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	<title>Hakim El Ghissassi &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Hakim El Ghissassi &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Qui produit aujourd’hui le discours religieux en ligne ?</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 18:12:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[A mesure que les plateformes numériques redéfinissent les circuits de production et de diffusion du sens, une question s’impose avec acuité: qui parle aujourd’hui au nom du religieux dans l’espace numérique ? Et, surtout, selon quelles légitimités ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le basculement est silencieux mais profond. Là où, historiquement, la parole religieuse s’inscrivait dans des cadres institutionnels structurés — mosquées, conseils des oulémas, dispositifs de formation —, elle circule désormais dans un espace ouvert, fragmenté, algorithmique. Le numérique a permis une diffusion élargie, mais il a aussi introduit une désintermédiation radicale : chacun peut produire, commenter, interpréter.</p>
<p>Cette évolution n’est pas neutre. Elle modifie la nature même de l’autorité. L’expertise religieuse, fondée sur la formation, la transmission et la reconnaissance institutionnelle, se trouve désormais concurrencée par des logiques de visibilité : audience, viralité, capacité à capter l’attention. Autrement dit, la légitimité tend à se déplacer du savoir vers la performance.</p>
<p>Dans ce nouvel écosystème, plusieurs figures coexistent :<br />
• des acteurs institutionnels engagés dans une adaptation progressive aux formats numériques ;<br />
• des prédicateurs autonomes, parfois formés, parfois non, investissant les réseaux sociaux ;<br />
• des profils hybrides mêlant discours religieux, développement personnel et contenus motivationnels ;<br />
• et, plus problématique encore, des producteurs de contenus approximatifs, voire erronés, dont la diffusion est amplifiée par les logiques algorithmiques.</p>
<p>Le risque n’est pas seulement doctrinal. Il est aussi cognitif, social et institutionnel. Lorsque la parole religieuse se fragmente, se simplifie ou se décontextualise, elle peut produire confusion, concurrence des référentiels et perte de repères. À terme, c’est la cohérence même du cadre normatif qui se trouve fragilisée.</p>
<p>Dans le cas marocain, ce défi prend une dimension stratégique particulière. Le modèle national, structuré autour de Imarat al-Mouminine, des conseils des oulémas et d’un dispositif de formation reconnu — notamment celui des imams, morchidines et morchidates — repose sur une articulation fine entre légitimité religieuse, stabilité institutionnelle et ancrage social. Ce modèle ne se contente pas d’encadrer : il produit du sens, dans la durée.</p>
<p>Or, l’espace numérique introduit une rupture : il ne reconnaît ni hiérarchie préalable ni légitimité instituée. Il privilégie la visibilité, la rapidité, l’émotion. Dès lors, l’enjeu n’est plus seulement de produire un discours juste, mais de le rendre audible dans un environnement qui valorise d’autres critères.</p>
<p>Cela impose un double mouvement. D’un côté, renforcer la présence numérique des acteurs légitimes : production de contenus adaptés, montée en compétence continue, maîtrise des formats et des rythmes propres aux plateformes. De l’autre, développer une capacité structurée de veille, d’analyse et de réponse : détecter les signaux faibles, anticiper les dérives, clarifier rapidement les confusions.</p>
<p>Le défi n’est donc pas celui d’un contrôle impossible de la parole, mais celui d’une reconstruction de la crédibilité dans un espace ouvert. Il s’agit moins de restreindre que de structurer, moins de censurer que d’éclairer, moins de réagir que d’anticiper.</p>
<p>Car, au fond, la question n’est plus seulement : qui parle mais structure le sens, dans un monde où les algorithmes organisent la visibilité ?</p>
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		<title>Bank Al-Maghrib : le message de Jouahri sur la nouvelle équation économique marocaine</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/economie/bank-almaghrib-le-message-de-jouahri-sur-la-nouvelle-equation-economique-marocaine/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 08:24:01 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Wali de Bank Al-Maghrib]]></category>
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					<description><![CDATA[En maintenant son taux directeur à 2,25 % le 17 mars 2026, Bank Al-Maghrib n’a pas seulement confirmé une orientation monétaire. Elle a aussi livré une lecture structurée de l’économie marocaine : inflation contenue, croissance mieux orientée, mais vulnérabilités externes et tensions de financement toujours présentes. Nouvelle équation économique marocaine L’intervention du Wali de Bank &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 14pt;"><em>En maintenant son taux directeur à 2,25 % le 17 mars 2026, Bank Al-Maghrib n’a pas seulement confirmé une orientation monétaire. Elle a aussi livré une lecture structurée de l’économie marocaine : inflation contenue, croissance mieux orientée, mais vulnérabilités externes et tensions de financement toujours présentes</em></span>.</p>
<h3><strong>Nouvelle équation économique marocaine</strong></h3>
<p>L’intervention du Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, doit être lue au-delà du seul registre monétaire. En maintenant, lors de sa réunion du 17 mars 2026, le taux directeur à 2,25 %, la banque centrale n’a pas seulement confirmé une décision technique ; elle a fixé un cadre de lecture de la conjoncture marocaine : inflation maîtrisée, croissance mieux orientée, mais environnement international suffisamment instable pour imposer une prudence sans relâche.</p>
<p>Le premier message est celui de la vigilance. Dans son communiqué, Bank Al-Maghrib souligne que les développements récents au Moyen-Orient viennent accroître une incertitude déjà forte, dans un contexte encore marqué par la guerre en Ukraine et par les tensions liées à la politique commerciale américaine. Le propos est important : la banque centrale rappelle que l’amélioration relative des équilibres internes ne met pas l’économie marocaine à l’abri des chocs externes. Elle réinscrit ainsi la trajectoire nationale dans une géographie plus large de l’instabilité mondiale.</p>
<h3><strong>Inflation au Maroc : pourquoi Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur</strong></h3>
<p>Le deuxième message concerne les prix. Bank Al-Maghrib anticipe une inflation de 0,8 % en 2026 puis de 1,4 % en 2027. Dans le même temps, ses données publiées pour février 2026 montrent une inflation annuelle de -0,6 %, avec une inflation sous-jacente stabilisée à -1,5 %. Ce décalage entre projection de moyen terme et photographie immédiate explique la logique du Conseil : il n’y avait ni emballement inflationniste justifiant un resserrement, ni signal suffisamment fort pour un nouvel assouplissement. Le maintien du taux apparaît donc comme un arbitrage de calibration, non comme un statu quo passif.</p>
<h3><strong>Amélioration réelle, mais pas encore de consolidation</strong></h3>
<p>Le troisième message porte sur l’activité. Bank Al-Maghrib projette une croissance de 5,6 % en 2026 après 4,8 % en 2025, soutenue par un rebond agricole et par une progression continue des activités non agricoles. Mais l’intérêt du discours est précisément de ne pas transformer cette amélioration en récit de confort. La banque centrale admet une conjoncture mieux orientée, tout en rappelant que la question décisive n’est pas la reprise en elle-même, mais sa capacité à produire des gains durables en productivité, en investissement et en robustesse structurelle.¹²</p>
