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	<title>Hicham Alaoui &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Hicham Alaoui &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Sécurité intérieure : quand le Maroc réinvente son propre modèle</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Dec 2020 15:39:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La sécurité est assurément la première obligation d’un Etat. Le Maroc l’apprend chaque jour à ses dépens et consent des efforts colossaux pour garantir celle de ses 35 millions d’habitants avec un voisinage hostile qui ne lui facilite pas la tâche.  Victime de violations de son intégrité territoriale par les guérillas du Polisario, cible des &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La sécurité est assurément la première obligation d’un Etat. Le Maroc l’apprend chaque jour à ses dépens et consent des efforts colossaux pour garantir celle de ses 35 millions d’habitants avec un voisinage hostile qui ne lui facilite pas la tâche.  </strong></p>
<p><strong>Victime de violations de son intégrité territoriale par les guérillas du Polisario, cible des mouvements terroristes internationaux, proie des mafias qui organisent l’émigration clandestine et des trafiquants de drogue et en prise avec les opérations de déstabilisation de puissances étrangères, le Maroc a réussi à créer son propre modèle pour protéger ses populations, ses frontières et ses intérêts à travers le monde.</strong></p>
<p><strong>Récit de l’édification d’une partie du dispositif sécuritaire marocain dont le niveau de maîtrise dérange suffisamment pour affoler certains services de pays pourtant « amis ». Désorientée par la modernisation et l’espérance de progrès portés par le modèle sécuritaire marocain, l’alliance islamo-gauchiste, constituée par Al Adl Wal Ihssane et Annahj Addémocrati et leurs soutiens, ne manque aucune occasion sur le terrain de la parole, pour tenter de discréditer la DGST et la DGSN, figures de proue de cette transformation. Les deux institutions présentent la singularité d’être gérées par une seule et même personne.</strong></p>
<p>Depuis l’attentat de l’hôtel Atlas Asni à Marrakech en 1994 au cours duquel deux touristes espagnols ont été tués par un commando franco-algérien, le Maroc a dû payer un lourd tribut à la lutte contre le terrorisme. Celui du sang de dizaines de victimes d’attentats abominables que ce soit à Casablanca, Marrakech ou encore Imlil. Depuis 26 ans, ce sont des centaines d’opérations qui ont été avortées et autant de cellules neutralisées.</p>
<p>C’est grâce à une communauté de services du renseignement dont le niveau de professionnalisme a été substantiellement rehaussé et dont la modernisation s’est faite au pas de charge ces dernières années, que le Royaume chérifien réussit à repousser les menaces, et ce avec une feuille de route dont le Roi Mohammed VI a tracé lui-même les contours.</p>
<figure id="attachment_215084" aria-describedby="caption-attachment-215084" style="width: 627px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215084" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammoucgi13.jpg" alt="" width="627" height="388" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammoucgi13.jpg 627w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammoucgi13-485x300.jpg 485w" sizes="auto, (max-width: 627px) 100vw, 627px" /><figcaption id="caption-attachment-215084" class="wp-caption-text">Attentat du café Argana à Marrakech, le 28 avril 2011.</figcaption></figure>
<h2><strong>Cohésion sociale et solidarité </strong></h2>
<p>Sur le front intérieur, la pandémie de la covid-19, a montré la cohésion très forte des marocains autour de leur chef d’Etat, malgré les difficultés, la modestie des ressources, les insuffisances du système de santé et la précarité dans laquelle la pandémie a plongé des milliers de familles.</p>
<p>Reste que malgré les critiques, l’extraordinaire solidarité qui a caractérisé les marocains dans cette épreuve, toutes classes sociales et toutes sensibilités culturelles ou cultuelles confondues, survivra incontestablement au coronavirus.</p>
<p>Elle constitue aujourd’hui un rempart solide sur lequel viennent se briser les rêves de prise de pouvoir aussi bien de mouvements obscurantistes comme Al Adl Wal Ihssane que ceux de leurs alliés de la gauche radicale incarnée par Fouad Abdelmoumni, Khadija Riyadi ou encore Maati Monjib, apparemment soutenus par des individualités comme Hicham Alaoui* ou encore des anciens journalistes comme Boubker Jamaï ou Ahmed Reda Benchemsi .</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>: <a href="https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html"><span class="post-title">Radicaux de gauche et islamistes radicaux, les liaisons dangereuses de deux extrêmes</span></a></p>
<p>Tous s’affichent en hommes libres et répètent en boucle à qui veut l’entendre, leur laïus sur la démocratie dans l’illusion que personne ne puisse ou ne vienne débattre de leur intégrité qu’ils voudraient supérieure.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-200933" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1.jpg" alt="" width="650" height="366" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1.jpg 650w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1-300x169.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1-390x220.jpg 390w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/05/URGENCE-SANITAIRE10-1-e1589540078513-650x366-1-520x293.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /></p>
<h2><strong>Un discours contre le système basé sur le ressentiment</strong></h2>
<p>Loin de la critique de l’action de l’Etat, des débats d’idées ou de la contradiction, ces dictateurs à penser nourrissent un discours antisystème fait de fausses vérités car basé sur le ressentiment. Cette rancœur, portée par chacun d’entre eux pour des raisons individuelles différentes, parait si forte qu’elle les pousse avec une incroyable suffisance à adopter des méthodes immorales pour alimenter en rumeurs et dans la lâcheté du «Off », des médias français ou espagnols sur l’état de santé du Roi, sa vie privée, son « désintérêt » pour régner ou encore la place « démesurée » qu’auraient pris certains de ses plus proches collaborateurs dans la gestion des affaires du pays, sur les questions politiques ou sécuritaires, notamment .</p>
<p>L’actualité de ces dernières semaines sur la question de l’intégrité territoriale du Maroc et sa reconnaissance par les Etats-Unis, le rétablissement du dialogue avec Israël après 20 ans d’interruption et toutes les avancées diplomatiques et les ouvertures économiques qui se dessinent sont le fruit d’un suivi et d’un engagement personnel du Roi.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215085" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1.jpg" alt="" width="636" height="441" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1.jpg 636w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1-300x208.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/Mohammed-VI-Meir-ben-Shabbat1-433x300.jpg 433w" sizes="auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px" /></p>
<h2><strong>Démontrer que les « sécuritaires » sont tout-puissants </strong></h2>
<p>Ils balayent sans même avoir à être expliqués, la rhétorique développée par ces détenteurs autoproclamés de la vérité qui nous projettent ainsi dans un « univers menteur » *, y compris sur la place qu’auraient pris les « sécuritaires » que ces chefs de file du projet insurrectionnel contre la monarchie ont placé en tête de la liste des axes de leur guide argumentaire. Il s’agit ainsi pour eux de faire la démonstration de la toute-puissance des sécuritaires qui porteraient atteinte aux droits de l’Homme et à la liberté d’expression et s’acharneraient contre les journalistes.</p>
<p>Le terme « police politique » qu’incarnerait Abdellatif Hammouchi aux yeux de ces maîtres à dire, a fait son apparition il y a quelques années et est repris en boucle dans un rythme accéléré ces derniers mois, brandi comme un slogan par la plupart des porte-parole de ce front baptisé en novembre 2019 « initiative pour la lutte contre le despotisme » par le militant d’extrême gauche Fouad Abdelmoumni.</p>
<p><span style="text-transform: initial;">Un terme qui n’est pas sans rappeler la </span><em style="text-transform: initial;">Stasi,</em><span style="text-transform: initial;"> le service de police politique, de renseignements et d’espionnage de l’ex Allemagne de l’Est. L’utiliser pour parler du Royaume supposerait que la police marocaine opère dans le secret à la manière des régimes totalitaires pour maintenir la sécurité nationale. Or, quels que soient les confrontations ou les débats parfois violents qui secouent sa société, le Maroc ne présente aucune des caractéristiques de ces pays et sa communauté de services du renseignement, y compris la DGST, agit dans un cadre balisé avec autant de garde fous que la constitution de 2011 peut en contenir.</span></p>
<p>L’utilisation de « police politique » par les animateurs de ce groupuscule antisystème est en réalité bien plus pernicieuse, si l’on considère les fondements du projet insurrectionnel qu’ils tentent de mettre sur pieds depuis 10 ans. Ils œuvrent à la consolidation d’une alliance entre islamistes radicaux et radicaux de gauche dans l’objectif de renverser la monarchie. Ils sont soutenus, pour ne pas dire encadrés, par des individualités qui trouvent du « courage » au mouvement obscurantiste Al Adl Wal Ihssane qui prône l’instauration d’une république islamique. Parmi ces soutiens, certains ne verraient aucune difficulté à vivre dans une république si ce régime « leur paraissait la meilleure option » pour le Maroc.</p>
<h2><strong>Une alliance à l’image de celle des mollahs et des communistes de Tudeh en Iran</strong></h2>
<p>Leur alliance et leur projet nous rappellent tout naturellement l’Iran, qui constitue un modèle pour Al Adl Wal Ihssane et le terme « police politique » qu’ils cherchent à imposer dans le répertoire lexical sur le Maroc, renvoie à la Savak de l’ancien Shah Mohammed Reza Pahlavi. C’était une organisation qu’il avait mise en place pour contrer ses opposants. Elle était accusée d’assassinats, y compris à l’étranger, d’enlèvements et de détentions arbitraires de milliers de personnes.</p>
<p>Le parallèle est évidemment pervers puisque le Shah d’Iran a été renversé par une coalition islamo-gauchiste composée notamment des mollahs et du parti communiste Tudeh.</p>
<p>Poussons le parallèle et rappelons qu’une fois au pouvoir, le régime de Khomeini a fait liquider toutes les forces de gauche qui l’ont aidé à accéder au pouvoir, y compris le parti Tudeh.</p>
<p>Rappelons également, pour l’histoire, que la Savak a été remplacée par une multitude d’autres polices comme le « Bureau de Police Secrète Spéciale », « la police religieuse » (Muttawa), « la police des mœurs », la Savama (entre 1981 et 1984), le Vevak, etc.</p>
<p><strong>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique.html"> </a></strong><a href="https://atlasinfo.fr/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique.html"><span class="post-title">Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l’alliance entre les “laïcs” et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</span></a></p>
<h2><strong>Non, décidément le Maroc ne dispose pas de ce type de « police politique »</strong></h2>
<p>Non, tous les coups ne sont pas permis et les limites sont clairement fixées aux services de sécurité marocains dont l’efficacité tient d’ailleurs, par définition, de la confidentialité et de la discrétion de leurs actions. Il y a là comme une évidence que leurs contempteurs feignent de ne pas connaitre.</p>
<p>Quels que soient les grands principes dont pourraient se draper les historiens Maati Monjib*et Pierre Vermeren* pour théoriser le terme « police politique » et tenter de le pérenniser, la nécessité d’oxygéner le guide argumentaire sclérosé qu’ils incarnent l’emporte et les marocains ne les entendent pas. Tout comme ils restent sourds aux coups de Jarnac d’Hicham Alaoui pour lequel le régime fait preuve évidemment d’« autoritarisme». Cela suppose pour l’universitaire que le système sécuritaire fasse dans les « coups fourrés », la « barbouzerie » et que le Général Hamidou Laanigri soit « un barbouze ravi de se tapir derrière le trône ». *</p>
<p>Ni l’ancien haut commis de l’Etat qui avait servi efficacement au sein de la DST puis au sein de la DGSN, ni ses successeurs ne se sont jamais « tapis » derrière le trône. Ceux qui connaissent le fonctionnement des institutions savent que personne ne se dissimule derrière le trône, et que c’est le Roi qui détermine la place de chacun des hommes qui l’entourent et le périmètre précis de leur terrain d’actions.</p>
<p>Une séquence inédite depuis le début de son règne viendra le rappeler le 24 avril 2018.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215073" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi3.jpg" alt="" width="631" height="436" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi3.jpg 631w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi3-434x300.jpg 434w" sizes="auto, (max-width: 631px) 100vw, 631px" /></p>
<h2><strong>Reconnaissance de la nation au rôle de la DGST</strong></h2>
<p>Ce jour-là, Mohammed VI se rend au siège de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire pour inaugurer l’institut de formation spécialisé de l’ex DST et visiter les locaux flambant neufs du service de la sécurité intérieure, dont le seul nom faisait trembler dans les foyers, du temps du puissant ancien ministre de l’intérieur, Driss Basri.</p>
<p>Le monarque marocain veut ainsi directement exprimer la reconnaissance de la nation au travail titanesque des quelques 7 000 membres qui composent les unités de la DGST qui comptent aujourd’hui 6% de femmes dans leurs rangs. Les missions de ce service de sécurité intérieure sont délicates et ses productions de renseignements vont du contre-espionnage à la lutte contre le terrorisme et les extrémismes violents, de la cybercriminalité à la prolifération des armes et au crime organisé, y compris le crime transfrontalier.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215074" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2.jpg" alt="" width="623" height="369" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2.jpg 623w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2-507x300.jpg 507w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi2-357x210.jpg 357w" sizes="auto, (max-width: 623px) 100vw, 623px" /></p>
<h2><strong>« Dédiaboliser » les services de la sécurité intérieure  </strong></h2>
<p>Les mots clés qui ont été à la base de cette « normalisation » sont stabilité, paix, ordre public, mobilisation et vigilance, au plus près des préoccupations des citoyens et ils participent à l’affermissement des éléments stratégiques du portefeuille des attributions de la DGST.</p>
<p>En ce 24 avril 2018, Il s’agit aussi pour Mohammed VI de signifier aux marocains que la DGST est une institution comme une autre et transmettre un message de transparence et de proximité sur ce service qui faisait l’objet, dans le passé, des pires hantises car associé pendant des décennies aux rafles, à la détention secrète et à la pratique de la torture.</p>
<p>Aujourd’hui l’image fantasmatique est loin derrière, ce qui n’empêche pas les visiteurs d’y entrer au compte-gouttes et de montrer patte blanche pour accéder au lieu situé à la limite du quartier Hay Riad et de la petite ville de Témara. Le procureur général de Rabat, des chefs des délégations parlementaires, le ministre d’État en charge des droits de l’Homme, Mustapha Ramid ou encore des membres du Conseil National des Droits de l’Homme ont eu l’occasion de constater qu’ « il n’y a pas de chambres de torture secrète et encore moins de cellules souterraines », nous confie un membre du CNDH qui a pu inspecter les locaux en mai 2011.</p>
<p>La visite de journalistes, elle, relève de l’exceptionnel et ceux qui ont pu pénétrer dans l’enceinte de la DGST l’ont fait, pour la plupart, à la faveur de la visite du Roi Mohammed VI.</p>
