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	<title>gauche &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>gauche &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>La gauche dame le pion à l’extrême droite en France</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jul 2024 07:56:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Alors que l’extrême droite se distribuait déjà les maroquins ministériels, si assurée de sa victoire dans ces législatives anticipées provoquées par Emmanuel Macron, la gauche, à la surprise générale et principalement celle des sondeurs, crée une grande surprise. Si grande et si compliquée qu’elle pose de grands défis à Emmanuel Macron et l’obligerait sans doute &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>Alors que l’extrême droite se distribuait déjà les maroquins ministériels, si assurée de sa victoire dans ces législatives anticipées provoquées par Emmanuel Macron, la gauche, à la surprise générale et principalement celle des sondeurs, crée une grande surprise. Si grande et si compliquée qu’elle pose de grands défis à Emmanuel Macron et l’obligerait sans doute à cohabiter avec Jean Mélenchon alors qu’il se préparait à le faire avec Jordan Bardella.</strong></h4>
<p>Pour la gauche, ce fut assurément une divine surprise. Alors que les sondages dans leur effrayante unanimité donnaient l’extrême droite de Marine Le Pen et de Jordan Bardella triomphante et le bloc Ensemble d’Emmanuel Macron moribond, c’est le Nouveau Front de gauche qui crée entre les deux tours la surprise et rafle la mise et s’impose à tous comme le premier groupe parlementaire dans les rangs duquel le président de la République est obligé de choisir une personnalité pour former le futur gouvernement.</p>
<p>Beaucoup a été écrit et dit sur les raisons de cette victoire de la gauche devant une extrême droite qui ambitionnait de s’emparer de tous les leviers du pouvoir en France. Mais deux raisons essentielles expliquent cette situation. La première est le fonctionnement à plein régime de la dynamique du Front républicain destiné à faire barrage à l’extrême droite. Dans la campagne d’entre les deux tours, le sport favori de certains commentateurs était de douter de son efficacité et de son efficience. Pour eux, les digues avaient lâché et aucune force ne pourra stopper la marche triomphante de l’extrême droite vers les palais de la République.</p>
<p>La seconde raison est la traduction politique de la première. La politique de désistement opéré par les partis traditionnels a fonctionné avec une redoutable efficacité. Le second tour, porté par un taux de participation historique, était un combat acharné contre les candidats RN. La mobilisation était au rendez-vous, fructueuse et terriblement efficace, au point de démentir tous les instituts  de sondages qui annonçaient avec assurance le printemps de l’extrême droite en France.</p>
<p>Mais cette victoire de la gauche ne fait pas non plus les affaires du président Emmanuel Macron. Alors que tout le monde s’attendait à ce que le locataire de l’Elysée subisse l&rsquo;expérience de la cohabitation avec le Rassemblement National, le voilà confronté au défi de devoir subir une gauche qui le rejette et le critique presque avec autant de violence que l’extrême droite.</p>
<p>Emmanuel Macron a un problème qui s’appelle Jean Luc Mélenchon. Dans une de ces célèbres harangues politiques, le président de la République avait refusé de manière tranchante toute possibilité que la France insoumise puisse participer à un quelconque gouvernement. Cette prise de position fut donnée au moment où la presse faisait état de tractations secrètes entre certains partis politiques pour construire une alternative avec Rassemblement National et sortir le pays d’un éventuel blocage.</p>
<p>Or la France Insoumise est le premier parti du Nouveau Front de gauche, lui-même premier groupe parlementaire de la future Assemblée nationale. Sauf à jouer les autistes politiques, Emmanuel Macron ne pourra pas ignorer cette nouvelle réalité politique et devra composer avec les nouveaux rapports de force qui se sont installés en France à l’issue de ce second tour dont les résultats ressemblent à un séisme politique encore plus surprenant que les résultats déjà inédits du premier tour.</p>
<p>Il est vrai que l’extrême droite de Marine Le Pen n’a obtenu ni majorité absolue ni majorité relative comme les pronostics le prévoyaient. Il n’en demeure pas moins qu’elle a obtenu un groupe massif de députés qui lui permettra de jouer un rôle déterminant au sein de la future Assemblée et de préparer les échéances à venir, notamment les municipales de 2026 et les présidentielles de 2027.</p>
<p>Mais les résultats du second tour ont montré que les Français refusaient de donner les clefs du pouvoir à un parti qui affichait sans complexe son racisme et ses discriminations ordinaires. La remise en question du droit du sol, les dangereuses suspicions lancées à destination des binationaux, la création de nombreuses catégories de Français, ont été des perceptions suffisamment dangereuses pour mobiliser un électorat traditionnellement abstentionniste, en rupture et en défiance avec la classe politique et le convaincre d’utiliser son redoutable pouvoir, celui des urnes pour démentir les prévisions et les fantasmes.</p>
<p>Aujourd’hui alors qu’il apparaît difficile de former un gouvernement par manque de majorité absolue claire et identifiée, la balle est dans le camp d’Emmanuel Macron. La constitution de la Ve République lui donne le pouvoir de nommer le Premier ministre mais l’oblige aussi a trouvé de solutions à des situations fort compliquées pour éviter ce fameux blocage tant craint par l’hypothèse bien réelle d’une Assemblée morcelée en trois blocs qui se regardent comme des chiens de faïence, dont les alliances et la coopération relèveront d’un véritable long travail d’orfèvre.</p>
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		<title>France: les partis de gauche scellent un accord « historique » pour battre l&#8217;extrême droite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jun 2024 19:10:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[dissolution]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveau Front populaire]]></category>
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					<description><![CDATA[Les partis de gauche réunis dans le "Nouveau Front populaire" ont annoncé jeudi soir, après quatre jours de difficiles négociations, avoir "scellé" un "programme de gouvernement".]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Avec un programme de gouvernement et des candidatures uniques dans les circonscriptions de France, les forces politiques qui ont constitué le nouveau Front populaire donnent rendez-vous aux Françaises et aux Français les 30 juin et 7 juillet prochains », écrivent le PS, le PCF, les Ecologistes et LFI dans un communiqué commun.</p>
<p>« Nous avons réussi. Une page de l&rsquo;Histoire de France s&rsquo;écrit, s&rsquo;est réjoui sur X le premier secrétaire du PS Olivier Faure alors que le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué « un événement politique considérable en France ».</p>
<p>Après l&rsquo;annonce de la dissolution de l&rsquo;Assemblée nationale par le président français Emmanuel Macron, dimanche, suite au score enregistré par le Rassemblement national (RN) aux Européennes, les autorités ont mis en place les dispositifs en vigueur en vue des législatives anticipées qui seront organisées les 30 juin et 7 juillet prochain.</p>
<p>Le décompte des temps de parole des partis politiques à la télévision et à la radio a commencé à 6 heures (heure locale), mardi 11 juin, a décidé l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel en France.</p>
<p>Conformément à cette recommandation, les télévisions et radios seront tenues d&rsquo;assurer un « accès équitable » aux candidats et aux partis politiques sur leurs ondes. À cette fin, elles devront décompter le temps de parole des candidats, de leurs partis et de leurs soutiens, puis le transmettre à l&rsquo;Arcom en guise de contrôle.</p>
<p>Par ailleurs, en raison de la brièveté des délais après la décision surprise du président français de dissoudre l’Assemblée nationale, les candidatures devront être déposées à partir du mercredi 12 juin et jusqu’au dimanche 16 juin, à 18 heures, selon le décret publié lundi au Journal officiel.</p>
<p>Pour le second tour, les déclarations de candidatures seront déposées « à partir de la proclamation des résultats par la commission de recensement général des votes et jusqu’au mardi 2 juillet 2024 à 18 heures », est-il précisé.</p>
<p>La campagne électorale pour le 1er tour débutera à partir du lundi 17 juin. À cette date seront instituées les commissions prévues d’assurer « l’envoi et la distribution de tous les documents de propagande électorale », note le décret.</p>
<p>La prochaine Assemblée nationale se réunira le « deuxième jeudi qui suit son élection », selon l’article 12 de la Constitution française, soit le jeudi 18 juillet.</p>
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		<title>Macron dénonce les « alliances contre nature aux deux extrêmes », à droite et à gauche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jun 2024 10:03:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En direct]]></category>
		<category><![CDATA[alliances]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[dissolution]]></category>
		<category><![CDATA[droite]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Macron]]></category>
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					<description><![CDATA[Le président français a dénoncé mercredi les "alliances contre nature aux deux extrêmes", à droite et à gauche, dans une allocution préliminaire à sa conférence de presse. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="post__live-container--title post__space-node"><span style="font-size: 16px;">Emmanuel Macron estime que « </span>depuis dimanche soir »<span style="font-size: 16px;"> et l’annonce de la dissolution de l&rsquo;Assemblée nationale et la convocation d&rsquo;élections législatives anticipées, « </span>les masques tombent »<span style="font-size: 16px;">. </span></p>
<p class="post__live-container--title post__space-node"><span style="font-size: 16px;">Pour le chef de l’Etat, ces législatives sont aussi « </span>une épreuve de vérité entre ceux qui choisissent de faire prospérer leur boutique et ceux qui veulent faire prospérer la France »<span style="font-size: 16px;">.</span></p>
<div class="post__live-container--answer">
<p class="post__live-container--answer-text post__space-node">Il est notamment revenu sur la crise à droite après l’annonce, par le président des Républicains (LR), Eric Ciotti, de son souhait de s’allier avec le RN, soulignant que « La droite républicaine, tout au moins celui qui en a la charge, vient de faire pour la première fois alliance avec l’extrême droite, et je dis bien l’extrême droite en parlant du Rassemblement national ».</p>
<p class="post__live-container--answer-text post__space-node">Pour Emmanuel Macron, Eric Ciotti « tourne le dos en quelques heures à l’héritage du général de Gaulle, de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy », moquant le fait que M. Ciotti, qui s’est positionné en faveur de la retraite à 65 ans, s’allie avec le RN, qui s’était montré contre la réforme des retraites adoptée en 2023.</p>
</div>
<div class="post__live-container--answer">
<p class="post__live-container--answer-text post__space-node">Il a également évoqué les tractations à gauche entre les socialistes, les Insoumis, les Ecologistes et les Communistes.</p>
<p class="post__live-container--answer-text post__space-node">« La gauche républicaine et ses dirigeants, qui avaient exprimé, semble-t-il, des choix clairs durant cette campagne européenne, vient de s’allier avec l’extrême gauche, qui s’est, durant la même campagne, rendu coupable d’antisémite, [de] communautarisme, d’antiparlementarisme », a-t-il fustigé.</p>
<p class="post__live-container--answer-text post__space-node">« Que vont-ils décider sur les valeurs de la République et leur rapport au Parlement ? Que vont-ils décider sur le nucléaire et l’énergie », a-t-il interrogé.</p>
</div>
<div class="post__live-container--answer">
