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	<title>Fatima Lahnait &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Fatima Lahnait &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Agenda Femmes, Paix et Sécurité au Maroc : des efforts à consolider pour promouvoir le leadership des femmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2020 19:15:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Fatima Lahnait]]></category>
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		<category><![CDATA[Timbuktu Institute]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Fatima Lahnait* – Senior Associate Fellow Timbuktu Institute]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les Nations Unies s’apprêtent à commémorer le vingtième anniversaire de la Résolution du Conseil de Sécurité 1325 relative à <strong>l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité</strong> adoptée le 31 Octobre 2000.</p>
<p>Cette résolution marque une étape décisive dans l’histoire des relations internationales en faveur de <strong>la promotion du leadership des femmes dans les domaines de la paix et la sécurité</strong>. Le Royaume du Maroc a-t-il mis en place les mesures qui s’imposent dans le cadre de cet Agenda ? Eclairage.</p>
<h2><strong>Des avancées fragiles</strong></h2>
<p>Depuis 2005, les États membres de l&rsquo;ONU ont mis en œuvre les principes de la résolution 1325 en élaborant des plans d&rsquo;action nationaux (PAN), d’une durée de trois ou cinq ans. Ils œuvrent à promouvoir et consolider les efforts réalisés dans la promotion du leadership féminin dans les domaines de la paix et de la sécurité en les mettant en valeur dans les contextes national et international.</p>
<p>Ce processus de PAN aide les pays à identifier leurs priorités en la matière, à définir les plans d’action et les ressources nécessaires.</p>
<p>Les autorités marocaines ont lancé et participent, depuis plusieurs années, à de nombreuses initiatives, notamment au travers du réseau de points focaux sur la thématique ‘Femmes, Paix et Sécurité’, et la formation de leaders religieux (<strong>prédicatrices</strong> et prédicateurs, imams) originaires de pays africains, européens<strong>. Le Maroc est d’ailleurs parmi les rares pays arabes, avec la Jordanie, à former des femmes prédicatrices</strong> afin que ces dernières puissent expliquer la parole religieuse à d’autres femmes, qui pourront à leur tour s’exprimer de façon éclairée sur les thématiques religieuses auprès de leurs enfants et de leurs familles. Il s’agit là d’une excellente initiative pour <strong>lutter contre l’obscurantisme</strong> qui va de pair avec l’ignorance.</p>
<p>Conscient de l’importance d’intégrer la dimension genrée comme une composante des initiatives de paix, le Maroc s’est officiellement engagé <strong>le 26 juin 2019</strong>, au siège du Ministère des Affaires Etrangères (MAEC), à lancer le processus d’élaboration de son –premier- Plan d’Action National 2020-2022 sur la thématique ‘Femmes, Paix et Sécurité’ (FPS), pour la mise en œuvre de la résolution 1325<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>.</p>
<p>Un Comité de Pilotage interministériel a été établi, sous la supervision du MAEC. Les travaux de ce comité ont été répartis entre une ‘task-force’ chargée de rédiger le PAN et un groupe de réflexion dans lequel est intégré la société civile.</p>
<p>La conception de ce plan devait être réalisée en collaboration avec les départements ministériels concernés par cette thématique, des agences de l’ONU et des organisations de la société civiles qui luttent contre les violences domestiques et les normes patriarcales et militent en faveur de l’égalité.</p>
<p>Il s’agit en effet pour le Maroc de consolider les efforts entrepris pour promouvoir le leadership féminin (la parité est consacrée par la Constitution) dans les domaines de la paix et de la sécurité, en soutenant leur visibilité aux échelles nationale et internationale, et de conforter l’autonomisation des femmes et des filles (meilleure manière de garantir l’égalité des droits).</p>
<p>La présentation de ce plan d’action national, en 2020, devait  coïncider avec la célébration du 75ème anniversaire de l’Organisation des Nations Unies et, surtout, avec la commémoration du 20ème anniversaire de la résolution 1325, en octobre 2020. Ce PAN marocain se fait malheureusement encore attendre, même s’il y a lieu de signaler que le Maroc n’a pas attendu de se doter d’un pareil plan pour mener de nombreuses actions de terrain.</p>
<p>Ce n’est pas le seul : au 31 août 2020, <strong>seuls 86  <a href="https://www.un.org/en/member-states/">États membres des Nations Unies</a></strong>  disposent de plans d&rsquo;action nationaux 1325 du CSNU<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>. La mise en œuvre de l’agenda de la résolution 1325 repose en effet sur <strong>le volontariat</strong>, ce qui ne peut finalement qu’être déploré.</p>
