adl Wal Ihssane et Annahj Addémocrati et leurs soutiens, ne manque aucune occasion sur le terrain de la parole, pour tenter de discréditer la DGST et la DGSN, figures de proue de cette transformation. Les deux institutions présentent la singularité d’être gérées par une seule et même personne.</strong></p>
<p>Depuis l’attentat de l’hôtel Atlas Asni à Marrakech en 1994 au cours duquel deux touristes espagnols ont été tués par un commando franco-algérien, le Maroc a dû payer un lourd tribut à la lutte contre le terrorisme. Celui du sang de dizaines de victimes d’attentats abominables que ce soit à Casablanca, Marrakech ou encore Imlil. Depuis 26 ans, ce sont des centaines d’opérations qui ont été avortées et autant de cellules neutralisées.</p>
<p>C’est grâce à une communauté de services du renseignement dont le niveau de professionnalisme a été substantiellement rehaussé et dont la modernisation s’est faite au pas de charge ces dernières années, que le Royaume chérifien réussit à repousser les menaces, et ce avec une feuille de route dont le Roi Mohammed VI a tracé lui-même les contours.</p>
<figure id="attachment_215084" aria-describedby="caption-attachment-215084" style="width: 627px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215084" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammoucgi13.jpg" alt="" width="627" height="388" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammoucgi13.jpg 627w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammoucgi13-485x300.jpg 485w" sizes="auto, (max-width: 627px) 100vw, 627px" /><figcaption id="caption-attachment-215084" class="wp-caption-text">Attentat du café Argana à Marrakech, le 28 avril 2011.</figcaption></figure>
<h2><strong>Cohésion sociale et solidarité </strong></h2>
<p>Sur le front intérieur, la pandémie de la covid-19, a montré la cohésion très forte des marocains autour de leur chef d’Etat, malgré les difficultés, la modestie des ressources, les insuffisances du système de santé et la précarité dans laquelle la pandémie a plongé des milliers de familles.</p>
<p>Reste que malgré les critiques, l’extraordinaire solidarité qui a caractérisé les marocains dans cette épreuve, toutes classes sociales et toutes sensibilités culturelles ou cultuelles confondues, survivra incontestablement au coronavirus.</p>
<p>Elle constitue aujourd’hui un rempart solide sur lequel viennent se briser les rêves de prise de pouvoir aussi bien de mouvements obscurantistes comme Al Adl Wal Ihssane que ceux de leurs alliés de la gauche radicale incarnée par Fouad Abdelmoumni, Khadija Riyadi ou encore Maati Monjib, apparemment soutenus par des individualités comme Hicham Alaoui* ou encore des anciens journalistes comme Boubker Jamaï ou Ahmed Reda Benchemsi .</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>: <a href="https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html"><span class="post-title">Radicaux de gauche et islamistes radicaux, les liaisons dangereuses de deux extrêmes</span></a></p>
<p>Tous s’affichent en hommes libres et répètent en boucle à qui veut l’entendre, leur laïus sur la démocratie dans l’illusion que personne ne puisse ou ne vienne débattre de leur intégrité qu’ils voudraient supérieure.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-200933" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1.jpg" alt="" width="650" height="366" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1.jpg 650w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1-300x169.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1-390x220.jpg 390w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1-520x293.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /></p>
<h2><strong>Un discours contre le système basé sur le ressentiment</strong></h2>
<p>Loin de la critique de l’action de l’Etat, des débats d’idées ou de la contradiction, ces dictateurs à penser nourrissent un discours antisystème fait de fausses vérités car basé sur le ressentiment. Cette rancœur, portée par chacun d’entre eux pour des raisons individuelles différentes, parait si forte qu’elle les pousse avec une incroyable suffisance à adopter des méthodes immorales pour alimenter en rumeurs et dans la lâcheté du «Off », des médias français ou espagnols sur l’état de santé du Roi, sa vie privée, son « désintérêt » pour régner ou encore la place « démesurée » qu’auraient pris certains de ses plus proches collaborateurs dans la gestion des affaires du pays, sur les questions politiques ou sécuritaires, notamment .</p>
<p>L’actualité de ces dernières semaines sur la question de l’intégrité territoriale du Maroc et sa reconnaissance par les Etats-Unis, le rétablissement du dialogue avec Israël après 20 ans d’interruption et toutes les avancées diplomatiques et les ouvertures économiques qui se dessinent sont le fruit d’un suivi et d’un engagement personnel du Roi.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215085" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1.jpg" alt="" width="636" height="441" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1.jpg 636w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1-300x208.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1-433x300.jpg 433w" sizes="auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px" /></p>
<h2><strong>Démontrer que les « sécuritaires » sont tout-puissants </strong></h2>
<p>Ils balayent sans même avoir à être expliqués, la rhétorique développée par ces détenteurs autoproclamés de la vérité qui nous projettent ainsi dans un « univers menteur » *, y compris sur la place qu’auraient pris les « sécuritaires » que ces chefs de file du projet insurrectionnel contre la monarchie ont placé en tête de la liste des axes de leur guide argumentaire. Il s’agit ainsi pour eux de faire la démonstration de la toute-puissance des sécuritaires qui porteraient atteinte aux droits de l’Homme et à la liberté d’expression et s’acharneraient contre les journalistes.</p>
<p>Le terme « police politique » qu’incarnerait Abdellatif Hammouchi aux yeux de ces maîtres à dire, a fait son apparition il y a quelques années et est repris en boucle dans un rythme accéléré ces derniers mois, brandi comme un slogan par la plupart des porte-parole de ce front baptisé en novembre 2019 « initiative pour la lutte contre le despotisme » par le militant d’extrême gauche Fouad Abdelmoumni.</p>
<p><span style="text-transform: initial;">Un terme qui n’est pas sans rappeler la </span><em style="text-transform: initial;">Stasi,</em><span style="text-transform: initial;"> le service de police politique, de renseignements et d’espionnage de l’ex Allemagne de l’Est. L’utiliser pour parler du Royaume supposerait que la police marocaine opère dans le secret à la manière des régimes totalitaires pour maintenir la sécurité nationale. Or, quels que soient les confrontations ou les débats parfois violents qui secouent sa société, le Maroc ne présente aucune des caractéristiques de ces pays et sa communauté de services du renseignement, y compris la DGST, agit dans un cadre balisé avec autant de garde fous que la constitution de 2011 peut en contenir.</span></p>
<p>L’utilisation de « police politique » par les animateurs de ce groupuscule antisystème est en réalité bien plus pernicieuse, si l’on considère les fondements du projet insurrectionnel qu’ils tentent de mettre sur pieds depuis 10 ans. Ils œuvrent à la consolidation d’une alliance entre islamistes radicaux et radicaux de gauche dans l’objectif de renverser la monarchie. Ils sont soutenus, pour ne pas dire encadrés, par des individualités qui trouvent du « courage » au mouvement obscurantiste Al Adl Wal Ihssane qui prône l’instauration d’une république islamique. Parmi ces soutiens, certains ne verraient aucune difficulté à vivre dans une république si ce régime « leur paraissait la meilleure option » pour le Maroc.</p>
<h2><strong>Une alliance à l’image de celle des mollahs et des communistes de Tudeh en Iran</strong></h2>
<p>Leur alliance et leur projet nous rappellent tout naturellement l’Iran, qui constitue un modèle pour Al Adl Wal Ihssane et le terme « police politique » qu’ils cherchent à imposer dans le répertoire lexical sur le Maroc, renvoie à la Savak de l’ancien Shah Mohammed Reza Pahlavi. C’était une organisation qu’il avait mise en place pour contrer ses opposants. Elle était accusée d’assassinats, y compris à l’étranger, d’enlèvements et de détentions arbitraires de milliers de personnes.</p>
<p>Le parallèle est évidemment pervers puisque le Shah d’Iran a été renversé par une coalition islamo-gauchiste composée notamment des mollahs et du parti communiste Tudeh.</p>
<p>Poussons le parallèle et rappelons qu’une fois au pouvoir, le régime de Khomeini a fait liquider toutes les forces de gauche qui l’ont aidé à accéder au pouvoir, y compris le parti Tudeh.</p>
<p>Rappelons également, pour l’histoire, que la Savak a été remplacée par une multitude d’autres polices comme le « Bureau de Police Secrète Spéciale », « la police religieuse » (Muttawa), « la police des mœurs », la Savama (entre 1981 et 1984), le Vevak, etc.</p>
<p><strong>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique.html"> </a></strong><a href="https://atlasinfo.fr/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique.html"><span class="post-title">Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l’alliance entre les “laïcs” et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</span></a></p>
<h2><strong>Non, décidément le Maroc ne dispose pas de ce type de « police politique »</strong></h2>
<p>Non, tous les coups ne sont pas permis et les limites sont clairement fixées aux services de sécurité marocains dont l’efficacité tient d’ailleurs, par définition, de la confidentialité et de la discrétion de leurs actions. Il y a là comme une évidence que leurs contempteurs feignent de ne pas connaitre.</p>
<p>Quels que soient les grands principes dont pourraient se draper les historiens Maati Monjib*et Pierre Vermeren* pour théoriser le terme « police politique » et tenter de le pérenniser, la nécessité d’oxygéner le guide argumentaire sclérosé qu’ils incarnent l’emporte et les marocains ne les entendent pas. Tout comme ils restent sourds aux coups de Jarnac d’Hicham Alaoui pour lequel le régime fait preuve évidemment d’« autoritarisme». Cela suppose pour l’universitaire que le système sécuritaire fasse dans les « coups fourrés », la « barbouzerie » et que le Général Hamidou Laanigri soit « un barbouze ravi de se tapir derrière le trône ». *</p>
<p>Ni l’ancien haut commis de l’Etat qui avait servi efficacement au sein de la DST puis au sein de la DGSN, ni ses successeurs ne se sont jamais « tapis » derrière le trône. Ceux qui connaissent le fonctionnement des institutions savent que personne ne se dissimule derrière le trône, et que c’est le Roi qui détermine la place de chacun des hommes qui l’entourent et le périmètre précis de leur terrain d’actions.</p>
<p>Une séquence inédite depuis le début de son règne viendra le rappeler le 24 avril 2018.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215073" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi3.jpg" alt="" width="631" height="436" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi3.jpg 631w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi3-434x300.jpg 434w" sizes="auto, (max-width: 631px) 100vw, 631px" /></p>
<h2><strong>Reconnaissance de la nation au rôle de la DGST</strong></h2>
<p>Ce jour-là, Mohammed VI se rend au siège de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire pour inaugurer l’institut de formation spécialisé de l’ex DST et visiter les locaux flambant neufs du service de la sécurité intérieure, dont le seul nom faisait trembler dans les foyers, du temps du puissant ancien ministre de l’intérieur, Driss Basri.</p>
<p>Le monarque marocain veut ainsi directement exprimer la reconnaissance de la nation au travail titanesque des quelques 7 000 membres qui composent les unités de la DGST qui comptent aujourd’hui 6% de femmes dans leurs rangs. Les missions de ce service de sécurité intérieure sont délicates et ses productions de renseignements vont du contre-espionnage à la lutte contre le terrorisme et les extrémismes violents, de la cybercriminalité à la prolifération des armes et au crime organisé, y compris le crime transfrontalier.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215074" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2.jpg" alt="" width="623" height="369" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2.jpg 623w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2-507x300.jpg 507w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2-357x210.jpg 357w" sizes="auto, (max-width: 623px) 100vw, 623px" /></p>
<h2><strong>« Dédiaboliser » les services de la sécurité intérieure  </strong></h2>
<p>Les mots clés qui ont été à la base de cette « normalisation » sont stabilité, paix, ordre public, mobilisation et vigilance, au plus près des préoccupations des citoyens et ils participent à l’affermissement des éléments stratégiques du portefeuille des attributions de la DGST.</p>