<p class="post__live-container--answer-text post__space-node">M. Macron a ainsi dénoncé ces « bricolages d’appareil » et ces « alliances contre nature aux deux extrêmes, [entre des partenaires] qui ne sont d’accord sur à peu près rien, sinon les postes à partager, et qui ne seront pas en capacité d’appliquer un quelconque programme ».</p>
<p>Les candidatures pour les élections législatives anticipées devront être déposées à partir de ce mercredi 12 juin et jusqu’au dimanche 16 juin à 18 heures.</p>
<p>Pour le second tour, les déclarations de candidatures seront déposées à partir de la proclamation des résultats par la commission de recensement général des votes et jusqu’au mardi 2 juillet 2024 à 18 heures, selon la réglementation électorale en vigueur.</p>
<p>La campagne électorale pour le 1er tour débutera le lundi 17 juin, mais les leaders politiques ont déjà commencé les échauffements de cette campagne à travers notamment des annonces d’alliances, à l’instar du chef de file des Républicains Eric Ciotti qui a annoncé un pacte avec le Rassemblement national (RN), grand vainqueur des élections européennes ou encore certaines figures de gauche qui ont appelé à un front populaire pour contrer un éventuel raz de marée de l’extrême droite lors des prochaines législatives.</p>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>Après la victoire de l&#8217;extrême droite, la gauche française constitue un « Front populaire »</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 05:37:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En direct]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fron populaire]]></category>
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					<description><![CDATA[Après la victoire historique de l&#8217;extrême droite française aux élections européennes, la dissolution de l&#8217;Assemblée nationale et la convocation d&#8217;élections législatives anticipées par le président Emmanuel Macron, plusieurs partis de gauche appellent lundi 10 juin à « la constitution d’un nouveau front populaire » et à « des candidatures uniques dès le premier tour ». « Nous appelons à la &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>Après la victoire historique de l&rsquo;extrême droite française aux élections européennes, la dissolution de l&rsquo;Assemblée nationale et la convocation d&rsquo;élections législatives anticipées par le président Emmanuel Macron, plusieurs partis de gauche appellent lundi 10 juin à « la constitution d’un nouveau front populaire » et à « des candidatures uniques dès le premier tour ».</strong></h4>
<p>« Nous appelons à la constitution d’un nouveau front populaire rassemblant dans une forme inédite toutes les forces de gauche humanistes, syndicales, associatives et citoyennes », écrivent les Écologistes-EELV, La France Insoumise, le Parti communiste français, le Parti socialiste, Place publique, Génération⸱s, et la gauche républicaine et socialiste (GRS) dans un appel commun.</p>
<p>« Dans chaque circonscription, nous voulons soutenir des candidatures uniques dès le premier tour », indiquent les signataires de cet appel à un front populaire. Les candidatures « porteront un programme de rupture détaillant les mesures à engager dans les 100 premiers jours du gouvernement du nouveau front populaire ».</p>
<p>Les dirigeants des différents partis de gauche, réunis au pied du siège du parti des Ecologistes dans le 10e arrondissement à Paris, ont pris « <strong><em>le serment d&rsquo;être unis jusqu&rsquo;à la victoire</em></strong>« .</p>
<p>Le « nouveau Front populaire » se place comme le principal challenger de l’extrême droite : la gauche a obtenu près de 33 % le 9 juin, le RN 31 % et l’extrême droite au total plus de 38 %.</p>
<p>Les négociations entre les chefs des partis doivent reprendre ce mardi 11 juin pour discuter du « programme de rupture » que porteront les futurs députés de gauche en cas d&rsquo;élection.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Pour l&rsquo;union, pour la victoire, un <a href="https://twitter.com/hashtag/FrontPopulaire?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#FrontPopulaire</a> <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/2935.png" alt="⤵" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p>Ensemble, nous nous engageons ! <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f33b.png" alt="🌻" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <a href="https://t.co/yTdhm2aBae">pic.twitter.com/yTdhm2aBae</a></p>
<p>— Marine Tondelier (@marinetondelier) <a href="https://twitter.com/marinetondelier/status/1800264446557978749?ref_src=twsrc%5Etfw">June 10, 2024</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Bravo à la jeunesse qui se mobilise, massivement, dès ce soir à Paris et dans tout le pays pour une gauche combative, déterminée et, face à Macron, face à Le Pen, face à la résignation : unie ! <a href="https://twitter.com/hashtag/FrontPopulaire?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#FrontPopulaire</a> <a href="https://t.co/WSEdfuhBKn">pic.twitter.com/WSEdfuhBKn</a></p>
<p>— François Ruffin (@Francois_Ruffin) <a href="https://twitter.com/Francois_Ruffin/status/1800232689435369508?ref_src=twsrc%5Etfw">June 10, 2024</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
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		<title>A gauche, rien ne va plus !</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Dec 2021 09:47:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[S’il y a un vecteur de la politique française qu’Emmanuel Macron semble avoir totalement laminé, c’est bien la gauche française qui se trouve aujourd’hui au fond d’un insondable puit. Non pas par manque de personnel politique ambitieux, mais plutôt par manque d’un programme clair, d’une idée directrice rassembleuse et d’une personnalité charismatique capable de l’incarner. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>S’il y a un vecteur de la politique française qu’Emmanuel Macron semble avoir totalement laminé, c’est bien la gauche française qui se trouve aujourd’hui au fond d’un insondable puit. Non pas par manque de personnel politique ambitieux, mais plutôt par manque d’un programme clair, d’une idée directrice rassembleuse et d’une personnalité charismatique capable de l’incarner</strong>.</p>
<p>Aujourd’hui la seule musique électorale qu’on entend à gauche est le cacophonie. La multiplication des candidatures paralyse les esprits et divise les stratégiques. Même réunis sous le vocable de gauche, qu’y-a-t-il de commun entre le Vert Yannick Jadot , les socialistes Anne Hidalgo et Arnaud Montbourg , le communiste Fabien Roussel ou l’insoumis Jean Luc Mélenchon ? Et si on rajoute à ce mille-feuille politique l’ancienne ministre Christiane Taubira, la mère du « Mariage pour tous », la paralysie semble totale.</p>
<p>Ironie de l’histoire, c’est au moment où la société française est lourdement fracturée, où les inégalités sociales sont criantes, où le vivre ensemble est menacé, où il y a une spectaculaire demande de justice sociale que la gauche semble avoir des difficultés manifestes à s’imposer. Le constat est terrible pour cette gauche alors qu’historiquement, ce sont ses préoccupations de prédilection  tout au long de son passage au gouvernement comme dans l’opposition.</p>
<p>Bien au contraire, le débat sur l’identité et la sécurité que le duo Le Pen/ Zemmour a réussi à imposer aux médias er à la conversation nationale a totalement éclipsé ces thématiques au profit d’idées de confrontation et d’exclusion.</p>
<p>Sur ces questions qui enflamment le débat national, la gauche est restée aphone, comme tétanisée de peur de prendre une position. Son discours a donné cette vague impression de décalage par rapport à une réalité clivante. Certains lui accolent les sobriquets de « manque de courage » et « d’imagination » pour accompagner un monde qui perd progressivement sa vision manichéenne, entre le bien et le mal, entre le progrès et la conservation.</p>
<p>Depuis le début de ce processus présidentiel, la gauche a montré une incapacité à produire un leadership unitaire. Elle a jusqu’à présent échoué là où la droite républicaine a réussi, même dans la douleur, à enfanter la candidature de Valérie Pécresse .</p>
<p>La gauche est accusée d’avoir perdu les liens qu’elle entretenait jadis avec les classes populaires et ouvrières . Elle soufre aujourd’hui d’une paralysie que provoque la compétition des chapelles. Et ce qui désespère au plus haut niveau ses troupes, c’est l’incapacité des différends courants qui la composent à se mettre d’accord sur un mode de sélection d’un ou d’une candidate pour porter ses couleurs dans cette course présidentielle.</p>
<p>Alors que les sondages ne décollaient pas pour les différends candidats de gauche déclarés, les maintenant en queue de peloton, est apparue une revenante de la gauche, Christiane Taubira. Pour certains, son profil très marqué, son nom accolé à une des plus emblématiques réformes sociétales de ces dernières décennies, le « Mariage pour tous », feraient d’elle une candidate compatible avec le casting très clivé qui concoure actuellement à cette présidentielle.</p>
<p>Christiane Taubira pourrait à merveille donner la réplique idéologique à des harangues de l’extrême droite incarnés par le duo Zemmour/Le Pen . Elle pourrait très bien mettre en difficulté un homme comme Emmanuel Macron qui, à force d’être obsédé par sa droite, a oublié de parler à sa gauche. À force, diraient ses détracteurs, de vouloir faire plaisir aux riches a oublié de s’occuper de la précarité dans ses multiples dimensions.</p>
<p>Sauf que pour réaliser cette entreprise, encore faut-il que la plupart des candidats de gauche, par désespoir ou par réalisme, jettent l’éponge et se mobilisent derrière Christiane Taubira.  Inimaginable dans le contexte actuel.</p>
<p>Pour Emmanuel Macron, cette gauche là, divisée façon puzzle, paralysée par la guerre des égo , ne constitue nullement un danger pour sa réélection.  Il l’a craint moins que Les Républicains de Valérie Pécresse . Elle est pour lui  plus un réservoir de vote auquel il fera appel pour contrer les dangers de l’extrême droite, qu’un véritable compétiteur qui pourrait le priver d’un second mandat.</p>
<p>Jamais dans une élection présidentielle de ces dernières décennies, la gauche français n’a paru si loin du pouvoir même si les thématiques fondant son programme et ses ambitions sont ceux plébiscités par les français, surtout quand on exclue cette illusion d’optique selon laquelle le débat sur l’identité, sur le rapport avec l’autre, serait l’Alpha et l’Omega de ce scrutin français.</p>
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		<title>Maroc: Gauche radicale et radicalité religieuse, « l’alliance de l’aveugle et du paralytique »</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2020 13:12:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Quand les uns revendiquent la supériorité de la « choura » (conseil religieux) et la mise en place d’une république islamiste, les autres se présentant comme laïcs ou athées, contestent que les hommes puissent gouverner au nom du religieux. Pourtant, voilà ces deux « parties » aux doctrines antagonistes concluant une alliance pour coordonner leurs actions contre la monarchie. Le « terrain d’entente » qu’elles semblent avoir trouvé pour agir ensemble suppose-t-il une évolution ou le sacrifice de leur idéologies respectives ? Rien n’est moins sûr. Ce qui l’est en revanche, c’est que les modes d’expression adoptés par les nouvelles générations de marocains est en train de précipiter l’obsolescence de la machine à fabriquer de la contestation des deux « parties ».]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes le 14 décembre 2015.</p>
<p>Le mouvement islamiste Al Adl Wal Ihssane saisit l’occasion que lui offre la commémoration du décès de son fondateur pour organiser une conférence. Différentes sensibilités de la société civile, de l’extrême gauche aux organisations islamistes y sont conviées. Cet évènement est une opportunité que ne doit pas gâcher la Jamaâ (communauté) pour se remettre en selle et réhabiliter l’image d’un mouvement non violent et « ouvert sur la société ». Elle avait été fortement écornée lors des marches du mouvement du « 20 Février » auxquelles étaient associés les adilistes en 2011. Il lui faut donc montrer patte blanche et donner de nouveau des gages de confiance aux animateurs de la gauche radicale qui avaient considéré comme un lâchage et un moyen de pression le retrait de la Jamaâ des manifestations du « M20 ».</p>