<p>Près de 50% des Etats de l’Union Africaine ont adopté des PAN afin, notamment, d’intégrer les femmes dans les processus de paix, l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest se distinguant avec treize de ses quinze Etats membres ayant adopté un PAN.</p>
<h2><strong><u>Agenda Femmes, Paix et Sécurité : de quoi s’agit-il au juste ?</u></strong></h2>
<p>La résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies ‘Femmes, paix et sécurité’, adoptée le 31 Octobre 2000, est la première à reconnaitre et vouloir renforcer le rôle primordial des femmes dans la construction de la paix.  Elle souligne « <em>le lien entre l&rsquo;inégalité des sexes et la fragilité, ainsi qu&rsquo;entre la sécurité des femmes et la sécurité internationale</em> ».</p>
<p>Le Conseil de Sécurité y a dressé les constats suivants :</p>
<p>&#8211;           <strong>L’inégalité entre les sexes contribue à l’instabilité, l’insécurité et à l’extrémisme violent</strong></p>
<p>&#8211;           <strong>Une paix durable et viable exige la participation de tous les membres de la société, en ce compris les femmes.</strong></p>
<p>Fort de ce constat, le Conseil de Sécurité a défini trois objectifs principaux dans son agenda FPS (parfois labélisé ‘programme’) qui encourage la prise en compte et la mise en œuvre d’une approche genrée dans l’élaboration de toute politique :</p>
<ul>
<li><strong>la Protection des femmes contre la violence des conflits, </strong></li>
<li><strong>promouvoir et assurer la participation des femmes à la prévention et à la résolution des conflits</strong></li>
<li><strong>œuvrer pour la Consolidation de la paix et le redressement (de la société).</strong></li>
</ul>
<p>La participation des femmes aux prises de décision, y compris politique, ne saurait être interprétée comme une faveur qui leur serait concédée. <strong>Cette participation doit devenir une norme</strong>, car c’est une condition essentielle pour parachever l’égalité ‘de pouvoir’, la cohésion sociale,  une paix et une sécurité durables.</p>
<p>Neuf autres résolutions, entre 2000 et 2019, sont venues renforcer la RCS1325, notamment pour rappeler que le corps des femmes n’est ni un champ de bataille, ni un objet sexuel, ni un punching ball !</p>
<h2><strong>Quels sont les obstacles à franchir et défis à relever ?</strong></h2>
<p>Il faut reconnaitre que les revers politiques, le manque d’investissements dans les organisations de droit des femmes et, comme l’a rappelé Antonio Guterres –Secrétaire Général des Nations Unies- le 8 octobre 2020, ‘<strong><em>les mentalités bien ancrées et la domination des homme</em></strong><em>s</em>’ ralentissent les progrès dans ce domaine<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>.</p>
<p><strong> </strong>En Afrique du Nord, il y a un manque de sensibilisation à l’agenda FPS, la Tunisie étant le premier -et seul- pays de la région à avoir adopté, en août 2018, un PAN sur la résolution 1325 (point d’orgue de sa politique pour atteindre l’Objectif du Développement Durable 5 : l’égalité des sexes). Le Maroc doit formaliser dans un PAN la stratégie et le plan d’actions qu’il mène d’ores et déjà sur le terrain.</p>
<p>Dès janvier 2019, le Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU, préoccupé par le manque de progrès de l’agenda FPS <strong>au Moyen-Orient et en Afrique du Nord</strong>, avait organisé une réunion du Conseil de sécurité intitulée « <em>Prochaines étapes pour les femmes, la paix et la sécurité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : le potentiel des plans d&rsquo;action nationaux</em> ».</p>
<p>Cette réunion visait à encourager les Etats membres à développer des stratégies pour intégrer le programme FPS dans leurs plans de sécurité et de développement.</p>
<p><strong> </strong>Dans certains pays, les obstacles résident dans l’absence d’une véritable volonté politique et le peu d’intérêt porté par les dirigeants aux droits des femmes pour en faire une priorité et concrétiser le PAN de la résolution 1325. Au Maroc, le Roi Mohammed VI a placé la cause de la femme parmi les priorités des réformes institutionnelles.</p>
<p>La mise en oeuvre des PAN requiert cependant des budgets conséquents dont ne disposent pas la plupart des Etats. Sur les 84 PAN enregistrés au 31 décembre 2019, seuls 28 (33%) comprennent un  <a href="https://us6.mailchimp.com/mctx/clicks?url=http%3A%2F%2Fpeacewomen.org%2FWPS-Financing&amp;h=f9b82ee88724aee29c9f0a50f9abd00a52191ba7fdbd3b5e1790c5f9fb8dd4c1&amp;v=1&amp;xid=88c1a5f202&amp;uid=15076487&amp;pool=&amp;subject=">budget alloué</a> à la mise en œuvre<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>. Face à des projets à l’arrêt par manque de ressources et d’intérêt, il revient à la société civile de se mobiliser pour les mettre/remettre à l’ordre du jour et en faire un combat.</p>