<h3><strong>Compte courant, liquidité, crédit : les vraies zones de tension</strong></h3>
<p>C’est ici que le discours devient véritablement stratégique. Derrière les indicateurs plus favorables, Bank Al-Maghrib met en avant plusieurs zones de tension : un déficit du compte courant qui passerait de 2,3 % du PIB en 2025 à 3,1 % en 2026, notamment sous l’effet d’un renchérissement attendu de la facture énergétique ; un besoin de liquidité bancaire appelé à se creuser pour atteindre 169,4 milliards de dirhams en 2027 ; et un crédit au secteur non financier qui progresserait à 6 % en 2026. La leçon est claire : l’économie marocaine tient, mais elle avance dans un cadre où les équilibres extérieurs, la transmission financière et la qualité du financement restent des points de vigilance majeurs.¹²</p>
<h3><strong>Le vrai sens du discours de Jouahri</strong></h3>
<p>Cette lecture rejoint d’ailleurs, sur le fond, les diagnostics des institutions internationales. Le FMI souligne la résilience de l’économie marocaine malgré les chocs climatiques et extérieurs, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les réformes pour soutenir l’investissement, l’emploi et la compétitivité. La Banque mondiale, de son côté, met l’accent sur l’importance de réformes ciblées pour améliorer l’environnement des affaires et consolider la croissance. Le discours de Jouahri s’inscrit dans cette même logique : ne pas confondre résistance conjoncturelle et consolidation structurelle.</p>
<p>Au fond, le Wali de Bank Al-Maghrib ne livre ni un discours d’alarme spectaculaire ni un discours d’autosatisfaction. Il rappelle une règle simple de gouvernement économique : la stabilité monétaire est une condition, non un aboutissement. Le Maroc dispose aujourd’hui d’une fenêtre de consolidation. Mais cette fenêtre ne prendra tout son sens que si elle se traduit par une meilleure allocation du financement, une réduction des vulnérabilités externes et une transformation plus profonde de la base productive. C’est là que commence, au-delà des taux, la véritable question stratégique.</p>
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		<title>Méditerranée : aux Bernardins, la bataille des récits</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 08:08:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À force d’être abordée sous l’angle de la crise, la Méditerranée finit par être enfermée dans ses fractures. Migrations, radicalités, tensions identitaires, conflits de mémoire : le débat public accumule les symptômes et néglige souvent la structure. Or, entre les deux rives, il ne se joue pas seulement une succession de crises. Il se joue &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>À force d’être abordée sous l’angle de la crise, la Méditerranée finit par être enfermée dans ses fractures. Migrations, radicalités, tensions identitaires, conflits de mémoire : le débat public accumule les symptômes et néglige souvent la structure. Or, entre les deux rives, il ne se joue pas seulement une succession de crises. Il se joue une question plus profonde, plus ancienne et plus décisive : celle du rapport entre nation, État et religion.</strong></h3>
<p>C’est ce que remet au centre le séminaire « Construction nationale et religion en Méditerranée », lancé au Collège des Bernardins pour le cycle 2026-2027 sous la direction d’Imad Khillo et Valentine Zuber. Il faut lire cette initiative pour ce qu’elle révèle réellement : non comme un simple rendez-vous académique, mais comme le signe d’un déplacement plus profond du débat méditerranéen. La question n’est plus seulement de savoir quelle place accorder au religieux dans l’espace public. Elle est de comprendre comment il continue de structurer les imaginaires politiques, les légitimités et les équilibres nationaux, y compris dans des systèmes qui se pensent comme sécularisés.</p>
<p>L’intérêt du dialogue entre Imad Khillo et Valentine Zuber est précisément de faire sauter une opposition devenue trop commode : celle d’une rive Nord supposée laïque face à une rive Sud réputée religieuse. Une telle lecture ne permet plus de penser les réalités contemporaines. Imad Khillo inscrit la réflexion dans les dynamiques institutionnelles, juridiques et historiques du monde arabe, là où le religieux demeure lié à la continuité de l’État et à la légitimité des cadres collectifs. Valentine Zuber rappelle, de son côté, que la laïcité européenne n’est ni une abstraction pure ni une neutralité hors-sol, mais le produit d’arbitrages historiques complexes entre liberté, encadrement, pluralisme et espace public. Ensemble, ils ouvrent un espace d’analyse rare : celui d’une comparaison exigeante, débarrassée des caricatures.</p>
<p>Ce point est essentiel, car il touche à une réalité devenue centrale dans l’espace méditerranéen : la coexistence de plusieurs récits du politique, de plusieurs histoires nationales et de plusieurs conceptions de la place de la religion dans la vie collective. D’un côté, un espace européen où le religieux est souvent renvoyé à la sphère privée ou soumis à une exigence permanente de justification. De l’autre, des sociétés où il demeure un élément structurant de la mémoire collective, de la légitimité symbolique et parfois de l’architecture institutionnelle elle-même. Cette tension n’est pas seulement identitaire. Elle est intellectuelle, civique et stratégique. Elle oblige à penser plus finement la double appartenance, la cohésion et les conditions de stabilité.</p>
<p>Dans ce paysage, le Maroc occupe une place singulière. Et c’est sans doute l’un des apports majeurs de ce type de séminaire : rendre visible ce que les lectures simplistes effacent. Le cas marocain ne se laisse enfermer ni dans le modèle de séparation à la française ni dans une simple fusion du politique et du religieux. Il repose sur une articulation institutionnelle propre, où la légitimité religieuse, la continuité de l’État, l’encadrement du champ religieux et la cohésion nationale s’inscrivent dans une même architecture. Cette singularité n’appelle ni slogan ni simplification. Elle mérite au contraire d’être pensée avec sérieux, parce qu’elle éclaire autrement les débats sur la stabilité, la transmission, le pluralisme et le rapport entre tradition et modernité.</p>
<p>Pour ma part, cette réflexion s’inscrit dans une expérience ancienne. En 2004, je suis intervenu au Collège des Bernardins lors d’une conférence où j’avais invité le regretté professeur Abbas El Jirari, alors conseiller de SM le Roi Mohammed VI, à présenter le modèle marocain en la matière. Cette séquence m’avait déjà confirmé que ces débats dépassent de loin le seul cadre académique. Ils touchent à la souveraineté culturelle, à la transmission intellectuelle et à la manière dont une nation construit son propre récit de continuité entre religion, État et modernité. Ce souvenir rappelle aussi que la réflexion marocaine sur ces questions n’est ni récente ni improvisée. Elle s’inscrit dans une profondeur historique et institutionnelle qu’il faut savoir relire aujourd’hui.</p>
<p>Le choix du Collège des Bernardins n’est d’ailleurs pas anodin. Ce lieu s’est imposé comme un espace où se croisent traditions religieuses, recherche académique, culture et réflexion sur la société contemporaine. Qu’un séminaire sur la construction nationale et la religion en Méditerranée s’y tienne envoie un message clair : la question religieuse n’est pas un résidu du passé que la modernité contournerait. Elle demeure une clé de lecture des États, des sociétés, des tensions civiques et des possibilités mêmes de coexistence.</p>