<figure id="attachment_209026" aria-describedby="caption-attachment-209026" style="width: 319px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-209026 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/lawrence.jpg" alt="" width="319" height="319" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/lawrence.jpg 319w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/lawrence-300x300.jpg 300w" sizes="(max-width: 319px) 100vw, 319px" /><figcaption id="caption-attachment-209026" class="wp-caption-text">Pr William Lawrence</figcaption></figure>
<p>«<em> L’une des principales raisons pour lesquelles ils ont quitté le « mouvement du 20 février</em> , explique à Atlasinfo le chercheur américain William Lawrence*, <em>était le manque de religiosité dans les slogans et les messages du mouvement du « 20 Février ». A l&rsquo;époque, il y avait beaucoup de dissensions dans leurs rangs, car les jeunes membres poursuivaient une politique plus inclusive (…) et les dirigeants, eux, poursuivaient une politique plutôt opposée</em> ». «<em> Ce fossé générationnel au sein d&rsquo;Al Adl wal Ihssane en particulier et de la société marocaine en général, est important</em> », analyse l’expert du Middle East Institute.</p>
<h2><strong>Faire oublier l’image de « secte » et les accusations de takfirisme</strong></h2>
<p>A la mort de Abdessalam Yassine en 2012, le mouvement islamiste est otage de l’héritage idéologique de son fondateur. Le mouvement perd de son attractivité et s’essouffle. L’adoption d’une nouvelle constitution en juillet 2011 et l’arrivée au gouvernement de son « frère », le Parti de la Justice et du Développement en 2012, avaient fini par précipiter Al Adl Wal Ihssane dans une longue crise idéologique et identitaire dont il lui faut sortir à tout prix, notamment en faisant oublier l’effrayant projet califal du prédicateur disparu.</p>
<h2><strong>Montrer que la Jamaâ peut survivre au décès de son fondateur</strong></h2>
<p>Aussi, lorsqu’il prend la parole lors de cette conférence commémorative, le successeur d’Abdeslam Yassine axe l’essentiel de son intervention sur la non-violence du mode opérationnel et de l’idéologie de la Jamaâ. Mohamed Abbadi tente de gommer l’image de « secte » et les accusations de takfirisme*qui pèsent sur l’organisation, à la lumière de sa doctrine et des contours du projet de société dans lequel elle souhaite voir projeter le Maroc.</p>
<figure id="attachment_209029" aria-describedby="caption-attachment-209029" style="width: 363px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" class="wp-image-209029 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/abbadi_chibani_1_1.jpg" alt="" width="363" height="245" /><figcaption id="caption-attachment-209029" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>Le second objectif d’Al Adl Wal Ihssane est de faire la démonstration de sa capacité à dialoguer avec d’autres sensibilités et de signifier à l’Etat qu’elle est bel et bien (toujours) là, capable de survivre au décès de son fondateur. « La Jamaâ est prête a travaillé avec tous ceux qui souhaitent régler les problèmes du Maroc », déclare Mohamed Abbadi aux participants à la conférence.</p>
<p>Le Troisième objectif est de sortir de l’isolement politique dans lequel est plongée l’organisation islamiste radicale, affaiblie par l’arrivée aux affaires du PJD. Le succès du parti islamiste aux élections législatives de 2012 répondait en effet aux aspirations d’une grande partie des disciples et des sympathisants de la Jamaâ, fatigués d’attendre la Qawma, le soulèvement général, promis par Abdessalam Yassine.</p>
<p>Pour Marc-Etienne Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des mouvements radicaux*, l’entreprise dans laquelle s’est lancé le mouvement est périlleuse : « <em>il y a, à la fois un projet à long terme qui est de changer son image et qui est une prise de risque d’une certaine manière. C’est-à-dire, sortir de sa zone de confort et de sa clientèle habituelle pour montrer un autre visage et essayer d’attirer et de recruter une autre clientèle. Mais comment peut-on demeurer islamiste tout en s’alliant avec l’extrême gauche ? C’est un exercice difficile</em> ».</p>
<h2><strong>Extrême gauche et obscurantisme islamiste : une alliance basée sur les intérêts</strong></h2>
<p>La gauche radicale aux cotés de laquelle le mouvement islamiste avait marché lors des manifestations de 2011 est présente en force à cette conférence. Faisant figure de chef de fil, l’historien Maati Monjib est là. Il connait bien les responsables des instances de la Jamaâ pour avoir organisé entre 2008 et 2010 une série de rencontres et de débats entre la gauche dite « laïque » et les islamistes dit « démocrates » et à laquelle Al Adl Wal Ihssane était associée.</p>
<p>Maati Monjib est donc un familier de ces commémorations annuelles et cultive une grande proximité avec Hassan Bennajeh, l’un des cadres influents du mouvement islamiste radical. Fouad Abdelmoumni, militant de l’AMDH qui avait activement pris part aux contacts avec la Jamaâ pour sa participation au mouvement du « 20 Février » a également répondu présent, de même que l’économiste Najib Akesbi ou encore Mohammed Hafid, ancien membre de l’Union Socialiste des Forces Populaires, l’USFP. Tous affichent des convictions aux antipodes de celles préconisées par le mouvement obscurantiste, partisan de l’application de la charia et de la restauration d’un califat pour une société « islamique authentique ». Pour le journaliste Mokhtar Laghzioui, ce rapprochement « <em>est surtout basé sur une nécessité de « compensation » ou de complémentarité, si vous préférez, chacune des deux sensibilités essayant de trouver chez l’autre ce qui lui manque</em>. »</p>
<figure id="attachment_209033" aria-describedby="caption-attachment-209033" style="width: 250px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" class="wp-image-209033 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FOUAD.jpg" alt="" width="250" height="308" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FOUAD.jpg 250w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FOUAD-244x300.jpg 244w" sizes="(max-width: 250px) 100vw, 250px" /><figcaption id="caption-attachment-209033" class="wp-caption-text">Fouad Abdelmoumni</figcaption></figure>
<p>Le militant d’extrême gauche, Fouad Abdelmoumni, explique quant à lui « que le changement au Maroc ne peut se faire sans que les islamistes et les laïcs ne s’allient », estimant que le discours de la Jamaâ avait changé. De son coté, Omar Iherchane, membre du cercle politique de la Jamaâ, considère alors qu’un dialogue devait s’installer entre Al Adl Wal Ihssane et les différents courants et que le mouvement est ouvert pour « écouter les solutions qui feront avancer la société ».*</p>
<h2><strong>Al Adl Wal Ihssane veut le pouvoir temporel et religieux</strong></h2>
<p>Pour les observateurs, les objectifs affichés par la communication de la Jamaâ ne traduisent pas la réalité portée par la doctrine qui constitue le socle de l’organisation. Pour Marc-Etienne Lavergne, « <em>Il est clair qu&rsquo;Al Adl Wal Ihssane veut le pouvoir temporel et religieux. Mais on ne peut pas gérer une communauté avec simplement des préceptes divins. Nous sommes dans une société humaine globale avec des Etats et des gouvernements</em> ». Au chercheur d’ajouter : « <em>la question est de savoir à quel endroit va se situer la frontière entre ses propres ambitions et celles de l’extrême gauche.</em> »</p>
<p>En attendant la réponse à cette question, Al Adl Wal Ihssane mène une large campagne de séduction dans laquelle s’inscrit cette conférence de décembre 2015. Le vocabulaire est réfléchi, différent pour affirmer en d’autres termes que le pouvoir doit être confié aux élus mais sans jamais renier les positions pour une société totalement « islamisée ».</p>
<p>Aucune remise en question donc, mais de nouveaux angles sur lesquels structurer une nouvelle image fondée sur le respect des libertés individuelles, les libertés publiques, la démocratie et les droits de l’homme, la justice sociale et la fraternité. Voilà de quoi mettre Al Adl Wal Ihssane en conformité avec certaines exigences de ses partenaires de la gauche radicale et anticiper sur un nouveau mouvement de rejet de la Jamaa ouvertement exprimé par une partie des jeunes du « M20 » en 2011.</p>
<p>Certains avaient en effet dénoncé la radicalité religieuse d’Al Adl Wal Ihssane quand d’autres refusaient le chaos pour lequel elle avait œuvré en dévoyant le cahier revendicatif des jeunes du « M20 », revendiquant l’instauration d’une république sur un modèle califal, quand eux appelaient à une monarchie parlementaire.</p>
<h2><strong>Montrer sa capacité à dialoguer et s’ouvrir sur les autres sensibilités</strong></h2>
<p>Cette posture nouvelle d’Al Adl Wal Ihssane est le résultat de contacts jusque-là tenus dans la clandestinité par la Jamaâ et « certaines sensibilités politiques et associatives ». L’une de ces rencontres secrètes, qui a eu lieu le 11 juillet 2014, a filtré dans la presse, obligeant les responsables du mouvement radical à s’expliquer sur cette invitation « informelle » lancée auprès d’une dizaine de personnalités « dans l’objectif d’échanger des idées. Nous avons parlé de la situation du pays », dira du bout des lèvres à la presse le porte-parole de la Jamâa, Fathallah Arsalane.</p>
<figure id="attachment_209031" aria-describedby="caption-attachment-209031" style="width: 316px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209031" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/hamoudi-1-1.jpg" alt="" width="316" height="339" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/hamoudi-1-1.jpg 316w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/hamoudi-1-1-280x300.jpg 280w" sizes="auto, (max-width: 316px) 100vw, 316px" /><figcaption id="caption-attachment-209031" class="wp-caption-text">Abdellah Hammoudi</figcaption></figure>
<p>Parmi les présents, l’historien Maati Monjib est toujours là, agissant en sa qualité de président du centre de recherche Ibn Rochd qu’il a dissout depuis. L’homme d’affaires casablancais Karim Tazi était également de la partie ainsi que Mohamed Kihel et Abdeslam Bekkari, tous deux membres du parti de l’Istiqlal et l’ancien membre du parti socialiste marocain Mohamed Hafid. Un avocat et des universitaires complètent la liste dans laquelle un nom se détache, celui de Abdellah Hammoudi.</p>
<p>Directeur et fondateur de l’Institut d’études transrégionales du Moyen-Orient contemporain, de l’Afrique du Nord et de l’Asie Centrale de l’université de Princeton*, l’anthropologue est un ami intime et l’un des principaux collaborateurs de Hicham Alaoui, le fils ainé de feu Moulay Abdellah, frère de feu le Roi Hassan II.</p>
<h2><strong>Hicham Alaoui partie prenante de ce rapprochement ?</strong></h2>
<p>A quel titre Abdellah Hammoudi, installé aux Etats-Unis, était-il « invité » à cette rencontre ? Y représentait-il Hicham Alaoui ? Quelle que soit la réponse, la question mérite d’être posée à la lumière du projet obscurantiste d’Al Adl Wal Ihssane qui n’a jamais fait secrète sa volonté de voir renverser la monarchie marocaine pour la remplacer par une république islamiste. Pour les observateurs du Mouvement, il ne fait aucun doute que le but à atteindre par la Jamaâ est toujours le même, il n’y a que l’ « emballage » qui ait changé.</p>
<figure id="attachment_209027" aria-describedby="caption-attachment-209027" style="width: 327px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209027 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/lavergne1.jpg" alt="" width="327" height="300" /><figcaption id="caption-attachment-209027" class="wp-caption-text">Marc-Etienne Lavergne, directeur au CNRS</figcaption></figure>
<p>Pour Marc-Etienne Lavergne, « <em>son rapprochement avec des forces gauchistes et laïques relève de l’opportunisme. Ils ont pour but d’élargir le cercle des personnes qu’ils ambitionnent de toucher à travers cette alliance. Ce n’est pas forcément une alliance électorale puisqu’Al Adl Wal Ihsane ne présente pas de candidats aux élections</em> », explique à Atlasinfo le chercheur au CNRS avant de souligner que « <em>c&rsquo;est sans doute l’indication qu’il y a derrière un projet de mobilisation plus grand en prévision de l&rsquo;évolution de la situation au Maroc et de son environnement régional ou international. Ces évolutions permettraient d’espérer, soit d’intégrer le pouvoir, soit de le prendre. Mais cela relève d’un rêve lointain car le Maroc est un Etat solide</em>. »</p>