<p>Une demande d’AtlasInfo.fr pour y réaliser un reportage n’a d’ailleurs toujours pas reçu d’avis favorable.</p>
<figure id="attachment_215075" aria-describedby="caption-attachment-215075" style="width: 625px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215075" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouch5.jpg" alt="" width="625" height="381" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouch5.jpg 625w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouch5-492x300.jpg 492w" sizes="auto, (max-width: 625px) 100vw, 625px" /><figcaption id="caption-attachment-215075" class="wp-caption-text">Visite de l&rsquo;ambassadeur US au siège de la DGST, le 24 septembre 2020</figcaption></figure>
<h2><strong>Communiquer pour se rapprocher des marocains</strong></h2>
<p>C’est le souverain marocain qui avait initié, dès le début de son règne, un processus de « standardisation » des missions de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire, traçant sa feuille de route avec des axes aussi cruciaux que l’obligation de respecter les normes judiciaires, l’importance de placer le renseignement préventif au cœur de toute approche et la nécessité de maitriser les réseaux islamistes et les processus de déradicalisation, dans un pays qui est devenu la cible des mouvements terroristes internationaux depuis plus de 25 ans.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215076 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi6.jpg" alt="" width="359" height="411" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi6.jpg 359w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi6-262x300.jpg 262w" sizes="auto, (max-width: 359px) 100vw, 359px" /></p>
<p>La création du Bureau Central d’Investigation Judiciaire (BCIJ) en 2015 participe à la spécialisation des actions de la DGST et à son ouverture en direction du public avec un modèle de communication qui tend à favoriser la proximité avec les marocains et les médias, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Là-dessus, c’est également Mohammed VI qui a exigé que des canaux de communication soient mis en place pour que les citoyens soient tenus informés des actions aussi bien de la DGST que de la DGSN.</p>
<h2><strong>Vaincre les inquiétudes et prévenir la criminalité</strong></h2>
<p>« Il ne s’agit pas uniquement de montrer les efforts déployés pour assurer la sécurité du pays et de ses populations », nous déclare la commissaire Ilham El Mouktafi, cadre au sein de la cellule de communication de la DGSN. Le véritable challenge et « la mission qui nous est confiée est de vaincre les inquiétudes, modifier la perception qu’ont les marocains des forces de l’ordre, gagner la compréhension du public et travailler avec de nouveaux schémas médiatiques qui contribuent à la prévention de la criminalité », analyse cette spécialiste de la communication digitale.</p>
<p>Les attentats terroristes qu’a connu Casablanca le 16 mai 2003 ont été un point d’inflexion décisif dans l’accélération de la mise à niveau de la DGST. Ils ont eu l’impact d’un véritable séisme aussi bien auprès des populations que des responsables politiques. Au plus haut sommet de l’Etat, les évènements de Casablanca ont mené à un redimensionnement des moyens attribués aux services de sécurité, dans l’objectif de moderniser l’ensemble des appareils sécuritaires.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215077" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi7.jpg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi7.jpg 640w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi7-450x300.jpg 450w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<h2><strong>Faire face à la menace terroriste</strong></h2>
<p>Ainsi en 2011, l’opinion publique assistait à un véritable tournant dans la marge de manœuvre et la recherche d’efficacité de la DGST. Il a pris la forme d’un amendement du code pénal (article 108) qui permet au service de sécurité intérieure d’assurer le rôle de police judiciaire en procédant à des enquêtes, des interpellations, et des interrogatoires et en dressant des procès-verbaux. Plusieurs domaines d’intervention lui sont octroyés comme la sûreté de l’État, la lutte contre le terrorisme, les affaires criminelles dont les enlèvements, la contrefaçon dont le faux monnayage, le trafic de drogue ou encore celui des armes.</p>
<h2><strong>Une visite qui dérange et fait grincer des dents</strong></h2>
<p>Cette visite du Roi à la DGST le 24 avril 2018 avait fait grincer quelques dents, certaines sphères relevant le caractère inédit de la démarche pourtant parfaitement banale aux Etats-Unis quand le chef de l’Etat visite les locaux du <em>Federal Bureau of Investigations</em> (FBI) comme Barack Obama ou encore George W. Bush. Plus récemment en février 2020, la Reine Elisabeth II d’Angleterre, une habituée du  <em>MI5</em>*, a même prononcé un discours devant les agents du renseignement et de la sécurité intérieure dans leurs locaux, saluant « la détermination avec laquelle (ils) vous menez votre rôle vital ».</p>
<p>Enfin en Espagne, les locaux de la <em>Guardia Civile</em> n’ont aucun secret pour le Roi Felipe , tout comme rien ne s’oppose à ce qu’il préside les journées de la sécurité des technologies de l’information et de la communication portées par un organisme du <em>Centro National de Inteligencia </em>(équivalent de la DGED).</p>
<figure id="attachment_215079" aria-describedby="caption-attachment-215079" style="width: 622px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215079" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi9.jpg" alt="" width="622" height="388" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi9.jpg 622w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi9-481x300.jpg 481w" sizes="auto, (max-width: 622px) 100vw, 622px" /><figcaption id="caption-attachment-215079" class="wp-caption-text">La reine Elisabeth II au MI5 avec son DG, Andrew Parker.</figcaption></figure>
<h2><strong>Pourquoi le patron de la sécurité intérieure et de la police est devenu une cible</strong></h2>
<p>La reconnaissance, au plus haut niveau d’un état, des services rendus à la nation et des sacrifices consentis par les forces de sécurité, entre dans une normalité que les détracteurs du modèle marocain gardent pourtant en travers de la gorge.</p>
<p>Parmi les axes qu’ils privilégient pour déprécier systématiquement la valeur morale de l’action de l’Etat marocain, notamment en matière de droits de l’Homme, le fonctionnement des services de sécurité figure tout en haut de la liste avec un catalogue d’items et des angles qui ont été enrichis depuis la visite royale à la DGST autour d’un nom : Abdellatif Hammouchi. Le patron de la sécurité intérieure est nommément visé par l’accroissement des attaques, personnelles le plus souvent.</p>
<p>Cette visite du Roi dans ce qui était décrit comme un centre secret de détention où les pires exactions auraient été commises, constitue à elle seule un démenti cinglant au storytelling sur les atteintes aux droits de l’Homme et la pratique de la torture sous le règne de Mohammed VI.</p>
<p>Voilà le souverain marocain allant d’un bâtiment à l’autre, prenant son temps pour visiter des locaux ou serrer des mains comme pour dire : « circulez, c’est tout ce que vous trouverez ici ».</p>
<figure id="attachment_215080" aria-describedby="caption-attachment-215080" style="width: 609px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215080" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10.jpg" alt="" width="609" height="371" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10.jpg 609w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10-300x183.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamouchi10-492x300.jpg 492w" sizes="auto, (max-width: 609px) 100vw, 609px" /><figcaption id="caption-attachment-215080" class="wp-caption-text">Abdellatif Hammouchi</figcaption></figure>
<h2><strong>Hicham Alaoui n’est jamais très loin</strong></h2>
<p>Le message était clair et il a jeté le discrédit sur la parole manipulée par les groupuscules d’extrême gauche et leurs alliés. Ils s’étaient lâchés sans retenue pendant plusieurs années pour clouer au pilori le Maroc, à grand renfort d’ONG aux pratiques contestables. Et dans ce genre de comédie essentiellement franco-marocaine, Hicham Alaoui n’est jamais très loin. Il avait fait son entrée sur scène pour dénoncer avec théâtralité « la répression des islamistes » et « le centre de tortures à Témara » *.</p>
<p>Ainsi, Abdellatif Hammouchi est devenu l’homme à abattre à partir du jour où il n’y avait plus de <em>stories </em>à produire ou d’histoires fantasmées à diffuser sur un bagne secret aux portes de Rabat. A défaut d’un lieu, un nom et un visage devaient dorénavant nourrir la rhétorique contre le système sur le registre des droits de l’Homme.</p>
<p>Avant cela, Abdellatif Hammouchi était déjà une cible. Il l’est depuis qu’il s’est vu confier la charge de la vaste opération de dépoussiérage de l’ex DST. Nommé en 2005 à la tête de l’institution rebaptisée Direction Générale de la Surveillance du Territoire, il n’avait que 39 ans, pour un poste habituellement occupé par de vieux routiers des services de sécurité aux tempes depuis fort longtemps grisonnantes et « cooptés » pour leurs liens étroits au sein du sérail ou leur agilité à renvoyer l’ascenseur.</p>
<p><strong>Lire aussi: </strong><a href="https://atlasinfo.fr/hicham-alaoui-pierre-vermeren-khadija-mohsen-finan-et-maati-monjib-ces-intellectuels-qui-saccommodent-de-lislamisme-radical.html"><span class="post-title">Hicham Alaoui, Pierre Vermeren, Khadija Mohsen-Finan et Maati Monjib, ces “intellectuels” qui s’accommodent de l’islamisme radical</span></a></p>
<h2><strong>Un homme qui ne fait pas dans le bon procédé social</strong></h2>
<p>A y regarder de plus près, finalement les observateurs savent peu de choses de Abdellatif Hammouchi si ce n’est que, lui, ne fait pas dans le bon procédé social. C’est sans doute l’une des caractéristiques qui avait séduit en 2003 le tout puissant Georges Tenet, directeur de la <em>Central Intelligence Agency</em>, la CIA. Pour le recruter à Washington, il avait déroulé le tapis rouge pour l’uns des experts des organisations terroristes et des mouvements religieux radicaux les plus estimés dans le monde du renseignement international. Cette expertise, Abdellatif Hammouchi l’a acquise sur le terrain et au fil des années, gravissant les échelons les uns après les autres, sans jamais démentir la réputation qu’il s’est forgé de travailleur acharné, soucieux du moindre détail et qu’aucune mission délicate ou dangereuse n’effraye.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215086 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi15.jpg" alt="" width="332" height="437" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi15.jpg 332w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi15-228x300.jpg 228w" sizes="auto, (max-width: 332px) 100vw, 332px" /></p>
<p>Il semblerait d’ailleurs que ce juriste passé par l’académie de Kenitra « n’aime pas que l’on parle de lui », nous confie l’un de ses proches collaborateurs à la DGST qui n’a pas souhaité que son nom soit cité dans notre article « pour des raisons évidentes liées à ma profession », précise-t-il. Ce haut cadre de la sécurité intérieure ajoute « mais Abdellatif Hammouchi est convaincu de la nécessité de communiquer auprès de l’opinion publique et préfère que les hommes et les femmes qui l’entourent prennent la parole et se rapprochent des marocains ». Evidemment, précise notre interlocuteur « ceci vaut principalement pour la DGSN. Les cadres de la DGST doivent rester dans l’ombre, il y va de la réussite de nos missions et de notre propre sécurité », conclut-il.</p>
<h2><strong>« Nous sommes tous les enfants d’un même peuple »</strong></h2>
<p><strong> </strong>Agé de 54 ans, le patron de la DGST et de la DGSN, natif de Taza, présente un profil assez particulier car ce n’est pas un homme du sérail. Il n’a pas grandi dans l’entourage royal et n’est pas du style à user d’entregent ou de réseaux pour obtenir des faveurs. « C’est un fils du peuple », peut-on lire dans les rares portraits qui ont pu être dressés de lui dans des médias mais lui « n’aime pas cette expression », assure un haut cadre du ministère de l’intérieur qui le côtoie depuis 25 ans .« Nous sommes tous les enfants d’un même peuple », dirait en privé Abdellatif Hammouchi qui « rejette le discours populiste sur l’ascenseur social qui ne profiterait qu’aux personnes nées avec une cuillère en argent dans la bouche », rapporte cette connaissance aujourd’hui Wali à l’administration centrale. « Il est la preuve que l’on peut être reconnu pour sa compétence et non son extractions sociale », commente cet autre compagnon d’étude à l’Université de Fès où le directeur général de la DGST et de la DGSN a fait des études de sciences politiques.</p>
<h2><strong>L’homme qui voulait être caïd</strong></h2>
<p><strong> </strong>Rien ou si peu de choses le prédestinaient à diriger deux des plus importantes institutions dépositaires de la sécurité intérieure du pays.</p>
<p>Abdellatif Hammouchi souhaitait faire carrière au ministère de l’intérieur mais en tant que Caïd dont il passe le concours alors qu’il a 23 ans mais il est recalé car l’âge minimum requis est de 25.</p>
<p>Il effectue alors son service civil au ministère de l’intérieur et passe en 1991 le concours des commissaires de police, obtenant la première note générale. Repéré par le directeur de la DST de l’époque, Abdelaziz Allabouch, il se voit proposer un poste, mais la DGSN refuse de s’en séparer. La Direction de la Sûreté du Territoire alors en manque de cadres, revient à la charge et obtient finalement que le jeune expert en mouvance islamistes et organisations terroristes intègre ses rangs.</p>
<p>Par la suite, une formation de 8 mois à l’académie de Kenitra lui fait à nouveau côtoyer les cadres de la police. Puis des formations aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France avant que la nomination du général Hamidou Laanigri à la tête de la DST en novembre 1999 ne donne un coup d’accélérateur à sa carrière. A la clé: une réorganisation des services et une nomination au poste de directeur central qui permet à Abdellatif Hammouchi de commencer à identifier et à former une ressource humaine précieuse et spécialisée. La suite, nous la connaissons.</p>
<figure id="attachment_215083" aria-describedby="caption-attachment-215083" style="width: 636px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-215083" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamidou2.png" alt="" width="636" height="371" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamidou2.png 636w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hamidou2-514x300.png 514w" sizes="auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px" /><figcaption id="caption-attachment-215083" class="wp-caption-text">Hamidou Laanigri</figcaption></figure>
<h2><strong>Des résistances au sein même de l’appareil du pouvoir</strong></h2>
<p>Quoi qu’en dise ce fils de petit agriculteur qui vivait pratiquement au jour le jour, son profil dérange et a cristallisé de nombreuses résistances au sein même de l’appareil du pouvoir que Mohammed VI souhaitait bousculer en brisant les schémas traditionnels qui prévalaient dans les nominations à des postes hautement stratégiques. Au-delà de la liberté de choix du souverain marocain déterminée par son pouvoir de nomination, le profil de Abdellatif Hammouchi est venu briser les règles existantes de l’accès à la haute fonction publique, déterminé pendant très longtemps par l’appartenance à certains milieux sociaux et par la « faveur » politique ou personnelle.</p>
<p>C’est sur la qualité du traitement de ses dossiers que le patron de la sécurité intérieure a été choisi par le Roi qui ne le connaissait pas personnellement avant de lui confier le vaste chantier réformateur de la DST, le 14 décembre 2005.</p>
<h2><strong>Pas de garde rapprochée ni de train de vie ostentatoire</strong></h2>