<p>En ce 24 avril 2018, Il s’agit aussi pour Mohammed VI de signifier aux marocains que la DGST est une institution comme une autre et transmettre un message de transparence et de proximité sur ce service qui faisait l’objet, dans le passé, des pires hantises car associé pendant des décennies aux rafles, à la détention secrète et à la pratique de la torture.</p>
<p>Aujourd’hui l’image fantasmatique est loin derrière, ce qui n’empêche pas les visiteurs d’y entrer au compte-gouttes et de montrer patte blanche pour accéder au lieu situé à la limite du quartier Hay Riad et de la petite ville de Témara. Le procureur général de Rabat, des chefs des délégations parlementaires, le ministre d’État en charge des droits de l’Homme, Mustapha Ramid ou encore des membres du Conseil National des Droits de l’Homme ont eu l’occasion de constater qu’ « il n’y a pas de chambres de torture secrète et encore moins de cellules souterraines », nous confie un membre du CNDH qui a pu inspecter les locaux en mai 2011.</p>
<p>La visite de journalistes, elle, relève de l’exceptionnel et ceux qui ont pu pénétrer dans l’enceinte de la DGST l’ont fait, pour la plupart, à la faveur de la visite du Roi Mohammed VI.</p>
<p>Une demande d’AtlasInfo.fr pour y réaliser un reportage n’a d’ailleurs toujours pas reçu d’avis favorable.</p>
<figure id="attachment_215075" aria-describedby="caption-attachment-215075" style="width: 625px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215075" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouch5.jpg" alt="" width="625" height="381" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouch5.jpg 625w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouch5-492x300.jpg 492w" sizes="auto, (max-width: 625px) 100vw, 625px" /><figcaption id="caption-attachment-215075" class="wp-caption-text">Visite de l&rsquo;ambassadeur US au siège de la DGST, le 24 septembre 2020</figcaption></figure>
<h2><strong>Communiquer pour se rapprocher des marocains</strong></h2>
<p>C’est le souverain marocain qui avait initié, dès le début de son règne, un processus de « standardisation » des missions de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire, traçant sa feuille de route avec des axes aussi cruciaux que l’obligation de respecter les normes judiciaires, l’importance de placer le renseignement préventif au cœur de toute approche et la nécessité de maitriser les réseaux islamistes et les processus de déradicalisation, dans un pays qui est devenu la cible des mouvements terroristes internationaux depuis plus de 25 ans.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215076 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi6.jpg" alt="" width="359" height="411" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi6.jpg 359w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi6-262x300.jpg 262w" sizes="auto, (max-width: 359px) 100vw, 359px" /></p>
<p>La création du Bureau Central d’Investigation Judiciaire (BCIJ) en 2015 participe à la spécialisation des actions de la DGST et à son ouverture en direction du public avec un modèle de communication qui tend à favoriser la proximité avec les marocains et les médias, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Là-dessus, c’est également Mohammed VI qui a exigé que des canaux de communication soient mis en place pour que les citoyens soient tenus informés des actions aussi bien de la DGST que de la DGSN.</p>
<h2><strong>Vaincre les inquiétudes et prévenir la criminalité</strong></h2>
<p>« Il ne s’agit pas uniquement de montrer les efforts déployés pour assurer la sécurité du pays et de ses populations », nous déclare la commissaire Ilham El Mouktafi, cadre au sein de la cellule de communication de la DGSN. Le véritable challenge et « la mission qui nous est confiée est de vaincre les inquiétudes, modifier la perception qu’ont les marocains des forces de l’ordre, gagner la compréhension du public et travailler avec de nouveaux schémas médiatiques qui contribuent à la prévention de la criminalité », analyse cette spécialiste de la communication digitale.</p>
<p>Les attentats terroristes qu’a connu Casablanca le 16 mai 2003 ont été un point d’inflexion décisif dans l’accélération de la mise à niveau de la DGST. Ils ont eu l’impact d’un véritable séisme aussi bien auprès des populations que des responsables politiques. Au plus haut sommet de l’Etat, les évènements de Casablanca ont mené à un redimensionnement des moyens attribués aux services de sécurité, dans l’objectif de moderniser l’ensemble des appareils sécuritaires.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215077" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi7.jpg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi7.jpg 640w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi7-450x300.jpg 450w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<h2><strong>Faire face à la menace terroriste</strong></h2>
<p>Ainsi en 2011, l’opinion publique assistait à un véritable tournant dans la marge de manœuvre et la recherche d’efficacité de la DGST. Il a pris la forme d’un amendement du code pénal (article 108) qui permet au service de sécurité intérieure d’assurer le rôle de police judiciaire en procédant à des enquêtes, des interpellations, et des interrogatoires et en dressant des procès-verbaux. Plusieurs domaines d’intervention lui sont octroyés comme la sûreté de l’État, la lutte contre le terrorisme, les affaires criminelles dont les enlèvements, la contrefaçon dont le faux monnayage, le trafic de drogue ou encore celui des armes.</p>
<h2><strong>Une visite qui dérange et fait grincer des dents</strong></h2>
<p>Cette visite du Roi à la DGST le 24 avril 2018 avait fait grincer quelques dents, certaines sphères relevant le caractère inédit de la démarche pourtant parfaitement banale aux Etats-Unis quand le chef de l’Etat visite les locaux du <em>Federal Bureau of Investigations</em> (FBI) comme Barack Obama ou encore George W. Bush. Plus récemment en février 2020, la Reine Elisabeth II d’Angleterre, une habituée du  <em>MI5</em>*, a même prononcé un discours devant les agents du renseignement et de la sécurité intérieure dans leurs locaux, saluant « la détermination avec laquelle (ils) vous menez votre rôle vital ».</p>
<p>Enfin en Espagne, les locaux de la <em>Guardia Civile</em> n’ont aucun secret pour le Roi Felipe , tout comme rien ne s’oppose à ce qu’il préside les journées de la sécurité des technologies de l’information et de la communication portées par un organisme du <em>Centro National de Inteligencia </em>(équivalent de la DGED).</p>
<figure id="attachment_215079" aria-describedby="caption-attachment-215079" style="width: 622px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215079" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi9.jpg" alt="" width="622" height="388" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi9.jpg 622w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi9-481x300.jpg 481w" sizes="auto, (max-width: 622px) 100vw, 622px" /><figcaption id="caption-attachment-215079" class="wp-caption-text">La reine Elisabeth II au MI5 avec son DG, Andrew Parker.</figcaption></figure>
<h2><strong>Pourquoi le patron de la sécurité intérieure et de la police est devenu une cible</strong></h2>
<p>La reconnaissance, au plus haut niveau d’un état, des services rendus à la nation et des sacrifices consentis par les forces de sécurité, entre dans une normalité que les détracteurs du modèle marocain gardent pourtant en travers de la gorge.</p>
<p>Parmi les axes qu’ils privilégient pour déprécier systématiquement la valeur morale de l’action de l’Etat marocain, notamment en matière de droits de l’Homme, le fonctionnement des services de sécurité figure tout en haut de la liste avec un catalogue d’items et des angles qui ont été enrichis depuis la visite royale à la DGST autour d’un nom : Abdellatif Hammouchi. Le patron de la sécurité intérieure est nommément visé par l’accroissement des attaques, personnelles le plus souvent.</p>
<p>Cette visite du Roi dans ce qui était décrit comme un centre secret de détention où les pires exactions auraient été commises, constitue à elle seule un démenti cinglant au storytelling sur les atteintes aux droits de l’Homme et la pratique de la torture sous le règne de Mohammed VI.</p>
<p>Voilà le souverain marocain allant d’un bâtiment à l’autre, prenant son temps pour visiter des locaux ou serrer des mains comme pour dire : « circulez, c’est tout ce que vous trouverez ici ».</p>
<figure id="attachment_215080" aria-describedby="caption-attachment-215080" style="width: 609px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215080" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10.jpg" alt="" width="609" height="371" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10.jpg 609w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10-300x183.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10-492x300.jpg 492w" sizes="auto, (max-width: 609px) 100vw, 609px" /><figcaption id="caption-attachment-215080" class="wp-caption-text">Abdellatif Hammouchi</figcaption></figure>
<h2><strong>Hicham Alaoui n’est jamais très loin</strong></h2>
<p>Le message était clair et il a jeté le discrédit sur la parole manipulée par les groupuscules d’extrême gauche et leurs alliés. Ils s’étaient lâchés sans retenue pendant plusieurs années pour clouer au pilori le Maroc, à grand renfort d’ONG aux pratiques contestables. Et dans ce genre de comédie essentiellement franco-marocaine, Hicham Alaoui n’est jamais très loin. Il avait fait son entrée sur scène pour dénoncer avec théâtralité « la répression des islamistes » et « le centre de tortures à Témara » *.</p>
<p>Ainsi, Abdellatif Hammouchi est devenu l’homme à abattre à partir du jour où il n’y avait plus de <em>stories </em>à produire ou d’histoires fantasmées à diffuser sur un bagne secret aux portes de Rabat. A défaut d’un lieu, un nom et un visage devaient dorénavant nourrir la rhétorique contre le système sur le registre des droits de l’Homme.</p>
<p>Avant cela, Abdellatif Hammouchi était déjà une cible. Il l’est depuis qu’il s’est vu confier la charge de la vaste opération de dépoussiérage de l’ex DST. Nommé en 2005 à la tête de l’institution rebaptisée Direction Générale de la Surveillance du Territoire, il n’avait que 39 ans, pour un poste habituellement occupé par de vieux routiers des services de sécurité aux tempes depuis fort longtemps grisonnantes et « cooptés » pour leurs liens étroits au sein du sérail ou leur agilité à renvoyer l’ascenseur.</p>
<p><strong>Lire aussi: </strong><a href="https://atlasinfo.fr/hicham-alaoui-pierre-vermeren-khadija-mohsen-finan-et-maati-monjib-ces-intellectuels-qui-saccommodent-de-lislamisme-radical.html"><span class="post-title">Hicham Alaoui, Pierre Vermeren, Khadija Mohsen-Finan et Maati Monjib, ces “intellectuels” qui s’accommodent de l’islamisme radical</span></a></p>
<h2><strong>Un homme qui ne fait pas dans le bon procédé social</strong></h2>
<p>A y regarder de plus près, finalement les observateurs savent peu de choses de Abdellatif Hammouchi si ce n’est que, lui, ne fait pas dans le bon procédé social. C’est sans doute l’une des caractéristiques qui avait séduit en 2003 le tout puissant Georges Tenet, directeur de la <em>Central Intelligence Agency</em>, la CIA. Pour le recruter à Washington, il avait déroulé le tapis rouge pour l’uns des experts des organisations terroristes et des mouvements religieux radicaux les plus estimés dans le monde du renseignement international. Cette expertise, Abdellatif Hammouchi l’a acquise sur le terrain et au fil des années, gravissant les échelons les uns après les autres, sans jamais démentir la réputation qu’il s’est forgé de travailleur acharné, soucieux du moindre détail et qu’aucune mission délicate ou dangereuse n’effraye.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215086 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi15.jpg" alt="" width="332" height="437" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi15.jpg 332w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi15-228x300.jpg 228w" sizes="auto, (max-width: 332px) 100vw, 332px" /></p>
<p>Il semblerait d’ailleurs que ce juriste passé par l’académie de Kenitra « n’aime pas que l’on parle de lui », nous confie l’un de ses proches collaborateurs à la DGST qui n’a pas souhaité que son nom soit cité dans notre article « pour des raisons évidentes liées à ma profession », précise-t-il. Ce haut cadre de la sécurité intérieure ajoute « mais Abdellatif Hammouchi est convaincu de la nécessité de communiquer auprès de l’opinion publique et préfère que les hommes et les femmes qui l’entourent prennent la parole et se rapprochent des marocains ». Evidemment, précise notre interlocuteur « ceci vaut principalement pour la DGSN. Les cadres de la DGST doivent rester dans l’ombre, il y va de la réussite de nos missions et de notre propre sécurité », conclut-il.</p>