<h2><strong>Un rapprochement entamé depuis au moins 2008</strong></h2>
<p>Cette réunion ne s’est pas limitée à replacer dans l’actualité Al Adl Wal Ihssane, même si aucune communication officielle sur sa tenue n’était prévue. Elle a le mérite d’’avoir permis de mettre des mots et une forme sur ce qui existait déjà entre la plupart des parties qui s’y sont associées, depuis au moins les manifestations du printemps 2011.</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>:<a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"> <span class="post-title">“frapper ensemble mais marcher séparément”</span></a></p>
<p>Il s’agit d’une alliance entre des cercles que tout oppose sur le plan idéologique et qui ont choisi de faire cause commune sur la base d’un seul point commun : la conquête du pouvoir. Ce n’est donc pas une affaire de convictions mais d’intérêts. Chaque partie y trouve son compte, se soutenant l’une l’autre dans leurs actions respectives pour leur donner une certaine amplitude. Les organisations ou les individualités composant ce réseau trouvent également avantage à mettre en commun leurs forces et mobiliser leurs réseaux respectifs, dès que l’une d’entre elle fait face à l’Etat ou à tout ce qu’elles peuvent lui assimiler.</p>
<p>Ainsi, lorsque la Jamaâ dénonce début 2017 « une purge » de l’Etat après le licenciement ou les mutations de 129 de ses membres fonctionnaires essentiellement du ministère de l’éducation, c’est l’Association Marocaine des Droits de l’Homme qui organise le comité de soutien à Al Adl Wal Ihssane et Khadija Riyadi qui en est la coordinatrice. Sans surprise, nous retrouvons des chefs de file comme Fouad Abdelmoumni et Maati Monjib en première ligne de cette action.</p>
<figure id="attachment_209032" aria-describedby="caption-attachment-209032" style="width: 390px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209032 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/La-Marche-Sindicats-De-Lenseignemen1.jpg" alt="" width="390" height="260" /><figcaption id="caption-attachment-209032" class="wp-caption-text">manifestants adlistes contre les licenciements ou mutations des enseignants inféodés à la Jamaâ</figcaption></figure>
<p>Ce soutien avait sensiblement divisé les rangs de l’extrême gauche. Un militant du Parti Socialiste Unifié (PSU) nous confie qu’il avait particulièrement interpelé les universitaires, cadres ou militants du parti : « <em>les deux tiers des personnes visées par ces licenciements ou ces mutations étaient dans l’enseignement. Tout le monde connait le prosélytisme d’Al Adl Wal Ihssane</em> », poursuit notre témoin, précisant : « <em>nous sommes bien placés pour savoir que c’est dans le secteur de l’éducation qu’elle s’active le plus pour diffuser son idéologie et qu’elle nous a combattu violemment surtout à l’université où nous avons perdu du terrain face à leurs étudiants. On ne peut pas composer avec cela. L&rsquo;Etat a laissé proliférer les islamistes dans l’enseignement</em> », s’indigne l’universitaire aujourd’hui à la retraite.  « <em>Mais si nous voulons rester cohérents, nous ne pouvons pas soutenir les islamistes le jour où il (l’Etat)décide d’agir, même si je trouve certains aspects de la démarche contestables</em> », conclut notre témoin qui préfère garder l&rsquo;anonymat.</p>
<h2><strong>Une alliance contre nature vouée à l’échec</strong></h2>
<p>En l’absence de valeurs communes, le modèle de solidarité circonstancielle adopté par ces alliés les expose à une très grande vulnérabilité. Pour William Lawrence, « toute alliance « contre nature » est vouée à l’échec mais, dans le même temps, faire de la politique est quasi impossible sans alliances. Parfois, ce sont des alliances de convenances éphémères, comme cela a été le cas en Iran avec une rupture immédiatement après la révolution (alliance avec le parti communiste Toudeh par la suite combattu par Khomeiny) ».</p>
<p>Cet épisode des fonctionnaires membres d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane fournit de précieuses informations sur le rapprochement entre l’extrême gauche et les obscurantistes de la Jamaâ, d’abord parce qu’il précise le profil des pivots de part et d’autre qui s’activent à la réalisation et à la réussite de cette alliance.</p>
<p>Lors d’une manifestation, organisée devant le parlement à cette occasion, Hassan Bennajeh, membre du secrétariat général du cercle politique de la Jamaâ et Maati Mounjib se tiennent côte à côte. Tentant une justification sur cette proximité, l’historien déclare que « dans le monde arabe, le conflit entre laïcs et islamistes est dévastateur. Il vaut mieux se rencontrer et discuter, y compris des différences de points de vue ». Ce que l’universitaire se garde de dire, c’est quels sont les sujets sur lesquels ils sont en phase, les convergences, les objectifs.</p>
<h2><strong>Les uns se nourrissent des autres</strong></h2>
<p>Le jour de ce sit-in, Annahj Addémocrati organisait une rencontre sur la perception de la formation politique d’extrême gauche par des acteurs extérieurs. Les participants ont pu y applaudir Omar Iharchane, membre du cercle politique pour lequel « aucun changement politique sérieux ne pourrait avoir lieu sans Annahj Addémocrati ». Bien qu’il puisse sembler anodin, ce propos indique le niveau de dépendance d’Al Adl Wal Ihssane vis-à-vis de cet allié d’obédience marxiste, dont le poids sur la scène politique est pourtant insignifiant.</p>
<p>« <em>La jamaâ sait que ses convictions ne rencontrent aucun écho au sein de l’intelligentsia marocaine</em> », analyse Mokhtar Laghzioui. « <em>Elle sait que son idéologie nourrie par des mythes et des croyances farfelues ne parviendront pas à convaincre la tranche sociale cultivée qui interroge la raison et la rationalité des marocains. Ses dirigeants pensent qu’Annahj Addémocrati et ses alliés peuvent aider la Jamaâ à atteindre cette couche de la population</em> », selon le journaliste.</p>
<h2><strong>« L’alliance de l’aveugle avec le paralytique »</strong></h2>
<p>De son côté, l’extrême gauche symbolisée par Annahj Addémocrati « souffre de l’assèchement de ses idées qui ne sont plus audibles par les marocains.  La plupart des conférences organisées par ce mouvement connaissent une affluence très limitée, voire quasi nulle », estime le directeur de la rédaction du quotidien « Ahdath Maghribia ».</p>
<blockquote><p><strong>Pour Marc-Etienne Lavergne, « <em>c&rsquo;est l’alliance de l’aveugle et du paralytique. Cela permet à l’aveugle de marcher et au paralytique de voir. Je ne pense pas que ce mariage aboutira. Il y aura rupture quand chaque camp se dira : « bon j’ai assez gagné, donc je reprends ma liberté ». C’est un phénomène que nous avons déjà constaté en Egypte avec les Frères musulmans</em> ».</strong></p></blockquote>
<p>La Jamaâ mise très gros sur ce rapprochement. Sa capacité à mobiliser s’est considérablement réduite, comme cela a pu être constaté dans les différentes manifestations « pro-Hirak » auxquels elle a pris part. Elle continue de subir l’impact négatif des déclarations de son secrétaire général Mohamed Abaddi sur le califat et les têtes qu’il faudrait « décapiter » pour sa restauration, sans parvenir à les surmonter et enfin, l’émergence de nouvelles générations d’acteurs ont rendu dépassés aussi bien son discours que sa méthode.</p>
<p>« Je pense que le modèle organisationnel adopté par Al Adl wal Ihsane est devenu obsolète face aux méthodes nouvelles qu’ont trouvé les Marocains pour exprimer leurs griefs et s&rsquo;organiser politiquement », constate William Lawrence. « Al Adl wal Ihsanne est conscient de ce contexte changeant et a essayé de s&rsquo;adapter, mais je crois qu&rsquo;à plus long terme son attrait se réduira au fur et à mesure que les repères politiques et culturels et le modèle organisationnel des Marocains évoluera dans de nouvelles directions. »</p>
<h2><strong>Obsolescence programmée</strong></h2>
<p>En attendant cette obsolescence programmée, Il ne fait aucun doute que ce sont les idées de gauche, même les moins extrêmes, qui auraient tout à perdre à vouloir se rapprocher d’un acteur beaucoup trop fidèle à l’héritage doctrinal de son fondateur Abdessslam Yassine pour espérer raisonnablement le voir renoncer à son projet de république islamique « authentique » et le convertir aux valeurs de la démocratie.</p>
<figure id="attachment_209028" aria-describedby="caption-attachment-209028" style="width: 334px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209028" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/nabila1-2.jpg" alt="" width="334" height="238" /><figcaption id="caption-attachment-209028" class="wp-caption-text">Nabila Mounib, SG du PSU</figcaption></figure>
<p>Les forces de gauche, telle que le Parti Socialiste Unifié, se démarquent d’Annahj Addémocrati et jouent la carte de la prudence devant la campagne de séduction de la Jamaâ et les actions destinées à rendre plus belle une épouse qui signe son acte de mariage par nécessité et non par affection. Nabila Mounib, secrétaire général du PSU l’a appris à ses dépens lorsque sa participation à une série de rencontre entre laïcs et islamistes, organisées par la<em> fondation Cordoue</em>, a été rendue publique.</p>
<p>Organisées entre Istanbul et Doha entre 2016 et 2017, ces rencontres se sont déroulées dans la discrétion jusqu’à ce qu’un communiqué d’Al Adl Wal Ihssane livre aux médias un éclairage sur leur objectif. La patronne du Parti Socialiste Unifié se verra reprocher par des membres de sa formation et les médias cette participation pour laquelle elle sera acculée à se justifier, expliquant qu’elle y avait pris part en tant qu’universitaire et non représentante du PSU.</p>
<p>A ses cotés pendant ce cycle de rencontres, des représentants de la Jamaâ, l’actuel chef de Gouvernement issu du Parti de la Justice et du Développement, Saad Dine El Otmani*, Khadija Riyadi de l’AMDH et Maati Monjib qui y réaffirmera tout l’intérêt, pour lui, d’une « entente entre islamistes et laïcs depuis les attentats de 2003 ».</p>
<p>L’historien, qui apparait dans chacune des séquences de ce rapprochement, semble en être devenu la cheville ouvrière la plus engagée depuis 12 ans.</p>
<p><strong>A suivre….</strong></p>
<p><strong>*</strong>Interview avecWilliam Lawrence, professeur en sciences politiques et relations internationales. Ancien diplomate, il est chercheur au sein du Middle East Institute<br />
<strong>* </strong>Les takfiri sont des extrémistes islamistes adeptes d’une idéologie violente<br />
<strong>*</strong>Interview avec Marc-Etienne Lavergne, géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient et de la Corne de l’Afrique, directeur de recherche au CNRS<br />
<strong>*</strong>D’après Telquel.ma , 14 décembre 2015).</p>
<p><span style="text-transform: initial;"><strong>*</strong>L&rsquo;institut a été c</span><span style="text-transform: initial;">rée en 1994 avec le « généreux soutien » de (Moulay) Hicham Alaoui , peut-on lire sur la page d’accueil du site de l’institut.</span></p>
<p><strong>*</strong> AtlasInfo.fr a adressé M. à El Otmani une demande d&rsquo;interview à laquelle il n&rsquo;a pas donné suite.</p>
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		<title>Enquête/Extrême-gauche et Al Adl Wal Ihssane : le rapprochement qui a perverti le mouvement du « 20 Février »</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/en-direct/extreme-gauche-et-al-adl-wal-ihssane-le-rapprochement-qui-a-perverti-le-mouvement-du-20-fevrier/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2020 13:16:32 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
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					<description><![CDATA[Comment l’extrême-gauche et Al Adl Wal Ihssane ont instrumentalisé le mouvement du 20 février, broyant au passage l’expression pacifiste des revendications de la jeunesse marocaine. Son élan spontané pour un Maroc plus fort et plus équitable a été suivi avec « bienveillance » au plus haut niveau de l’Etat, avant qu’il ne soit dénaturé pour servir des velléités de conquête du pouvoir.