<p>Il faut dire que la personnalité même de Abdellatif Hammouchi a de quoi malmener certaines croyances jusque-là assez tenaces. Il n’a pas de train de vie ostentatoire, pas de garde rapprochée non plus, pour un homme sur lequel pèse pourtant des menaces de mort récurrentes.</p>
<p>« Il n’emprunte jamais deux jours de suite le même itinéraire pour se rendre à l’un de ses deux bureaux », nous confie la commissaire Ilham El Mouktafi, évitant tout lieu public « qui pourrait l’exposer inutilement à une quelconque menace », ajoute-elle.</p>
<p>Dans le même ordre d’idée, Abdellatif Hammouchi ne mange pour ainsi dire jamais en dehors de son domicile, les cas d’attentats par empoisonnement dans les milieux du renseignement et de l’espionnage étant très courants.</p>
<p>Il aurait pu faire sienne la phrase du général De Gaulle « Les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d’Etat ». On ne lui connait en effet pas d’amis et s’ils existent, « aucun ne pourrait publiquement s’en prévaloir », assure notre wali de l’administration centrale du ministère de l’intérieur.</p>
<h2><strong>Insuffler une nouvelle dynamique à la DGSN</strong></h2>
<p>Mais encore faudrait-il que Abdellatif Hammouchi trouve du temps à consacrer à une vie sociale, surtout depuis qu’il a également pris la tête de la Direction Générale de la Sureté Nationale, le 15 mai 2015. Lorsque Mohammed VI le reçoit avec Mohamed Hassad alors ministre de l’intérieur, il lui demande d’« insuffler une nouvelle dynamique »* à la DGSN, de « promouvoir et moderniser ses méthodes de travail » et d’assurer, avec cette double casquette, « une parfaite coordination entre ces deux directions » de sorte à élever à un niveau supérieur l&rsquo;efficacité de leur action respective.</p>
<p>Cette nouvelle responsabilité viendra brusquer d’autres certitudes sur la nécessité de cloisonner totalement chacun des services qui forment la communauté nationale du renseignement. Or, s’il est une réalité durement éprouvée par les nations en prise avec le terrorisme, c’est bien celle de l’absence de coordination et de partage d’informations entre les services de police et ceux de la sécurité intérieure notamment, avec son lot de pertes humaines que le Maroc à souvent payé au prix fort par le passé.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215082" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12.jpg" alt="" width="940" height="513" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12.jpg 940w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12-520x284.jpg 520w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi12-768x419.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></p>
<h2><strong>Une double casquette au service d’une vision</strong></h2>
<p>Abdellatif Hammouchi, qui a travaillé au sein de l’un puis de l’autre corps de sécurité, a endossé la responsabilité de ces deux casquettes pour mettre en place une coordination inédite entre les deux institutions, pour une efficacité maximale dans l’anticipation des menaces auxquelles le Maroc est confronté.</p>
<p>Une mission délicate qui produit des résultats substantiels que les chiffres depuis 2015 ne peuvent à eux seuls traduire. « Chaque entité est totalement indépendante et les gardes fous sont nombreux », nous précise la commissaire El Mouktafi. « Là où les synergies sont importantes, c’est sur la vérification, la circulation et la mise à disposition de l’information nécessaire à l’intervention sur le terrain » de l’un ou de l’autre corps de sécurité, explique notre interlocutrice, ajoutant que « le gain de temps est énorme et la réactivité s’en est trouvée décuplée. Ce sont des vies qui sont préservées et cela est inestimable ».</p>
<h2><strong>Des bilans enviables mais des pertes humaines à cause de la Covid-19</strong></h2>
<p>Bilan plutôt flatteur en moins de 6 ans à la DGSN pour laquelle Abdellatif Hammouchi a travaillé à la rénovation en profondeur, s’entourant d’une task force spécialisée dans la gestion des ressources humaines pour insuffler aux fonctionnaires de police toutes les valeurs, l’énergie et la fierté nécessaire pour porter cet uniforme. La DGSN bénéficie aujourd’hui d’une marque employeur extrêmement attractive au point de générer des dizaines de milliers de candidatures aux différents concours d’entrée chaque année.</p>
<p>Mais l’heure n’est pas à la satisfaction pour la Direction Générale de la Sureté Nationale, en première ligne dans la lutte contre la pandémie de la Covid_19. « Vous savez, c’est la gestion du capital humain dans toutes ses dimensions qui fait aujourd’hui la différence. Nous l’avons vécu de près avec la situation sanitaire et l’esprit de sacrifice dont ont fait preuve les 74 520 agents de la Sureté Nationale », poursuit Ilham El Mouktafi. « Des milliers ont contracté le virus et 94% ont pu être guéri grâce à une prise en charge rapide et une très grande solidarité. Mais nous déplorons le décès de 28 de nos collègues des suites de la pandémie. Ils sont morts dans l’exercice de leurs fonctions, pour la nation et un hommage particulier leur sera rendu le moment venu, lorsque la pandémie sera derrière nous », conclut-elle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-215081" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi11.jpg" alt="" width="627" height="401" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi11.jpg 627w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/hammouchi11-469x300.jpg 469w" sizes="auto, (max-width: 627px) 100vw, 627px" /></p>
<h2><strong>15 ans à la tête de la DGST et 5 ans à la DGSN</strong></h2>
<p>Il ne fait aucun doute que la lutte contre la pandémie continuera à mobiliser une bonne partie de l’énergie des fonctionnaires de police dans les prochains mois.</p>
<p>Cependant, les conditions de travail devraient connaitre un bond qualitatif notamment pour la Brigade Nationale de la Police Judiciaire qui disposera de locaux neufs en mars 2021. Le nouveau laboratoire scientifique, quant à lui, sera opérationnel pratiquement au même moment.</p>
<p>Le siège de la DGSN, indispensable aux nouveaux domaines d’expertise des cadres dirigeants de la police, est prévu pour être achevé en 2023.</p>
<p>Le 14 décembre dernier, Abdellatif Hammouchi bouclait 15 années à la tête de la DGST et le 15 mai dernier, 5 ans à la DGSN.</p>
<p>Il a œuvré à ce que le service du renseignement soit l’un des plus puissants au monde, garantissant la sécurité à l’intérieur des frontières du Maroc et contribuant à celle de plusieurs pays ciblés par le terrorisme, dans le cadre d’une coopération exemplaire. A quelques exceptions près…</p>
<p>A suivre&#8230;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>*Hicham Alaoui est le fils ainé de feu Moulay Abdellah, frère de Feu le Roi Hassan II.</strong></p>
<p><strong>* Philippe Breton, « La parole manipulée ». La Découverte, 2019.</strong></p>
<p><strong>*Interview à RFI, 24 septembre 2020.</strong></p>
<p><strong>* « Le Maroc, un Royaume de paradoxes en 100 questions ». Tallandier, 2020. </strong></p>
<p><strong>* « Journal d’un prince banni ». Grasset, 2014.</strong></p>
<p><strong>*MI5 : service de la sécurité intérieure du Royaume-Uni communément dénommé MI5 pour Military Intelligence, section 5.</strong></p>
<p><strong>*Entretien avec Stephen Smith, dans « Le Débat » 2011/4 (n 166)</strong></p>
<p><strong>*</strong><strong>Communiqué du Cabinet Royal,15 mai 2015. </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>Hicham Alaoui* ou la nostalgie du « Printemps (désenchantement) Arabe »</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 10:08:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour l’universitaire Hicham Alaoui, l’arrivée des démocrates à la Maison Blanche est censée effrayer l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis qui se verraient mettre au pas par l’administration Biden, faire peur à Benyamin Netanyahu car l’option des deux Etats au Moyen-Orient serait remise au goût du jour et surtout tétaniser les pays de la région Mena où le "Printemps Arabe" serait réactivé. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les milliers d’articles écrits pour analyser les priorités de la politique étrangère du nouveau chef de la Maison Blanche, celui de Hicham Alaoui nous a particulièrement interpelés. Il se présente volontiers comme « géopolitologue » et pourtant il accumule absence de discernement, carence argumentaire et méconnaissance des fondements des relations internationales. Nous ne pouvions pas ne pas tenter d’analyser comment et surtout pourquoi.</p>
<p>En relations internationales il y a plusieurs approches éligibles à la mise en œuvre de la politique étrangère des Etats. Libéralisme pour les uns, constructivisme pour d’autres ou encore réalisme ou idéalisme qui sont deux théories opposées. Elles voudraient, pour la première, que les nations cherchent à assurer leur sécurité et développer leur influence pour contrer celle des autres puissances et pour la seconde qu’elle cultive l’illusion, idéaliste, d’un système de relations internationales fondé sur la négation de la force et la valeur absolue accordée à une idée ou à la loi.</p>
<p>La dernière analyse signée par Hicham Alaoui ne s’inscrit dans aucune d’entre elles et constitue, de ce fait, une curiosité car elle laisse perplexe ceux qui tenteraient de comprendre les enjeux de la politique étrangère américaine dans la zone Mena, à la lumière de l’élection du candidat démocrate à la Maison Blanche. Elle a été publiée le 27 octobre dernier dans le cadre d’un dossier intitulé « The World That Awaits the US President in 2021 » réalisé par le « Weatherhead Center For International Affairs » de l’université Harvard.</p>
<p>La contribution de Hicham Alaoui traite de ce qui changerait au Moyen-Orient et au Maghreb si Joe Biden remportait les élections américaines.</p>
<p>Ce texte laisse dubitatif le lecteur car l’ordre international que tente d’y définir Hicham Alaoui positionne les Etats-Unis comme un Etat supérieur aux autres Etats alors que par définition, le système mondial est anarchique et que les Etats sont indépendants. L’universitaire projette même son « analyse » dans un système de puissance unipolaire alors que celui-là même qui voudrait que la Russie et les Etats-Unis se fassent face et « occupent » chacun un pôle de la planète n’existe plus depuis fort longtemps.</p>
<h2><strong> </strong><strong>Il y aura un avant et un après Donald Trump</strong></h2>
<p>Dans une perte de repères chronologiques peu ordinaire, l’universitaire omet en effet que les rapports de forces ont changé et que les cartes ont été redistribuées, les alliances ont évolué et même le rapport à l’international des Etats-Unis n’est plus le même. Il y aura clairement un avant et un après Donald Trump d’abord parce que les mois, pour ne pas dire les années sombres qui s’annoncent pour le peuple américain, obligeront l’administration Biden à garder les yeux bien rivés sur le front intérieur. Il a été largement affaibli par la pandémie du coronavirus, la crise économique, la montée des populismes et une crise identitaire et raciale d’une telle intensité qu’elle place le pays au bord d&rsquo;une guerre civile au moindre mot ou coup de genou de trop.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-212225 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/hichamou.jpg" alt="" width="340" height="478" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/hichamou.jpg 340w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/hichamou-213x300.jpg 213w" sizes="auto, (max-width: 340px) 100vw, 340px" /></p>
<p>Aussi, est-il étonnant que Hicham Alaoui parte du principe que les Etats-Unis, sa « seconde patrie » *, n’ont pas changé et que le monde s’est arrêté de tourner il y a quatre ans, voire dix ans s’agissant de la partie consacrée au « Printemps Arabe ». Or, un retour des démocrates à la Maison Blanche n’est pas synonyme de retour en arrière, quels que soient les manquements de l’administration Trump.</p>
<p>Oui, Il y aura les Etats-Unis d’après Donald Trump mais il y aura les Etats-Unis d’abord et sur cela, Joe Biden s’est largement engagé tout au long de sa campagne, hiérarchisant clairement les priorités de sa future administration, le jour même où il est passé du statut de candidat à celui de président élu.</p>
<p>Son programme de campagne* atteste de son engagement à mettre au centre de la décision le bien-être, la prospérité, les droits et l’unité de chacun des citoyens américains dont le modèle démocratique a été pour le moins malmené ces dernières années, jusque dans le déroulement du scrutin présidentiel.</p>
<p>Autre principe quasi universel et rarement contredit par la politique étrangère américaine : lorsque l’on parle des relations internationales d’un Etat, les fondamentaux ne changent pas. Le style et la manière font la différence mais exceptionnellement le fond.</p>
<p>Les options stratégiques ne changeront pas, ni par rapport à la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, ni même la Russie ou encore l’Europe.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright wp-image-212226 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/AIPAC.jpg" alt="" width="364" height="239" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/AIPAC.jpg 364w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/AIPAC-300x197.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px" /></p>
<p>Quant au dossier israélo-palestinien il suffit simplement de lire le programme de Joe Biden pour voir rappeler l’ « engagement ferme en faveur de la sécurité d’Israël » du parti démocrate. Plus encore, tous les spécialistes du Moyen-Orient ont encore en tête les mots de Kamala Harris pendant la campagne électorale : « nous devons nous tenir aux côtés d’Israël pour assurer sa sécurité et c’est une position qui doit être solide comme la roche », avait martelé la candidate à la vice-présidence, ajoutant que les démocrates prévoyaient une aide militaire de 38 milliards de dollars en faveur de l’Etat hébreu sur les 10 prochaines années.</p>
<p>Pour ce qui est du « Printemps Arabe », rien. Pas une virgule n’est venue ponctuer la vision des démocrates sur ce sujet, sachant qu’au-delà de l’ « échec » dont il est porteur, la publication des mails sur ce sujet de l’ancienne secrétaire d’état Hillary Clinton, a plongé le parti démocrate américain dans un embarras dont il se serait bien passé.</p>
<p>Pour comprendre en quoi les projections de Hicham Alaoui se distinguent de par leur inexactitude et leur obsolescence, nous passerons en revue ici les principales d’entre elles.</p>
<h2><strong>« La politique de l’administration Trump au Moyen-Orient est celle d’un repli chaotique »</strong></h2>
<p>Les éléments de langage utilisés par l’universitaire méritent qu’on s’y arrête pour constater que le retrait de certaines troupes américaines de la région, les tractations avec les parties afghanes et la pression diplomatique intense exercée par Washington, sous le mandat de Donald Trump, ne peuvent être raisonnablement qualifiés de « repli chaotique », pas même par les courants les plus hostiles à Donald Trump au sein du parti démocrate. Ils ont mené à un renforcement inédit de la position d’Israël dans la région et à un « containment » sans précédent de l’Iran.</p>
<p>C’est une erreur d’analyse qui égale celle qui voudrait que la stratégie de l’administration Biden soit une stratégie de « réengagement prudent », à l’image de la doctrine Obama. Hicham Alaoui ne semble pas conscient qu’une action moins unilatéraliste des Etats-Unis n’est pas une option à court terme et que la donne a changé dans la région avec la formation d’axes offensifs comme celui mené par Ankara, le Qatar ou encore les Frères musulmans.</p>
<p>L’universitaire semble s’avancer sur ce terrain d’évaluation sur la seule base de l’idéologie présumée du vainqueur de l’élection présidentielle. C’est la même approche qui l’avait mené à écrire, par exemple, que Bill Clinton allait en devenant président réduire l’interventionnisme américain au Proche-Orient. Les évènements ont démontré par la suite que c’est le président qui a fait tirer le plus de missiles sur des cibles ennemies.</p>
<h2><strong>« L&rsquo;administration Biden s&rsquo;occuperait de la tragédie palestinienne »</strong></h2>