<h2><strong>« Nous sommes tous les enfants d’un même peuple »</strong></h2>
<p><strong> </strong>Agé de 54 ans, le patron de la DGST et de la DGSN, natif de Taza, présente un profil assez particulier car ce n’est pas un homme du sérail. Il n’a pas grandi dans l’entourage royal et n’est pas du style à user d’entregent ou de réseaux pour obtenir des faveurs. « C’est un fils du peuple », peut-on lire dans les rares portraits qui ont pu être dressés de lui dans des médias mais lui « n’aime pas cette expression », assure un haut cadre du ministère de l’intérieur qui le côtoie depuis 25 ans .« Nous sommes tous les enfants d’un même peuple », dirait en privé Abdellatif Hammouchi qui « rejette le discours populiste sur l’ascenseur social qui ne profiterait qu’aux personnes nées avec une cuillère en argent dans la bouche », rapporte cette connaissance aujourd’hui Wali à l’administration centrale. « Il est la preuve que l’on peut être reconnu pour sa compétence et non son extractions sociale », commente cet autre compagnon d’étude à l’Université de Fès où le directeur général de la DGST et de la DGSN a fait des études de sciences politiques.</p>
<h2><strong>L’homme qui voulait être caïd</strong></h2>
<p><strong> </strong>Rien ou si peu de choses le prédestinaient à diriger deux des plus importantes institutions dépositaires de la sécurité intérieure du pays.</p>
<p>Abdellatif Hammouchi souhaitait faire carrière au ministère de l’intérieur mais en tant que Caïd dont il passe le concours alors qu’il a 23 ans mais il est recalé car l’âge minimum requis est de 25.</p>
<p>Il effectue alors son service civil au ministère de l’intérieur et passe en 1991 le concours des commissaires de police, obtenant la première note générale. Repéré par le directeur de la DST de l’époque, Abdelaziz Allabouch, il se voit proposer un poste, mais la DGSN refuse de s’en séparer. La Direction de la Sûreté du Territoire alors en manque de cadres, revient à la charge et obtient finalement que le jeune expert en mouvance islamistes et organisations terroristes intègre ses rangs.</p>
<p>Par la suite, une formation de 8 mois à l’académie de Kenitra lui fait à nouveau côtoyer les cadres de la police. Puis des formations aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France avant que la nomination du général Hamidou Laanigri à la tête de la DST en novembre 1999 ne donne un coup d’accélérateur à sa carrière. A la clé: une réorganisation des services et une nomination au poste de directeur central qui permet à Abdellatif Hammouchi de commencer à identifier et à former une ressource humaine précieuse et spécialisée. La suite, nous la connaissons.</p>
<figure id="attachment_215083" aria-describedby="caption-attachment-215083" style="width: 636px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215083" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamidou2.png" alt="" width="636" height="371" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamidou2.png 636w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamidou2-514x300.png 514w" sizes="auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px" /><figcaption id="caption-attachment-215083" class="wp-caption-text">Hamidou Laanigri</figcaption></figure>
<h2><strong>Des résistances au sein même de l’appareil du pouvoir</strong></h2>
<p>Quoi qu’en dise ce fils de petit agriculteur qui vivait pratiquement au jour le jour, son profil dérange et a cristallisé de nombreuses résistances au sein même de l’appareil du pouvoir que Mohammed VI souhaitait bousculer en brisant les schémas traditionnels qui prévalaient dans les nominations à des postes hautement stratégiques. Au-delà de la liberté de choix du souverain marocain déterminée par son pouvoir de nomination, le profil de Abdellatif Hammouchi est venu briser les règles existantes de l’accès à la haute fonction publique, déterminé pendant très longtemps par l’appartenance à certains milieux sociaux et par la « faveur » politique ou personnelle.</p>
<p>C’est sur la qualité du traitement de ses dossiers que le patron de la sécurité intérieure a été choisi par le Roi qui ne le connaissait pas personnellement avant de lui confier le vaste chantier réformateur de la DST, le 14 décembre 2005.</p>
<h2><strong>Pas de garde rapprochée ni de train de vie ostentatoire</strong></h2>
<p>Il faut dire que la personnalité même de Abdellatif Hammouchi a de quoi malmener certaines croyances jusque-là assez tenaces. Il n’a pas de train de vie ostentatoire, pas de garde rapprochée non plus, pour un homme sur lequel pèse pourtant des menaces de mort récurrentes.</p>
<p>« Il n’emprunte jamais deux jours de suite le même itinéraire pour se rendre à l’un de ses deux bureaux », nous confie la commissaire Ilham El Mouktafi, évitant tout lieu public « qui pourrait l’exposer inutilement à une quelconque menace », ajoute-elle.</p>
<p>Dans le même ordre d’idée, Abdellatif Hammouchi ne mange pour ainsi dire jamais en dehors de son domicile, les cas d’attentats par empoisonnement dans les milieux du renseignement et de l’espionnage étant très courants.</p>
<p>Il aurait pu faire sienne la phrase du général De Gaulle « Les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d’Etat ». On ne lui connait en effet pas d’amis et s’ils existent, « aucun ne pourrait publiquement s’en prévaloir », assure notre wali de l’administration centrale du ministère de l’intérieur.</p>
<h2><strong>Insuffler une nouvelle dynamique à la DGSN</strong></h2>
<p>Mais encore faudrait-il que Abdellatif Hammouchi trouve du temps à consacrer à une vie sociale, surtout depuis qu’il a également pris la tête de la Direction Générale de la Sureté Nationale, le 15 mai 2015. Lorsque Mohammed VI le reçoit avec Mohamed Hassad alors ministre de l’intérieur, il lui demande d’« insuffler une nouvelle dynamique »* à la DGSN, de « promouvoir et moderniser ses méthodes de travail » et d’assurer, avec cette double casquette, « une parfaite coordination entre ces deux directions » de sorte à élever à un niveau supérieur l&rsquo;efficacité de leur action respective.</p>
<p>Cette nouvelle responsabilité viendra brusquer d’autres certitudes sur la nécessité de cloisonner totalement chacun des services qui forment la communauté nationale du renseignement. Or, s’il est une réalité durement éprouvée par les nations en prise avec le terrorisme, c’est bien celle de l’absence de coordination et de partage d’informations entre les services de police et ceux de la sécurité intérieure notamment, avec son lot de pertes humaines que le Maroc à souvent payé au prix fort par le passé.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215082" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12.jpg" alt="" width="940" height="513" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12.jpg 940w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12-520x284.jpg 520w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12-768x419.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></p>
<h2><strong>Une double casquette au service d’une vision</strong></h2>
<p>Abdellatif Hammouchi, qui a travaillé au sein de l’un puis de l’autre corps de sécurité, a endossé la responsabilité de ces deux casquettes pour mettre en place une coordination inédite entre les deux institutions, pour une efficacité maximale dans l’anticipation des menaces auxquelles le Maroc est confronté.</p>
<p>Une mission délicate qui produit des résultats substantiels que les chiffres depuis 2015 ne peuvent à eux seuls traduire. « Chaque entité est totalement indépendante et les gardes fous sont nombreux », nous précise la commissaire El Mouktafi. « Là où les synergies sont importantes, c’est sur la vérification, la circulation et la mise à disposition de l’information nécessaire à l’intervention sur le terrain » de l’un ou de l’autre corps de sécurité, explique notre interlocutrice, ajoutant que « le gain de temps est énorme et la réactivité s’en est trouvée décuplée. Ce sont des vies qui sont préservées et cela est inestimable ».</p>
<h2><strong>Des bilans enviables mais des pertes humaines à cause de la Covid-19</strong></h2>
<p>Bilan plutôt flatteur en moins de 6 ans à la DGSN pour laquelle Abdellatif Hammouchi a travaillé à la rénovation en profondeur, s’entourant d’une task force spécialisée dans la gestion des ressources humaines pour insuffler aux fonctionnaires de police toutes les valeurs, l’énergie et la fierté nécessaire pour porter cet uniforme. La DGSN bénéficie aujourd’hui d’une marque employeur extrêmement attractive au point de générer des dizaines de milliers de candidatures aux différents concours d’entrée chaque année.</p>
<p>Mais l’heure n’est pas à la satisfaction pour la Direction Générale de la Sureté Nationale, en première ligne dans la lutte contre la pandémie de la Covid_19. « Vous savez, c’est la gestion du capital humain dans toutes ses dimensions qui fait aujourd’hui la différence. Nous l’avons vécu de près avec la situation sanitaire et l’esprit de sacrifice dont ont fait preuve les 74 520 agents de la Sureté Nationale », poursuit Ilham El Mouktafi. « Des milliers ont contracté le virus et 94% ont pu être guéri grâce à une prise en charge rapide et une très grande solidarité. Mais nous déplorons le décès de 28 de nos collègues des suites de la pandémie. Ils sont morts dans l’exercice de leurs fonctions, pour la nation et un hommage particulier leur sera rendu le moment venu, lorsque la pandémie sera derrière nous », conclut-elle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215081" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi11.jpg" alt="" width="627" height="401" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi11.jpg 627w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi11-469x300.jpg 469w" sizes="auto, (max-width: 627px) 100vw, 627px" /></p>
<h2><strong>15 ans à la tête de la DGST et 5 ans à la DGSN</strong></h2>
<p>Il ne fait aucun doute que la lutte contre la pandémie continuera à mobiliser une bonne partie de l’énergie des fonctionnaires de police dans les prochains mois.</p>
<p>Cependant, les conditions de travail devraient connaitre un bond qualitatif notamment pour la Brigade Nationale de la Police Judiciaire qui disposera de locaux neufs en mars 2021. Le nouveau laboratoire scientifique, quant à lui, sera opérationnel pratiquement au même moment.</p>
<p>Le siège de la DGSN, indispensable aux nouveaux domaines d’expertise des cadres dirigeants de la police, est prévu pour être achevé en 2023.</p>
<p>Le 14 décembre dernier, Abdellatif Hammouchi bouclait 15 années à la tête de la DGST et le 15 mai dernier, 5 ans à la DGSN.</p>
<p>Il a œuvré à ce que le service du renseignement soit l’un des plus puissants au monde, garantissant la sécurité à l’intérieur des frontières du Maroc et contribuant à celle de plusieurs pays ciblés par le terrorisme, dans le cadre d’une coopération exemplaire. A quelques exceptions près…</p>
<p>A suivre&#8230;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>*Hicham Alaoui est le fils ainé de feu Moulay Abdellah, frère de Feu le Roi Hassan II.</strong></p>
<p><strong>* Philippe Breton, « La parole manipulée ». La Découverte, 2019.</strong></p>
<p><strong>*Interview à RFI, 24 septembre 2020.</strong></p>
<p><strong>* « Le Maroc, un Royaume de paradoxes en 100 questions ». Tallandier, 2020. </strong></p>
<p><strong>* « Journal d’un prince banni ». Grasset, 2014.</strong></p>
<p><strong>*MI5 : service de la sécurité intérieure du Royaume-Uni communément dénommé MI5 pour Military Intelligence, section 5.</strong></p>
<p><strong>*Entretien avec Stephen Smith, dans « Le Débat » 2011/4 (n 166)</strong></p>
<p><strong>*</strong><strong>Communiqué du Cabinet Royal,15 mai 2015. </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>Hicham Alaoui, Pierre Vermeren, Khadija Mohsen-Finan et Maati Monjib, ces « intellectuels » qui s’accommodent de l’islamisme radical</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2020 19:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[Hicham Alaoui]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Khadija Mohsen-Finan]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Moulay Hicham]]></category>
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		<category><![CDATA[radicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Paty]]></category>
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					<description><![CDATA[« Je crois que l’on a tort de voir dans l’islamisme un facteur de déstabilisation du champ politique. C’est au contraire l’islamisme qui se transforme au contact de la démocratie ». L’auteur de cette phrase est Hicham Alaoui* auquel l’hebdomadaire français l’Express consacrait une interview le 1er août 2005. Il considère, par exemple, qu’un mouvement radical comme Al Adl Wal Ihssane qui milite pour l’instauration d’une république islamique « est un mouvement politique comme les autres ».