Retour sur cette page de l’histoire récente du Maroc qui offre un éclairage exclusif sur le regard porté alors par le Roi Mohammed VI sur la première manifestation du 20 février 2011. Dans ce dossier, AtlasInfo.fr propose un décryptage sur les débuts du rapprochement de milieux « modernistes » avec un mouvement religieux radical, prêt au jihad pour l’instauration d’un califat.
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rabat, février 2011.</p>
<p>Depuis plusieurs semaines dans les réseaux sociaux, des groupes de jeunes marocains débattent des évènements de ce que l’on a baptisé « le printemps arabe ». Il avait commencé par la « Révolution du jasmin » en Tunisie, qui a vu le départ du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier et le début des manifestations contre la présidence de Housni Moubarak en Egypte le 25 janvier.</p>
<p>Au début, ces groupes très disparates, qui comptent certains jeunes politisés ou militants associatifs, parlaient de manifestations de soutien aux Tunisiens et aux Egyptiens. Le Maroc était alors plutôt préservé de la montée des contestations mais sa jeunesse ne souhaitait pas rester en marge de cette dynamique ainsi enclenchée, animant dans les réseaux sociaux, notamment Facebook, des forums comme « les jeunes discutent avec le Roi », « liberté et démocratie maintenant », s’adressant parfois directement au souverain sur un ton nouveau, empreint de franchise mais toujours respectueux de son statut.</p>
<p>De cette effervescence dans les réseaux sociaux sont nés des appels à la mobilisation avec un caractère spontané et générateur de débats porteurs d’espoir pour une jeunesse majoritairement sans affiliation partisane. Elle  souhaitait s’exprimer et revendiquer plus de justice sociale, d’égalité des chances, de liberté, de réformes et des mesures contre la corruption.</p>
<h2><strong>Quand l’extrême gauche radicale s&rsquo;accapare le mouvement</strong></h2>
<p>Entre temps, tout ce que l’extrême gauche radicale compte de groupuscules (partis, syndicats ou associations) est venu se greffer au mouvement, y voyant l’opportunité de peser sur les décisions et faire pression sur le pouvoir. Certaines figures comme Khadija Riadi sont allées jusqu’à faire « enrôler » leurs propres enfants, peints ainsi aux couleurs du « M20 », pour avoir accès aux jeunes animateurs de l’initiative et une marge de manœuvre plus aisée pour les « encadrer ». Les profils comme celui de l’ancienne présidente de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) se cherchaient alors un nouveau souffle, eux qui n’ont que rarement réussi à mobiliser plus de quelques dizaines de personnes dans leurs rassemblements, depuis le début du règne de Mohammed VI en 1999.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208947" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/MVT20620.jpg" alt="" width="648" height="357" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/MVT20620.jpg 648w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/MVT20620-520x286.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 648px) 100vw, 648px" /></p>
<p>Engloutis sous l’effondrement de l’idéologie marxiste, isolés devant la naissance de nouveaux acteurs associatifs aux méthodes modernes et surtout dépouillés de leur argumentaire sur les atteintes aux droits de l’Homme et aux libertés, après le travail de l’Instance Equité et Réconciliation, il leur fallait rebondir et tenter de ranimer leur rhétorique révolutionnaire.</p>
<figure id="attachment_208944" aria-describedby="caption-attachment-208944" style="width: 245px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-208944 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/gazoui3.jpg" alt="" width="245" height="261" /><figcaption id="caption-attachment-208944" class="wp-caption-text">Mokhtar Laghzioui</figcaption></figure>
<p>«<em>Bien que de nombreux jeunes aient marqué leurs réticences, voire même leur désaccord devant les velléités de récupération et de contrôle par les groupuscules de l’extrême gauche » , explique le journaliste Mokhtar Laghzioui, « ils ont réussi d’une certaine manière à se l’approprier et à radicaliser une partie des revendications des initiateurs du mouvement</em> ».</p>
<p>Des individualités comme Fouad Abdelmoumni, patron d’une fondation de micro-crédits, activiste au sein de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), a tracé les feuilles de route et même écrit certains des slogans qui seront scandés pendant les manifestations.</p>
<p>L’entrepreneur Karim Tazi a apporté des financements, notamment pour équiper les jeunes en moyens de communication dont des téléphones portables. Cette tentative de récupération du mouvement a fait l’objet de débats houleux dans les réseaux sociaux et parmi les jeunes promoteurs de l’appel qui avaient pourtant entrepris plusieurs actions pour se prémunir de toute « politisation » et de toute déviation de la trajectoire contestataire qu’ils avaient fixée.</p>
<h2><strong>Premiers contacts avec les islamistes radicaux de Al Adl Wal Ihssane</strong></h2>
<p>Tout comme avant le premier défilé du 20 février 2011, des contacts avaient  été établis par l’intermédiaire de membres de l’extrême gauche avec des leaders du mouvement islamiste radical Al Adl Wal Ihsane. « <em>A l’époque, ces contacts interpellent déjà les jeunes promoteurs du mouvemen</em>t », nous explique Mokhtar Laghzioui qui avait recueilli des témoignages de jeunes militants du « M20 » qui formulaient des inquiétudes dans ce sens.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208928" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FEMMESADL.jpg" alt="" width="654" height="385" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FEMMESADL.jpg 654w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FEMMESADL-300x177.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FEMMESADL-510x300.jpg 510w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/FEMMESADL-357x210.jpg 357w" sizes="auto, (max-width: 654px) 100vw, 654px" /></p>
<p>Au directeur de la rédaction de « Ahdath Maghribia » d’ajouter qu’« <em>Il y avait une très grande gêne à ce qu’il puisse y avoir « un deal » avec un mouvement qui ne fasse pas la promotion des libertés individuelles ou de l’égalité entre les hommes et les femmes, en plus de ce que dans les manifestations communes à venir, les femmes ne devaient pas marcher côte à côte avec les hommes</em> ».</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>: <a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><span class="post-title">Al Adl Wal Ihssane/Extrême gauche: “frapper ensemble mais marcher séparément”</span></a></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-208949 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/OSSAMA1.jpg" alt="" width="220" height="228" /></p>
<p>Oussama El Khlifi, l’un des membres fondateurs du mouvement du « 20 Février », s’exprimera sept mois après sur ces premiers contacts avec des membres de la Jamaâ : « nous nous étions (pourtant) mis d’accord sur le fait qu’ils soutiendraient le Mouvement et qu’ils participeraient aux manifestations en suivant les slogans du Mouvement (…) Ils n’étaient pas clairs. Quand nous parlons de monarchie parlementaire, eux parlent de choses qui n’ont rien à voir avec nos revendications : le califat, par exemple » *.</p>
<h2><strong>Mohammed VI : « même s’ils n’étaient que quelques-uns à défiler, je me dois de les écouter »</strong></h2>
<p>Du côté du palais royal, le regard porté, à ce moment très précis, sur cette expression contestataire de la jeunesse marocaine est « <em>compréhensif et bienveillant</em> », témoigne un membre du cabinet royal qui a souhaité garder l’anonymat. Selon lui, « <em>le nombre de manifestants n’était pas la question essentielle pour le souverain</em> », alors qu’elle semblait préoccuper le ministre de l’intérieur de l’époque Taïeb Cherkaoui. Le plus important pour le Roi était « <em>ce qu’ils avaient à dire. Même s’ils n’étaient que quelques-uns à défiler, a dit le souverain, je me dois de les écouter et je souhaite que tous les Marocains puissent les entendre, à commencer par les partis politiques et les décideurs économiques</em> », nous confie notre témoin, tordant ainsi le cou au storytelling de ces observateurs pour lesquels « le makhzen a tremblé dans ses fondements ».</p>
<p>L’historien français Pierre Vermeren est l’un de ceux-là. Nous nous arrêterons sur son livre « le Maroc, un royaume de paradoxes en 100 questions » car il constitue un exemple intéressant à analyser sur le narratif dénaturé, voire falsifié de cette séquence marocaine du printemps arabe.<br />
Pierre Vermeren perfectionne et systématise les grands principes de la manipulation des faits, sur chacune des questions d’ordre politique sur les 100 qui sont abordées pour décrire la situation du Maroc actuel.  Il a élaboré une espèce de lexique de formules préétablies, un répertoire de tous les éléments de langage « produits » ces dix dernières années sur la « prédation du makhzen », la toute-puissance de sa « police politique » pour laisser entrevoir « que le règne semble toucher à sa fin ».</p>
<h2><strong>Le Roi donne des instructions pour que les médias publics fassent entendre la parole des jeunes manifestants</strong></h2>
<p>Nous reviendrons plus en détails dans un tout prochain chapitre sur l’argumentaire reproduit fidèlement par les membres de ce qui apparait aujourd’hui comme étant un même groupe. Il est nourri par les mêmes mots-clés, petites phrases et réponses toutes faites sur un royaume dont « l’implosion » est annoncée à tout instant comme l&rsquo;arlésienne, depuis au moins 10 ans.</p>
<p>En attendant ce prochain épisode de notre série sur le rapprochement de l’extrême gauche marocaine avec les islamistes radicaux d’Al Adl Wal Ihssane, lisons ce que l’historien a à dire du « M20 » : « devant cette séquence contestataire si agitée et menaçante », écrit Pierre Vermeren, « les autorités marocaines ont dû forger de toutes pièces une parade pour échapper au destin de leurs homologues arabes ».</p>
<p>A écouter le récit du membre du cabinet royal, contacté par AtlasInfo.fr et témoin privilégié de ces événements, la réalité est tout autre : « <em>SM le Roi Mohammed VI n’a pas analysé les revendications de la jeunesse marocaine comme un risque, bien au contraire. Il pensait que c’était une opportunité et que la voix de ces jeunes devait être portée et entendue dans chaque foyer. Je peux vous confier aujourd’hui qu’il avait personnellement donné ses instructions pour que les médias publics couvrent partout à travers le pays les manifestations</em> ».</p>
<h2><strong>Ambiance de « pique-nique » lors des premiers défilés</strong></h2>