<p>Selon Hicham Alaoui<strong>, </strong>« les États-Unis ont peu d&rsquo;espace de manœuvre, et cela ne changera probablement pas. Il reviendrait sur « l’accord du siècle» et tenterait de ressusciter la solution à deux États ». Rien n’est évidemment plus improbable. Joe Biden a déjà donné tous les gages aux lobbies israéliens en applaudissant à la reconnaissance d’Israël par les monarchies du Golfe et en annonçant par la voix de sa vice-présidente Kamala Harris que la priorité de son mandat est la sécurité d’Israël.</p>
<p>Ce sont là des engagements qui sont plus à même de renforcer la position de Benyamin Netanyahou ainsi remis en selle, que de le pousser à épouser sérieusement l’option des deux Etats avec une Autorité palestinienne que Hicham Alaoui qualifie de « bloquée dans un déclin moribond depuis des décennies ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-212227" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/kods.jpg" alt="" width="588" height="392" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/kods.jpg 588w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/kods-450x300.jpg 450w" sizes="auto, (max-width: 588px) 100vw, 588px" /></p>
<p>Oubliant que les enjeux dépassent la seule question palestinienne aux yeux de Washington, l’universitaire pense que « les États arabes seraient moins incités à se précipiter dans des normalisations avec Israël sans que ce dernier ne traite des droits des Palestiniens ». Il omet ainsi l’approche « militante » des Etats-Unis vis-à-vis de l’Iran, quelle que soit la coloration politique de leur administration, tout comme il ne prend pas en considération le soutien et les garanties apportés aux dirigeants saoudiens et émiratis dans leur normalisation avec l’Etat hébreu.</p>
<p>Il ne fait aucun doute que Joe Biden changera de rhétorique, favorisera une reprise du dialogue, tentera de freiner la colonisation et pourrait même rouvrir le bureau palestinien à Washington fermé par son prédécesseur. Mais comment s’imaginer une seule seconde que l’option des deux Etats sur la table pendant les deux mandats de Barak Obama puisse constituer un axe stratégique de la politique de celui qui fût le vice-président de l’ancien occupant démocrate de la Maison Blanche ? Joe Biden reviendra- t-il sur l’annexion du Golan ? Non. Joe Biden déménagera-t-il l’ambassade des Etats-Unis installée à Jérusalem ? Définitivement, non.</p>
<h2><strong> </strong><strong>« Les États-Unis essaieraient de freiner le programme de missiles balistiques de l’Iran » </strong></h2>
<p>Hicham Alaoui écrit qu’« en tentant de revoir le cadre de l’accord sur le nucléaire pour ouvrir un nouveau dialogue, les États-Unis essaieraient de freiner le programme de missiles balistiques de l’Iran en donnant à son régime une place à la table des négociations».</p>
<p>Rien n’est moins sûr si l’on considère que les vice-présidents ne suivent pas systématiquement la politique menée par l’administration du président qu’ils ont été amenés à seconder. L’Iran s’est engagé dans un programme de missiles balistiques, fer de lance de ses ambitions d’expansion régionale, ce qui accule Washington, quelle que soit la couleur politique de sa présidence, à continuer de faire pression sur le régime des Mollahs, décidés plus que jamais à asseoir leur arsenal nucléaire<strong>.</strong></p>
<p>L’ « analyste » poursuit en prédisant que « les dirigeants iraniens résisteront sans aucun doute à l’invitation, car l’arsenal reste un atout vital pour leur  capacité militaire ». Il y a là une contradiction avec la perspective peu crédible d’une prise de risque de Joe Biden de revivre l’affront fait par le régime iranien à la présidence Carter qui avait tenté de dialoguer avant que la crise des otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979 ne vienne couper court à toute perspective sérieuse. Ainsi, si tout au long de sa campagne, le candidat démocrate avait insisté sur le fait que les pressions menées par l’administration Trump à l’égard de Téhéran était une erreur, c’était pour relever qu’elles avaient permis à l’Iran de disposer des capacités nucléaires conséquentes pour lui permettre de construire une bombe.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-212228 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/rohani.jpg" alt="" width="432" height="294" /></p>
<p>Avant toute option qui permette une reprise des négociations, Joe Biden attend de l’Iran qu’elle se remette en conformité avec les termes de l’accord. Les déclarations du président iranien Hassan Rohani après l’élection de l’ancien vice-président américain montrent une volonté de relancer le processus de coopération. Un retour des États-Unis à la table des négociations pourrait en effet mener à une levée des sanctions économiques dont Téhéran a besoin pour sortir de l’isolement et la crise économique et sociale qui paralysent le pays.</p>
<h2><strong> </strong><strong>Axe saoudo-émirati : </strong><strong>« les États-Unis reconsidéreraient soigneusement leur attitude libre »</strong></h2>
<p>Durant sa campagne électorale, le candidat démocrate a promis un réajustement de la relation des Etats-Unis avec l’Arabie Saoudite mais penser que la nouvelle administration démocrate se lancerait dans un « détricotage » de ce que Trump a façonné avec la nouvelle Arabie Saoudite de MBS, n’est pas juste une erreur mais la démonstration d’une méconnaissance de la position américaine dans la région. Elle compte pour pilier majeur le Royaume saoudien et ce, quels que soient ses dirigeants.</p>
<p>L&rsquo;universitaire poursuit: « l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont agi en tant qu’avant-garde contre-révolutionnaire du Moyen-Orient, s’efforçant d’inverser les acquis démocratiques. Ils ont cherché à renforcer les régimes autoritaires et les alliés dans toute la région – et ils ont réussi grâce à un mandat virtuel de l’administration Trump ». Hicham Alaoui croit ici que Joe Biden construirait une politique avec ses alliés arabes basée uniquement sur les droits de l’Homme. Si cela avait été le cas, cette approche aurait prévalu aussi bien avec l’administration Obama qu’avec celles de ses prédécesseurs démocrates, la question des atteintes aux droits humains n’étant pas une caractéristique propre au nouveau pouvoir saoudien incarné par Mohamed Ben Salman.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-212229" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/MBZ-MBS.jpg" alt="" width="594" height="345" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/MBZ-MBS.jpg 594w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/MBZ-MBS-517x300.jpg 517w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/MBZ-MBS-260x150.jpg 260w" sizes="auto, (max-width: 594px) 100vw, 594px" /></p>
<p>« L’administration Biden serait plus stricte, consciente des conséquences désastreuses de ce que l’aventurisme saoudo-émirati a produit au Yémen, en Libye et au Qatar », ajoute Hicham Alaoui qui oublie que l’administration de Barack Obama avait appuyé la guerre au Yémen pour affaiblir l’Iran, soutien des Houtis.</p>
<p>Non, Joe Biden ne tournera le dos ni à l’Arabie Saoudite ni aux Emirats Arabes Unis, alliés stratégiques dans le « containment »de l’Iran et « pièces maitresses » dans la consécration de la suprématie israélienne au Proche-Orient.</p>
<h2><strong>« Les États-Unis réorienteraient leur vision du Printemps Arabe »</strong></h2>
<p>Hicham Alaoui doit être le seul « géopolitologue » à penser qu’il existe « un processus historique en cours (…) de changement politique » qui s’appellerait le « Printemps Arabe », et que l’arrivée des démocrates au pouvoir à Washington pourrait « enhardir les mouvements démocratiques dans la région et même dans le monde ». L’unique raison pour laquelle cette page n’est pas encore tournée est le chaos inédit semé par la promesse de lendemains meilleurs portée par les soulèvements de 2011. Que ce soit en Libye, en Syrie, ou au Yémen, rien de réjouissant n’est à mettre sur le compte d’une « réussite », pas même en Tunisie que Hicham Alaoui cite régulièrement en exemple pour dire qu’elle serait « la première démocratie du monde arabe ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-212224" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/tuniscolere-1024x506.jpg" alt="" width="1024" height="506" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/tuniscolere-1024x506.jpg 1024w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/tuniscolere-300x148.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/tuniscolere-768x380.jpg 768w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/tuniscolere-520x257.jpg 520w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/tuniscolere.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>Près de 10 ans après la fin du régime de Benali, la désespérance de la jeunesse, le taux de chômage endémique, l’appauvrissement des régions intérieures et la fracture au sommet de l’état n’ont jamais été aussi grands, au point de rendre nostalgiques la majorité des Tunisiens, en mal de sécurité économique.</p>
<p>Par ailleurs, la publication des emails de l’ancienne secrétaire d’état Hillary Clinton par Mike Pompeo, le 11 octobre dernier sur le site officiel du Département d’Etat, constitue une source d’embarras pour la future administration américaine. Ils font état de l’ingérence des Etats-Unis dans la politique interne de plusieurs pays arabes, dont l’Egypte, le Yémen, la Libye, le Qatar et l’Irak.</p>
<h2><strong>Les peuples arabes n’agissent pas par la seule boussole du bureau ovale</strong><strong>  </strong></h2>
<p>Il ne fait aucun doute que le nouveau maître de la Maison Blanche prendra ses distances avec ces pratiques contestables et sera guidé par le pragmatisme et la logique d’alliances fortes avec les régimes en place, sachant que la situation au Maghreb n’est évoquée à aucun moment dans son programme de politique étrangère. Nous y relèverons que l’Afrique, par exemple, n’y est évoquée qu’à une seule reprise lorsque Joe Biden parle d’« intégration des nations amies en Amérique latine et en Afrique ».</p>
<p>Aussi<strong>, </strong>penser que l’arrivée des démocrates à la Maison Blanche va réactiver les mouvements contestataires dans les pays arabes, c’est d’abord croire que les peuples arabes n’agissent que par la seule boussole du Bureau Ovale. Or,<strong> l</strong>es Etats sont souverains ce qui leur donne le monopole de l’usage légitime de la décision et de la force sur leur territoire. Ceci est un postulat de base, tout comme le fait que les organisations internationales sont des acteurs transnationaux dont l’influence est faible, voire absente sur les relations internationales parce que ces organisations ne sont pas souveraines justement.</p>
<p>A en croire Hicham Alaoui, des révolutions éclateraient donc dans le monde arabe par la simple arrivée de Joe Biden au pouvoir et si un régime comme celui de Abdelfettah Sissi en Egypte venait à être balayé, cela pousserait Washington à plus d’indulgence pour les Frères musulmans.</p>
<h2><strong>Non, Joe Biden n’aura pas comme objectif de défaire ce qu’a entrepris son prédécesseur</strong></h2>
<p>Il fera en effet en sorte que ce qu’il a réalisé comme changement de paradigme continue avant tout de servir les intérêts supérieurs des Etats-Unis dans la région et dans le monde.</p>
<p>Cette approche est d’autant plus évidente que les résultats serrés du scrutin présidentiel devront être pris en compte sur le front intérieur américain plus que jamais divisé en deux camps très antagonistes. Joe Biden ne prendra pas le risque d’ouvrir un front intérieur de contestation civile au nom d’un relativisme au Proche-Orient, au risque d’alimenter le chaudron bien réel d’une potentielle guerre civile dans son propre pays. Les discours rassembleurs qu’il a tenus au lendemain du scrutin vont dans ce sens.</p>
<h2><strong>Redonner toute sa place à la première puissance américaine dans le monde</strong></h2>
<p>C’est d’abord pour Joe Biden, retrouver une crédibilité largement entamée par la puissance économique grandissante et le soft power développé par la Chine. Telle est la priorité de la nouvelle administration américaine qui entend restaurer et réinventer ses partenariats en Asie notamment avec le Japon et la Corée du Sud, consolider ses acquis en Amérique latine , contenir l’Iran, assurer la sécurité d’Israël, relancer le dialogue avec l’Europe, gérer la crise climatique, contrer la montée des nationalismes populistes, mettre un terme aux « guerres interminables en Afghanistan et au Moyen-Orient » et adopter une approche nouvelle qui fédère alliés et partenaires autour des valeurs de paix et de démocratie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-212230" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/BIENDENNN.jpg" alt="" width="601" height="381" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/BIENDENNN.jpg 601w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/11/BIENDENNN-473x300.jpg 473w" sizes="auto, (max-width: 601px) 100vw, 601px" /></p>
<p>Sénateur pendant 36 ans, président de la commission des relations extérieures pendant deux ans, vice-président pendant huit ans, Joe Biden est un réaliste pragmatique, un vieux routier de la scène internationale qui croit aux alliances stratégiques, aux traités et à la coopération internationale pour redonner aux Etats-Unis son leadership, notamment dans une Méditerranée orientale où les grandes puissances ne sont plus les seuls acteurs du rabattage des cartes.</p>
<h2><strong>Hicham Alaoui n’existe que par celui qu’il tente de discréditer depuis 20 ans</strong></h2>
<p>Dans sa contribution au dossier du « Weatherhead Center For International Affairs », Hicham Alaoui a livré un raisonnement erroné  sur tous les axes stratégiques de la politique américaine pour deux raisons : son absence de vision et le fait qu’il agisse, en coulisses, comme une « partie prenante ».</p>
<p>La posture de « dissident » auto-proclamé cultivée depuis plus de 23 ans le mène tout naturellement à se forger sa propre vérité, loin des enjeux réels de la géopolitique mondiale. Il a pris ainsi , une nouvelle fois , le risque de se décrédibiliser aux yeux du corps des chercheurs et universitaires auquel il dit appartenir.</p>
<p>Une fois de trop.</p>
<p>Tous les observateurs, y compris les plus bienveillants à son égard, savent que le seul intérêt qu’il présente est celui d’être le cousin du Roi Mohammed VI.</p>
<p>Il doit être assez douloureux pour Hicham Alaoui de constater que finalement, il n’existe que par celui qu’il tente de discréditer depuis 20 ans.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p><strong>*Fils de Moulay Abdellah, frère cadet du Roi Hassan II.</strong></p>
<p><strong>*Voir Tweet du 7 novembre 2020.</strong></p>
<p><strong>* Lien plateforme du<a href="https://joebiden.com/presidency-for-all-americans/"> candidat Joe Biden</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Hicham Alaoui, Pierre Vermeren, Khadija Mohsen-Finan et Maati Monjib, ces « intellectuels » qui s’accommodent de l’islamisme radical</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2020 19:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[Hicham Alaoui]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Khadija Mohsen-Finan]]></category>
		<category><![CDATA[Maati Monjib]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Moulay Hicham]]></category>
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		<category><![CDATA[radicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Samuel Paty]]></category>
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					<description><![CDATA[« Je crois que l’on a tort de voir dans l’islamisme un facteur de déstabilisation du champ politique. C’est au contraire l’islamisme qui se transforme au contact de la démocratie ». L’auteur de cette phrase est Hicham Alaoui* auquel l’hebdomadaire français l’Express consacrait une interview le 1er août 2005. Il considère, par exemple, qu’un mouvement radical comme Al Adl Wal Ihssane qui milite pour l’instauration d’une république islamique « est un mouvement politique comme les autres ».