A la lumière des attentats qui ont ensanglanté la France depuis et l’expression du radicalisme religieux qui s’y est propagé, il n’est pas sûr que les affirmations hasardeuses du chercheur marocain continuent d’avoir la faveur de médias français ou qu’elles n’arrachent pas les sarcasmes des experts du radicalisme religieux, si tant est que la situation puisse s’y prêter.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’assassinat odieux du professeur d’histoire Samuel Paty vendredi dernier à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines vient anéantir l’idée selon laquelle l’islamisme radical pourrait s’inscrire dans une cohabitation avec les valeurs de la démocratie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210849 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/samupatty.jpg" alt="" width="443" height="250" /></p>
<p>Un pays comme le Maroc en fait la triste expérience quasi quotidiennement, jonglant depuis 1994 d’un attentat sanglant au démantèlement de cellules terroristes ; d’une saisie d’armes à feu à un prêche incendiaire ; d’un appel au meurtre contre un journaliste à une fatwa contre une chaîne de télévision jugée trop libérale ; d’une association radicale qui prône l’instauration d’une république islamiste à un prédicateur auto-proclamé qui marierait bien les petites filles dès l’âge de 9 ans.</p>
<h2><b>Intégrer les mouvances islamistes dans le champs politique</b></h2>
<p>Il est bien entendu que la définition de l’islamisme dont nous parlons ici n’est pas celle qu’affectionnait Voltaire lorsqu’il réfléchissait à remplacer « mahométisme » pour parler de la religion des musulmans. Il s’agit de l’usage fait de la doctrine musulmane pour guider l’action politique ou encore l’idéologie instrumentalisant l’Islam en vue d’un projet politique, pour qu’il induise une transformation de la société par l’instauration de la charia* pour les uns, le rétablissement d’un califat pour certains ou la formation de « moudjahidines » pour mener le « Jihad », pour d’autres.</p>
<p>Pour des universitaires comme Hicham Alaoui, Khadija Mohsen-Finan, Pierre Vermeren ou Maati Monjib, l’intégration des mouvements islamistes, même les plus radicaux, dans le champs politique, serait la planche de salut par laquelle l’avènement de la démocratie serait possible dans les pays arabo-musulmans. Vraiment ?</p>
<p>Si ces mêmes mouvances islamistes aux dogmes sectaires inséparables du déni de la pluralité, ne peuvent pas s’intégrer dans des modèles démocratiques comme la France où la laïcité délimite clairement la place du fait religieux, comment et surtout pourquoi cela pourrait-il être le cas dans les sociétés de leurs pays d’origine ?</p>
<h2><b>Banaliser le fait même que la foi puisse être instrumentalisée </b></h2>
<p>Il n’est pas certain que l’immense majorité des musulmans de France qui assiste impuissante à la dénaturation de sa foi et au dévoiement de l’esprit progressiste auquel elle aspire, partage les théories de ce courant intellectuel.</p>
<figure id="attachment_210789" aria-describedby="caption-attachment-210789" style="width: 612px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-210789 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1.jpg" alt="" width="612" height="403" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1.jpg 612w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1-456x300.jpg 456w" sizes="auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px" /><figcaption id="caption-attachment-210789" class="wp-caption-text">Mosquée de Pantin fermée par les autorités françaises le 21 octobre 2020</figcaption></figure>
<p>La prolifération des mouvements sectaires dont les animateurs stimulent la haine et encadrent les conditions de la violence, questionne sur cette confusion nourrie et entretenue par cette catégorie d’« experts » pour laquelle ces mouvements devraient et pourraient être intégrés à la vie publique des pays arabo-musulmans. Banaliser le fait même que la foi et la spiritualité puissent être des outils pour accéder au pouvoir politique, revient à leur donner une caution morale, et par ricochet, à les banaliser, y compris même sur des territoires qui ne sont pas de tradition musulmane et où ces mouvements prospèrent.</p>
<h2><b>S’accommoder du discours radical pour promouvoir une alternative</b></h2>
<p>Force est de constater que, pour peu que cela leur permette de promouvoir une « alternative » aux régimes dont le modèle politique n’est pas assorti à leur point de vue ou à leurs objectifs personnels, ces chercheurs semblent s’accommoder des ambivalences discursives de ces organisations islamistes, au point d’amoindrir le danger qu’elles représentent, de promouvoir leur utilité et de leur trouver des « qualités » compatibles avec les valeurs de la démocratie.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique.html"><span class="post-title">Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l’alliance entre les “laïcs” et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</span></a></p>
<figure id="attachment_210791" aria-describedby="caption-attachment-210791" style="width: 225px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210791" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yazzin.jpg" alt="" width="225" height="225" /><figcaption id="caption-attachment-210791" class="wp-caption-text">Abdessalam Yassine</figcaption></figure>
<p>De ce point de vue, l’exemple du mouvement islamiste radical marocain Al Adl Wal Ihssane* est assez emblématique. Il est d’ailleurs présent et très actif sur le territoire français, en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne et depuis quelques années, sur une partie du territoire nord-américain.</p>
<h2><b>Quand ce courant intellectuel trouve du « charisme » à un leader radical antisémite</b></h2>
<p>Ce mouvement toléré par les autorités marocaines mais non reconnu, est pourtant aujourd’hui dépouillé de l’idée répandue pendant plus de 40 ans selon laquelle sa démarche est basée sur le pacifisme et la non-violence. Le mouvement islamiste prône ouvertement l’instauration d’un califat, d’une « société islamique authentique » qui pourrait prendre la forme d’une république inspirée du modèle de l’ayatollah Khomeiny.</p>
<figure id="attachment_208500" aria-describedby="caption-attachment-208500" style="width: 279px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-208500 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg" alt="" width="279" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg 279w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah-233x300.jpg 233w" sizes="auto, (max-width: 279px) 100vw, 279px" /><figcaption id="caption-attachment-208500" class="wp-caption-text">La Sunnah d&rsquo;Allah</figcaption></figure>
<p>Son fondateur Abdessalam Yassine que Hicham Alaoui, Khadija Mohsen-Finan ou Pierre Vermeren trouvent « charismatique »*, était d’un antisémitisme effroyable. « Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs. Les musulmans le feront » *, écrivait le leader d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane. La littérature du maître-à-penser du mouvement est d’une extrême violence parlant du « caractère exécrable des juifs, leur apostasie, leur hypocrisie ». Pour celui que le marketing de la Jamaâ* présentait comme un pacifiste, les juifs « constituent une espèce humaine qui concentre toutes les déviations incarnées par la Jahilia*», ajoutant que « les juifs sont maudits par Dieu (…), les juifs sont connus pour être les assassins des prophètes ».</p>
<h2><b>L’Incitation à la haine banalisée</b></h2>
<p>C’est là bien plus qu’une incitation à la haine et elle n’a rien à envier à celle qui a coûté la vie dans des circonstances atroces à Samuel Paty, décapité alors qu’il regagnait son domicile après une journée au collège.<br />
Tout comme lorsque Abdessalam Yassine écrit : « le devoir (qui) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad. » *</p>
<p>Ainsi, les textes fondateurs de la doctrine d’Al Al Wal Ihssane parlent de « guerre », de «moudjahidines », de « martyrs », de « jihad » et de « victoire » et Abdessalam Yassine s’est inspiré de la révolution iranienne pour cerner les contours de son concept de Qawma, le soulèvement général suivant la voie prophétique par lequel ce « jihad » serait mené. Il voyait dans le régime des mollahs, un modèle pour l’espace arabo-musulman et la conquête du reste du monde, de même que les Frères Musulmans d’Egypte suscitaient son admiration.</p>
<h2><b>Jihad, moudjahidines, et décapitation</b></h2>
<p>Lorsqu’Al Adl Wal Ihssane conteste au Roi son titre de Commandeur des Croyants, c’est parce son fondateur se pose en « concurrent » du Roi du Maroc, descendant du prophète. Abdessalam Yassine se considère comme un « élu de Dieu » susceptible de diriger la « société islamique authentique » dont il rêve. Un califat que son successeur continue de promouvoir. En prédicateur zélé, Mohamed Abbadi cite Ibnou Lkhattab qui avait donné 3 jours à ses compagnons pour désigner un nouveau calife et tous ceux qui s’y opposeraient seraient « décapités» *.</p>
<figure id="attachment_209460" aria-describedby="caption-attachment-209460" style="width: 340px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209460" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/ababiii.jpg" alt="" width="340" height="264" /><figcaption id="caption-attachment-209460" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>Nous sommes bien loin de l’image d’un mouvement « pacifiste » et « non violent » que Pierre Vermeren cultive de l’organisation islamiste. Pour l’historien français, « Al Adl Wal Ihssane, mouvement piétiste et non violent, ne subit pas de répression violente, mais endosse une surveillance permanente (…) » *. A la mort du prédicateur en 2012, l’historien dresse de lui le portrait d’un « religieux (…) qui était un théologien, théoricien », ajoutant qu’« Il ne s’est jamais lancé dans une opposition frontale à travers des actions collectives et des violences»*.</p>
<h2><b>Pour ces politologues, Abdessalam Yassine est une « légende » de la dissidence</b></h2>
<p>Pour le professeur d’histoire des mondes arabo-berbères contemporains, Abdessalam Yassine serait même drapé d’héroïsme, voire même de talent puisqu’il le qualifie de « véritable légende de la dissidence au Maroc » *.<br />
Ignorance du socle doctrinal terrifiant d’Al Adl Wal Ihssane et de son projet de république islamique ou l’historien chercherait-il à dédiaboliser un mouvement dont l’opposition à la monarchie marocaine semble susciter sa sympathie ?</p>
<figure id="attachment_210798" aria-describedby="caption-attachment-210798" style="width: 341px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210798" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pierre-vermeren1.jpg" alt="" width="341" height="299" /><figcaption id="caption-attachment-210798" class="wp-caption-text">Pierre Vermeren</figcaption></figure>
<p>Pierre Vermeren ne peut ignorer l’admiration d’Abdessalam Yassine pour la « bravoure » des troupes de la révolution iranienne qui constituait pour lui un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman.<br />
Il ne peut ignorer non plus que dans son livre la « Sunnah d’Allah », le prédicateur parle de «l’épopée de la révolution iranienne, le jihad majestueux des Afghans, la résistance islamique du Sud Liban (celle du Hezbollah soutenu par Téhéran) et les soulèvements des mouvements islamistes, sont autant d’exemples de la vraie identité musulmane recouvrée ».</p>
<h2><b>Apologie du Jihad et déferlement d’antisémitisme</b></h2>
<p>Pierre Vermeren ne peut non plus ne pas connaitre l’ampleur de l’apologie du jihad dont sont nourris les écrits du fondateur de la Jamaâ qui veut « réhabiliter la personnalité jihadie » pour prendre les rênes de la Oumma, la communauté islamique, car il s’agit pour lui de « vaincre ses ennemis (de Dieu) et régner sur le monde (…) *.</p>
<p>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/il-ny-aura-pas-de-resurrection-jusqua-ce-que-les-musulmans-tuent-les-juifs-selon-le-fondateur-dal-adl-wal-ihssane.html"> <span class="post-title">“Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs”, selon le fondateur d’Al Adl Wal Ihssane</span></a></p>
<p>Tout comme l’historien ne peut nier avoir connaissance du déferlement d’antisémitisme de Abdessalam Yassine qui écrit que « le vrai défi consiste à livrer un combat sans merci aux juifs jusqu’à leurs derniers bastions » *.</p>
<p>Ces interrogations méritent d’être posées d’autant que juste avant de qualifier Al Adl Wal Ihssane de mouvement « piétiste et non violent », le « fin connaisseur » des mondes arabo-berbères semble s’étonner qu’un pays, comme le Maroc qui est la cible des mouvements terroristes depuis plus de 25 ans, puisse vouloir se protéger du shiisme Iranien et des djihado-salafistes lesquels, s’émeut Pierre Vermeren, « subissent les assauts hebdomadaires des services antiterroristes marocains ».</p>
<h2><b>Composer avec le diable pour peu qu’il mène au sommet</b></h2>
<p>Cette même sympathie, pour ne pas dire émerveillement pour Al Adl Wal Ihssane, l’historien français semble la partager avec Hicham Alaoui. Dans un texte écrit à la première personne en 2013 * et dans lequel il s’imagine regagner le Maroc 5 ans plus tard, Hicham Alaoui voit la Jamaâ : «transformé(e) en parti à l’instar des salafistes ». Il poursuit : « Al Adl Wal Ihsane n’a pas nécessairement fait le plein des voix pour des raisons religieuses mais plutôt pour son courage et sa persévérance dans la résistance à la monarchie abusive ».</p>
<figure id="attachment_210804" aria-describedby="caption-attachment-210804" style="width: 339px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210804" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1-.jpg" alt="" width="339" height="329" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1-.jpg 339w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1--309x300.jpg 309w" sizes="auto, (max-width: 339px) 100vw, 339px" /><figcaption id="caption-attachment-210804" class="wp-caption-text">Hicham Alaoui</figcaption></figure>
<p>Voilà ! Nous y sommes donc : tous ceux qui prendraient pour cible la monarchie marocaine, fussent-ils des obscurantistes, obtiendraient l’indulgence, si ne n’est la confiance d’une catégorie de préfaciers de l’actualité marocaine pour leur « courage » à vouloir renverser le trône. Les prises de positions de ce courant ne sont pas motivées par la recherche de la vérité. Ainsi, leur approche faussement académique, leurs analyses préétablies, leurs arguments pas toujours vérifiables et leur rigueur contestable, ne tiennent compte de la réalité que d’une seule partie ou que d’une seule obédience : la leur.</p>
<h2><b>Hicham Alaoui voit du « courage » dans ce mouvement qui prône le jihad</b></h2>
<p>Pour lui, « Un jour viendra où on parlera des « islamistes-démocrates » dans le monde arabe avec autant de flegme que les chrétiens-démocrates en Europe, par exemple en Italie ou en Allemagne ». Sans doute a-t-il hérité cette idée des analyses de Rémi Leveau qu’il présente comme son « père spirituel ».</p>