<p>Pour le journaliste Mokhtar Laghzioui, « <em>au début, l’attitude de l’Etat à l’égard du mouvement des jeunes était positive. La mission des forces de l’ordre était une mission « d’encadrement » des manifestations pour qu’elles se tiennent dans les meilleures conditions. Il y a eu une unanimité pour souligner le comportement responsable, pacifique, calme et en accord avec les aspirations portées par ce printemps démocratique marocain. L’ambiance était bon enfant au point que certains participants à ces manifestations ont parlé de « pique niques » démocratiques car elles avaient lieu tous les dimanches dans toutes les villes marocaines avec des slogans pacifiques. C’est lorsque les radicaux d’Al Adl Wal Ihssane se sont joints au mouvement que les positions, de part et d’autre, se sont durcies</em> ».</p>
<p><strong>Lire aussi : </strong><a href="https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html"><span class="post-title">Radicaux de gauche et islamistes radicaux, les liaisons dangereuses de deux extrêmes</span></a></p>
<p>Lors des premiers défilés du dimanche 20 février, la composition des manifestants est hétéroclite. Une première « expérience » d’action collective réussie avec les jeunes du « M20 » côtoyant des militants associatifs de tous bords, des partis politiques de gauche comme le Parti Socialiste Unifié (PSU), le Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS) ou encore la Voix Démocratique. Des membres des sections jeunesse de l’Union Socialiste des Forces Populaires (l’USFP) et du Parti de la Justice et du Développement (PJD) sont également présents, tout comme des associations culturelles amazighs ou encore l’UNEM.</p>
<p>Les partis représentés au parlement ont, pour la plupart, fait preuve de réserve quand ce n’était pas de rejet du cahier revendicatif des manifestants. Dans les deux cas, ils ont tous été secoués par des débats internes parfois très vifs, au point de susciter le départ de certains membres ou encore la participation individuelle d’autres, allant ainsi à l’encontre des consignes de leur direction.</p>
<p>Le fait est que dans plusieurs grandes villes du Royaume, la voix et les revendications de la jeunesse marocaine se sont fait entendre sans que le moindre accrochage ne vienne perturber les rassemblements. Selon le ministère de l’Intérieur, les manifestants étaient 37.000, alors que les organisateurs en revendiquaient 5 fois plus.</p>
<h2><strong>Avec un discours historique, le Roi protège le Maroc du mouvement qui touche le monde arabe    </strong></h2>
<p>Le 9 mars 2011, Mohammed VI confisque leurs certitudes aux observateurs qui prédisaient le chaos avec une prise de parole historique. Il annonce une révision constitutionnelle porteuse de plusieurs grandes réformes et avancées démocratiques : séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, renforcement du rôle du chef de gouvernement, officialisation de la langue Amazigh, régionalisation avancée, pour ne citer que quelques-uns des axes stratégiques de la vision pour l’avenir déclinée par Mohammed VI ce 9 mars 2011.</p>
<p>Unanimement saluée, la démarche du Roi déstabilise l’extrême gauche marocaine qui ira chercher le moyen de relancer sa rhétorique révolutionnaire perdue. Elle encadre le mouvement à travers le comité de soutien qu’elle s’était chargée de mettre en place.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208926" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/roym6.jpg" alt="" width="645" height="422" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/roym6.jpg 645w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/roym6-459x300.jpg 459w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/roym6-210x136.jpg 210w" sizes="auto, (max-width: 645px) 100vw, 645px" /></p>
<p>Totalement déroutés devant l’ampleur de la réaction populaire au discours du 9 mars, Annahj Addémocrati et son pendant associatif, l’AMDH, accusent le coup et tentent de trouver une parade pour garder fournis les rangs des manifestants qu’ils jugeaient déjà insuffisants le 20 février. Leur objectif n’a jamais été de faire vaciller le pouvoir mais de le faire tomber.</p>
<p>Pour ne pas voir se réduire l’amplitude des rassemblements et même tenter d’en grossir les rangs, l’extrême gauche avait déjà entamé des discussions avec la Jamaâ islamiste radicale, Al Adl Wal Ihssane, mouvement toléré mais non reconnu par les autorités. Partisans de l’instauration d’une république islamiste sur un modèle califal, la Jamaâ d’Abdessalam Yassine voit dans le printemps arabe la « Qawma », le soulèvement général « prédit » par son dirigeant qui l’a posé comme un préalable à l’instauration de ce modèle de gouvernance « islamique authentique » qu’il a toujours revendiqué pour la société marocaine.</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>: <a href="https://atlasinfo.fr/il-ny-aura-pas-de-resurrection-jusqua-ce-que-les-musulmans-tuent-les-juifs-selon-le-fondateur-dal-adl-wal-ihssane.html"><span class="post-title">Al Adl Wal Ihssane entre jihad et antisémitisme</span></a></p>
<p>L’extrême gauche ne s’embarrasse pas de l’extrémisme de la Jamaâ, ni de sa volonté d’appliquer la charîa, ni même de son antisémitisme violent ou de ses positions sur les libertés individuelles ou le statut de la femme,  encore moins du modèle de république islamiste dont la Jamaâ rêve pour le Maroc : « <em>l’ennemi de mon ennemi est mon allié</em> », commente Saïd Lakhal, politologue et spécialiste des mouvements islamistes, pour définir la nature du rapprochement entre les deux extrêmes qui s’opère ainsi. Il sera formalisé par un communiqué d’Al Adl Wal Ihssane le 14 mars 2011.</p>
<h2><strong>Discours extrémiste et jet de pierres des adeptes d’Al Adl Wal Ihssane</strong></h2>
<p>Prise de court par le discours royal du 9 mars, et décontenancée par l’absence de confrontation entre le pouvoir et les manifestants, la Jamaâ de cheikh Yassine veut dorénavant en être, encouragée par ses contacts avec l’extrême gauche. Le communiqué que le mouvement islamiste radical publie 5 jours après le discours royal est rédigé au vitriol. Rien d’étonnant si l’on considère l’idéologie de la Jamaâ et son obligation de surenchérir sur le discours de ses partenaires de l’extrême gauche qui avaient commencé à réorienter le cahier revendicatif du M20 vers un durcissement de leur position.</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>: <a href="https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html"><span class="post-title">Al Adl Wal Ihssane, une Jamaa née dans l’amertume</span></a></p>
<p>Annonçant qu’elle rejoint le mouvement, la Jamaâ considère que le makhzen « a bouché ses oreilles pour ne pas entendre la voix de son peuple qui revendique son droit à un régime de gouvernance démocratique qu’il choisira librement (…) », peut-on lire dans le communiqué du mouvement islamiste publié le 14 mars, le lendemain d’une première participation de ses adeptes aux manifestations.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208970" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/m20-islamiste.jpg" alt="" width="700" height="385" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/m20-islamiste.jpg 700w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/m20-islamiste-520x286.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<p>Clairement, Al Adl Wal Ihssane inscrit son soutien au « M20 » dans sa stratégie visant le renversement de la monarchie. Le pacifisme, dont elle a fait un axe essentiel de sa communication disparait au profit d’un discours menaçant que la Jamaâ réitère dans un second communiqué publié 2 jours plus tard, au lendemain d’accrochages entre ses adeptes et les forces de l’ordre : « la voie pour un changement radical et véritable est claire et sans détour et n’a besoin d’aucune polémique inutile ».</p>
<p>D&rsquo;après Mokhtar Laghzioui, « <em>La Jamaâ a choisi à partir du 13 mars et surtout le 20 mars de se livrer à une démonstration de force avec le recours à la violence dans la rue </em>». « C<em>e fut un tournant d’autant plus qu’avant cela, elle levait publiquement l’étendard des trois « non : non à la violence, non à la clandestinité et non aux relations avec l’étranger</em> », conclut le journaliste.</p>
<h2><strong>Mainmise, instrumentalisation de la jeunesse et calculs politiques</strong></h2>
<p>C’est à ce moment-là que de l’ambiance « pique-nique », le M20 bascule vers une confrontation avec les forces de l’ordre : « <em>la jamaâ a tenté de faire main basse sur le mouvement et a remplacé les hauts-parleurs par des bâtons et des pierres</em> », analyse Mokhtar Laghzioui. «<em> Elle a phagocyté le caractère pacifique de ces manifestations. Elle a été rattrapée par son passé violent dans les universités dans les années 90 quand elle se livrait à des exécutions d’étudiants de la mouvance gauchiste et à des raids nocturnes pour détruire des cités universitaires</em> ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208119" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/HOOO.jpg" alt="" width="692" height="498" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/HOOO.jpg 692w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/HOOO-300x216.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/HOOO-417x300.jpg 417w" sizes="auto, (max-width: 692px) 100vw, 692px" /></p>
<p>Quels que soient les antagonismes idéologiques entre les deux extrêmes, elles les ont dépassés pensant pour l’extrême gauche, grossir les rangs de la contestation pour ébranler les institutions, quitte à pactiser avec « le diable ». Pour Al Adl Wal Ihssane, il s’agissait de faire la démonstration de sa capacité à s’allier avec d’autres tendances politiques et de rompre avec l’image d’une « secte » pour tenter une démonstration de force puissante que l’Etat ne pourrait plus ignorer.</p>
<h2><strong>Chacun était censé y trouver son compte et se « débarrasser » ensuite de l’autre, une fois l’objectif atteint</strong></h2>
<p>Il ne l’est toujours pas. Les deux « parties » continuent de se « fréquenter », l’une soutenant l’autre, l’autre tentant de rendre « fréquentable » la première et les deux travaillant à la mise en place d’un « front commun » pour faire chanceler la monarchie.</p>
<p>En attendant, que ce soit l’extrême gauche, Al adl Wal Ihssane, certains groupuscules de la société civile et des individualités qui y ont vu l’occasion de se positionner, tous doivent endosser la responsabilité de l’élan brisé des jeunes marocains qui avaient initié le mouvement du « 20 Février ». Ils l’ont instrumentalisé pour servir leurs projets respectifs de conquête du pouvoir, piétinant sans état d’âme l’exercice libre et passionné de l’expression de la démocratie auquel aspiraient ces jeunes lorsqu’ils ont initié leur action.</p>