A la lumière des attentats qui ont ensanglanté la France depuis et l’expression du radicalisme religieux qui s’y est propagé, il n’est pas sûr que les affirmations hasardeuses du chercheur marocain continuent d’avoir la faveur de médias français ou qu’elles n’arrachent pas les sarcasmes des experts du radicalisme religieux, si tant est que la situation puisse s’y prêter.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’assassinat odieux du professeur d’histoire Samuel Paty vendredi dernier à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines vient anéantir l’idée selon laquelle l’islamisme radical pourrait s’inscrire dans une cohabitation avec les valeurs de la démocratie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210849 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/samupatty.jpg" alt="" width="443" height="250" /></p>
<p>Un pays comme le Maroc en fait la triste expérience quasi quotidiennement, jonglant depuis 1994 d’un attentat sanglant au démantèlement de cellules terroristes ; d’une saisie d’armes à feu à un prêche incendiaire ; d’un appel au meurtre contre un journaliste à une fatwa contre une chaîne de télévision jugée trop libérale ; d’une association radicale qui prône l’instauration d’une république islamiste à un prédicateur auto-proclamé qui marierait bien les petites filles dès l’âge de 9 ans.</p>
<h2><b>Intégrer les mouvances islamistes dans le champs politique</b></h2>
<p>Il est bien entendu que la définition de l’islamisme dont nous parlons ici n’est pas celle qu’affectionnait Voltaire lorsqu’il réfléchissait à remplacer « mahométisme » pour parler de la religion des musulmans. Il s’agit de l’usage fait de la doctrine musulmane pour guider l’action politique ou encore l’idéologie instrumentalisant l’Islam en vue d’un projet politique, pour qu’il induise une transformation de la société par l’instauration de la charia* pour les uns, le rétablissement d’un califat pour certains ou la formation de « moudjahidines » pour mener le « Jihad », pour d’autres.</p>
<p>Pour des universitaires comme Hicham Alaoui, Khadija Mohsen-Finan, Pierre Vermeren ou Maati Monjib, l’intégration des mouvements islamistes, même les plus radicaux, dans le champs politique, serait la planche de salut par laquelle l’avènement de la démocratie serait possible dans les pays arabo-musulmans. Vraiment ?</p>
<p>Si ces mêmes mouvances islamistes aux dogmes sectaires inséparables du déni de la pluralité, ne peuvent pas s’intégrer dans des modèles démocratiques comme la France où la laïcité délimite clairement la place du fait religieux, comment et surtout pourquoi cela pourrait-il être le cas dans les sociétés de leurs pays d’origine ?</p>
<h2><b>Banaliser le fait même que la foi puisse être instrumentalisée </b></h2>
<p>Il n’est pas certain que l’immense majorité des musulmans de France qui assiste impuissante à la dénaturation de sa foi et au dévoiement de l’esprit progressiste auquel elle aspire, partage les théories de ce courant intellectuel.</p>
<figure id="attachment_210789" aria-describedby="caption-attachment-210789" style="width: 612px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-210789 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1.jpg" alt="" width="612" height="403" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1.jpg 612w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pantin1-456x300.jpg 456w" sizes="auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px" /><figcaption id="caption-attachment-210789" class="wp-caption-text">Mosquée de Pantin fermée par les autorités françaises le 21 octobre 2020</figcaption></figure>
<p>La prolifération des mouvements sectaires dont les animateurs stimulent la haine et encadrent les conditions de la violence, questionne sur cette confusion nourrie et entretenue par cette catégorie d’« experts » pour laquelle ces mouvements devraient et pourraient être intégrés à la vie publique des pays arabo-musulmans. Banaliser le fait même que la foi et la spiritualité puissent être des outils pour accéder au pouvoir politique, revient à leur donner une caution morale, et par ricochet, à les banaliser, y compris même sur des territoires qui ne sont pas de tradition musulmane et où ces mouvements prospèrent.</p>
<h2><b>S’accommoder du discours radical pour promouvoir une alternative</b></h2>
<p>Force est de constater que, pour peu que cela leur permette de promouvoir une « alternative » aux régimes dont le modèle politique n’est pas assorti à leur point de vue ou à leurs objectifs personnels, ces chercheurs semblent s’accommoder des ambivalences discursives de ces organisations islamistes, au point d’amoindrir le danger qu’elles représentent, de promouvoir leur utilité et de leur trouver des « qualités » compatibles avec les valeurs de la démocratie.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique.html"><span class="post-title">Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l’alliance entre les “laïcs” et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</span></a></p>
<figure id="attachment_210791" aria-describedby="caption-attachment-210791" style="width: 225px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210791" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yazzin.jpg" alt="" width="225" height="225" /><figcaption id="caption-attachment-210791" class="wp-caption-text">Abdessalam Yassine</figcaption></figure>
<p>De ce point de vue, l’exemple du mouvement islamiste radical marocain Al Adl Wal Ihssane* est assez emblématique. Il est d’ailleurs présent et très actif sur le territoire français, en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne et depuis quelques années, sur une partie du territoire nord-américain.</p>
<h2><b>Quand ce courant intellectuel trouve du « charisme » à un leader radical antisémite</b></h2>
<p>Ce mouvement toléré par les autorités marocaines mais non reconnu, est pourtant aujourd’hui dépouillé de l’idée répandue pendant plus de 40 ans selon laquelle sa démarche est basée sur le pacifisme et la non-violence. Le mouvement islamiste prône ouvertement l’instauration d’un califat, d’une « société islamique authentique » qui pourrait prendre la forme d’une république inspirée du modèle de l’ayatollah Khomeiny.</p>
<figure id="attachment_208500" aria-describedby="caption-attachment-208500" style="width: 279px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-208500 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg" alt="" width="279" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg 279w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah-233x300.jpg 233w" sizes="auto, (max-width: 279px) 100vw, 279px" /><figcaption id="caption-attachment-208500" class="wp-caption-text">La Sunnah d&rsquo;Allah</figcaption></figure>
<p>Son fondateur Abdessalam Yassine que Hicham Alaoui, Khadija Mohsen-Finan ou Pierre Vermeren trouvent « charismatique »*, était d’un antisémitisme effroyable. « Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs. Les musulmans le feront » *, écrivait le leader d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane. La littérature du maître-à-penser du mouvement est d’une extrême violence parlant du « caractère exécrable des juifs, leur apostasie, leur hypocrisie ». Pour celui que le marketing de la Jamaâ* présentait comme un pacifiste, les juifs « constituent une espèce humaine qui concentre toutes les déviations incarnées par la Jahilia*», ajoutant que « les juifs sont maudits par Dieu (…), les juifs sont connus pour être les assassins des prophètes ».</p>
<h2><b>L’Incitation à la haine banalisée</b></h2>
<p>C’est là bien plus qu’une incitation à la haine et elle n’a rien à envier à celle qui a coûté la vie dans des circonstances atroces à Samuel Paty, décapité alors qu’il regagnait son domicile après une journée au collège.<br />
Tout comme lorsque Abdessalam Yassine écrit : « le devoir (qui) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad. » *</p>
<p>Ainsi, les textes fondateurs de la doctrine d’Al Al Wal Ihssane parlent de « guerre », de «moudjahidines », de « martyrs », de « jihad » et de « victoire » et Abdessalam Yassine s’est inspiré de la révolution iranienne pour cerner les contours de son concept de Qawma, le soulèvement général suivant la voie prophétique par lequel ce « jihad » serait mené. Il voyait dans le régime des mollahs, un modèle pour l’espace arabo-musulman et la conquête du reste du monde, de même que les Frères Musulmans d’Egypte suscitaient son admiration.</p>
<h2><b>Jihad, moudjahidines, et décapitation</b></h2>
<p>Lorsqu’Al Adl Wal Ihssane conteste au Roi son titre de Commandeur des Croyants, c’est parce son fondateur se pose en « concurrent » du Roi du Maroc, descendant du prophète. Abdessalam Yassine se considère comme un « élu de Dieu » susceptible de diriger la « société islamique authentique » dont il rêve. Un califat que son successeur continue de promouvoir. En prédicateur zélé, Mohamed Abbadi cite Ibnou Lkhattab qui avait donné 3 jours à ses compagnons pour désigner un nouveau calife et tous ceux qui s’y opposeraient seraient « décapités» *.</p>
<figure id="attachment_209460" aria-describedby="caption-attachment-209460" style="width: 340px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209460" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/ababiii.jpg" alt="" width="340" height="264" /><figcaption id="caption-attachment-209460" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>Nous sommes bien loin de l’image d’un mouvement « pacifiste » et « non violent » que Pierre Vermeren cultive de l’organisation islamiste. Pour l’historien français, « Al Adl Wal Ihssane, mouvement piétiste et non violent, ne subit pas de répression violente, mais endosse une surveillance permanente (…) » *. A la mort du prédicateur en 2012, l’historien dresse de lui le portrait d’un « religieux (…) qui était un théologien, théoricien », ajoutant qu’« Il ne s’est jamais lancé dans une opposition frontale à travers des actions collectives et des violences»*.</p>
<h2><b>Pour ces politologues, Abdessalam Yassine est une « légende » de la dissidence</b></h2>
<p>Pour le professeur d’histoire des mondes arabo-berbères contemporains, Abdessalam Yassine serait même drapé d’héroïsme, voire même de talent puisqu’il le qualifie de « véritable légende de la dissidence au Maroc » *.<br />
Ignorance du socle doctrinal terrifiant d’Al Adl Wal Ihssane et de son projet de république islamique ou l’historien chercherait-il à dédiaboliser un mouvement dont l’opposition à la monarchie marocaine semble susciter sa sympathie ?</p>
<figure id="attachment_210798" aria-describedby="caption-attachment-210798" style="width: 341px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210798" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/pierre-vermeren1.jpg" alt="" width="341" height="299" /><figcaption id="caption-attachment-210798" class="wp-caption-text">Pierre Vermeren</figcaption></figure>
<p>Pierre Vermeren ne peut ignorer l’admiration d’Abdessalam Yassine pour la « bravoure » des troupes de la révolution iranienne qui constituait pour lui un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman.<br />
Il ne peut ignorer non plus que dans son livre la « Sunnah d’Allah », le prédicateur parle de «l’épopée de la révolution iranienne, le jihad majestueux des Afghans, la résistance islamique du Sud Liban (celle du Hezbollah soutenu par Téhéran) et les soulèvements des mouvements islamistes, sont autant d’exemples de la vraie identité musulmane recouvrée ».</p>
<h2><b>Apologie du Jihad et déferlement d’antisémitisme</b></h2>
<p>Pierre Vermeren ne peut non plus ne pas connaitre l’ampleur de l’apologie du jihad dont sont nourris les écrits du fondateur de la Jamaâ qui veut « réhabiliter la personnalité jihadie » pour prendre les rênes de la Oumma, la communauté islamique, car il s’agit pour lui de « vaincre ses ennemis (de Dieu) et régner sur le monde (…) *.</p>
<p>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/il-ny-aura-pas-de-resurrection-jusqua-ce-que-les-musulmans-tuent-les-juifs-selon-le-fondateur-dal-adl-wal-ihssane.html"> <span class="post-title">“Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs”, selon le fondateur d’Al Adl Wal Ihssane</span></a></p>
<p>Tout comme l’historien ne peut nier avoir connaissance du déferlement d’antisémitisme de Abdessalam Yassine qui écrit que « le vrai défi consiste à livrer un combat sans merci aux juifs jusqu’à leurs derniers bastions » *.</p>
<p>Ces interrogations méritent d’être posées d’autant que juste avant de qualifier Al Adl Wal Ihssane de mouvement « piétiste et non violent », le « fin connaisseur » des mondes arabo-berbères semble s’étonner qu’un pays, comme le Maroc qui est la cible des mouvements terroristes depuis plus de 25 ans, puisse vouloir se protéger du shiisme Iranien et des djihado-salafistes lesquels, s’émeut Pierre Vermeren, « subissent les assauts hebdomadaires des services antiterroristes marocains ».</p>
<h2><b>Composer avec le diable pour peu qu’il mène au sommet</b></h2>
<p>Cette même sympathie, pour ne pas dire émerveillement pour Al Adl Wal Ihssane, l’historien français semble la partager avec Hicham Alaoui. Dans un texte écrit à la première personne en 2013 * et dans lequel il s’imagine regagner le Maroc 5 ans plus tard, Hicham Alaoui voit la Jamaâ : «transformé(e) en parti à l’instar des salafistes ». Il poursuit : « Al Adl Wal Ihsane n’a pas nécessairement fait le plein des voix pour des raisons religieuses mais plutôt pour son courage et sa persévérance dans la résistance à la monarchie abusive ».</p>