<p>Il faut aller plus loin encore. Ce qui se joue dans ce type d’initiative dépasse le cadre universitaire. Il s’agit, en réalité, d’une bataille de récits à l’échelle méditerranéenne.</p>
<p>Qui produit aujourd’hui les cadres légitimes pour penser l’État, la foi, l’appartenance, la mémoire et la liberté ? Qui impose ses catégories de lecture ? Qui parvient à articuler stabilité, pluralisme et continuité sans mutiler les sociétés de l’intérieur ? Derrière les séminaires, les échanges intellectuels et les comparaisons savantes, se joue aussi une lutte plus discrète mais décisive : celle de la gouvernance du sens.</p>
<p>Dans une époque saturée de lectures émotionnelles, identitaires ou sécuritaires, la capacité à produire des cadres d’analyse stables, nuancés et crédibles devient en elle-même un facteur de puissance. C’est pourquoi cette initiative mérite attention, non seulement pour ce qu’elle dit explicitement, mais pour ce qu’elle révèle : un déplacement progressif des lignes intellectuelles, où les simplifications reculent au profit d’approches plus structurées, plus comparatives et plus responsables.</p>
<p>Au fond, la Méditerranée ne se comprend pas seulement à travers ses drames. Elle se comprend aussi à travers les efforts intellectuels qui cherchent à penser ensemble l’État, la nation, la religion, la liberté et l’appartenance. Entre les deux rives, il ne s’agit plus seulement de dialoguer, mais de produire des cadres communs de compréhension. C’est dans cet espace, exigeant mais fécond, que peuvent encore se construire des équilibres durables.</p>
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		<item>
		<title>Pourquoi le Maroc reste la valeur sûre des affaires en Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 13:08:11 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un environnement africain souvent perçu comme risqué par les investisseurs, le Maroc continue de faire figure d’exception relative. Dans son Country Risk Atlas 2026, Allianz Research maintient le Royaume en catégorie B1, soit le meilleur positionnement observé en Afrique dans cette grille de risque-pays. Ce classement ne signifie pas que le Maroc serait à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Dans un environnement africain souvent perçu comme risqué par les investisseurs, le Maroc continue de faire figure d’exception relative. Dans son Country Risk Atlas 2026, Allianz Research maintient le Royaume en catégorie B1, soit le meilleur positionnement observé en Afrique dans cette grille de risque-pays.</strong></h3>
<p>Ce classement ne signifie pas que le Maroc serait à l’abri des tensions. Il indique surtout qu’au moment où plusieurs marchés africains restent exposés à des fragilités politiques, financières ou logistiques, le Royaume offre aux entreprises un cadre jugé plus lisible que celui de nombreuses économies du continent. Allianz Trade projette ainsi une croissance de 3,7 % en 2026 puis de 3,5 % en 2027. Dans le même temps, Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de son Conseil du 16 décembre 2025, confirmant une ligne de prudence monétaire.</p>
<p>Si le Maroc conserve cette avance relative, c’est d’abord parce qu’il a installé dans la durée plusieurs repères recherchés par les investisseurs : une stabilité institutionnelle forte, une continuité de l’action publique et des équilibres macroéconomiques globalement maîtrisés. La Banque mondiale soulignait déjà en mars 2025 la résilience de l’économie marocaine tout en appelant à des réformes ciblées pour renforcer davantage l’environnement des affaires.</p>
<p>Il existe aussi un facteur moins spectaculaire mais souvent décisif dans les décisions d’investissement : la prévisibilité. Les entreprises savent gérer des contraintes ; ce qu’elles redoutent le plus est l’illisibilité. Sur ce terrain, le Maroc conserve un avantage réel. Une politique monétaire prudente, une trajectoire économique cohérente et une image de continuité institutionnelle alimentent cette prime de confiance. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation des chaînes de valeur, cette lisibilité devient un actif stratégique.</p>
<p>Mais l’analyse ne peut s’arrêter là. Être le mieux classé ne signifie pas être hors de danger. Allianz Trade relève des fragilités persistantes dans plusieurs secteurs, notamment le commerce de détail, l’immobilier et la construction. L’assureur-crédit signale également une hausse des défaillances d’entreprises de 10 % en 2025, avant une stabilisation attendue en 2026, les retards de paiement demeurant un facteur majeur de vulnérabilité.</p>
<p>Le marché du travail reste à cet égard le révélateur le plus sensible des limites du modèle. Selon le Haut-Commissariat au Plan, le taux de chômage est passé de 13,3 % à 13 % en 2025. Mais derrière cette amélioration modeste, les déséquilibres restent importants : 37,2 % chez les 15-24 ans, 20,5 % chez les femmes et 19,1 % chez les diplômés. Le sous-emploi a progressé à 10,9 %. Ces chiffres rappellent une réalité simple : un pays peut rassurer les investisseurs sans encore réussir à diffuser pleinement cette stabilité dans l’emploi et les revenus.</p>
<p>À cela s’ajoute une contrainte plus structurelle : l’exposition de l’économie aux aléas climatiques. La Banque mondiale rappelle que les perspectives marocaines restent partiellement dépendantes de la performance agricole, même si les activités non agricoles montrent davantage de résilience.</p>
<p>Le paradoxe marocain apparaît alors clairement. Le Royaume inspire confiance parce qu’il apparaît plus ordonné, plus stable et plus prévisible que de nombreux marchés africains. Mais cette avance restera fragile si elle ne se transforme pas en résultats tangibles : réduction des délais de paiement, amélioration de l’exécution administrative, soutien plus efficace aux PME et meilleure intégration des jeunes dans l’économie formelle.</p>
<p>La note B1 constitue donc un avantage comparatif. Elle ne vaut pas dispense d’effort.</p>
<p>Au fond, la question n’est plus de savoir si le Maroc bénéficie aujourd’hui d’un capital de confiance. Il existe. La vraie interrogation est plus exigeante : saura-t-il transformer cette confiance en puissance économique durable et partagée ?</p>
<p>C’est là que se jouera la différence entre une réputation solide et une trajectoire incontestable.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chine en Afrique : infrastructures, données et nouvelle géopolitique du savoir</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 13:27:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Lorsque l’on observe aujourd’hui les ports, les corridors ferroviaires ou les réseaux numériques qui se développent à travers le continent africain, une réalité apparaît progressivement : la présence chinoise ne se limite plus à des projets d’infrastructure. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large où économie, technologie et circulation de l’information se rejoignent dans une &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>Lorsque l’on observe aujourd’hui les ports, les corridors ferroviaires ou les réseaux numériques qui se développent à travers le continent africain, une réalité apparaît progressivement : la présence chinoise ne se limite plus à des projets d’infrastructure. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large où économie, technologie et circulation de l’information se rejoignent dans une même architecture d’influence.</strong></h4>