<p>Ancien conseiller scientifique de l’Institut Français des Relations Internationales, (IFRI), en poste au Maroc comme enseignant à la faculté de droit puis conseiller au cabinet du ministre marocain de l’intérieur de 1968 à 1974 (notamment du temps du général Mohamed Oufkir), Rémi Leveau plaidait pour un compromis entre le pouvoir et les islamistes pensant qu’ils pouvaient évoluer vers « une sociale-démocratisation ».</p>
<h2><b>Un seul « courant » , un même discours</b></h2>
<p>Khadija Mohsen-Finan, politologue, chercheuse associée au laboratoire Sirice*, longtemps responsable du programme Maghreb à l’IFRI, tient pratiquement mot pour mot le même discours que Hicham Alaoui et son « père spirituel ». Pour elle, les islamistes du parti tunisien Ennahda, par exemple, « sans abandonner l’Islam comme référentiel, entendent tourner la page de l’Islam politique pour devenir «démocrates musulmans » à l’instar des partis démocrates-chrétiens qu’a connu l’Europe ». Khadija Mohsen-Finan est également membre du comité scientifique de la Fondation Hicham Alaoui.</p>
<figure id="attachment_210808" aria-describedby="caption-attachment-210808" style="width: 357px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210808" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan.jpg" alt="" width="357" height="361" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan.jpg 357w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan-297x300.jpg 297w" sizes="auto, (max-width: 357px) 100vw, 357px" /><figcaption id="caption-attachment-210808" class="wp-caption-text">Khadija Mohsen-Finan</figcaption></figure>
<p>Sans doute ceci explique l’alignement absolu entre les deux chercheurs qui ont pour autre point commun une analyse invariablement à charge contre Rabat. La politologue tunisienne présente d’ailleurs la singularité de perdre tout sens de l’histoire et de la géographie, dès qu’il s’agit de la question du Sahara pour laquelle les thèses d’Alger emportent systématiquement son adhésion. Mais c’est là une autre histoire.</p>
<p>Pour revenir à Al Adl Wal Ihssane, Khadija Mohsen-Finan fait presque preuve d’angélisme lorsqu’elle présente le mouvement islamiste radical comme une « confrérie », un mouvement « plus mystique que salafiste » dont la structure est centrée « sur la figure de son leader charismatique » *.</p>
<h2><b>Dangereuse stratégie de dédiabolisation </b></h2>
<p>Voilà donc un mouvement antisémite dont le fondateur appelle au Jihad et qui prône l’instauration d’une « société islamique authentique » dont ce cercle de réflexion feint d’ignorer la face obscure, crédibilisant les propos de Hicham Alaoui qui affiche ainsi ses préférences : « à l’arrivée, le PJD étant aussi exsangue que l’USFP* après sa propre expérience de cohabitation, je ne puis qu’être d’accord avec (…) les vrais islamistes au Maroc, ceux d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane (…) »*.</p>
<p>Le Parti de la Justice et du Développement ? Pour celui qui dirige une fondation pour la recherche en sciences sociales sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, ce sont des « islamistes domestiqués ». Sans doute que le parti dirigé par Saad dine El Otmani n’est pas assez en opposition avec la monarchie pour celui qui apporta son soutien à Nadia Yassine, fille du fondateur d’Al Adl Wal Ihssane, parce qu’elle avait affiché sa préférence pour une république islamique.</p>
<figure id="attachment_210810" aria-describedby="caption-attachment-210810" style="width: 350px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210810" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta.jpg" alt="" width="350" height="200" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta.jpg 350w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta-260x150.jpg 260w" sizes="auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px" /><figcaption id="caption-attachment-210810" class="wp-caption-text">Nadia Yassine</figcaption></figure>
<p>Nous étions alors en juin 2005. Dans son livre, Hicham Alaoui raconte cet épisode, évoquant au moins à trois reprises assez longuement la fille du « leader charismatique du mouvement islamiste radical Justice et Bienfaisance », écrit-il. Nadia Yassine était à l’époque la porte-parole officieuse d’Al Adl Wal Ihssane. Elle avait déclaré dans un hebdomadaire arabophone « Al Ousbouia Al Jadida », qu’elle avait une préférence pour une « république islamique » plutôt que pour un « régime autocratique » et que sa constitution mériterait de finir « à la poubelle de l’histoire », ajoutant que « la monarchie au Maroc approchait de sa fin ». Ses déclarations lui valurent une convocation devant le tribunal pour «atteinte à la monarchie ».</p>
<h2><b>Préférence pour une république islamique</b></h2>
<p>Dans les pages de la publication marocaine « Al Jarida Al Oukhra », Hicham Alaoui avait réagi « à la préférence pour une république marocaine exprimée par l’islamiste Nadia Yassine en posant comme principe que l’Islam ne privilégiait aucun régime en particulier (…) ». Il signifie ainsi son « entière solidarité » à l&rsquo;égérie des islamistes radicaux, aujourd&rsquo;hui tombée dans l&rsquo;oubli. Interrogée sur le soutien du fils de Moulay Abdellah, Nadia Yassine répondra à un média français : « (…) je ne vois pas pourquoi il faudrait accorder un intérêt particulier à (son) intervention » *.</p>
<p>Dans cette même interview à « Al Jarida Al Oukhra », Hicham Alaoui assurait ne « pas craindre l’arrivée des islamistes au pouvoir », estimant qu’il fallait trouver une solution à leur entrée sur la scène politique et ce « parmi les islamistes qui sont restés dehors ». Pour renforcer son entreprise de dédiabolisation de l’organisation islamiste radicale, il ajoute : « je pense qu’Al Adl Wal Ihssane est un mouvement politique comme les autres ».</p>
<h2><b>Al Adl Wal Ihssane et Hicham Alaoui alignés sur le même registre de « dissidences »</b></h2>
<p>C’est également en substance ce que Pierre Vermeren et Khadija Mohsen-Finan soutiennent cette fois-ci dans le livre « dissidents au Maghreb » qu’ils ont cosigné en 2018. Dans un chapitre intitulé «Makhzen et Siba »*, la dissidence a le visage d&rsquo;Abdessalam Yassine et de son mouvement radical auquel les deux auteurs persistent à donner les attributs d’une « confrérie », laquelle pourrait, selon eux, « affecter la  légitimité  religieuse  du  Commandeur  des  Croyants  à  l’intérieur  de  l’Islam sunnite».</p>
<p>Etrangement, cette partie consacrée à Al Adl Wal Ihssane est immédiatement précédée de cette autre « dissidence » de Hicham Alaoui présentée ainsi comme « une gêne » pour le Maroc. Curieuse succession dans l’énumération de ces « dissidents », Hicham Alaoui étant un individu qui n’est ni à la tête d’un mouvement, ni à la tête d’une organisation « dissidente », en tout cas pas ouvertement. Il n’a jamais été soumis ni à des assignations à résidence, ni à des emprisonnements, ni à des interdictions professionnelles, encore moins à des menaces.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208504" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg" alt="" width="689" height="383" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg 689w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000-520x289.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 689px) 100vw, 689px" /></p>
<p>De l’autre côté, voilà une organisation qui s’apparente à une secte, structurée avec des adeptes, un socle doctrinal obscurantiste et un projet politique insurrectionnel. Oui, succession étonnante, en tout cas pour ceux qui ne relèveraient pas un point commun capital entre la Jamaâ et Hicham Alaoui: tous deux contestent au Roi la Commanderie des Croyants. Hicham Alaoui s’est prononcé à plusieurs reprises contre « une monarchie sous l’autorité du Commandeur des croyants, mêlant prérogatives politiques et religieuses » *.</p>
<p>Succession troublante pour ceux qui ne retiendraient pas non plus que Hicham Alaoui, qui promeut une inclusion dans le jeu politique du mouvement radical, semble voir Al Adl Wal Ihssane comme la seule alternative lorsqu’il dit en 2011 « le mouvement du 20 février ne pourra que durcir ses positions et risque d’être poussé dans les bras des islamistes extra parlementaires de l’association Al Adl Wal Ihssane » *.</p>
<h2><b>Hicham Alaoui représenté à des réunions secrètes avec Al Adl Wal Ihssane ?</b></h2>
<p>Succession insolite pour ceux qui ne sauraient pas qu’un proche, « ami intime » de Hicham Alaoui, en l’occurrence Abdellah Hammoudi* anthropologue installé aux Etats-Unis, a pris part à des rencontres tenues longtemps secrètes avec des responsables de la Jamaâ, notamment en juillet 2014. Rien n’indique que Abdellah Hammoudi n’ait pas été mandaté par Hicham Alaoui pour l’y représenter.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/maroc-gauche-radicale-et-radicalite-religieuse-lalliance-de-laveugle-et-du-paralytique.html"><span class="post-title">Gauche radicale et radicalité religieuse, “l’alliance de l’aveugle et du paralytique”</span></a></p>
<p>Succession inhabituelle pour ceux qui ne sauraient pas que l’historien Maati Monjib, qui assiste chaque année depuis 2014 aux cérémonies commémoratives du décès du fondateur d’Al Adl Wal Ihssane, est une des parties prenantes de la stratégie de dédiabolisation du mouvement obscurantiste. Cheville ouvrière du rapprochement entre la gauche radicale et certains milieux de la société civile avec la Jamaâ, il est aux premières loges de la page de remerciements que consacre Hicham Alaoui à ses plus proches soutiens dans son livre.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-210826 size-medium alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-459x300.png" alt="" width="459" height="300" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-459x300.png 459w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-768x501.png 768w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-210x136.png 210w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements.png 827w" sizes="auto, (max-width: 459px) 100vw, 459px" /></p>
<p>Succession surprenante pour ceux qui ne verraient pas dans les écrits de Hicham Alaoui sur l’instauration d’une république, des points de convergences avec Al Adl Wal Ihssane : «je pourrais très bien vivre dans une république marocaine si ce régime me paraissait la meilleure option pour mon pays », écrit-il.</p>
<p>Feu Mohammed V, le grand père de Hicham Alaoui, a dû se retourner dans sa tombe à la lecture de cette phrase. Elle réduit à des petits riens les années d’exil forcé à Madagascar du Sultan et de sa famille et le sacrifice de ceux des Marocains qui donnèrent leur vie pour que le Maroc recouvre son indépendance et que Mohammed V, héritier de l’une des plus vieilles monarchies au monde, soit réhabilité dans son autorité.</p>
<p>A suivre…</p>
<p><strong>*Fils de Moulay Abdellah, frère cadet du Roi Hassan II.</strong><br />
<strong>*Charia : loi islamique. Le terme en arabe signifie « chemin pour respecter la loi (de Dieu) ».</strong><br />
<strong>*Traduit « Justice et Bienfaisance » ou « Justice et spiritualité ».</strong><br />
<strong>* Hicham Alaoui, « Journal d’un prince banni », Grasset, 2014; Khadija Mohsen-Finan, « Maroc : l’émergence de l’islamisme sur la scène politique », Politique Etrangère, 2005/1 (Printemps);  Pierre Vermeren, « Le Maroc, un royaume de paradoxe en 100 questions », Tallandier, 2020.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah », 2005.</strong><br />
<strong>*Jamaâ est traduit par communauté.</strong><br />
<strong>*Jahilia : période préislamique.</strong><br />
<strong>*Jihad : guerre sainte pour défendre ou propager l’Islam.</strong><br />
<strong>*Mohamed Abbadi dans une vidéo diffusée en avril 2016.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren, « le Maroc un Royaume de paradoxes en 100 questions », Editions Tallandier, 2020. Page 180.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren, interview sur RFI, décembre 2012.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren et Khadija Mohssen-Finan, « Dissidents au Maghreb », Editions Belin, 2018.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah », pages 11 à 14.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah, page 124.</strong><br />
<strong>*Hicham Alaoui, revue « Pouvoirs » numéro 14, 2013.</strong><br />
<strong>*Laboratoire Sirice : Identités, Relations Internationales et Civilisations de l’Europe.</strong><br />
<strong>* Khadiha Mohsen-Finan, « Tunisie, vers la fin du compromis historique avec les islamistes ? », Orient XXI, novembre 2018.</strong><br />
<strong>*Khadija Mohsen-Finan, « Maroc : l’émergence de l’islamisme sur la scène politique ». Politique Etrangère, 2005/1(Printemps).</strong><br />
<strong> *USFP : Union Socialiste des Forces Populaires.</strong><br />
<strong>*Hicham Alaoui, « Journal d’un prince banni », Grasset, 2014.</strong><br />
<strong>*Khadija Mohsen Finan et Pierre Vermeren, « Dissidents au Maghreb », Edition Belin 2018. Pages 145 à 181.</strong><br />
<strong>*Entretien avec Stephen Smith, « le débat », Gallimard.2011/4, n°166, pages 3 à 14.</strong><br />
<strong>*Entretien avec Stephen Smith, « le débat », Gallimard.2011/4, n°166, pages 3 à 14.</strong><br />
<strong>*Abdellah Hammoudi a dirigé jusqu’en 2016 l’Institut d’Etudes Régionale pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie Centrale à l’université de Princeton, institut financé par Hicham Alaoui.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Maati Monjib : activiste des droits de l’Homme « persécuté » ou intrigant malhonnête ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2020 11:01:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
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					<description><![CDATA[Quelle que soit la réponse à cette question, la posture adoptée par l’universitaire depuis le début de cette affaire de fermeture précipitée du centre Ibn Rochd en 2014, ne contribue pas à servir le portrait d’un homme irréprochable dont le seul tort serait d’être devenu "une cible potentielle". "Sexe, drogue, alcool…S’ils ne trouvent rien, ils fabriquent des accusations", soutient Maati Monjib dans une interview à un média français. Le "ils" pourrait faire peur et le "fabriquent" en intriguerait plus d’un si l’historien ne revendiquait pas le statut de victime déresponsabilisée de ses actes et de ses paroles. Certains pourraient même être tentés de le croire, si seulement…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au-delà des faits exposés plus bas, il y a bien plus qu’un doute raisonnable sur le personnage et la sincérité de ses combats. L’affaire Omar Radi en est un exemple que l’on ne peut ignorer. Il apparait aujourd’hui que le dossier du journaliste marocain semble n’avoir été qu’une clé utilisée par Maati Monjib pour activer des ONG à l’étranger et ouvrir les portes de médias pour plaider sa propre cause, en abusant pour recrépir au passage le mur des lamentations sur « le népotisme » du pouvoir, « la police politique », le « harcèlement judiciaire » et la « répression ».</p>