<figure id="attachment_210804" aria-describedby="caption-attachment-210804" style="width: 339px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210804" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1-.jpg" alt="" width="339" height="329" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1-.jpg 339w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/Moulay-Hicham1--309x300.jpg 309w" sizes="auto, (max-width: 339px) 100vw, 339px" /><figcaption id="caption-attachment-210804" class="wp-caption-text">Hicham Alaoui</figcaption></figure>
<p>Voilà ! Nous y sommes donc : tous ceux qui prendraient pour cible la monarchie marocaine, fussent-ils des obscurantistes, obtiendraient l’indulgence, si ne n’est la confiance d’une catégorie de préfaciers de l’actualité marocaine pour leur « courage » à vouloir renverser le trône. Les prises de positions de ce courant ne sont pas motivées par la recherche de la vérité. Ainsi, leur approche faussement académique, leurs analyses préétablies, leurs arguments pas toujours vérifiables et leur rigueur contestable, ne tiennent compte de la réalité que d’une seule partie ou que d’une seule obédience : la leur.</p>
<h2><b>Hicham Alaoui voit du « courage » dans ce mouvement qui prône le jihad</b></h2>
<p>Pour lui, « Un jour viendra où on parlera des « islamistes-démocrates » dans le monde arabe avec autant de flegme que les chrétiens-démocrates en Europe, par exemple en Italie ou en Allemagne ». Sans doute a-t-il hérité cette idée des analyses de Rémi Leveau qu’il présente comme son « père spirituel ».</p>
<p>Ancien conseiller scientifique de l’Institut Français des Relations Internationales, (IFRI), en poste au Maroc comme enseignant à la faculté de droit puis conseiller au cabinet du ministre marocain de l’intérieur de 1968 à 1974 (notamment du temps du général Mohamed Oufkir), Rémi Leveau plaidait pour un compromis entre le pouvoir et les islamistes pensant qu’ils pouvaient évoluer vers « une sociale-démocratisation ».</p>
<h2><b>Un seul « courant » , un même discours</b></h2>
<p>Khadija Mohsen-Finan, politologue, chercheuse associée au laboratoire Sirice*, longtemps responsable du programme Maghreb à l’IFRI, tient pratiquement mot pour mot le même discours que Hicham Alaoui et son « père spirituel ». Pour elle, les islamistes du parti tunisien Ennahda, par exemple, « sans abandonner l’Islam comme référentiel, entendent tourner la page de l’Islam politique pour devenir «démocrates musulmans » à l’instar des partis démocrates-chrétiens qu’a connu l’Europe ». Khadija Mohsen-Finan est également membre du comité scientifique de la Fondation Hicham Alaoui.</p>
<figure id="attachment_210808" aria-describedby="caption-attachment-210808" style="width: 357px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210808" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan.jpg" alt="" width="357" height="361" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan.jpg 357w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/khadija-finan-297x300.jpg 297w" sizes="auto, (max-width: 357px) 100vw, 357px" /><figcaption id="caption-attachment-210808" class="wp-caption-text">Khadija Mohsen-Finan</figcaption></figure>
<p>Sans doute ceci explique l’alignement absolu entre les deux chercheurs qui ont pour autre point commun une analyse invariablement à charge contre Rabat. La politologue tunisienne présente d’ailleurs la singularité de perdre tout sens de l’histoire et de la géographie, dès qu’il s’agit de la question du Sahara pour laquelle les thèses d’Alger emportent systématiquement son adhésion. Mais c’est là une autre histoire.</p>
<p>Pour revenir à Al Adl Wal Ihssane, Khadija Mohsen-Finan fait presque preuve d’angélisme lorsqu’elle présente le mouvement islamiste radical comme une « confrérie », un mouvement « plus mystique que salafiste » dont la structure est centrée « sur la figure de son leader charismatique » *.</p>
<h2><b>Dangereuse stratégie de dédiabolisation </b></h2>
<p>Voilà donc un mouvement antisémite dont le fondateur appelle au Jihad et qui prône l’instauration d’une « société islamique authentique » dont ce cercle de réflexion feint d’ignorer la face obscure, crédibilisant les propos de Hicham Alaoui qui affiche ainsi ses préférences : « à l’arrivée, le PJD étant aussi exsangue que l’USFP* après sa propre expérience de cohabitation, je ne puis qu’être d’accord avec (…) les vrais islamistes au Maroc, ceux d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane (…) »*.</p>
<p>Le Parti de la Justice et du Développement ? Pour celui qui dirige une fondation pour la recherche en sciences sociales sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, ce sont des « islamistes domestiqués ». Sans doute que le parti dirigé par Saad dine El Otmani n’est pas assez en opposition avec la monarchie pour celui qui apporta son soutien à Nadia Yassine, fille du fondateur d’Al Adl Wal Ihssane, parce qu’elle avait affiché sa préférence pour une république islamique.</p>
<figure id="attachment_210810" aria-describedby="caption-attachment-210810" style="width: 350px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-210810" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta.jpg" alt="" width="350" height="200" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta.jpg 350w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/nadiaeta-260x150.jpg 260w" sizes="auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px" /><figcaption id="caption-attachment-210810" class="wp-caption-text">Nadia Yassine</figcaption></figure>
<p>Nous étions alors en juin 2005. Dans son livre, Hicham Alaoui raconte cet épisode, évoquant au moins à trois reprises assez longuement la fille du « leader charismatique du mouvement islamiste radical Justice et Bienfaisance », écrit-il. Nadia Yassine était à l’époque la porte-parole officieuse d’Al Adl Wal Ihssane. Elle avait déclaré dans un hebdomadaire arabophone « Al Ousbouia Al Jadida », qu’elle avait une préférence pour une « république islamique » plutôt que pour un « régime autocratique » et que sa constitution mériterait de finir « à la poubelle de l’histoire », ajoutant que « la monarchie au Maroc approchait de sa fin ». Ses déclarations lui valurent une convocation devant le tribunal pour «atteinte à la monarchie ».</p>
<h2><b>Préférence pour une république islamique</b></h2>
<p>Dans les pages de la publication marocaine « Al Jarida Al Oukhra », Hicham Alaoui avait réagi « à la préférence pour une république marocaine exprimée par l’islamiste Nadia Yassine en posant comme principe que l’Islam ne privilégiait aucun régime en particulier (…) ». Il signifie ainsi son « entière solidarité » à l&rsquo;égérie des islamistes radicaux, aujourd&rsquo;hui tombée dans l&rsquo;oubli. Interrogée sur le soutien du fils de Moulay Abdellah, Nadia Yassine répondra à un média français : « (…) je ne vois pas pourquoi il faudrait accorder un intérêt particulier à (son) intervention » *.</p>
<p>Dans cette même interview à « Al Jarida Al Oukhra », Hicham Alaoui assurait ne « pas craindre l’arrivée des islamistes au pouvoir », estimant qu’il fallait trouver une solution à leur entrée sur la scène politique et ce « parmi les islamistes qui sont restés dehors ». Pour renforcer son entreprise de dédiabolisation de l’organisation islamiste radicale, il ajoute : « je pense qu’Al Adl Wal Ihssane est un mouvement politique comme les autres ».</p>
<h2><b>Al Adl Wal Ihssane et Hicham Alaoui alignés sur le même registre de « dissidences »</b></h2>
<p>C’est également en substance ce que Pierre Vermeren et Khadija Mohsen-Finan soutiennent cette fois-ci dans le livre « dissidents au Maghreb » qu’ils ont cosigné en 2018. Dans un chapitre intitulé «Makhzen et Siba »*, la dissidence a le visage d&rsquo;Abdessalam Yassine et de son mouvement radical auquel les deux auteurs persistent à donner les attributs d’une « confrérie », laquelle pourrait, selon eux, « affecter la  légitimité  religieuse  du  Commandeur  des  Croyants  à  l’intérieur  de  l’Islam sunnite».</p>
<p>Etrangement, cette partie consacrée à Al Adl Wal Ihssane est immédiatement précédée de cette autre « dissidence » de Hicham Alaoui présentée ainsi comme « une gêne » pour le Maroc. Curieuse succession dans l’énumération de ces « dissidents », Hicham Alaoui étant un individu qui n’est ni à la tête d’un mouvement, ni à la tête d’une organisation « dissidente », en tout cas pas ouvertement. Il n’a jamais été soumis ni à des assignations à résidence, ni à des emprisonnements, ni à des interdictions professionnelles, encore moins à des menaces.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208504" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg" alt="" width="689" height="383" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg 689w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000-520x289.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 689px) 100vw, 689px" /></p>
<p>De l’autre côté, voilà une organisation qui s’apparente à une secte, structurée avec des adeptes, un socle doctrinal obscurantiste et un projet politique insurrectionnel. Oui, succession étonnante, en tout cas pour ceux qui ne relèveraient pas un point commun capital entre la Jamaâ et Hicham Alaoui: tous deux contestent au Roi la Commanderie des Croyants. Hicham Alaoui s’est prononcé à plusieurs reprises contre « une monarchie sous l’autorité du Commandeur des croyants, mêlant prérogatives politiques et religieuses » *.</p>
<p>Succession troublante pour ceux qui ne retiendraient pas non plus que Hicham Alaoui, qui promeut une inclusion dans le jeu politique du mouvement radical, semble voir Al Adl Wal Ihssane comme la seule alternative lorsqu’il dit en 2011 « le mouvement du 20 février ne pourra que durcir ses positions et risque d’être poussé dans les bras des islamistes extra parlementaires de l’association Al Adl Wal Ihssane » *.</p>
<h2><b>Hicham Alaoui représenté à des réunions secrètes avec Al Adl Wal Ihssane ?</b></h2>
<p>Succession insolite pour ceux qui ne sauraient pas qu’un proche, « ami intime » de Hicham Alaoui, en l’occurrence Abdellah Hammoudi* anthropologue installé aux Etats-Unis, a pris part à des rencontres tenues longtemps secrètes avec des responsables de la Jamaâ, notamment en juillet 2014. Rien n’indique que Abdellah Hammoudi n’ait pas été mandaté par Hicham Alaoui pour l’y représenter.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/maroc-gauche-radicale-et-radicalite-religieuse-lalliance-de-laveugle-et-du-paralytique.html"><span class="post-title">Gauche radicale et radicalité religieuse, “l’alliance de l’aveugle et du paralytique”</span></a></p>
<p>Succession inhabituelle pour ceux qui ne sauraient pas que l’historien Maati Monjib, qui assiste chaque année depuis 2014 aux cérémonies commémoratives du décès du fondateur d’Al Adl Wal Ihssane, est une des parties prenantes de la stratégie de dédiabolisation du mouvement obscurantiste. Cheville ouvrière du rapprochement entre la gauche radicale et certains milieux de la société civile avec la Jamaâ, il est aux premières loges de la page de remerciements que consacre Hicham Alaoui à ses plus proches soutiens dans son livre.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-210826 size-medium alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-459x300.png" alt="" width="459" height="300" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-459x300.png 459w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-768x501.png 768w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements-210x136.png 210w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/monjib-hicham-remerciements.png 827w" sizes="auto, (max-width: 459px) 100vw, 459px" /></p>
<p>Succession surprenante pour ceux qui ne verraient pas dans les écrits de Hicham Alaoui sur l’instauration d’une république, des points de convergences avec Al Adl Wal Ihssane : «je pourrais très bien vivre dans une république marocaine si ce régime me paraissait la meilleure option pour mon pays », écrit-il.</p>
<p>Feu Mohammed V, le grand père de Hicham Alaoui, a dû se retourner dans sa tombe à la lecture de cette phrase. Elle réduit à des petits riens les années d’exil forcé à Madagascar du Sultan et de sa famille et le sacrifice de ceux des Marocains qui donnèrent leur vie pour que le Maroc recouvre son indépendance et que Mohammed V, héritier de l’une des plus vieilles monarchies au monde, soit réhabilité dans son autorité.</p>
<p>A suivre…</p>
<p><strong>*Fils de Moulay Abdellah, frère cadet du Roi Hassan II.</strong><br />
<strong>*Charia : loi islamique. Le terme en arabe signifie « chemin pour respecter la loi (de Dieu) ».</strong><br />
<strong>*Traduit « Justice et Bienfaisance » ou « Justice et spiritualité ».</strong><br />
<strong>* Hicham Alaoui, « Journal d’un prince banni », Grasset, 2014; Khadija Mohsen-Finan, « Maroc : l’émergence de l’islamisme sur la scène politique », Politique Etrangère, 2005/1 (Printemps);  Pierre Vermeren, « Le Maroc, un royaume de paradoxe en 100 questions », Tallandier, 2020.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah », 2005.</strong><br />
<strong>*Jamaâ est traduit par communauté.</strong><br />
<strong>*Jahilia : période préislamique.</strong><br />
<strong>*Jihad : guerre sainte pour défendre ou propager l’Islam.</strong><br />
<strong>*Mohamed Abbadi dans une vidéo diffusée en avril 2016.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren, « le Maroc un Royaume de paradoxes en 100 questions », Editions Tallandier, 2020. Page 180.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren, interview sur RFI, décembre 2012.</strong><br />
<strong>*Pierre Vermeren et Khadija Mohssen-Finan, « Dissidents au Maghreb », Editions Belin, 2018.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah », pages 11 à 14.</strong><br />
<strong>*Abdessalam Yassine, « La Sunnah d’Allah, page 124.</strong><br />
<strong>*Hicham Alaoui, revue « Pouvoirs » numéro 14, 2013.</strong><br />
<strong>*Laboratoire Sirice : Identités, Relations Internationales et Civilisations de l’Europe.</strong><br />