<p>Depuis le début des années 2000, la Chine renforce progressivement sa coopération avec l’Afrique à travers des mécanismes institutionnels et économiques structurés. La création du Forum on China–Africa Cooperation (FOCAC) en 2000 a marqué une étape importante dans cette évolution. Ce cadre de dialogue régulier entre Pékin et les États africains est devenu l’un des principaux instruments de coopération économique et politique entre les deux parties.</p>
<h3><strong>Un modèle fondé sur la coordination</strong></h3>
<p>L’un des traits caractéristiques de la stratégie chinoise réside dans la coordination étroite entre l’État, les entreprises et les institutions financières publiques.</p>
<p>Des entreprises technologiques comme Huawei et ZTE ont participé à la construction d’infrastructures de télécommunications dans plusieurs pays africains. Parallèlement, des institutions financières telles que la China Development Bank ou l’Export-Import Bank of China contribuent au financement de projets d’infrastructures à long terme.</p>
<p>Cette organisation permet d’articuler diplomatie, investissements et développement technologique dans une stratégie relativement cohérente. Dans ce contexte, les infrastructures ne sont pas seulement des équipements matériels : elles deviennent aussi des points d’observation des flux économiques et commerciaux.</p>
<p>L’Afrique dans la recomposition des routes économiques</p>
<p>La présence chinoise s’inscrit également dans un projet plus large de connectivité internationale. Lancée en 2013, la Belt and Road Initiative vise à renforcer les liaisons économiques entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique à travers des réseaux d’infrastructures de transport, d’énergie et de communication.</p>
<p>Ports, corridors ferroviaires et zones logistiques participent ainsi à la transformation progressive des circuits commerciaux internationaux.</p>
<p>À cette dimension physique s’ajoute une dimension numérique, souvent désignée sous le terme de « Digital Silk Road ». Celle-ci concerne notamment les télécommunications, les infrastructures de données et les technologies numériques.</p>
<h3><strong>Infrastructures numériques au cœur des transformations</strong></h3>
<p>Les réseaux de télécommunications jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans le développement économique du continent africain.</p>
<p>Plusieurs études sectorielles indiquent que des entreprises chinoises ont contribué à la construction d’une part importante des réseaux 3G et 4G en Afrique. Ces infrastructures constituent désormais l’ossature de l’économie numérique : elles permettent la circulation des données, des transactions financières et des communications.</p>
<p>Le sociologue Manuel Castells a montré dans ses travaux sur la société en réseau que la capacité à organiser les flux d’information devient un facteur déterminant du pouvoir dans les économies contemporaines. Dans cette perspective, les infrastructures numériques acquièrent une dimension stratégique nouvelle.</p>
<h3><strong>Formation des élites et circulation du savoir</strong></h3>
<p>La coopération sino-africaine comporte également une dimension académique et éducative.</p>
<p>Depuis plusieurs années, de nombreux étudiants africains poursuivent leurs études dans des universités chinoises dans des domaines tels que l’ingénierie, les technologies de l’information ou l’urbanisme. Ces échanges contribuent à renforcer les liens scientifiques et professionnels entre la Chine et les pays africains.</p>
<p>Cette dynamique rejoint les analyses du juriste et chercheur Yochai Benkler, qui souligne le rôle central de la circulation du savoir dans les économies fondées sur l’information.</p>
<h3><strong>Ressources critiques et transition énergétique</strong></h3>
<p>L’Afrique joue également un rôle important dans les chaînes d’approvisionnement liées aux technologies et à la transition énergétique.</p>
<p>La Democratic Republic of the Congo est aujourd’hui le premier producteur mondial de cobalt, un minerai essentiel pour la fabrication des batteries lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques et les systèmes de stockage d’énergie.</p>
<p>La Chine occupe une place significative dans certaines étapes de la transformation et du raffinage de ce minerai. Dans ce contexte, la compétition internationale porte autant sur l’accès aux ressources que sur la maîtrise des chaînes de valeur industrielles.</p>
<h3><strong>Trois trajectoires possibles à l’horizon 2035</strong></h3>
<p>À moyen terme, plusieurs scénarios peuvent être envisagés pour l’évolution des relations économiques entre la Chine et l’Afrique.</p>
<p>Un premier scénario correspondrait à une consolidation de l’influence chinoise à travers la poursuite des investissements et l’intégration progressive des infrastructures africaines dans les réseaux économiques liés à la Belt and Road Initiative.</p>
<p>Un second scénario verrait l’émergence d’une compétition multipolaire entre différents acteurs internationaux — Chine, Europe, Inde, pays du Golfe ou États-Unis — permettant aux États africains de diversifier leurs partenariats.</p>
<p>Enfin, un troisième scénario pourrait s’appuyer sur le renforcement de l’intégration économique du continent, notamment à travers la African Continental Free Trade Area entrée en vigueur en 2021.</p>
<h3><strong>Vers une géopolitique du savoir</strong></h3>
<p>La présence chinoise en Afrique reflète une transformation plus large des logiques de puissance dans l’économie mondiale.</p>
<p>La compétition internationale ne se limite plus aux ressources naturelles ou aux volumes d’échanges commerciaux. Elle concerne également la maîtrise des infrastructures numériques, des technologies et des flux d’information.</p>
<p>Pour les pays d’Afrique du Nord, et notamment le Morocco, ces évolutions soulèvent une question stratégique essentielle : comment participer aux nouvelles infrastructures économiques et numériques du continent tout en préservant leur autonomie technologique.</p>
<p>Dans cette recomposition progressive des équilibres mondiaux, l’Afrique apparaît ainsi comme l’un des espaces où se redessinent les rapports de puissance du XXIᵉ siècle.</p>
<p><strong>Références:</strong></p>
<p>Manuel Castells — The Rise of the Network Society.</p>
<p>Yochai Benkler — The Wealth of Networks.</p>
<p>Vannevar Bush — As We May Think, 1945.</p>
<p>World Bank — Digital Economy for Africa Initiative.</p>
<p>Stanford University — AI Index Report.</p>
<p>Brookings Institution — analyses sur les relations Chine–Afrique.</p>
<p>Forum on China–Africa Cooperation.</p>
<p>Belt and Road Initiative.</p>
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		<title>Pourquoi l’accès libre aux articles scientifiques devient essentiel</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Mar 2026 16:01:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À l’heure où l’intelligence artificielle accélère la production de contenus et où la désinformation brouille de plus en plus les repères, une interrogation devient centrale : sur quelles sources sérieuses peut-on encore s’appuyer ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>À l’heure où l’intelligence artificielle accélère la production de contenus et où la désinformation brouille les repères, la question des sources fiables devient centrale. Les plateformes académiques ouvertes offrent aujourd’hui un accès direct à des recherches scientifiques validées et contribuent à renforcer la qualité de l’information dans l’espace public.</strong></h3>