<p>Il s’agit là de la même liste d’arguments de vente d’un Maroc au bord du précipice qui se « vengerait » de ses « voix libres » et qui circule en boucle dans 6 médias français: Orient XXI, France 24, RFI, Médiapart, l’Humanité, le Monde. Tous se sont relayés durant le mois de septembre pour octroyer un temps de parole à Maati Monjib qui a enfourché l’affaire Omar Radi pour parler de…lui. Rien ou si peu sur le journaliste dont l’affaire semble avoir atteint sa fin médiatique pour céder la place à celle de l’historien.</p>
<h2><strong>Questions complaisantes et tourbillon médiatique</strong></h2>
<p>L’entretien de Maati Monjib à Radio France International (RFI), le 24 septembre dernier, en est un exemple parfait. 9 questions complaisantes de la journaliste Karine Franck et un déroulé convenu sans la moindre allusion à Omar Radi, rien. Tout l’entretien était axé autour de Maati Monjib, « historien, journaliste, militant des droits de l’Homme et universitaire ». Extraits  :</p>
<p>Question : « <strong>quand vous dites « ils », qui désignez-vous ?</strong> » R: « En fait, c’est « la police politique » et cela relève de 3 organisations de la police y compris la DST. »</p>
<p>Question : « <strong>les réseau sociaux sont un outil pour vous intimider ? » </strong>R: « Aussi les réseaux sociaux où la police est très présente mais moi je parle de journaux même, même les premiers journaux par exemple Al Akhbar me diffame tout le temps (…) C’est loin des réseaux sociaux mais ça existe aussi la diffamation, les pressions les menaces de morts passent aussi via Facebook. Donc voilà, c’est quotidien ces intimidations-là. »</p>
<p>Question : « <strong> c’est quotidien depuis des années ? » </strong>R: « (…) Je suis filé jusqu’à la campagne quand je vais voir ma mère et ma mère reçoit des menaces et elle a 88 ans et parfois la police me suis avec le gyrophare la nuit quand je reviens à Rabat, ils me suivent et ils mettent les gyrophares pour me faire peur. Quand je suis à l’étranger je suis filé par la police, même en France (…) »</p>
<p>Question :  » <strong>tout cela parce que vous publié des articles qui dérangent ?</strong> » J’écris régulièrement dans la presse, démontrant la corruption et le despotisme du régime (…) »</p>
<p>Question : « <strong>est-ce que vous avez l’impression que le Maroc bénéficie d’une certaine indulgence de la communauté internationale ?</strong> » R: « Les Etats occidentaux, oui ferment les yeux surtout depuis le printemps arabe sur les pratiques répressives du régime marocain, c’est très clair (…) »</p>
<h2><strong>Omar Radi relégué aux seconds rôles </strong></h2>
<p>Si le lexique de base récursif de Maati Monjib le rend prévisible, l’usage outrancier de la première personne questionne le lecteur tout comme il devrait interpeler Omar Radi , aujourd’hui seul au fond de sa cellule. Les accusations qui pèsent contre lui sont lourdes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210040 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/radiosse.jpg" alt="" width="322" height="231" /></p>
<p>La justice marocaine le soupçonne d’avoir touché des fonds de l’étranger en échange d’informations sur le Maroc d’une part, et une plainte a été déposée contre lui par une collègue au sein de la rédaction du Desk, pour atteinte à la pudeur avec violence et viol, d’autre part. Les faits, qui remonteraient à la nuit du 12 au 13 juillet dernier pour le viol présumé, auraient eu lieu au sein même des locaux de la publication, délocalisés pendant la période de confinement au domicile de son directeur, Ali Amar.</p>
<p>S’il a servi de marchepieds à Maati Monjib et à ses alliés dans leur guérilla contre la monarchie, « c’est qu’il l’a bien voulu », commentent en substance certains. D’autres, bien qu’ils ne partagent pas les positions du journaliste, récusent les accusations dont il fait l’objet et suivent avec dégoût l’instrumentalisation de son affaire par les petites mains cyniques qui s’affairent en coulissent à nourrir, quel que soit le prix à payer, un projet insurrectionnel.</p>
<h2><strong>Tout, pourvu que le Maroc en ressorte anéanti</strong></h2>
<p>Pour eux, une condamnation du journaliste ne serait alors qu’un « dommage collatéral », pourvu que le Maroc en ressorte anéanti.</p>
<p>Le peu de mobilisation le 22 septembre dernier devant le tribunal où s’est tenue la première audience du procès d’Omar Radi, a provoqué « un immense malaise », nous confie un confrère proche de l’accusé. « Ça a été un choc pour moi », raconte-t-il, précisant « il n’y avait presque personne, nous étions mal à l’aise. Les militants ont promis de venir mais ils n’étaient pas là. Dans les réseaux sociaux, beaucoup se sont engagés et dénoncent mais à l’arrivée, il n’y a pas eu grand monde et le doute s’est installé sur la sincérité de ces engagements », nous confie-t-il, dissimulant à peine sa colère.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-210034" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/radios-1024x424.jpg" alt="" width="1024" height="424" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/radios-1024x424.jpg 1024w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/radios-520x215.jpg 520w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/radios-768x318.jpg 768w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/radios.jpg 1079w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>L’affaire Omar Radi est donc récupérée pour tenter de redonner du tonus au discours des maîtres à penser du renversement des institutions du pays. Le nom du journaliste, âgé de 33 ans, continuera à figurer dans les listes et les courriers envoyés aux ONG ou aux médias étrangers pour continuer de doper le réquisitoire anti-marocain. Mais force est de constater qu’il commence déjà à s’effacer au profit de celui de Maati Monjib.</p>
<h2><strong>Maati Monjib, au-dessus de la loi ? </strong></h2>
<p>L’historien, qui semble maitriser les stratégies connues en matière de manipulation mentale et de victimisation, refuse depuis 6 ans de se voir demander des comptes sur « la dissolution » du Centre d’Etudes et de Recherches Ibn Rochd, liquidé précipitamment en 2014, après qu’il ait reçu des donations importantes. Il ne veut pas se voir demander des comptes par la justice marocaine alors qu’il lui suffirait de répondre à trois simples interrogations<strong> :</strong></p>
<p>&#8211;<em>pourquoi une Société à Responsabilité Limitée, ce qui suppose une activité lucrative, pour un centre d’études et de recherches ?</em></p>
<p><em>-comment ont été gérés les fonds dont a bénéficié cette société ?</em></p>
<p><em>-comment expliquer des virements substantiels en faveur de membres de sa propre famille ?</em></p>
<p>Fondateur de l’ONG « Association Marocaine du Journalisme d’Investigation » dont il était trésorier, il a également bénéficié de virements d’un montant de près de deux millions et demi de dirhams entre 2010 et 2015.</p>
<p>Pour revenir au Centre d’études et de recherches Ibn Rochd, il s’agit d’une entité dont la forme juridique, pour le moins inhabituelle pour un centre de recherches, demande tout simplement à être clarifiée par l’Unité de Traitement du Renseignement Financier (UTRF), instance de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme créée 2009. En 2014, par exemple, cette instance rattachée au chef du gouvernement a reçu 305 « déclarations de soupçons » liées à des flux douteux de capitaux émanant notamment de 12 banques, 5 sociétés de transferts de fonds et 3 notaires. Dans le cas du centre Ibn Rochd, des opérations d’un tel montant au profit de tiers familiaux pouvaient-elles passées inaperçues ?</p>
<h2><strong>Une SARL qui aurait bénéficié de donations</strong></h2>
<p>Assurément non. A moins que Maati Monjib, ne bénéficie de privilèges ou ne se place au-dessus de la « masse », L’UTRF ne pouvait que saisir le parquet général de Rabat, lequel a demandé à ce que la Brigade Nationale de la Police Judiciaire (BNPJ) enquête sur la dissolution du centre et les opérations financières qui semblent avoir entaché sa gestion.</p>
<p>Le statut de Société à Responsabilité Limitée (SARL) de l’entité créée par l’historien, enseignant au centre des études Africaines de l’université Mohammed V, attire d’autant plus l’attention de l’instance qu’elle recevait des financements, des « dons » de trois organisations internationales :</p>
<p>-« <strong>Privacy International » </strong>basée à Londres qui possède également un bureau à Washington et milite pour la défense des droits de l’Homme, en particulier contre la violation de la vie privée. Cette ONG est notamment financée par « Open society Fondation » du magnat américain de la finance, Georges Soros. L’Agence Suédoise de Coopération Internationale au Développement est également dans la liste des donateurs de « Privacy International ».</p>
<p><span style="text-transform: initial;">-« </span><strong style="text-transform: initial;">Free Press Unlimited</strong><span style="text-transform: initial;">” financée notamment par le ministère néerlandais des affaires étrangères et l’Agence Suédoise de Coopération Internationale au Développement, soutient également financièrement le centre crée par Maati Monjib.</span></p>
<p>-“<strong>National Endowment for Democraty</strong>”, fondée en 1983, dont l’objectif déclaré est le renforcement des institutions démocratiques dans le monde. Elle a été créée par le congrès américain qui vote le budget de la NED, lequel figure dans les dotations du département d’état ministere des affaires étrangères au titre de l’agence des Etats-Unis pour le Développement International, l’USAID basée à Washington.</p>
<p>Le problème qui est posé à l’historien est donc triple : celui du statut de cette entité dont sa propre sœur détenait 1% des parts, la légalité des « dons » perçus en tant qu’entreprise et l’utilisation des sommes qui ont été reçues et redistribuées à des membres d’une même famille.</p>
<p>Au total et sur 5 ans, l’entité aurait reçu plus de 40 transferts, totalisant 4 millions et demi de dirhams sur deux comptes bancaires personnels distincts.</p>
<h2><strong>Des virements en faveur de proches</strong></h2>
<p>Trois transactions bancaires particulièrement suspects auraient attiré l’attention des enquêteurs : la première d’un montant de 1 million de dirhams a bénéficié à la propre sœur de Maati Monjib , F.M .La seconde est également familiale puisqu’il s’agit d’un virement au profit de son épouse cette fois-ci, C.D, d’un montant de 1.050.000 dirhams. Enfin, la troisième transaction d’un montant de 400.000 dirhams aurait bénéficié à Maati Monjib qui l’aurait transférée sur un compte bancaire personnel.</p>
<p>L’historien a toujours refusé de s’expliquer sur l’usage de ces fonds et les transferts énumérés plus haut. Tout comme il n’a jamais apporté de clarifications sur la masse salariale apparemment disproportionnée, déclarée entre 2011 et 2014, sachant qu’il n’avait qu’un seul salarié durant cette période. Par exemple, en 2014, la masse salariale déclarée par le centre Ibn Rochd était de près de 180.000 dirhams alors qu’il n’y avait qu’un seul salarié déclaré à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.</p>
<p>Au Maroc, chaque année les comptes de dizaines de milliers d’entreprises sont passées au crible que ce soit par la direction des impôts, des organismes financiers ou sociaux ou encore l’Unité de Traitement du Renseignement Financier.</p>
<p>Que les trois donateurs du centre d’études et de recherches n’aient jamais demandé de comptes au dirigeant de l’entité demeure aujourd’hui un mystère.</p>
<h2><strong>Tenter d’influer sur le cours de la justice</strong></h2>
<p>Mais que l’Etat reste les bras croisés devant des pratiques suspectes, reviendrait à enfreindre la loi elle-même. Blanchiment d’argent, fraude fiscale, malversations, escroquerie, abus de confiance, abus de bien sociaux ou détournement ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-210038" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/matiou.jpg" alt="" width="960" height="540" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/matiou.jpg 960w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/matiou-520x293.jpg 520w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/matiou-768x432.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il revient à la Justice de le clarifier dans la sérénité loin des tentatives d’influer sur son cours exercées par Maati Monjib qui brandit la menace d’une grève de la faim pour tenter de se soustraire à la loi.</p>
<p>Ce n’est pas la première fois que l’historien adopte la posture du persécuté qui exige réparation d’un système qu’il dénonce pourtant : victimisation, amplification, déformation des faits. Chaque opportunité saisie est une possibilité pour exercer une pression sur la justice, les ONG ou sur les médias et garder le contrôle.</p>
<p>Maati Monjib utilise cette posture de manière discontinue depuis 6 ans. La question qui lui est posée est de savoir combien de temps cela peut encore durer.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l&#8217;alliance entre les « laïcs » et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/decryptages/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 18:57:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
		<category><![CDATA[Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[AMDH]]></category>
		<category><![CDATA[Annahj Addimocrati]]></category>
		<category><![CDATA[Hicham Alaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
		<category><![CDATA[Moulay Hicham]]></category>
		<category><![CDATA[Tudeh]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est le modèle iranien de république islamiste qui a inspiré le concept de Qawma* à Abdessalam Yassine. Le fondateur du mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane* voyait dans cet Iran des ayatollahs un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman. Rouhollah Khomeiny n’a pu arriver au pouvoir qu’en promettant liberté et démocratie aux courants notamment d’extrême-gauche qui avaient fait alliance avec lui contre le Shah. Il n’a pu s’y maintenir qu’en les liquidant les uns après les autres pour instaurer une dictature, celle des mollahs. Le rapprochement entre la Jamaâ* de Abdessalam Yassine et la gauche radicale marocaine n’est pas sans rappeler le modèle iranien. Il interroge sur la répartition des rôles et les engagements contractés par les différents acteurs de cette alliance qui  interpelle surtout sur le prix que le camp des « laïcs » est disposé à payer dans sa course folle pour le pouvoir. Une analyse détaillée du rôle joué par l’historien Maati Monjib dans la mise en place de ce « front commun », permet de cerner la stratégie développée ces 10 dernières années. Elle a pour piliers d’œuvrer à l’« acceptabilité » d’Al Adl Wal Ihssane d’une part, et travailler au discrédit de la monarchie, d’autre part. Enquête.        