<p>Tant que le mouvement n’avait pas été dénaturé, ils avaient réussi à susciter l’admiration et le respect, y compris au plus haut niveau de l’Etat, en partageant leurs rêves pour un Maroc plus fort et plus juste pour chacun de ses citoyens.<br />
Ils avaient réussi un temps, là où tous les autres ont toujours échoué.</p>
<p><strong>A suivre…</strong></p>
<p><strong>*</strong> « Au Maroc, le Mouvement du 20 Février maintient la pression » par Rachidi  Ilhem , 11 septembre 2011 .L’Obs avec « Rue89 »</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>« L’une des plus grandes forces d’Al Adl Wal Ihssane est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes »</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/entretiens/lune-des-plus-grandes-forces-dal-adl-wal-ihssane-est-de-savoir-nager-en-eaux-troubles-et-brouiller-les-cartes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2020 18:53:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
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					<description><![CDATA[Basé à Washington, Hamza El Anfassi est chercheur et journaliste maroco-américain spécialisé sur les questions liées à la démocratie, l’islamisme, la résolution des conflits et les relations entre civiles et militaires dans la région du Moyen-Orient. Diplômé notamment en sciences politiques, il a étudié à l’« Arizona State University » et à l’ « Elliott School of International Affairs ». Militant associatif, Hamza El Anfassi travaille sur les questions de société liées à la jeunesse dans la région MENA et revendique son engagement dans les mouvements du « printemps arabe » dont celui du « 20 février » au Maroc. Entretien]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="adn ads" data-message-id="#msg-f:1678194614806764432" data-legacy-message-id="174a251c5787db90">
<div class="gs">
<div class="">
<div id=":1r7" class="ii gt">
<div id=":1r6" class="a3s aXjCH ">
<h2 dir="ltr"><strong>L’un de vos domaines de recherche aux Etats-Unis est celui du radicalisme religieux. Vous avez travaillé sur la Jamaâ Al Adl Wal Ihssane, vous intéressant notamment à l’après Abdeslam Yassine. Qu’est-ce qui a changé depuis la mort du fondateur du mouvement en 2012 ?</strong></h2>
<div dir="ltr"><strong>Hamza El Anfassi</strong> : Comme pour la plupart des organisations qui tirent leur force et une forme de légitimité de la personnalité de leur dirigeant, Al Adl Wal Ihssane souffre indéniablement de l&rsquo;absence de son fondateur charismatique et leader pendant prés de 40 ans, Abdessalam Yassine. C’était un homme qui écrivait beaucoup et animait de nombreuses conférences auprès de ses disciples. C’était là une communication régulière qui lui permettait d’entretenir son influence auprès des disciples, de préserver une certaine cohésion et de garder les troupes unies pendant les nombreuses crises que la jamaâ a traversé. Ce n’est donc plus pareil mais Abdeslam Yassine a mis en place une structure qui puisse survivre à son décès, et c’est sur elle que s&rsquo;appuie aujourd&rsquo;hui Al Adl Wal Ihssane. Une organisation structurée qui peut encore peser dans le débat public, malgré son interdiction.</div>
<div dir="ltr"></div>
</div>
</div>
</div>
</div>
<div class="gs">
<div class="">
<div id=":1r7" class="ii gt">
<div id=":1r6" class="a3s aXjCH ">
<div dir="ltr">
<h2><strong>Al Adl Wal Ihssane est en faveur de la restauration d&rsquo;un califat. Son fondateur aussi bien que Abbadi qui lui a succédé en ont cerné les contours. Comment cela est-il perçu aux États-Unis et dans le monde occidental car quand on parle de restauration du califat, on pense à Daech, Boko Haram ou Al-Qaida, mouvements terroristes qui ont tous les trois proclamé un califat en 2014 ?</strong></h2>
<p>Malheureusement, l&rsquo;Occident n&rsquo;appréhende pas véritablement la gravité de ce pilier du projet politique et idéologique d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane.</p>
<p>L&rsquo;Occident considère la jamaâ comme un acteur politique et social qui opère dans un paysage diversifié. Il ne la voit évidemment pas de la même manière qu’il appréhende des groupes tels que Daech, Boko Haram ou Al-Qaïda. Force est de constater que sur cela, la communication et les tactiques sophistiquées développées par Al Adl Wal Ihssane, fonctionnent en Occident.</p>
<p><strong>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html">https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html</a></strong></p>
<p><span style="text-transform: initial;">Ceci étant dit, il est un fait que de nombreux marocains qui ont intégré des organisations extrémistes violentes ont commencé leur parcours de radicalisation au sein de la Jamaâ de Abdessalam Yassine. C’est dans les cercles et dans le sillage d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane que ces jeunes entendent parler de la restauration du califat pour la première fois. De nombreux témoignages de ceux qui ont rejoint des mouvements extrémistes violents font état du fossé qui existe entre l’image pacifiste que veut véhiculer le mouvement et son modus operandi. Ces jeunes le décrivent comme un « habillage de respectabilité » pour leur permettre de manœuvrer dans le paysage politique dans lequel la Jamaâ opère.</span></p>
<h2><span style="text-transform: initial;">Il</span><strong style="text-transform: initial;"> y a des passages assez violents dans les livres écrits par Abdessalam Yassine. Il parle de moudjahidines, de combat, de jihad et de guerre. Pensez-vous alors que l&rsquo;image qu&rsquo;ils veulent véhiculer d&rsquo;un mouvement pacifiste est justifiée ?</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<div dir="ltr">
<p>De nombreux écrits d&rsquo;Abdessalam Yassine prêtent à la polémique. Pour les comprendre, il faut tenir compte du fait qu’ils ont été écrits pour un public ouvert à ses idées et à sa vision. Les termes utilisés sont familiers à ce public, dans le contexte de l&rsquo;histoire de l’Islam. Il n’en est pas moins que dans la littérature d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane, ces écrits prennent un tout autre sens dans la tentative de leur auteur de transposer les concepts et la vision qu’il y développe dans le monde moderne.</p>
<p>Encore une fois, il y a un décalage entre les concepts entretenus publiquement par la Jamaâ et la réalité, d’où sa réticence à s&rsquo;engager de manière claire et directe dans le débat politique. C’est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles de nombreux jeunes se détournent d’Al Adl Wal Ihssane pour entrer dans des mouvements islamistes plus actifs sur la scène politique.</p>
<h2><strong style="text-transform: initial;">La mise en place d&rsquo;un califat suppose un autre modèle politique, donc le renversement de la monarchie ?</strong></h2>
<p><span style="text-transform: initial;">Vous savez, l’une des plus grandes forces de la Jamaâ est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes pour quiconque essaie de creuser plus profondément dans leurs motivations et leurs objectifs finaux. Il est vrai que l’ancien chef du mouvement avait maintes fois vanté ce qu’il considère comme les bienfaits du califat, ralliant autour de cet objectif ses partisans et recrutant de nouveaux adeptes. </span></p>
<p><span style="text-transform: initial;">En même temps, dans le contexte du printemps arabe, le mouvement a appelé à un État laïc, allant jusqu’à joindre sa voix à ceux qui appelaient à une monarchie parlementaire. Ceci montre que la Jamaâ souffle le chaud et le froid, qu’elle cultive la confusion sur les objectifs réels qui sont les siens, au gré des situations qui se présentent. C’est là, je pense sa plus grande réussite marketing.</span></p>
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<div dir="ltr"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/HOOO.jpg" alt="" width="692" height="498" /></div>
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<h2 dir="ltr"><strong>AL Adl Wal Ihssane s&rsquo;est rapproché, particulièrement, depuis le printemps arabe, de la gauche radicale marocaine incarnée notamment par Annahj Addémocrati et son pendant associatif l’AMDH. Que pensez-vous de cette « alliance» destinée à conjuguer leurs forces contre le pouvoir ?</strong></h2>
<div dir="ltr">Comme dans de nombreux mouvements politiques et sociaux à travers le monde, des courants différents, parfois même divergents, s’allient contre les pouvoirs en place. On peut remonter à la révolution française et à la pléthore de groupes qui ont uni leurs forces pour renverser la monarchie. Plus récemment en Iran, le parti communiste Toudeh a joué un rôle dans la révolution de 1979. Ce n&rsquo;est donc pas anormal de voir des mouvements qui ne partagent pas la même idéologie, en l’occurrence ici, l&rsquo;extrême gauche  et le mouvement islamiste radical, unir leurs forces dans un contexte de  mobilisation sociale. Néanmoins, je ne qualifierais pas les objectifs de cette alliance d ‘ « insurrection » car jusqu&rsquo;à très récemment, Al Adl Wal Ihssane a fait preuve d&rsquo;une extrême retenue dans de nombreuses actions auxquelles elle a participé. Le but de cette « alliance » est de montrer à l&rsquo;État que le mouvement est encore capable de créer des coalitions avec des « alliés» de différents horizons.</div>
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<div dir="ltr">Cette alliance présente également l’avantage de sortir la Jamaâ de l&rsquo;isolement. Elle a beaucoup souffert de la montée en puissance du Parti de la Justice et du Développement. Le PJD a été une alternative, une autre voie pour les électeurs d’obédience islamiste auxquels ils ont promis des réformes en étant à l’intérieur du système. L&rsquo;ascension fulgurante du PJD dans les espaces urbains a porté un préjudice énorme à la réputation d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane et l&rsquo;a en quelque sorte forcée à rechercher des alliés pouvant lui donner une légitimité.</div>
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<h2 dir="ltr"><strong>Arrêtons-nous sur la révolution iranienne dont vous parliez. Abdessalam Yassine y fait référence dans ses écrits. Comment expliquer que l’Iran puisse constituer un modèle ?</strong></h2>
<div dir="ltr">Beaucoup des écrits d&rsquo;Abdessalam Yassine sont intervenus dans le sillage de la révolution iranienne de 1979. Khomeiny a longtemps fait la promotion d’une forme de révolution islamique presque dépourvue de toute référence à des mouvances, qu’elles soient sunnites ou chiites, par exemple. Au lieu de cela, Khomeiny a créé son propre modèle, fourni un exemple d&rsquo;une révolution islamiste qui a réussi puisqu’elle a mené au renversement d&rsquo;une figure qui était considérée par les islamistes comme despotique.</div>