<p>Au Maroc comme ailleurs, tant que les femmes seront la cible de violences et d’harcèlement, elles ne pourront participer pleinement à la vie civile et politique. Il faut dès lors renforcer les capacités des femmes (nombreuses sont celles qui les ont déjà et ne demandent qu’à les exploiter !), investir dans l’éducation, faire évoluer les normes dans la société, sensibiliser la population et…surtout <strong>impliquer davantage les hommes</strong> ! Ce n’est qu’à cette condition que l’égalité homme-femme consacrée dans la Constitution marocaine se concrétisera pleinement.</p>
<p>*Fatima Lahnait, auteur de l’ouvrage <strong>Pasionarias</strong> qui dresse le portrait de militantes politiques armées.</p>
<p><strong><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> https://www.un.org/press/fr/2019/cs14012.doc.htm</strong></p>
<p><strong><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> https://www.un.org/en/member-states/</strong></p>
<p><strong><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> https://news.un.org/</strong></p>
<p><strong><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> https://undocs.org</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quel impact de la pandémie du coronavirus sur le volume des transferts de fonds des MRE  (Experte)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2020 18:15:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
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		<category><![CDATA[Fatima Lahnait]]></category>
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					<description><![CDATA[Fatima Lahnait, consultante, Senior Associate Fellow à l'Institute for Statecraft (Londres) et au Timbuktu Institute (Dakar), analyse l'impact de la pandémie du Covid-19 sur les transferts financiers effectués par les Marocains résidant à l'étranger (MRE) vers le pays d’origine. L'experte franc-marocaine estime que les transferts dépendent donc largement de l'état des économies des pays dans lesquels ils résident. Entretien:]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Atlasinfo: Avec le tourisme et les IDE, les Marocains du Monde sont l’un des principaux pourvoyeurs de devises. Quel en sera l’impact de la pandémie du coronavirus sur ces transferts?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Fatima Lahnait: </span><span style="font-weight: 400;">Véritable « ‘</span>poumon financier », <span style="font-weight: 400;">les transferts d’argent des Marocains du monde constituent une manne financière indispensable pour le Maroc car ils représentent l’une des principales sources de devises étrangères.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les transferts d’argent des Marocains du monde constituent une manne financière indispensable pour le Maroc car ils représentent l’une des principales sources de devises étrangères. </span><span style="font-weight: 400;">De manière générale, les immigrés ne manquent pas d’augmenter leurs transferts de fonds vers leur pays d’origine lorsque celui-ci traverse </span>une<b> crise économique</b><span style="font-weight: 400;"> (due par exemple à la sécheresse) ou pour satisfaire </span>un <b>besoin spécifique</b><span style="font-weight: 400;"> (proche malade dont il faut prendre en charge les soins …).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La crise actuelle causée par la pandémie de Covid-19 a cependant surpris le monde entier par son ampleur : tous les pays et tous les secteurs d’activité sont très fortement impactés par </span>ce<b> tsunami sanitaire</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La diaspora marocaine représente près de cinq millions de personnes dont près de 85% résident en Europe (la communauté la plus importante se trouve en </span>France<span style="font-weight: 400;"> où résident 1,25 millions de marocains). </span><b>Les transferts d’argent de la diaspora dépendent donc largement des économies européennes.</b><span style="font-weight: 400;"> Le ralentissement économique de la zone euro est exacerbé par les conséquences du Covid-19 et la dépréciation de l&rsquo;euro par rapport au dollar américain. </span>La France paie un tribut à l’épidémie sur le plan économique aussi lourd que ses voisins<span style="font-weight: 400;"> puisque son PIB a plongé de 5,8% entre janvier et mars 2020. </span><span style="font-weight: 400;">Cette crise économique sans précédent ne manquera pas </span><b>d’impacter le volume des transferts de fonds,</b><span style="font-weight: 400;"> qui sont d’autant plus cruciaux en cette période de crise sanitaire où les investissements directs étrangers et les activités touristiques sont quasiment interrompus au Maroc. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les prévisions de la Banque mondiale font ainsi état d’une </span><b>diminution de 19,6% des transferts de fonds</b><span style="font-weight: 400;"> vers la région du Moyen-Orient et de l&rsquo;Afrique du Nord en 2020, alors que l’année 2019 était marquée par une hausse de 2,6%. Ces transferts devraient atteindre </span>47 milliards de dollars en 2020 pour la région MENA<span style="font-weight: 400;">. La baisse des investissements étrangers directs devrait être plus conséquente (plus de 35 %).</span></p>