<p>Jamais l’humanité n’a produit autant d’informations. Et pourtant, jamais la question de leur fiabilité n’a été aussi sensible.</p>
<p>Dans cet environnement saturé d’informations, les plateformes académiques en accès libre prennent une importance nouvelle. C’est le cas de Cambridge Core, la plateforme de Cambridge University Press, qui permet d’accéder à de nombreux articles scientifiques publiés dans des revues reconnues.</p>
<p>Le sujet peut sembler réservé aux chercheurs. En réalité, il dépasse largement le monde universitaire. Car derrière l’accès libre aux publications scientifiques se joue aujourd’hui une question beaucoup plus large : celle de la qualité de l’information dans l’espace public.</p>
<p>Pendant longtemps, l’accès aux grandes revues scientifiques est resté limité aux universités et aux institutions disposant d’abonnements spécialisés. Avec le développement de l’Open Access, une partie croissante de ces contenus devient désormais accessible librement. Cette évolution change profondément la circulation du savoir.</p>
<p>Des étudiants, des journalistes, des chercheurs, mais aussi des responsables publics peuvent consulter directement des travaux solides sur le droit, la gouvernance, les relations internationales, les transformations numériques ou encore les mutations sociales. Dans un monde où chacun parle de tout, souvent très vite et parfois sans sources, cette possibilité a une réelle valeur.</p>
<p>L’intérêt de ces plateformes ne tient pas seulement à la quantité des contenus disponibles. Il tient surtout au fait que les articles publiés passent par des procédures de validation scientifique. Avant publication, ils sont examinés et évalués par des chercheurs spécialisés. Ce système d’évaluation par les pairs constitue aujourd’hui l’un des principaux mécanismes de vérification du savoir scientifique.</p>
<p>Comme l’explique le spécialiste de l’accès ouvert Peter Suber dans son ouvrage de référence Open Access (MIT Press, 2012), l’ouverture progressive des publications scientifiques permet d’élargir considérablement la diffusion du savoir et de renforcer la circulation mondiale de la recherche.</p>
<p>Dans le même esprit, plusieurs travaux publiés dans la revue académique Government and Opposition, éditée par Cambridge University Press, rappellent que la solidité des sources demeure une condition essentielle de la crédibilité des analyses dans l’espace public.</p>
<p>C’est là que l’enjeu devient stratégique. Plus l’intelligence artificielle facilite la production de textes, d’images et d’arguments, plus la question de la source devient décisive. Le véritable défi n’est plus seulement d’avoir accès à l’information. Il est de savoir distinguer une information sérieuse d’un contenu approximatif, orienté ou fabriqué.</p>
<p>Dans ce contexte, l’accès libre à des articles scientifiques de qualité devient un appui précieux. Il permet de renforcer la culture de la preuve, de mieux documenter les analyses et de sortir d’un débat public trop souvent dominé par la réaction immédiate, l’opinion rapide et le commentaire sans vérification.</p>
<p>L’ouverture progressive des ressources académiques internationales constitue également une opportunité importante pour les pays du Sud. Elle contribue à réduire certaines barrières qui limitaient autrefois l’accès au savoir scientifique mondial.</p>
<p>Dans un univers numérique dominé par la vitesse et la surproduction de contenus, les plateformes académiques ouvertes rappellent une réalité simple : à l’ère de l’intelligence artificielle, la crédibilité de l’information dépend d’abord de la solidité de ses sources.</p>
<p><strong>Références:</strong>• Peter Suber, Open Access, MIT Press, 2012.<br />
• Plateforme académique Cambridge Core, Cambridge University Press.<br />
• Revue académique Government and Opposition, Cambridge University Press.</p>
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		<title>Authentifier le réel : la nouvelle bataille stratégique de l’ère synthétique</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 14:48:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À l’ère des contenus générés par intelligence artificielle, la bataille de l’information change de nature. Il ne s’agit plus seulement de lutter contre la désinformation, mais de garantir l’authenticité du réel lui-même. Provenance des contenus, standards techniques et architectures de confiance deviennent les nouveaux enjeux stratégiques de la souveraineté numérique.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2024, un salarié d’une grande entreprise internationale a été piégé lors d’une visioconférence truquée par deepfake et a validé des transferts totalisant près de 25 millions de dollars. Le fait divers est révélateur d’une mutation plus profonde. Dans l’espace numérique contemporain, le problème n’est plus seulement de débusquer le faux, mais de préserver les conditions de possibilité du vrai. Lorsque textes, voix, images et vidéos peuvent être produits à l’échelle industrielle, la bataille de l’information devient une bataille de la preuve, de la provenance et, au fond, de la confiance. [1]</p>
<p>Le problème central du numérique n’est donc plus seulement la désinformation. Il est devenu plus radical : préserver les conditions de possibilité du vrai dans un environnement où texte, image, audio et vidéo peuvent être générés à grande échelle par des systèmes d’intelligence artificielle.</p>
<p>Pendant longtemps, la question dominante était celle de la diffusion de l’information. Aujourd’hui, le défi est différent: comment certifier l’origine d’un contenu dans un univers où le faux peut être produit industriellement ?</p>
<p>Les chercheurs qui travaillent depuis des années sur la forensique numérique l’avaient anticipé. Hany Farid, professeur à l’Université de Californie à Berkeley, est l’un des spécialistes internationaux de l’analyse d’images manipulées et de la désinformation visuelle. Siwei Lyu, à l’Université de Buffalo, mène des recherches sur la détection algorithmique des deepfakes et des falsifications numériques. Le constat partagé par ces travaux est clair : les technologies de génération progressent rapidement tandis que les outils de détection restent imparfaits. [2][3]</p>
<p>Cette asymétrie technologique transforme profondément l’économie de l’information. Claire Wardle et Hossein Derakhshan ont montré, dans leur rapport fondateur pour le Conseil de l’Europe, que la pollution informationnelle ne repose pas uniquement sur le mensonge direct mais sur des environnements complexes mêlant misinformation, disinformation et malinformation. [4]</p>
<h3>Dans ce contexte émerge une nouvelle priorité technique : la provenance des contenus.</h3>
<p>Plutôt que de tenter uniquement de détecter le faux, l’objectif devient de retracer l’histoire d’un contenu : qui l’a créé, avec quel outil et quelles transformations ont été apportées. Le standard C2PA (Coalition for Content Provenance and Authenticity) vise précisément à associer à chaque fichier un registre vérifiable retraçant sa chaîne de production. Les Content Credentials permettent ainsi de rendre visible l’origine et l’historique d’un contenu numérique. [5][6]</p>
<p>Ces initiatives sont soutenues par un large écosystème industriel et médiatique. Mais elles ne constituent pas une panacée. Les métadonnées peuvent être supprimées et la traçabilité peut être perdue au cours de la circulation d’un contenu sur les plateformes.</p>