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<div dir="ltr">Il y a une forme de « lien informel » entre Al Adl Wal Ihssane et l’Iran. Un lien idéologique pourrait constituer une menace pour le Maroc qui est un allié des États-Unis. L’Iran ne se privera pas de toute possibilité qui pourrait lui être offerte de pénétrer la société marocaine, particulièrement aujourd’hui, dans le contexte de la lutte pour le pouvoir qui se joue dans la région MENA.</div>
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<h2><strong>Restons en Iran précisément où, vous le disiez, Khomeini s&rsquo;était allié aux sensibilités d&rsquo;extrême gauche pour renverser le shah avant de les éliminer. Ce genre d’alliances contre-nature peut-il fonctionner ou est-il voué à l&rsquo;échec ?</strong></h2>
<div dir="ltr">Dans la théorie, Je ne pense pas que ces alliances soient forcément vouées à l&rsquo;échec. Mais dans la pratique, l’histoire pullule d&rsquo;exemples d&rsquo;alliances politiques de mouvements aux idéologies différentes ou opposées qui ont été rompues, y compris entre organisations de gauche et islamistes. Il y en a tellement que l’on pourrait modéliser aussi bien ce qui les a rapprochés que ce qui les a menés à la rupture.</div>
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<div dir="ltr">L’histoire a également démontré que les mouvements de gauche étaient généralement plus enracinés dans la société dans laquelle ils opéraient et ils avaient plus à perdre dans leur alliance avec les islamistes. Dans le cas d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane et la gauche radicale marocaine, c’est l’inverse : la Jamaâ est plus enracinée dans la société que la plupart des groupuscules de gauche avec lesquels elle travaille.</div>
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<h2><strong>Pour conclure, quel poids numéraire attribuer à ce mouvement ? Quelle influence réelle ?</strong></h2>
<p><span style="text-transform: initial;">Al Adl Wal Ihssane a fait preuve d&rsquo;un grand niveau d&rsquo;organisation et de discipline dans le contexte du mouvement du 20 février en 2011, pour ne prendre que cet exemple. La présence de ses disciples dans les rues n&rsquo;a été réellement ressentie que lorsqu&rsquo;ils ont décidé de ne plus prendre part aux manifestations. C’est là, lorsque l’amplitude des manifestations s’est réduite  que nous avons observé que ce sont les disciples de la Jamaâ qui étoffaient les rangs des manifestants.</span></p>
<p><span style="text-transform: initial;">Une fois ce constat établi, je ne pense pas que le plus important soit un débat autour des chiffres, il n’est pas essentiel. Ce qui est stratégique en revanche, c’est de mesurer le taux de pénétration de leur idéologie à l&rsquo;intérieur de la société. De même que le niveau d&rsquo;engagement de leurs membres doit être évalué. Enfin, quelle connaissance avons-nous des chemins empruntés par les disciples qui ont décidé de quitter Al Adl Wal Ihssane ? Ce sont là les questions qui me semblent bien plus décisives.</span></p>
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<div dir="ltr"><strong style="text-transform: initial;">Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html">https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html</a></strong></div>
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		<title>Maroc/Enquête: Radicaux de gauche et islamistes radicaux, les liaisons dangereuses de deux extrêmes</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Sep 2020 18:01:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
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		<category><![CDATA[Abdeslam Yassine]]></category>
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					<description><![CDATA[L'objectif ultime du mouvement Al Adl Wal Ihssane* est l'instauration d'une "république islamique authentique" sur un modèle califal. Pour cela, il lui faut d'abord atteindre son but premier : renverser la monarchie. Les jeux de séduction depuis 10 ans entre ce mouvement islamiste radical et les milieux d'extrême gauche notamment, interpellent sur ce à  quoi ils sont prêts à renoncer pour alimenter leur guérilla contre la monarchie.]]></description>
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<p>Entre récits médiatiques et réalités, quel est le poids effectif de la Jamaâ créée par Abdelsam Yassine en 1973 ? Sa trajectoire idéologique ? Ses objectifs véritables, le modèle de société sur lequel œuvrent ses adeptes ? Le nombre de ses partisans ?</p>
<div dir="ltr">Il y a « la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits », ce qu’on appelle le storytelling*, mis en place par la Jamaâ pour entretenir des mythes pendant des décennies autour d’un leader, Abdeslam Yassine, celui-là même qui avait « osé » défier Hassan II. Ce storytelling voudrait que sa démarche soit pacifiste avec une force mobilisatrice présentée comme la plus importante du pays, revendiquant 200 000 adeptes et des milliers de sympathisants. S’appuyant sur ce « hold up » de la réalité, la gauche radicale marocaine, des groupuscules au sein de la société civile dont l’historien Maati Monjib semble avoir pris le leadership et des individualités comme Hicham Alaoui*, œuvrent depuis plus de 10 ans à rendre « fréquentable » le mouvement islamiste radical et à un rapprochement avec Al Adl Wal Ihssane.</div>
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<div dir="ltr">Ce qu’ils espèrent avec cette alliance, c’est acquérir le poids politique nécessaire à la mise en œuvre d’un projet politique. Se considérant comme le « contre-pouvoir » mais dans un périmètre idéologique étroit, ils se savent peu mobilisateurs et déconnectés des réalités de la société marocaine.</div>
<h2 dir="ltr"><b>Quand « L’ennemi de mon ennemi devient mon ami »</b></h2>
<p dir="ltr">En faisant alliance avec la Jamaâ, ils souhaitent, pour certains, affaiblir suffisamment la monarchie marocaine pour lui imposer un modèle politique, quand d’autres veulent la renverser car se considérant aptes à prendre la relève, même dans l’illégitimité. Quelles que soient les oppositions idéologiques, le plus souvent diamétralement opposées, « l’ennemi de mon ennemi devient mon ami »* pour atteindre un but commun, même si le prix à payer est celui de voir s’instaurer la république islamique que la Jamaâ appelle de tous ses vœux.</p>
<p dir="ltr">Il y a les mythes entretenus par les spin doctors de la Jamaâ, suppléés par ces « alliés » de circonstances pour dédiaboliser Al Adl Wal Ihssane. Ils tentent de construire un récit dont l’efficacité trouve toutes ses limites devant sa non-conformité à la réalité, bien moins enchanteresse et sincère. Il ne faut pas creuser beaucoup ni longtemps pour appréhender la vérité, ni même utiliser des méthodes de recherche ou d’analyse sophistiquées : il suffit juste de lire.</p>
<h2 dir="ltr"><b>Discours guerrier, antisémitisme et Instauration du califat</b></h2>
<p dir="ltr">La vérité sur la doctrine et les objectifs de Al Adl Wal Ihssane se trouve tout simplement, et ce en grande partie, dans les écrits de son fondateur, Abdeslam Yassine. Celui qui était tombé en admiration devant le meneur de la révolution iranienne, l’Ayatollah Khomeiny et voulait la restauration du califat, tenait un discours guerrier fait de « jihad » et de « moudjahidines » et nourrissait un antisémitisme particulièrement violent. C’est cette même idéologie et ces mêmes objectifs dont sont porteurs le successeur de Abdeslam Yassine et les cadres dirigeants de la Jamaâ qui vouent un culte de la personnalité tel au leader disparu du mouvement qu’ils ne renieront jamais les orientations idéologiques qu’il a tracées.</p>
<p dir="ltr">La question qui est posée est celle de savoir jusqu’où la gauche radicale qui se dit « laïque», les factions de la société civile et Hicham Alaoui qui écrit qu’il pourrait « très bien vivre dans une république marocaine si ce régime (lui) paraissait la meilleure option pour( s)on pays »*, sont prêts à poursuivre leur « monarchie bashing » pour favoriser la Qawma, le soulèvement général dont rêve leur allié islamiste, toléré mais non reconnu par les autorités.</p>
<h2 dir="ltr"><b>Un projet insurrectionnel visant le renversement de la monarchie  </b></h2>
<p dir="ltr"><em><span style="color: #000000;">Dans cette enquête qui a mobilisé la rédaction de Atlasinfo.fr pendant plusieurs semaines et qui sera déclinée sur différents chapitres</span>,</em> il ressort qu’un projet insurrectionnel visant le renversement de la monarchie occupe Al Adl Wal Ihssane et ses « associés ». Le système d’alliances médiatico-politiques qui le porte, basé sur des réseaux coalisés et un journalisme de connivence travaille à temps plein, accélérant la cadence ces dernières semaines pour brosser le portrait d’un Maroc au bord de la crise cardiaque.</p>
<p dir="ltr">Leur  « guide-à- penser » tourne en boucle, ressassant les mêmes litanies sur la « corruption du Makhzen », les « barbouzeries » d’un « régime totalitaire » et sa « police politique » ou encore le mythe du « Roi des pauvres » qui toucherait à sa fin, allant jusqu’à exhumer le livre « Notre ami le Roi » de Gilles Perrault pour en raconter « la folle aventure ». Mêmes les rumeurs les plus folles sur sa santé ne sont pas épargnées au Roi Mohammed VI. Laborieuse, cette guérilla menée par les mêmes intervenants permanents, à la popularité abusive, n’en est pas moins dangereuse de par l’objectif dont elle se nourrit.</p>
<h2 dir="ltr"><b>Le silence fracassant du gouvernement</b></h2>
<p dir="ltr">Le gouvernement marocain ne peut l’ignorer davantage tout comme il ne peut se soustraire à ses responsabilités plus longtemps et laisser l’opinion publique marocaine dans l’ignorance. Nous avons tenté d’obtenir une interview du chef de gouvernement, Saad dine El Otmani. Elle nous paraissait d’autant plus essentielle qu’il avait lui-même, avant sa prise de fonction, pris part à une série de rencontres initiée par la Fondation Cordoue entre 2016 et 2017 entre « laïcs » et islamistes dont ceux de Al Adl Wal Ihssane.</p>
<p dir="ltr">Saad Dine El Otmani est également le Secrétaire Général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), qualifié par les observateurs de « frère ennemi » du mouvement islamiste radical. L’une des questions que la rédaction de Atlasinfo.fr souhaitait lui poser est : « jusqu’à quel point êtes-vous frères et dans quelle mesure êtes-vous ennemis ? ». Nous n’avons, à ce jour, obtenu aucune réponse à notre demande d’interview.</p>
<div><b>1 Traduit par « Justice et Bienfaisance »<br />
2 Christian Salmon, « Storytelling ».Editions La Découverte.<br />
3 Fils de feu le Prince Moulay Abdellah, frère cadet de feu le Roi Hassan II.<br />
4 Extrait d’une interview de Said Lakhel, politologue, spécialiste des mouvements islamistes.<br />
5 Moulay Hicham El Alaoui, « Journal d’un prince banni ».Editions Grasset.<br />
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