<strong>* Khadiha Mohsen-Finan, « Tunisie, vers la fin du compromis historique avec les islamistes ? », Orient XXI, novembre 2018.</strong><br />
<strong>*Khadija Mohsen-Finan, « Maroc : l’émergence de l’islamisme sur la scène politique ». Politique Etrangère, 2005/1(Printemps).</strong><br />
<strong> *USFP : Union Socialiste des Forces Populaires.</strong><br />
<strong>*Hicham Alaoui, « Journal d’un prince banni », Grasset, 2014.</strong><br />
<strong>*Khadija Mohsen Finan et Pierre Vermeren, « Dissidents au Maghreb », Edition Belin 2018. Pages 145 à 181.</strong><br />
<strong>*Entretien avec Stephen Smith, « le débat », Gallimard.2011/4, n°166, pages 3 à 14.</strong><br />
<strong>*Entretien avec Stephen Smith, « le débat », Gallimard.2011/4, n°166, pages 3 à 14.</strong><br />
<strong>*Abdellah Hammoudi a dirigé jusqu’en 2016 l’Institut d’Etudes Régionale pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie Centrale à l’université de Princeton, institut financé par Hicham Alaoui.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l&#8217;alliance entre les « laïcs » et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 18:57:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est le modèle iranien de république islamiste qui a inspiré le concept de Qawma* à Abdessalam Yassine. Le fondateur du mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane* voyait dans cet Iran des ayatollahs un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman. Rouhollah Khomeiny n’a pu arriver au pouvoir qu’en promettant liberté et démocratie aux courants notamment d’extrême-gauche qui avaient fait alliance avec lui contre le Shah. Il n’a pu s’y maintenir qu’en les liquidant les uns après les autres pour instaurer une dictature, celle des mollahs. Le rapprochement entre la Jamaâ* de Abdessalam Yassine et la gauche radicale marocaine n’est pas sans rappeler le modèle iranien. Il interroge sur la répartition des rôles et les engagements contractés par les différents acteurs de cette alliance qui  interpelle surtout sur le prix que le camp des « laïcs » est disposé à payer dans sa course folle pour le pouvoir. Une analyse détaillée du rôle joué par l’historien Maati Monjib dans la mise en place de ce « front commun », permet de cerner la stratégie développée ces 10 dernières années. Elle a pour piliers d’œuvrer à l’« acceptabilité » d’Al Adl Wal Ihssane d’une part, et travailler au discrédit de la monarchie, d’autre part. Enquête.        
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Seuls ses proches se souviennent encore de Noureddin Kianouri, dirigeant du parti communiste iranien Tudeh. Emprisonné en juin 1983 sous l’accusation de trahison et d’espionnage au profit de l’ex URSS, lui et 5 autres dirigeants du comité central du parti avaient été acculés à des « aveux » diffusés à la télévision. Pourtant Noureddine Kianouri était si proche de la hiérarchie religieuse mise en place par Rouhollah Khomeiny, qu’il avait été surnommé « Ayatollah Kianouri » par ses opposants.</p>
<h2>Soumission inconditionnelle de l’extrême gauche à Khomeiny</h2>
<figure id="attachment_209469" aria-describedby="caption-attachment-209469" style="width: 349px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209469 " src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg" alt="" width="349" height="429" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg 333w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1-244x300.jpg 244w" sizes="auto, (max-width: 349px) 100vw, 349px" /><figcaption id="caption-attachment-209469" class="wp-caption-text">Noureddin Kianouri</figcaption></figure>
<p>Le « guide suprême de la révolution » a attendu 4 ans avant de liquider Tudeh, sans doute parce que de toutes les forces qui s’étaient jointes au mouvement révolutionnaire, le parti communiste était le plus inféodé aux islamistes, Kianouri allant même jusqu’à approuver la répression contre l’organisation des Moujahiddines du peuple dont l’éviction sanglante a fait des milliers de victimes. C’est cette soumission inconditionnelle qui vaudra à Noureddin Kianouri d’avoir la vie sauve et d’être assigné à résidence jusqu’à la fin de sa vie en novembre 1999, après avoir passé 6 ans en prison. Entre temps, il avait publié une lettre ouverte détaillant les tortures dont lui et sa femme ont été victimes.</p>
<h2><strong>Khomeiny extermine ses alliés de la gauche radicale </strong></h2>
<p>La terrible et massive répression qui s’est abattue sur le parti Tudeh a touché plus de 1. 500 cadres et militants du parti. C’est une véritable purge qui a été entreprise, menant des milliers de personnes au peloton d’exécution ou sur le chemin de l’exil, surtout après que Tudeh ne soit interdit en 1983.</p>
<figure id="attachment_209451" aria-describedby="caption-attachment-209451" style="width: 326px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209451 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg" alt="" width="326" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg 326w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1-272x300.jpg 272w" sizes="auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px" /><figcaption id="caption-attachment-209451" class="wp-caption-text">Ayatollah Khomeiny</figcaption></figure>
<p>Le parti communiste iranien n’est qu’une des organisations qui avaient favorisé l’arrivée des mollahs au pouvoir. Plusieurs courants se réclamant de la gauche radicale avaient en effet fait alliance avec des organisations prônant un « islam révolutionnaire » aux couleurs marxistes, pour marcher, main dans la main, avec l’Ayatollah Khomeiny, lui faisant allégeance et lui octroyant le titre de guide de la révolution.</p>
<p>Pourtant plusieurs signaux auraient dû alerter les dirigeants de Tudeh sur l’évolution (prévisible) de cette alliance dès l’automne 78 lorsque les slogans comme « un seul parti, celui d’Allah » ont commencé à résonner dans les rues de Téhéran. Dès le lendemain de l’arrivée au pouvoir des « religieux », chacune des aspirations démocratiques qui s’exprimait s’éteignait aussitôt, réduite au silence.</p>
<h2><strong>Une fois au pouvoir Khomeiny montre son véritable visage</strong></h2>
<p>Répondant aux questions de journalistes allemands en 1978, l’Ayatollah Khomeiny déclarait pourtant, s’agissant de la place de la femme, par exemple : « tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la république islamique n’est qu’une propagande hostile. Les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront comme les hommes. » Bien plus qu’un discours modéré, c’est un discours moderniste que tient alors le futur « guide suprême de la révolution ».<br />
Pour fédérer les libéraux et les organisations et partis de gauche, il composera et fera siennes les notions de respect des droits de l’Homme, de démocratie et de liberté de parole. Il cultivera savamment pendant des mois un discours d’ouverture et de progrès, avant qu’il ne prenne le pouvoir. Donnant à voir son véritable visage, il accélère l’islamisation de la société avec pour premières cibles les femmes.</p>
<h2><strong>L&rsquo;âge du mariage des femmes fixé à…9 ans </strong></h2>
<p>Elles qui avaient joué un rôle prépondérant dans les grèves et les manifestations, ont payé le prix fort en devenant le premier axe de la répression de Khomeiny. Moins d’un mois après son arrivée au pouvoir, des mesures drastiques visant à les écarter de tous les domaines de décisions sont prises : ségrégation dans les transports, interdiction de la mixité scolaire et obligation du port du tchador.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-209455" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg" alt="" width="652" height="284" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg 652w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors-520x227.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 652px) 100vw, 652px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209458 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/doktrine2.jpg" alt="" width="302" height="286" /></p>
<p>Plus terrible encore, l’âge légal du mariage passe de 18 à ….9 ans. Cet âge ainsi fixé n’est pas sans rappeler les écrits de Rouhollah Khomeiny pour lequel « si un homme qui a épousé une fille impubère la « possède » avant ses 9 ans révolus et provoque chez elle des traumatismes, il n’a pas le droit de répéter l’acte avec celle-ci* ».</p>
<h2><strong>Une république islamique dont la survie dépend du contrôle des mœurs</strong></h2>
<p>Bien plus qu’une purge, c’est à une véritable extermination à laquelle ont assisté les iraniens, au fur et à mesure que leurs libertés étaient restreintes et dument contrôlées par la police religieuse chargée de la stricte application de la Charia. Comment avoir pu croire, s’étonnent encore les rescapés de cette répression refugiés à l’étranger, que la nature du régime islamiste mis en place par Khomeiny pouvait souffrir la moindre rivalité politique, tolérer l’existence d’un parti politique distinct de l’appareil du pouvoir ? La survie même de cette dictature dépend du contrôle de la vie politique et de la vie sociale dans le plus petit de ses détails, fût-ce-t-il dans le vagin d’une enfant de 9 ans.</p>
<p>D’ailleurs, et ce assez rapidement, la scène politique iranienne s’est résumée au Parti de la Révolution Islamique, « les Hezbollahi » *, le réseau des mosquées, les comités islamiques, les conseils islamiques sur les lieux de travail, l’ « office du péché » pour le contrôle des mœurs, le « ministère du contrôle du comportement conforme aux préceptes », l’armée des gardiens de la révolution, et la SAVAMA*, la police politique islamique mise en place par Khomeiny.</p>
<p>Pour lui, « la foi et la justice islamique exigent de ne pas laisser survivre dans le monde musulman les gouvernements anti islamiques ou ceux qui ne se conforment pas entièrement aux lois islamiques. L’instauration d’un ordre politique laïc revient à entraver la progression de l’ordre islamique* ».</p>
<h2><strong>Al Adl Wal Ihssane trouve de la bravoure dans les troupes de la révolution iranienne</strong></h2>
<p>Pour un mouvement marocain comme la Jamaâ d’Al Adl Wal Ihssane fondée par Abdessalam Yassine en 1973, la révolution iranienne arrive comme une prophétie que le fondateur du mouvement obscurantiste marocain magnifie aux yeux de ses adeptes. Lui qui a des « visions », et a pour ambition l’instauration d’une société islamique authentique, trouve du mérite dans le modèle  « d’éducation » de la population mis en place par l’Ayatollah Khomeiny. Il admire la bravoure des troupes de la révolution, voyant dans cette Iran des Ayatollahs et de leurs conseils islamiques, un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman.</p>
<figure id="attachment_209459" aria-describedby="caption-attachment-209459" style="width: 317px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209459 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg" alt="" width="317" height="473" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg 317w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine-201x300.jpg 201w" sizes="auto, (max-width: 317px) 100vw, 317px" /><figcaption id="caption-attachment-209459" class="wp-caption-text">Abdessalam Yassine</figcaption></figure>
<p>C’est l’Iran de Khomeiny qui lui a inspiré le concept de la Qawma, soulèvement général par lequel serait régénéré le califat, le modèle politique qui lui ferait endosser le rôle de guide suprême, lui qui se considère comme un « élu » de Dieu. Lorsqu’en page 170 de son livre « la Sunnah d’Allah » Abdessalam Yassine nous indique les modèles qui suscitent son admiration, il parle de « l’épopée de la révolution iranienne, le jihad majestueux des afghans, la résistance islamique du Sud Liban (celle du Hezbollah soutenu par Téhéran), et les soulèvements des mouvements islamistes, sont autant d’exemples de la vraie identité musulmane recouvrée », écrit le prédicateur. C’est là l’idéal révolutionnaire que l’ancien instituteur a laissé en héritage à son successeur Mohamed Abbadi et aux cadres de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>La Jamaâ compose mais ne reniera jamais l’héritage de son fondateur</strong></h2>
<p>Quels que soient les changements qui acculent la Jamaâ à se réinventer pour survivre au décès du prédicateur disparu en 2012, le fait est qu’aucun membre n’osera jamais remettre en question la doctrine du fondateur et les orientations qu’il a fixées et il semblerait même que ce soit le contraire.</p>
<figure id="attachment_209460" aria-describedby="caption-attachment-209460" style="width: 340px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209460" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/ababiii.jpg" alt="" width="340" height="264" /><figcaption id="caption-attachment-209460" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>En successeur zélé, Mohamed Abbadi est allé jusqu’à surenchérir sur le lègue « prophétique » d&rsquo;Abdessalam Yassine quant à la restauration du califat qu’il aborde régulièrement dans ses prises de parole depuis octobre 2015.Citant en avril 2016 Bnou Lkhattab qui avait donné 3 jours à ses compagnons pour nommer un nouveau calife, il parle de « décapiter » tout opposant à la restauration du califat. Les propos du prédicateur ont provoqué un tollé d’indignations plongeant la Jamaâ dans une zone de turbulences déstabilisatrice, l’obligeant à clarifier ses positions mais sans jamais renier le fond.</p>
<p>Une secousse d’autant plus grande que le marketing de la Jamaâ depuis sa création avait pour axe principal la non-violence et le rejet du terrorisme.</p>
<h2><strong>L</strong><strong>’instauration du califat, quitte à couper des têtes</strong></h2>