<p>Sam Gregory, de l’organisation WITNESS, alerte depuis plusieurs années sur le phénomène du liar’s dividend : la possibilité pour un acteur de discréditer une preuve authentique en affirmant qu’elle a été falsifiée par intelligence artificielle. Le danger n’est donc plus seulement la fabrication du faux ; c’est aussi l’érosion de la valeur probatoire du vrai. [7]</p>
<p>C’est à ce stade que le problème devient pleinement stratégique. Dans le monde analogique, la bataille portait sur la diffusion des récits. Dans le monde numérique, elle porte désormais sur la certification du réel.</p>
<p>Les réponses politiques commencent à apparaître. L’Union européenne a adopté l’AI Act, premier cadre réglementaire global sur l’intelligence artificielle, entré en vigueur en 2024. Les États-Unis privilégient une approche plus souple fondée sur la gestion des risques et les standards techniques, notamment à travers le NIST AI Risk Management Framework. [8][9]</p>
<p>Le Maroc se trouve lui aussi à un moment stratégique. Le pays dispose déjà de briques juridiques importantes : la loi 09-08 relative à la protection des données personnelles et la loi 43-20 sur les services de confiance pour les transactions électroniques. L’enjeu dépasse désormais l’adaptation réglementaire : il s’agit de participer à la construction des architectures de confiance qui structureront l’économie numérique mondiale. [10][11]</p>
<p>Car la compétition autour de l’intelligence artificielle ne se joue pas uniquement sur la puissance de calcul ou la performance des modèles. Elle se joue sur un terrain plus fondamental : la capacité à attester la réalité des informations.</p>
<p>Dans l’économie de l’information qui s’ouvre, la souveraineté ne dépendra pas seulement de la capacité à produire des algorithmes. Elle dépendra de la capacité à garantir la confiance.</p>
<p>Sources et références</p>
<p>[1] Financial Times, Arup lost $25mn in Hong Kong deepfake video conference scam, 17 mai 2024.<br />
[2] Hany Farid, University of California Berkeley – Digital Forensics Research.<br />
https://farid.berkeley.edu</p>
<p>[3] Siwei Lyu, University at Buffalo – Media Forensics and Deepfake Detection.<br />
https://www.buffalo.edu</p>
<p>[4] Claire Wardle &amp; Hossein Derakhshan, Information Disorder, Conseil de l’Europe.<br />
https://www.coe.int</p>
<p>[5] Coalition for Content Provenance and Authenticity (C2PA).<br />
https://c2pa.org</p>
<p>[6] Content Credentials Initiative.<br />
https://contentcredentials.org</p>
<p>[7] Sam Gregory – WITNESS – travaux sur le liar’s dividend.<br />
https://www.witness.org</p>
<p>[8] Commission européenne – Artificial Intelligence Act.<br />
https://commission.europa.eu</p>
<p>[9] NIST – AI Risk Management Framework.<br />
https://www.nist.gov</p>
<p>[10] Maroc – Loi 09-08 relative à la protection des données personnelles.</p>
<p>[11] Maroc – Loi 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques.</p>
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		<title>Détroit d&#8217;Ormuz : quand les assurances ferment la mer</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 11:25:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La crise au Moyen-Orient ne se joue pas seulement dans les frappes et les communiqués. Elle se joue aussi dans l’économie du risque : assurance, fret, trafic&#8230; Ormuz devient alors plus qu’un détroit : un test de robustesse logistique et un accélérateur de guerre des récits. On peut commenter les frappes, les ripostes et les &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>La crise au Moyen-Orient ne se joue pas seulement dans les frappes et les communiqués. Elle se joue aussi dans l’économie du risque : assurance, fret, trafic&#8230; Ormuz devient alors plus qu’un détroit : un test de robustesse logistique et un accélérateur de guerre des récits.</strong></h3>
<p>On peut commenter les frappes, les ripostes et les déclarations. Dans les crises de haute intensité, le vrai basculement se produit souvent ailleurs : dans l’économie du risque.</p>
<p>Le 2 mars 2026, un responsable des Gardiens de la Révolution déclare le détroit d’Ormuz « fermé » menaçant tout navire qui tenterait de le franchir. [1] Dans le même cycle d’escalade, il était déjà rapporté, dès le 28 février, que des navires se voyaient notifier que le passage « n’était pas autorisé », selon un responsable d’une mission navale européenne. Autrement dit : le signal n’est pas seulement politique, il est opérationnel — et il vise un autre champ que le militaire.</p>
<h3><strong>Le verrou n’est pas militaire. Il est assurantiel</strong></h3>
<p>Une voie maritime n’a pas besoin d’être physiquement bloquée pour être neutralisée. Il suffit qu’elle devienne inassurable. Quand la couverture “war risk” se retire, ou devient prohibitive, la mer se ferme — même si les cartes disent le contraire.</p>
<p>C’est ici que les signaux “marché” comptent plus que les slogans. Il a été rapporté qu’environ 100 porte-conteneurs, soit près de 10% de la flotte mondiale, se sont retrouvés pris dans un embouteillage monstre à Ormuz, sur fond d’escalade et de décisions affectant la couverture des voyages via ce passage vital avec des suspensions de réservations vers la zone. [3]</p>
<p>En parallèle, il a été indiqué que des assureurs maritimes ont annulé des couvertures de risque de guerre, avec une conséquence mécanique : le risque devient prix, puis le prix devient décision (attendre, détourner, suspendre). [4] Des médias spécialisés ont également décrit une paralysie du trafic maritime dans la zone, confirmant l’ampleur du choc logistique. [8]</p>
<h3><strong>L’économie réagit avant la diplomatie</strong></h3>
<p>Quand « assurer » devient rare, les effets s’enchaînent : suspensions, détours, congestion, allongement des délais. La crise cesse d’être seulement militaire : elle devient géoéconomique.</p>
<p>Il a été rapporté une envolée des coûts d’expédition du pétrole et du gaz, avec des niveaux record sur certaines routes, à mesure que la perception du risque se durcit autour du passage. [5] La mécanique est simple : risque → assurance → fret → prix. Le choc commence dans les contrats, pas dans les discours.</p>
<p>Et l’effet ne s’arrête pas aux armateurs : il a aussi été relevé, dès le 1er mars, une hausse des prix de l’énergie dans un contexte de perturbations et de tensions accrues. [6] La presse française a de son côté documenté la flambée des cours et le rôle d’Ormuz comme goulot d’étranglement, ce qui recoupe la lecture “fret → prix”. [7]</p>
<h3><strong>Le front cognitif : épuiser plus que convaincre</strong></h3>
<p>À cette couche géoéconomique s’ajoute une autre bataille, souvent décisive : celle de l’attention. Dans les crises contemporaines, la multiplication des alertes et des récits concurrents ne vise pas seulement l’adhésion ; elle vise aussi la fatigue et la polarisation.</p>
<p>La méthode protège : séparer le fait (vérifiable), l’effet (mesurable), et l’exploitation (narrative). Autrement dit : preuve avant commentaire. Dans les séquences où un théâtre régional devient global, l’importation du conflit dans les opinions publiques n’est jamais un simple dommage collatéral ; c’est un enjeu.</p>
<h3><strong>Tenir une ligne : traçabilité, retenue, porte de sortie</strong></h3>
<p>Quand la coercition monte, la diplomatie reste une nécessité opérationnelle : une crise géoéconomique se stabilise rarement par la seule escalade. Le 1er mars 2026, l’Union européenne a publié une déclaration disant suivre « avec la plus grande préoccupation » les développements en Iran et au Moyen-Orient, en rappelant ses préoccupations de sécurité régionale. [9]</p>