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Seuls ses proches se souviennent encore de Noureddin Kianouri, dirigeant du parti communiste iranien Tudeh. Emprisonné en juin 1983 sous l’accusation de trahison et d’espionnage au profit de l’ex URSS, lui et 5 autres dirigeants du comité central du parti avaient été acculés à des « aveux » diffusés à la télévision. Pourtant Noureddine Kianouri était si proche de la hiérarchie religieuse mise en place par Rouhollah Khomeiny, qu’il avait été surnommé « Ayatollah Kianouri » par ses opposants.</p>
<h2>Soumission inconditionnelle de l’extrême gauche à Khomeiny</h2>
<figure id="attachment_209469" aria-describedby="caption-attachment-209469" style="width: 349px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209469 " src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg" alt="" width="349" height="429" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg 333w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1-244x300.jpg 244w" sizes="auto, (max-width: 349px) 100vw, 349px" /><figcaption id="caption-attachment-209469" class="wp-caption-text">Noureddin Kianouri</figcaption></figure>
<p>Le « guide suprême de la révolution » a attendu 4 ans avant de liquider Tudeh, sans doute parce que de toutes les forces qui s’étaient jointes au mouvement révolutionnaire, le parti communiste était le plus inféodé aux islamistes, Kianouri allant même jusqu’à approuver la répression contre l’organisation des Moujahiddines du peuple dont l’éviction sanglante a fait des milliers de victimes. C’est cette soumission inconditionnelle qui vaudra à Noureddin Kianouri d’avoir la vie sauve et d’être assigné à résidence jusqu’à la fin de sa vie en novembre 1999, après avoir passé 6 ans en prison. Entre temps, il avait publié une lettre ouverte détaillant les tortures dont lui et sa femme ont été victimes.</p>
<h2><strong>Khomeiny extermine ses alliés de la gauche radicale </strong></h2>
<p>La terrible et massive répression qui s’est abattue sur le parti Tudeh a touché plus de 1. 500 cadres et militants du parti. C’est une véritable purge qui a été entreprise, menant des milliers de personnes au peloton d’exécution ou sur le chemin de l’exil, surtout après que Tudeh ne soit interdit en 1983.</p>
<figure id="attachment_209451" aria-describedby="caption-attachment-209451" style="width: 326px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209451 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg" alt="" width="326" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg 326w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1-272x300.jpg 272w" sizes="auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px" /><figcaption id="caption-attachment-209451" class="wp-caption-text">Ayatollah Khomeiny</figcaption></figure>
<p>Le parti communiste iranien n’est qu’une des organisations qui avaient favorisé l’arrivée des mollahs au pouvoir. Plusieurs courants se réclamant de la gauche radicale avaient en effet fait alliance avec des organisations prônant un « islam révolutionnaire » aux couleurs marxistes, pour marcher, main dans la main, avec l’Ayatollah Khomeiny, lui faisant allégeance et lui octroyant le titre de guide de la révolution.</p>
<p>Pourtant plusieurs signaux auraient dû alerter les dirigeants de Tudeh sur l’évolution (prévisible) de cette alliance dès l’automne 78 lorsque les slogans comme « un seul parti, celui d’Allah » ont commencé à résonner dans les rues de Téhéran. Dès le lendemain de l’arrivée au pouvoir des « religieux », chacune des aspirations démocratiques qui s’exprimait s’éteignait aussitôt, réduite au silence.</p>
<h2><strong>Une fois au pouvoir Khomeiny montre son véritable visage</strong></h2>
<p>Répondant aux questions de journalistes allemands en 1978, l’Ayatollah Khomeiny déclarait pourtant, s’agissant de la place de la femme, par exemple : « tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la république islamique n’est qu’une propagande hostile. Les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront comme les hommes. » Bien plus qu’un discours modéré, c’est un discours moderniste que tient alors le futur « guide suprême de la révolution ».<br />
Pour fédérer les libéraux et les organisations et partis de gauche, il composera et fera siennes les notions de respect des droits de l’Homme, de démocratie et de liberté de parole. Il cultivera savamment pendant des mois un discours d’ouverture et de progrès, avant qu’il ne prenne le pouvoir. Donnant à voir son véritable visage, il accélère l’islamisation de la société avec pour premières cibles les femmes.</p>
<h2><strong>L&rsquo;âge du mariage des femmes fixé à…9 ans </strong></h2>
<p>Elles qui avaient joué un rôle prépondérant dans les grèves et les manifestations, ont payé le prix fort en devenant le premier axe de la répression de Khomeiny. Moins d’un mois après son arrivée au pouvoir, des mesures drastiques visant à les écarter de tous les domaines de décisions sont prises : ségrégation dans les transports, interdiction de la mixité scolaire et obligation du port du tchador.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-209455" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg" alt="" width="652" height="284" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg 652w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors-520x227.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 652px) 100vw, 652px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209458 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/doktrine2.jpg" alt="" width="302" height="286" /></p>
<p>Plus terrible encore, l’âge légal du mariage passe de 18 à ….9 ans. Cet âge ainsi fixé n’est pas sans rappeler les écrits de Rouhollah Khomeiny pour lequel « si un homme qui a épousé une fille impubère la « possède » avant ses 9 ans révolus et provoque chez elle des traumatismes, il n’a pas le droit de répéter l’acte avec celle-ci* ».</p>
<h2><strong>Une république islamique dont la survie dépend du contrôle des mœurs</strong></h2>
<p>Bien plus qu’une purge, c’est à une véritable extermination à laquelle ont assisté les iraniens, au fur et à mesure que leurs libertés étaient restreintes et dument contrôlées par la police religieuse chargée de la stricte application de la Charia. Comment avoir pu croire, s’étonnent encore les rescapés de cette répression refugiés à l’étranger, que la nature du régime islamiste mis en place par Khomeiny pouvait souffrir la moindre rivalité politique, tolérer l’existence d’un parti politique distinct de l’appareil du pouvoir ? La survie même de cette dictature dépend du contrôle de la vie politique et de la vie sociale dans le plus petit de ses détails, fût-ce-t-il dans le vagin d’une enfant de 9 ans.</p>
<p>D’ailleurs, et ce assez rapidement, la scène politique iranienne s’est résumée au Parti de la Révolution Islamique, « les Hezbollahi » *, le réseau des mosquées, les comités islamiques, les conseils islamiques sur les lieux de travail, l’ « office du péché » pour le contrôle des mœurs, le « ministère du contrôle du comportement conforme aux préceptes », l’armée des gardiens de la révolution, et la SAVAMA*, la police politique islamique mise en place par Khomeiny.</p>
<p>Pour lui, « la foi et la justice islamique exigent de ne pas laisser survivre dans le monde musulman les gouvernements anti islamiques ou ceux qui ne se conforment pas entièrement aux lois islamiques. L’instauration d’un ordre politique laïc revient à entraver la progression de l’ordre islamique* ».</p>
<h2><strong>Al Adl Wal Ihssane trouve de la bravoure dans les troupes de la révolution iranienne</strong></h2>
<p>Pour un mouvement marocain comme la Jamaâ d’Al Adl Wal Ihssane fondée par Abdessalam Yassine en 1973, la révolution iranienne arrive comme une prophétie que le fondateur du mouvement obscurantiste marocain magnifie aux yeux de ses adeptes. Lui qui a des « visions », et a pour ambition l’instauration d’une société islamique authentique, trouve du mérite dans le modèle  « d’éducation » de la population mis en place par l’Ayatollah Khomeiny. Il admire la bravoure des troupes de la révolution, voyant dans cette Iran des Ayatollahs et de leurs conseils islamiques, un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman.</p>
<figure id="attachment_209459" aria-describedby="caption-attachment-209459" style="width: 317px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209459 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg" alt="" width="317" height="473" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg 317w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine-201x300.jpg 201w" sizes="auto, (max-width: 317px) 100vw, 317px" /><figcaption id="caption-attachment-209459" class="wp-caption-text">Abdessalam Yassine</figcaption></figure>
<p>C’est l’Iran de Khomeiny qui lui a inspiré le concept de la Qawma, soulèvement général par lequel serait régénéré le califat, le modèle politique qui lui ferait endosser le rôle de guide suprême, lui qui se considère comme un « élu » de Dieu. Lorsqu’en page 170 de son livre « la Sunnah d’Allah » Abdessalam Yassine nous indique les modèles qui suscitent son admiration, il parle de « l’épopée de la révolution iranienne, le jihad majestueux des afghans, la résistance islamique du Sud Liban (celle du Hezbollah soutenu par Téhéran), et les soulèvements des mouvements islamistes, sont autant d’exemples de la vraie identité musulmane recouvrée », écrit le prédicateur. C’est là l’idéal révolutionnaire que l’ancien instituteur a laissé en héritage à son successeur Mohamed Abbadi et aux cadres de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>La Jamaâ compose mais ne reniera jamais l’héritage de son fondateur</strong></h2>
<p>Quels que soient les changements qui acculent la Jamaâ à se réinventer pour survivre au décès du prédicateur disparu en 2012, le fait est qu’aucun membre n’osera jamais remettre en question la doctrine du fondateur et les orientations qu’il a fixées et il semblerait même que ce soit le contraire.</p>
<figure id="attachment_209460" aria-describedby="caption-attachment-209460" style="width: 340px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209460" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/ababiii.jpg" alt="" width="340" height="264" /><figcaption id="caption-attachment-209460" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>En successeur zélé, Mohamed Abbadi est allé jusqu’à surenchérir sur le lègue « prophétique » d&rsquo;Abdessalam Yassine quant à la restauration du califat qu’il aborde régulièrement dans ses prises de parole depuis octobre 2015.Citant en avril 2016 Bnou Lkhattab qui avait donné 3 jours à ses compagnons pour nommer un nouveau calife, il parle de « décapiter » tout opposant à la restauration du califat. Les propos du prédicateur ont provoqué un tollé d’indignations plongeant la Jamaâ dans une zone de turbulences déstabilisatrice, l’obligeant à clarifier ses positions mais sans jamais renier le fond.</p>
<p>Une secousse d’autant plus grande que le marketing de la Jamaâ depuis sa création avait pour axe principal la non-violence et le rejet du terrorisme.</p>
<h2><strong>L</strong><strong>’instauration du califat, quitte à couper des têtes</strong></h2>
<p>Hassan Bennajeh, porte-parole du cercle politique est alors en première ligne pour éteindre le feu allumé par Abaddi. Il multiplie les déclarations pour limiter les dégâts et tenter de préserver l’image d’un mouvement pacifiste : « le califat que défend Al Adl Wal Ihssane est une sorte de fédération et une union qui rassemble tous les pays musulmans », explique le porte-parole du cercle politique qui semble s’étonner «de la compréhension simpliste et erronée selon laquelle Abbadi voudrait “couper des têtes” […] si cela était vrai, on serait en train de couper des têtes depuis 40 ans*».</p>
<figure id="attachment_209461" aria-describedby="caption-attachment-209461" style="width: 327px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209461 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/hassan-1.jpg" alt="" width="327" height="250" /><figcaption id="caption-attachment-209461" class="wp-caption-text">Hassan Bennajeh</figcaption></figure>
<p>L’exercice est périlleux pour Hassan Bennajeh car Abbadi a fait la promotion d’un modèle de prise de pouvoir basé sur la contrainte, la force et les armes.</p>
<p>Du côté d’Al Adl Wal Ihssane, Hassan Bennajeh porte une grande partie de la responsabilité du rapprochement avec l’extrême gauche. Il a pour principal interlocuteur, dans le camp des « laïcs » l’universitaire Maati Monjib, pivot central, avec Fouad Abdelmoumni, de l’exécution des différentes dispositions de cette alliance. Les deux hommes cultivent une grande proximité et l’historien qui est interpelé par plusieurs figures de l’extrême gauche sur la sortie malencontreuse de Abbadi, se voit demander des comptes sur le Califat et les têtes qu’il faudrait « décapiter ».</p>
<h2><strong>Voler au secours d&rsquo;Al Adl Adl Wal Ihssane</strong></h2>
<p>L’historien tente de désamorcer en disant qu’une telle déclaration est « ordinaire de la bouche d’un Adliste (…) Maintenant ils disent que le califat n’est religieusement nécessaire que sur le plan panislamique, et quand tous les peuples musulmans seront unis ».</p>
<figure id="attachment_209462" aria-describedby="caption-attachment-209462" style="width: 337px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209462 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/mayti.jpg" alt="" width="337" height="215" /><figcaption id="caption-attachment-209462" class="wp-caption-text">Maati Monjib</figcaption></figure>