<p>Hassan Bennajeh, porte-parole du cercle politique est alors en première ligne pour éteindre le feu allumé par Abaddi. Il multiplie les déclarations pour limiter les dégâts et tenter de préserver l’image d’un mouvement pacifiste : « le califat que défend Al Adl Wal Ihssane est une sorte de fédération et une union qui rassemble tous les pays musulmans », explique le porte-parole du cercle politique qui semble s’étonner «de la compréhension simpliste et erronée selon laquelle Abbadi voudrait “couper des têtes” […] si cela était vrai, on serait en train de couper des têtes depuis 40 ans*».</p>
<figure id="attachment_209461" aria-describedby="caption-attachment-209461" style="width: 327px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209461 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/hassan-1.jpg" alt="" width="327" height="250" /><figcaption id="caption-attachment-209461" class="wp-caption-text">Hassan Bennajeh</figcaption></figure>
<p>L’exercice est périlleux pour Hassan Bennajeh car Abbadi a fait la promotion d’un modèle de prise de pouvoir basé sur la contrainte, la force et les armes.</p>
<p>Du côté d’Al Adl Wal Ihssane, Hassan Bennajeh porte une grande partie de la responsabilité du rapprochement avec l’extrême gauche. Il a pour principal interlocuteur, dans le camp des « laïcs » l’universitaire Maati Monjib, pivot central, avec Fouad Abdelmoumni, de l’exécution des différentes dispositions de cette alliance. Les deux hommes cultivent une grande proximité et l’historien qui est interpelé par plusieurs figures de l’extrême gauche sur la sortie malencontreuse de Abbadi, se voit demander des comptes sur le Califat et les têtes qu’il faudrait « décapiter ».</p>
<h2><strong>Voler au secours d&rsquo;Al Adl Adl Wal Ihssane</strong></h2>
<p>L’historien tente de désamorcer en disant qu’une telle déclaration est « ordinaire de la bouche d’un Adliste (…) Maintenant ils disent que le califat n’est religieusement nécessaire que sur le plan panislamique, et quand tous les peuples musulmans seront unis ».</p>
<figure id="attachment_209462" aria-describedby="caption-attachment-209462" style="width: 337px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209462 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/mayti.jpg" alt="" width="337" height="215" /><figcaption id="caption-attachment-209462" class="wp-caption-text">Maati Monjib</figcaption></figure>
<p>Et de poursuivre: « Autrement dit, le califat n’est pas politiquement souhaitable sur un niveau strictement national. Les Adlistes sont nationalement pour un régime choisi par le peuple* » , affirme Maati Monjib, pensant dédramatiser les propos du Secrétaire General de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>Quand l’instauration d’un califat dans le monde musulman est cautionnée par Maati Monjib</strong></h2>
<p>Mais cette sortie de l’historien les rend en réalité bien plus effrayants encore. Se présentant comme un homme de gauche, un démocrate moderniste œuvrant pour les libertés, Maati Monjib cautionne le projet d’instauration d’une « société islamique authentique » dans tout le monde musulman. Il ne dit pas que c’est un écart ou que les propos de Abbadi ont été mal compris, il les justifie et avalise le projet d’instauration d’un califat « religieusement nécessaire que sur le plan panislamique (…) quand tous les peuples musulmans seront unis ». En clair, ils ne veulent pas d’un califat au Maroc mais à l’échelle du monde musulman et Maati Monjib ne semble y voir aucune contre-indication.</p>
<p>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><strong> </strong></a><a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><span class="post-title"><strong>“frapper ensemble mais marcher séparément</strong>”</span></a></p>
<p>L’énormité de ces propos prêterait à sourire s’ils n’étaient pas aussi graves. Ils présentent le mérite de révéler les termes de l’entente entre les deux « parties », leur niveau d’engagement et l’état d’avancement du projet insurrectionnel que Fouad Abdelmoumni , en bon relais idéologique de cette alliance, a baptisé « initiative pour la lutte contre le despotisme ». Ainsi cerné, le projet insurrectionnel dans lequel s’inscrivent les différents acteurs qui n’ont pour unique point commun que la prise du pouvoir, suggère d’abord que le mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane soit dédiabolisé aux yeux de l’opinion publique.</p>
<h2><strong>Obtenir une partie du pouvoir ou le renverser</strong></h2>
<p><strong> </strong>Sur cet axe très précis, l’universitaire Maati Monjib réalise un véritable travail d’encadrement de la Jamaâ. Après les déclarations de Abbadi sur le projet califal de la Jamaâ, il multiplie les déclarations à la presse et parraine les sorties médiatiques de Hassan Bennajeh dans ses tentatives de rectifier le tir publiquement pour calmer la colère qui gronde dans les rangs des « alliés » : le parti d’obédience marxiste, Annahj Addimocrati , son pendant associatif l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), des groupuscules de la société civile qui se sont associées à ce rapprochement et des individualités qui œuvrent en coulisses depuis plus de 10 ans pour donner corps à cette alliance entre « laïcs »  et intégristes religieux.</p>
<figure id="attachment_209464" aria-describedby="caption-attachment-209464" style="width: 615px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209464 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg" alt="" width="615" height="460" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg 615w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-401x300.jpg 401w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-86x64.jpg 86w" sizes="auto, (max-width: 615px) 100vw, 615px" /><figcaption id="caption-attachment-209464" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Hassan Bennajeh (à sa gauche)</figcaption></figure>
<p>Leur objectif est d’obtenir une partie du pouvoir ou de le renverser. Devant l’amplitude et la profondeur de l’assise populaire dont jouit Mohammed VI, la première option s’impose aux promoteurs de ce front commun, y compris Al Adl Wal Ihssane qui conteste pourtant au monarque chérifien son rôle de Commandeur des Croyants. Mais le rêve d’une option révolutionnaire républicaine ou califale est toujours caressé par une partie des « laïcs » et une majorité des obscurantistes d’Al Adl Wal Ihssane qui se verraient bien en gardiens de cette révolution.</p>
<p>Lire aussi: <span class="post-title">“<a href="https://atlasinfo.fr/lune-des-plus-grandes-forces-dal-adl-wal-ihssane-est-de-savoir-nager-en-eaux-troubles-et-brouiller-les-cartes.html"><strong>L’une des plus grandes forces d’Al Adl Wal Ihssane est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes”</strong></a></span></p>
<p>En effet, le rôle et les objectifs des héritiers d&rsquo;Abdessalam Yassine est clairement défini notamment dans le livre signé du fondateur de la Jamaâ « la Sunnah d’Allah » publié en 2005 : « le devoir (…) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad » (P52).</p>
<h2><strong>Adopter un discours de démocrates sans se déjuger</strong></h2>
<p>Tirant les leçons de leur participation aux manifestations du mouvement du « 20 Février » et conseillés par Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni, les membres de la Jamaâ ont fait évoluer leur positionnement et épousent des causes sociales aux charges revendicatives plus impactantes pour le quotidien des marocains.</p>
<p>Ils répètent à qui veut l’entendre que le mouvement respecte les libertés individuelles et adhère aux grands principes de la démocratie, mais ils ne réussissent toujours pas à sortir de la ligne directrice de la Jamaâ construite sur le référentiel islamique. L’association ne parvient pas non plus à rassurer sur sa vision de la condition féminine, ses adeptes des deux sexes continuant de défiler séparément lors des manifestations, les hommes devant et les femmes derrière, évidemment.</p>
<h2><strong>Des efforts colossaux pour rendre Al Adl Wal Ihssane fréquentable</strong></h2>
<p>Devant l’idéal religieux défendu par la Jamaâ, le scepticisme ne cède toujours pas le pas aux certitudes et ce en dépit des efforts colossaux réalisés par ses « alliés » pour la rendre fréquentable. Les dirigeants de la Jamaâ comme Omar Iharchane membre du secrétariat général de la section politique et autre pilier du rapprochement avec l’extrême gauche, s’attèlent à faire évoluer le discours du mouvement mais peinent à sortir de leur doctrine : «l’Etat civil que nous appelons de nos vœux est aux antipodes de l’Etat militaire, policier ou théocratique ; c’est un Etat où la religion occupe une place qu’on ne peut renier, vu la nature des sociétés arabes», affirme Omar Iharchane.</p>
<figure id="attachment_209465" aria-describedby="caption-attachment-209465" style="width: 314px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209465" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/iharchane1.jpg" alt="" width="314" height="297" /><figcaption id="caption-attachment-209465" class="wp-caption-text">Omar Iharchane</figcaption></figure>
<p>De l’autre côté, celui des « laïcs » Maati Monjib redouble d’efforts pour banaliser le référentiel religieux de la Jamaâ : «la gauche marxiste orthodoxe pro démocratique […] qui, tout en reconnaissant que le référentiel d’Al Adl reste fondamentalement islamique, juge nécessaire de s’allier à lui pour changer le rapport de force avec le régime, dans la même ligne que les catholiques et le Parti communiste en France après la Seconde Guerre mondiale* »</p>
<h2><strong>Tentative des « laïcs » d’éloigner ce rapprochement du modèle iranien </strong></h2>
<p>La comparaison utilisée par l’universitaire est destinée à estampiller d’un référentiel européen l’alliance entre islamistes intégristes et « laïcs » marocains. Maladroite, cette tentative de l’éloigner d’un parallèle avec la révolution islamique iranienne, ne leurre que les promoteurs de cette alliance eux-mêmes, en tout cas ceux du camp « moderniste ».</p>
<p>La machine répressive du régime des mollahs qui a vu l’élimination de tous les acteurs dont le parti communiste Tudeh qui les ont portés au pouvoir en 1979, atteste de l’échec annoncé d’une alliance de cette nature :<br />
Un tel modèle ne laisse en effet que deux voies possibles : une soumission absolue à l’idéal religieux servile des obscurantistes ou l’élimination.</p>
<h2><strong>Plus de 30.000 opposants liquidés par le régime de Khomeiny</strong></h2>
<p>Le régime chiite iranien qui constitue un modèle à suivre pour Al Adl Wal Ihssane est accusé du massacre d’au moins 30.000 opposants, sur fatwa de Rouhollah Khomeiny.</p>
<figure id="attachment_209467" aria-describedby="caption-attachment-209467" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209467 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg" alt="" width="720" height="485" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg 720w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd-445x300.jpg 445w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption id="caption-attachment-209467" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni à une rencontre organisée par la jeunesse d&rsquo;Adl Wal Ihssane</figcaption></figure>
<p>Que les cadres de la Jamaâ œuvrent pour faire oublier que leur doctrine est inspirée du régime des mollahs est une chose, mais que les activistes « laïcs » minimisent la portée de cette doctrine pour servir leur projet insurrectionnel, en est une autre. Elle révèle leur immense hypocrisie et leur déphasage avec les réalités marocaines. Quelles que soient les difficultés économiques et la situation sociale, les marocains ne sont pas prêts à voir basculer le pouvoir dans l’illégitimité.</p>
<h2><strong>Manœuvres florentines et « Mohammed VI bashing »</strong></h2>
<p>Tout comme ils sont conscients de ce que le harcèlement, notamment médiatique, dont fait l’objet le Roi Mohammed VI, n’a rien de spontané ou de « naturel ». Que les éléments, qui constituent chaque axe du « Mohammed VI bashing » ces 10 dernières années, ont été posés et sont portés par un groupe d’acteurs qui ont pour point commun un parcours et des revendications personnelles vis-à-vis du pouvoir.</p>
<p>Ce ne sont pas leurs idées politiques ou leur positionnement idéologique qui motivent leurs discours forcément à charge et leur réquisitoire anti-monarchique, mais des griefs et des déboires personnels pour la plupart et des aspirations contrariées pour certains.</p>
<p>L’historien Maati Monjib, Les journalistes Ahmed Reda Benshemsi, Abou Bakr Jamaï , Ali Lmrabet, Hussein Majdoubi et Ali Anouzla, l’économiste Fouad Abdelmoumni, l’ex capitaine Mustafa Adib, le boxeur Zakaria Moumni ou encore Hicham Alaoui, le fils du frère cadet de Hassan II, sont de ceux-là.<br />
Leurs itinéraires respectifs se croisent et se confondent en permanence dans cette guérilla dont les ressorts faits d’intrigues et de diversions permanentes s’apparentent à des manœuvres florentines.</p>
<p>A suivre….</p>
<p><strong>*Qawma, soulèvement général.<br />
*Traduit « Justice et Bienfaisance ».<br />
*Jamaâ, communauté.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny décédé en 1989.<br />
*Hezbollahi, les nervis qui se réclament du « parti de Dieu ».<br />
*La SAVAMA est la police politique islamique qui a succédé à la police politique du shah, la SAVAK.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny.<br />
*«Al-Adl Wal Ihssane veut-il vraiment couper des têtes ? », <a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a> , le 12 avril 2016.<br />
*<a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a>, le 12 avril 2016, d’après Lakome.</strong></p>
<p><strong>*« Au Maroc, un mouvement en faveur de la séparation des pouvoirs intrigue » par Dounia Hadni. 13 juillet 2017, Libération.fr .</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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