<p>Cela ne “résout” pas la crise. Mais cela fixe une exigence, celle de tenir une ligne traçable, d&rsquo;éviter l’emballement et de préserver une issue de désescalade — même minimale — pendant que la mer et les marchés se crispent.</p>
<p>Ormuz rappelle une vérité froide, le monde se ferme d’abord par l’assurance, puis par les armes.<br />
Dans cette séquence, la stratégie n’est ni l’émotion ni la posture : c’est la lucidité calme, la preuve avant le commentaire, et une discipline de veille qui protège contre le double choc — logistique et cognitif.</p>
<p>Références</p>
<p>[1] Reuters — Iran vows to attack any ship trying to pass through Strait of Hormuz — 2 mars 2026. ￼<br />
[2] Reuters — Iran’s revolutionary guards tell ships passage through Strait of Hormuz “not allowed”, EU naval mission official says — 28 février 2026. ￼<br />
[3] Reuters — About 10% of global container fleet caught in Hormuz backup, shipping CEO says — 2 mars 2026. ￼<br />
[4] Reuters — Marine insurers cancel war risk cover, tanker costs to rise as Iran conflict intensifies — 2 mars 2026. ￼<br />
[5] Reuters — Global oil, gas shipping costs surge as Iran vows to close Strait of Hormuz — 2 mars 2026. ￼<br />
[6] Reuters — Oil and gas prices surge as Iran war disrupts Middle Eastern output — 1er mars 2026. ￼<br />
[7] Le Monde — La guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix du pétrole — 2 mars 2026. ￼<br />
[8] Mer et Marine — Détroit d’Ormuz : le trafic maritime paralysé — mars 2026. ￼<br />
[9] Conseil de l’UE (Consilium) — Statement… on developments in the Middle East — 1er mars 2026</p>
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		<title>L’IA face au droit : l’heure des preuves</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:12:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Entre 2024 et 2026, l’intelligence artificielle a changé de statut : elle n’est plus seulement un outil d’innovation, mais une infrastructure de décision. Et lorsque l’arbitrage devient partiellement automatisable, la question centrale n’est plus “que peut faire la technologie ?”, mais qui répond, qui contrôle, et comment réparer quand un dommage survient. Le basculement réel &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Entre 2024 et 2026, l’intelligence artificielle a changé de statut : elle n’est plus seulement un outil d’innovation, mais une infrastructure de décision. Et lorsque l’arbitrage devient partiellement automatisable, la question centrale n’est plus “que peut faire la technologie ?”, mais qui répond, qui contrôle, et comment réparer quand un dommage survient.</strong></h3>
<h3>Le basculement réel : la décision devient automatisable</h3>
<p>Le lecteur francophone ne “voit” pas l’IA comme une prouesse. Il la rencontre sous forme de résultats : une candidature écartée, un service qui répond à côté, une information qui disparaît du radar, une priorisation automatique. Dans les faits, l’IA s’installe là où se décident des trajectoires : emploi, assurance/crédit, accès à l’information, parfois même la relation à l’administration.</p>
<p>Le point sensible n’est pas seulement l’erreur. C’est l’asymétrie : d’un côté, les organisations disposent du système et de ses traces d’audit ; de l’autre, l’individu reçoit un verdict sans toujours comprendre ce qui a pesé. Dès lors, une question classique d’État de droit revient au premier plan : la décision est-elle explicable, contestable, réparable ?</p>
<h3>Éthique et droit : deux registres, une exigence commune</h3>
<p>L’éthique joue un rôle essentiel : elle fixe ce que la société juge acceptable (équité, dignité, non-discrimination, transparence, prudence). Elle donne le cap.</p>
<p>Mais à l’échelle industrielle, l’éthique seule peut devenir un décor : chartes, valeurs, communication. Le droit change la nature du problème : il impose des obligations vérifiables, organise la responsabilité, et rend possible le recours. En clair : l’éthique peut inspirer ; le droit doit contraindre.</p>
<h3>2024–2026 : la preuve par les jalons (du discours à l’exécution)</h3>
<p>Pour mesurer l’accélération, il faut regarder les dates et les textes.</p>
<p>21 mars 2024 : l’ONU place l’IA au niveau global.<br />
L’Assemblée générale adopte la résolution A/RES/78/265 sur les opportunités de systèmes d’IA “sûrs, sécurisés et dignes de confiance” pour le développement durable. Ce n’est pas un instrument contraignant, mais c’est un marqueur : l’IA n’est plus un sujet sectoriel, elle devient une question de gouvernance mondiale.</p>
<p>28 mars 2024 : aux États-Unis, la doctrine fédérale s’organise pour l’usage public.<br />
Le mémorandum OMB M-24-10 fixe des exigences de gouvernance et de gestion des risques pour l’usage de l’IA par les agences fédérales, notamment lorsque des droits ou la sécurité du public sont en jeu.</p>
<p>13 juin 2024 : l’Europe transforme la prudence en règle du jeu.<br />
Avec le Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act), l’Union européenne inscrit l’IA dans un cadre harmonisé, fondé sur le risque, publié au Journal officiel le 12 juillet 2024.</p>
<p>26 juillet 2024 : la gouvernance devient une ingénierie du risque.<br />
Le NIST publie NIST.AI.600-1, un profil dédié à la gestion des risques de l’IA générative : le signe que l’on quitte le registre des principes généraux pour entrer dans la méthode, la documentation et l’outillage des organisations.</p>
<p>10 juillet 2025 : l’Union européenne passe au “mode d’emploi” de la conformité.<br />
La Commission européenne annonce la disponibilité d’un Code de pratique pour l’IA à usage général (GPAI) : un instrument volontaire, conçu pour aider les acteurs à s’aligner sur les obligations du cadre européen. Il est structuré en trois chapitres (transparence ; droit d’auteur ; sécurité &amp; sûreté) et s’inscrit dans une logique de démonstration de conformité, avec une échéance structurante : règles GPAI applicables au 2 août 2025.</p>
<p>21 février 2026 : la gouvernance se joue aussi en coalitions.<br />
Après son AI Impact Summit (18–19 février 2026), l’Inde officialise l’adoption d’une “New Delhi Declaration on AI Impact” (publication datée du 21 février 2026). Sur le plan stratégique, cela dit une chose : l’IA devient un terrain d’alignements et de ralliements, pas seulement une compétition d’ingénieurs.<br />
Ce jalon signale aussi l’entrée plus visible du “Sud global” dans la fabrique des normes et des coalitions autour de l’IA.</p>
<p>Lire aussi: <a href="https://dev.atlasinfo.fr/intelligence-artificielle-en-france-lenjeu-dune-regulation-au-dela-de-la-conformite-juridique.html"><strong><span class="post-title">Intelligence artificielle : en France, l’enjeu d’une régulation au-delà de la conformité juridique</span></strong></a></p>
<h3>Le point dur : qui répond quand le système fait dommage ?</h3>
<p>Tous les cadres finissent par buter sur la même question : l’imputabilité.<br />
Le fournisseur du modèle ? L’éditeur ? L’intégrateur ? L’employeur ou l’administration qui déploie ? Le décideur qui s’abrite derrière un score ?</p>
<p>Dans ce flou, l’avantage tend à aller à celui qui maîtrise le système et la procédure ; d’où l’urgence d’une exigence de preuve opposable pour le citoyen.</p>
<p>Une gouvernance crédible doit clarifier la chaîne : qui est responsable de quoi, qui doit prouver, qui doit corriger, qui doit indemniser. Sans cela, la confiance restera un mot commode, pas une réalité.</p>
<p>Trois garanties doivent devenir non négociables :<br />