<p>Et de poursuivre: « Autrement dit, le califat n’est pas politiquement souhaitable sur un niveau strictement national. Les Adlistes sont nationalement pour un régime choisi par le peuple* » , affirme Maati Monjib, pensant dédramatiser les propos du Secrétaire General de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>Quand l’instauration d’un califat dans le monde musulman est cautionnée par Maati Monjib</strong></h2>
<p>Mais cette sortie de l’historien les rend en réalité bien plus effrayants encore. Se présentant comme un homme de gauche, un démocrate moderniste œuvrant pour les libertés, Maati Monjib cautionne le projet d’instauration d’une « société islamique authentique » dans tout le monde musulman. Il ne dit pas que c’est un écart ou que les propos de Abbadi ont été mal compris, il les justifie et avalise le projet d’instauration d’un califat « religieusement nécessaire que sur le plan panislamique (…) quand tous les peuples musulmans seront unis ». En clair, ils ne veulent pas d’un califat au Maroc mais à l’échelle du monde musulman et Maati Monjib ne semble y voir aucune contre-indication.</p>
<p>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><strong> </strong></a><a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><span class="post-title"><strong>“frapper ensemble mais marcher séparément</strong>”</span></a></p>
<p>L’énormité de ces propos prêterait à sourire s’ils n’étaient pas aussi graves. Ils présentent le mérite de révéler les termes de l’entente entre les deux « parties », leur niveau d’engagement et l’état d’avancement du projet insurrectionnel que Fouad Abdelmoumni , en bon relais idéologique de cette alliance, a baptisé « initiative pour la lutte contre le despotisme ». Ainsi cerné, le projet insurrectionnel dans lequel s’inscrivent les différents acteurs qui n’ont pour unique point commun que la prise du pouvoir, suggère d’abord que le mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane soit dédiabolisé aux yeux de l’opinion publique.</p>
<h2><strong>Obtenir une partie du pouvoir ou le renverser</strong></h2>
<p><strong> </strong>Sur cet axe très précis, l’universitaire Maati Monjib réalise un véritable travail d’encadrement de la Jamaâ. Après les déclarations de Abbadi sur le projet califal de la Jamaâ, il multiplie les déclarations à la presse et parraine les sorties médiatiques de Hassan Bennajeh dans ses tentatives de rectifier le tir publiquement pour calmer la colère qui gronde dans les rangs des « alliés » : le parti d’obédience marxiste, Annahj Addimocrati , son pendant associatif l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), des groupuscules de la société civile qui se sont associées à ce rapprochement et des individualités qui œuvrent en coulisses depuis plus de 10 ans pour donner corps à cette alliance entre « laïcs »  et intégristes religieux.</p>
<figure id="attachment_209464" aria-describedby="caption-attachment-209464" style="width: 615px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209464 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg" alt="" width="615" height="460" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg 615w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-401x300.jpg 401w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-86x64.jpg 86w" sizes="auto, (max-width: 615px) 100vw, 615px" /><figcaption id="caption-attachment-209464" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Hassan Bennajeh (à sa gauche)</figcaption></figure>
<p>Leur objectif est d’obtenir une partie du pouvoir ou de le renverser. Devant l’amplitude et la profondeur de l’assise populaire dont jouit Mohammed VI, la première option s’impose aux promoteurs de ce front commun, y compris Al Adl Wal Ihssane qui conteste pourtant au monarque chérifien son rôle de Commandeur des Croyants. Mais le rêve d’une option révolutionnaire républicaine ou califale est toujours caressé par une partie des « laïcs » et une majorité des obscurantistes d’Al Adl Wal Ihssane qui se verraient bien en gardiens de cette révolution.</p>
<p>Lire aussi: <span class="post-title">“<a href="https://atlasinfo.fr/lune-des-plus-grandes-forces-dal-adl-wal-ihssane-est-de-savoir-nager-en-eaux-troubles-et-brouiller-les-cartes.html"><strong>L’une des plus grandes forces d’Al Adl Wal Ihssane est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes”</strong></a></span></p>
<p>En effet, le rôle et les objectifs des héritiers d&rsquo;Abdessalam Yassine est clairement défini notamment dans le livre signé du fondateur de la Jamaâ « la Sunnah d’Allah » publié en 2005 : « le devoir (…) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad » (P52).</p>
<h2><strong>Adopter un discours de démocrates sans se déjuger</strong></h2>
<p>Tirant les leçons de leur participation aux manifestations du mouvement du « 20 Février » et conseillés par Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni, les membres de la Jamaâ ont fait évoluer leur positionnement et épousent des causes sociales aux charges revendicatives plus impactantes pour le quotidien des marocains.</p>
<p>Ils répètent à qui veut l’entendre que le mouvement respecte les libertés individuelles et adhère aux grands principes de la démocratie, mais ils ne réussissent toujours pas à sortir de la ligne directrice de la Jamaâ construite sur le référentiel islamique. L’association ne parvient pas non plus à rassurer sur sa vision de la condition féminine, ses adeptes des deux sexes continuant de défiler séparément lors des manifestations, les hommes devant et les femmes derrière, évidemment.</p>
<h2><strong>Des efforts colossaux pour rendre Al Adl Wal Ihssane fréquentable</strong></h2>
<p>Devant l’idéal religieux défendu par la Jamaâ, le scepticisme ne cède toujours pas le pas aux certitudes et ce en dépit des efforts colossaux réalisés par ses « alliés » pour la rendre fréquentable. Les dirigeants de la Jamaâ comme Omar Iharchane membre du secrétariat général de la section politique et autre pilier du rapprochement avec l’extrême gauche, s’attèlent à faire évoluer le discours du mouvement mais peinent à sortir de leur doctrine : «l’Etat civil que nous appelons de nos vœux est aux antipodes de l’Etat militaire, policier ou théocratique ; c’est un Etat où la religion occupe une place qu’on ne peut renier, vu la nature des sociétés arabes», affirme Omar Iharchane.</p>
<figure id="attachment_209465" aria-describedby="caption-attachment-209465" style="width: 314px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209465" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/iharchane1.jpg" alt="" width="314" height="297" /><figcaption id="caption-attachment-209465" class="wp-caption-text">Omar Iharchane</figcaption></figure>
<p>De l’autre côté, celui des « laïcs » Maati Monjib redouble d’efforts pour banaliser le référentiel religieux de la Jamaâ : «la gauche marxiste orthodoxe pro démocratique […] qui, tout en reconnaissant que le référentiel d’Al Adl reste fondamentalement islamique, juge nécessaire de s’allier à lui pour changer le rapport de force avec le régime, dans la même ligne que les catholiques et le Parti communiste en France après la Seconde Guerre mondiale* »</p>
<h2><strong>Tentative des « laïcs » d’éloigner ce rapprochement du modèle iranien </strong></h2>
<p>La comparaison utilisée par l’universitaire est destinée à estampiller d’un référentiel européen l’alliance entre islamistes intégristes et « laïcs » marocains. Maladroite, cette tentative de l’éloigner d’un parallèle avec la révolution islamique iranienne, ne leurre que les promoteurs de cette alliance eux-mêmes, en tout cas ceux du camp « moderniste ».</p>
<p>La machine répressive du régime des mollahs qui a vu l’élimination de tous les acteurs dont le parti communiste Tudeh qui les ont portés au pouvoir en 1979, atteste de l’échec annoncé d’une alliance de cette nature :<br />
Un tel modèle ne laisse en effet que deux voies possibles : une soumission absolue à l’idéal religieux servile des obscurantistes ou l’élimination.</p>
<h2><strong>Plus de 30.000 opposants liquidés par le régime de Khomeiny</strong></h2>
<p>Le régime chiite iranien qui constitue un modèle à suivre pour Al Adl Wal Ihssane est accusé du massacre d’au moins 30.000 opposants, sur fatwa de Rouhollah Khomeiny.</p>
<figure id="attachment_209467" aria-describedby="caption-attachment-209467" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209467 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg" alt="" width="720" height="485" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg 720w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd-445x300.jpg 445w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption id="caption-attachment-209467" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni à une rencontre organisée par la jeunesse d&rsquo;Adl Wal Ihssane</figcaption></figure>
<p>Que les cadres de la Jamaâ œuvrent pour faire oublier que leur doctrine est inspirée du régime des mollahs est une chose, mais que les activistes « laïcs » minimisent la portée de cette doctrine pour servir leur projet insurrectionnel, en est une autre. Elle révèle leur immense hypocrisie et leur déphasage avec les réalités marocaines. Quelles que soient les difficultés économiques et la situation sociale, les marocains ne sont pas prêts à voir basculer le pouvoir dans l’illégitimité.</p>
<h2><strong>Manœuvres florentines et « Mohammed VI bashing »</strong></h2>
<p>Tout comme ils sont conscients de ce que le harcèlement, notamment médiatique, dont fait l’objet le Roi Mohammed VI, n’a rien de spontané ou de « naturel ». Que les éléments, qui constituent chaque axe du « Mohammed VI bashing » ces 10 dernières années, ont été posés et sont portés par un groupe d’acteurs qui ont pour point commun un parcours et des revendications personnelles vis-à-vis du pouvoir.</p>
<p>Ce ne sont pas leurs idées politiques ou leur positionnement idéologique qui motivent leurs discours forcément à charge et leur réquisitoire anti-monarchique, mais des griefs et des déboires personnels pour la plupart et des aspirations contrariées pour certains.</p>
<p>L’historien Maati Monjib, Les journalistes Ahmed Reda Benshemsi, Abou Bakr Jamaï , Ali Lmrabet, Hussein Majdoubi et Ali Anouzla, l’économiste Fouad Abdelmoumni, l’ex capitaine Mustafa Adib, le boxeur Zakaria Moumni ou encore Hicham Alaoui, le fils du frère cadet de Hassan II, sont de ceux-là.<br />
Leurs itinéraires respectifs se croisent et se confondent en permanence dans cette guérilla dont les ressorts faits d’intrigues et de diversions permanentes s’apparentent à des manœuvres florentines.</p>
<p>A suivre….</p>
<p><strong>*Qawma, soulèvement général.<br />
*Traduit « Justice et Bienfaisance ».<br />
*Jamaâ, communauté.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny décédé en 1989.<br />
*Hezbollahi, les nervis qui se réclament du « parti de Dieu ».<br />
*La SAVAMA est la police politique islamique qui a succédé à la police politique du shah, la SAVAK.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny.<br />
*«Al-Adl Wal Ihssane veut-il vraiment couper des têtes ? », <a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a> , le 12 avril 2016.<br />
*<a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a>, le 12 avril 2016, d’après Lakome.</strong></p>
<p><strong>*« Au Maroc, un mouvement en faveur de la séparation des pouvoirs intrigue » par Dounia Hadni. 13 juillet 2017, Libération.fr .</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Maati Monjib visé par une enquête judiciaire pour « blanchiment de capitaux »</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Oct 2020 18:16:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La justice marocaine a annoncé mercredi l&rsquo;ouverture d&rsquo;une enquête sur Maati Monjib et des membres de sa famille, suspectés de « blanchiment de capitaux » après des informations sur des « transferts importants d&rsquo;argent » et des propriétés immobilières suspectes, indique un communiqué du  procureur général du roi auprès du tribunal de première instance de Rabat.</p>
<p>Le parquet général a reçu une saisine de l&rsquo;UTRF conformément à l’article 18 de la loi n °43.05 comprenant un inventaire de transferts de fonds importants et une liste de biens immobiliers ayant fait l’objet de déclarations de soupçon car ils ne correspondent pas aux revenus habituels déclarés par M. Monjib et les membres de sa famille.</p>
<p>La correspondance de l&rsquo;UTRF fait partie des tâches régulières de cette unité, visant à honorer les engagements constitutionnels et internationaux du Royaume en matière de lutte contre les crimes de blanchiment d&rsquo;argent, précise la même source.</p>
<p>Étant donné que les informations reçues par l&rsquo;Unité comprennent des données sur des faits susceptibles de constituer une infraction de blanchiment de capitaux, le parquet général a chargé la brigade nationale de la police judiciaire de mener une enquête préliminaire sur la source et la nature des transactions et des transferts financiers effectués par les personnes concernées, d&rsquo;identifier la source des biens immobiliers objet de déclarations de soupçon, et de déterminer ses liens avec d&rsquo;autres actes criminels, considérés comme des infractions principales aux fins de blanchiment d&rsquo;argent, relève la même source.</p>
<p>Cette enquête préliminaire s&rsquo;inscrit, d&rsquo;un point de vue juridique, dans le cadre des missions habituelles de la police judiciaire, chargée d&rsquo;enquêter sur les infractions, de vérifier leur occurrence et d&rsquo;appréhender leurs auteurs, ce qui permet aux autorités judiciaires qui supervisent les enquêtes de prendre les mesures juridiques adéquates, conclut le communiqué.</p>
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