<p><strong>Qu&rsquo;en est-il de l&rsquo;impact de la crise sanitaire sur les Marocains du monde ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pendant le confinement, une partie des Marocains du Monde a pu bénéficier du maintien de leurs revenus : ceux qui ont pu continuer à travailler et ceux dont le pays de résidence a adopté des mesures garantissant le maintien de l’essentiel de leurs revenus (dispositif de chômage partiel en France, aides financières aux indépendants…). </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Tous n’ont cependant pas été logés à la même enseigne. Un certain nombre de marocains ont déploré une baisse de leurs revenus (ceux qui vivent dans des pays sans protection sociale spécifique à cette crise sanitaire, ceux  qui se trouvent en situation irrégulière et n’ont pu poursuivre leur activité professionnelle non déclarée pendant le confinement …). La diaspora devra, elle aussi, redoubler d’effort pour maintenir son niveau de vie d’autant plus qu’elle appréhende les nombreuses vagues de licenciement qui s’annoncent dans un futur très proche. </span>Dans ce contexte, le montant et la régularité des transferts d’argent ne peuvent que diminue<b>r</b><span style="font-weight: 400;"> même si ces transferts se poursuivront. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il ne reste dès lors plus qu’à mobiliser la diaspora pour qu’elle diversifie, sur le long terme, son engagement envers le pays d’origine au-delà du soutien aux familles. C’est justement l’un des objectifs poursuivis par la Commission sur le Modèle de Développement.</span></p>
<p><b>Les transferts des Marocains du monde constituent un filet de sécurité pour les proches au Maroc. Comment amortir cette baisse? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les Marocains du Monde sont des acteurs majeurs du développement économique de leurs pays d’accueil et d’origine et des soutiens sans faille à leurs familles et communautés. Tout au long de l&rsquo;année, la diaspora marocaine envoie ou ramène des fonds au pays, soutenant ainsi son économie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les transferts d’argent peuvent poursuivre plusieurs objectifs :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">Tout d’abord aider la famille, pour compléter des revenus faibles et/ou irréguliers des proches,</span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">financer des investissements personnels et des opportunités de placement au pays (achat d’une résidence, création d’une entreprise),</span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">pallier les carences de l’investissement public dans les pays d’origine (domaines de l’eau, de l’électricité, de l’éducation, la santé).</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">La baisse des montants transférés va nécessairement avoir un impact dans les foyers bénéficiaires. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bien que l’impact réel dépende de la durée de la crise sanitaire et de la capacité des États à relancer leurs économies, la diminution de ce soutien financier va indéniablement détériorer le pouvoir d’achat des familles marocaines. Une plus grande partie de leurs finances devra être consacrée aux besoins fondamentaux, ce qui affaiblira les efforts déployés par le Maroc pour atteindre les objectifs du développement durable.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faudra œuvrer à la reprise dans un contexte macro-économique difficile, aggravé par les deux années consécutives de sécheresse qu’a déploré le Maroc.</span></p>
<p><b>Le confinement n&rsquo;a-t-il pas ralenti les transferts d’argent ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Absolument. La récession économique actuelle (qui ne fait que débuter) commence à </span><span style="font-weight: 400;">impacter les ressources financières des MRE et</span><span style="font-weight: 400;"> à nuire à leur capacité d&rsquo;envoyer de l&rsquo;argent à leurs proches. </span><span style="font-weight: 400;">Les transferts dépendent de plusieurs facteurs : </span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">la modalité de l’envoi (carte bancaire, virement bancaire, paiement en espèces, etc.), </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">le montant transféré (le coût du transfert varie en fonction du montant et de la modalité), </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">la disponibilité des fonds (immédiate ou décalée de quelques jours) </span></li>