1. Explicabilité utile (comprendre l’essentiel, sans jargon)<br />
2. Contestabilité réelle (un recours praticable, pas symbolique)<br />
3. Réparabilité effective (corriger et compenser quand un dommage est avéré)</p>
<h3>Lecture stratégique : la norme est devenue un instrument de puissance</h3>
<p>Dans ce paysage, la régulation n’est pas seulement un frein : elle devient un levier. La norme fixe les coûts de conformité, organise la crédibilité, influence l’accès au marché et impose un standard de confiance. Ceux qui écrivent la règle ne contrôlent pas seulement le droit : ils structurent la compétitivité et la légitimité.</p>
<p>Le sujet n’est plus “pour ou contre l’IA”. Il est : quelle IA voulons-nous rendre normale ?<br />
Une IA qui accélère les procédures, oui. Mais à condition d’installer une règle simple et exigeante : ce qui décide doit pouvoir se justifier, se contester et se réparer.<br />
La séquence 2024–2026 a tranché : l’IA ne se raconte plus, elle se démontre.</p>
<p>Références<br />
1. Nations unies — Assemblée générale, Résolution A/RES/78/265, adoptée le 21 mars 2024.<br />
2. Union européenne — Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act), adopté le 13 juin 2024, publié au JO le 12 juillet 2024.<br />
3. États-Unis — OMB Memorandum M-24-10, Advancing Governance, Innovation, and Risk Management for Agency Use of Artificial Intelligence, 28 mars 2024.<br />
4. États-Unis — NIST.AI.600-1, Artificial Intelligence Risk Management Framework: Generative Artificial Intelligence Profile, 26 juillet 2024.<br />
5. Commission européenne — General-Purpose AI Code of Practice now available, 10 juillet 2025 (chapitres transparence / droit d’auteur / sécurité &amp; sûreté ; règles GPAI applicables 2 août 2025).<br />
6. Inde — Ministry of External Affairs, AI Impact Summit 2026 concludes with adoption of New Delhi Declaration, 21 février 2026.<br />
7. Inde — Ministry of External Affairs, AI Impact Summit Declaration, New Delhi (February 18–19, 2026), 21 février 2026.</p>
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		<title>Gaza : reconstruire sans stratégie sociale, un risque au-delà de la radicalisation</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 12:17:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À mesure que se précisent les contours du plan de reconstruction de Gaza soutenu par Washington, une question reste largement absente des débats : comment éviter que l’effort financier annoncé ne produise, à moyen terme, de nouvelles fragilités sociales et politiques ? Une stabilisation matérielle, pas forcément sociale L’histoire récente des opérations de stabilisation post-conflit &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-size: 14pt;"><strong>À mesure que se précisent les contours du plan de reconstruction de Gaza soutenu par Washington, une question reste largement absente des débats : comment éviter que l’effort financier annoncé ne produise, à moyen terme, de nouvelles fragilités sociales et politiques ?</strong></span></h3>
<p><strong><span style="font-size: 14pt;"><em>Une stabilisation matérielle, pas forcément sociale</em></span></strong></p>
<p>L’histoire récente des opérations de stabilisation post-conflit invite à la prudence. En Irak comme au Kosovo, les programmes de reconstruction ont permis de rétablir rapidement des infrastructures essentielles, mais sans toujours parvenir à restaurer la confiance sociale ni à consolider des institutions locales crédibles.</p>
<p>La reconstruction matérielle, si nécessaire soit-elle, ne garantit pas à elle seule une pacification durable. Elle peut remettre des bâtiments debout sans pour autant recréer du lien.</p>
<p>Lorsque les populations concernées perçoivent les dispositifs internationaux comme déconnectés de leurs besoins quotidiens, les efforts financiers coexistent avec un sentiment persistant de mise à l’écart.</p>
<p><strong><em><span style="font-size: 14pt;">Gaza : un environnement à forte vulnérabilité sociale</span></em></strong></p>
<p>Le cas de Gaza présente, à cet égard, des fragilités bien identifiées : un chômage massif des jeunes, une fragmentation territoriale accentuée et des institutions locales durablement fragilisées par les cycles de confrontation.</p>
<p>À chaque cycle de reconstruction, la même interrogation revient chez les acteurs de terrain : les programmes engagés répondent ils à des priorités locales ou à des calendriers internationaux ?</p>
<p>Dans un tel environnement, les dynamiques de contestation ne procèdent pas uniquement d’un endoctrinement idéologique. Elles s’inscrivent aussi dans des logiques de compensation identitaire, nourries par l’exclusion économique et l’absence de perspectives.</p>
<p>La reconstruction pourrait ainsi produire des effets inattendus si elle ne s’accompagne pas d’un traitement simultané des vulnérabilités sociales.</p>
<p><strong><em><span style="font-size: 14pt;">Le risque d’une reconstruction inégalement distribuée</span></em></strong></p>
<p>L’un des enjeux majeurs tient à la territorialisation des aides. Une reconstruction qui privilégierait certaines zones au détriment d’autres pourrait accentuer les fractures locales et nourrir des tensions intra-communautaires.</p>
<p>Dans plusieurs contextes post-conflit, l’accès différencié aux programmes de soutien a contribué à délégitimer les autorités de transition et à renforcer des logiques de compétition pour les ressources disponibles.</p>
<p><strong><em><span style="font-size: 14pt;">Reconstruire n’est pas stabiliser</span></em></strong></p>
<p>La gouvernance des ressources en question se pose. Au-delà des montants annoncés, la gestion des flux financiers représente un défi en soi. L’expérience de terrains comparables montre que des mécanismes de redistribution mal encadrés peuvent alimenter des économies parallèles ou renforcer des réseaux informels.</p>
<p>La question n’est donc pas seulement de reconstruire, mais de savoir comment — et surtout au bénéfice de qui.</p>
<p>Encore faut-il que les mécanismes de redistribution ne reproduisent pas, sous une autre forme, les déséquilibres qu’ils prétendent corriger.</p>
<p><strong><em><span style="font-size: 14pt;">Une dépendance externe à éviter</span></em></strong></p>
<p>Une reconstruction largement pilotée par des acteurs internationaux comporte également le risque d’une dépendance prolongée, susceptible de retarder l’émergence de capacités locales autonomes.</p>
<p>À moyen terme, cette situation peut alimenter des formes de rejet politique à l’égard de dispositifs perçus comme imposés, fragilisant ainsi la légitimité des structures mises en place dans la phase de transition.</p>
<p><strong><em><span style="font-size: 14pt;">Une piste peu explorée</span></em></strong></p>
<p>Sans entrer dans une lecture religieuse du conflit, certaines expériences nationales ont mis en évidence l’intérêt d’approches combinant inclusion socio-économique et encadrement institutionnel des dynamiques sociales.</p>
<p>Depuis les années 2000, le Maroc a notamment articulé politiques de développement humain territorialisé et dispositifs de formation des acteurs cultuels dans une stratégie globale de prévention de l’extrémisme violent.</p>
<p>Transposée avec les adaptations nécessaires, une telle approche pourrait alimenter les réflexions sur les mécanismes de stabilisation à moyen terme dans le contexte gazoui.</p>
<p>Reconstruire vite ne suffit pas. Encore faut-il reconstruire juste — faute de quoi les déséquilibres d’aujourd’hui risquent de devenir les crises de demain.</p>
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