<li style="font-weight: 400;"><span style="font-weight: 400;">et enfin la réception des fonds (en espèces ou un virement/dépôt sur un compte bancaire).</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Les transferts à destination d’un compte bancaire au Maroc effectués en ligne, par carte bancaire, via un site de transfert d’argent, constitue la méthode la moins onéreuse, et accessible à toute heure puisque pouvant être réalisé depuis le domicile en période de confinement. Cela implique cependant que le bénéficiaire du transfert dispose d’un compte bancaire, ce qui n’est pas toujours le cas. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La plupart des transactions sont effectuées via </span><b>les agences physiques des opérateurs de transfert de fonds</b><span style="font-weight: 400;"> (Ria, Western Union…) et les bureaux de poste, en attendant que le Mobile money (Inwi, Orange, IAM) se positionne.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En temps ‘normal’, il faudrait y ajouter les transferts informels via des parents, des amis, voire des réseaux de transport faisant la navette avec le Maroc (il est difficile d’évaluer ces transferts qui ne sont pas couverts par les estimations officielles de la Banque mondiale). Ces transferts informels pâtissent de la fermeture des frontières terrestres et des restrictions dans le domaine du transport aérien. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les services de transfert d’argent qui sont opérationnels s’avèrent donc </span><b>essentiels</b><span style="font-weight: 400;"> pour maintenir les canaux d&rsquo;envoi de fonds. Pendant le confinement, les MRE ont fait preuve d’innovation en matière de soutien à leurs proches, ne se contentant plus de procéder à de simples transferts.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi, de nombreuses initiatives et projets de solidarité ont été lancés sous forme de partenariat, de part et d’autre de la Méditerranée, afin de soutenir les familles vulnérables et démunies, notamment en milieu rural. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les donations sont notamment réalisées via des </span><b>plateformes de financement collaboratif</b><span style="font-weight: 400;"> (crowdfunding) permettant la collecte de fonds, dans le respect de la loi relative à ce type de financement, adoptée en février 2020 par la Chambre des représentants du Maroc.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces initiatives se veulent complémentaires des mesures prises par le gouvernement, puisque la diaspora est bien consciente de l’interdépendance des communautés et de la nécessité de faire ‘front commun’ (dans les pays d’origine et d’accueil) pour contrer les conséquences socio-économiques de la pandémie. Elle a fait abstraction du dénigrement dont elle a été victime sur les réseaux sociaux lorsque l’épidémie s’est propagée au Maroc, se voyant reprocher d’en être à l’origine et devant s’abstenir, de ce fait, de se rendre au pays.</span></p>
<p><b>Qu’en est-il des coûts des transferts ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La concurrence dans le secteur a fait légèrement baisser le coût des transferts, mais ceux-ci restent élevés, aggravés encore par les taux de change appliqués.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En moyenne, le coût d’un transfert représente environ 7% de la somme envoyée (le coût moyen mondial de l&rsquo;envoi de 200 dollars est de 6,8 % au premier trimestre 2020), soit plus du double de l’objectif de développement durable (ODD 10.c) de 3 % du montant transféré, fixé par les Nations Unies, à atteindre d’ici 2030. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En cette période de crise sanitaire, les opérateurs de transferts et les agences bancaires seraient bien inspirés de réduire les frais de transfert afin de soutenir les diasporas.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une réglementation harmonisée et une augmentation de la concurrence en ce domaine feraient indéniablement baisser les coûts, même si le recours aux transferts en ligne, en réduisant les intermédiaires, permet déjà de réduire le coût des envois tout en permettant des transactions vérifiables (réglementations relatives à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent). </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La crise provoquée par le COVID-19 offre une opportunité à tous les acteurs, dans les pays d&rsquo;origine et d&rsquo;accueil, de travailler ensemble pour repenser les options à faible coût pour faciliter l&rsquo;envoi et la réception des transferts de fonds. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, en dépit de cette crise économique sans précédent provoquée par les mesures pourtant nécessaires à la régression de la pandémie, les membres de la diaspora ne dérogent pas, jusqu’à présent, </span><b>aux règles de</b> <b>générosité et de partage qui prévalent sur le continent africain</b><span style="font-weight: 400;">. Le soutien financier vers le pays d’origine, même s’il est amené à subir une baisse, ne s’en poursuivra pas moins, la pandémie du Covid-19 déclenchant une « </span><b>pandémie de générosité</b>« <span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
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