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		<title>Questions autour de l&#8217;apparente immunité de l&#8217;Afrique face au coronavirus</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Feb 2020 22:33:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[Détection défaillante, facteur climatique ou simple coup de chance ? Le très faible nombre de cas de coronavirus détectés dans les pays d'Afrique, aux systèmes de santé les plus fragiles, n'en finit pas d'interroger voire d'inquiéter les experts.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A ce jour, seules <strong>deux personnes</strong> ont été officiellement contaminées par le virus Covid-19 sur le continent, une en Egypte, l&rsquo;autre en Algérie, pour aucun décès.</p>
<p>Une goutte d&rsquo;eau dans l&rsquo;océan des <strong>80.000 cas et 2.800 morts recensés dans une cinquantaine de pays, pour l&rsquo;essentiel en Chine</strong>, où le premier foyer de l&rsquo;épidémie est apparu dans la ville de Wuhan, selon l&rsquo;Organisation mondiale de la Santé (OMS).</p>
<p>Peu de temps après l&rsquo;apparition du virus, les spécialistes ont pourtant pointé du doigt les risques de propagation de la maladie en Afrique. A cause de ses liens commerciaux étroits avec Pékin et des faiblesses de son réseau médical.</p>
<p>La semaine dernière, l&rsquo;OMS a même averti que le continent était mal préparé pour faire face à l&rsquo;épidémie. « Notre principale préoccupation continue d&rsquo;être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a déclaré son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus.</p>
<p>Une modélisation publiée dans la revue médicale The Lancet a fait de l&rsquo;Egypte, de l&rsquo;Algérie et de l&rsquo;Afrique du Sud, qui a annoncé jeudi le rapatriement de 132 de ses ressortissants de Wuhan, les trois pays du continent les plus menacés.</p>
<p>Ils sont aussi, selon l&rsquo;étude, les moins vulnérables car les mieux préparés à repérer l&rsquo;infection. Mais malgré de nombreuses alertes, l&rsquo;épidémie ne semble pas jusque-là se développer significativement sur le continent.</p>
<h2>Vulnérabilité</h2>
<p>Pourquoi ? Les épidémiologistes se perdent en conjectures. « Personne ne sait », avoue le Pr Thumbi Ndung&rsquo;u, de l&rsquo;Institut africain de recherche sur la santé à Durban (Afrique du Sud). « Peut-être n&rsquo;y a-t-il simplement pas tant de déplacements entre l&rsquo;Afrique et la Chine », avance-t-il.</p>
<p>Ethiopian Airlines, la plus importante compagnie aérienne africaine, n&rsquo;a toutefois jamais suspendu ses liaisons avec la Chine depuis le début de l&rsquo;épidémie. Et China Southern vient de reprendre ses vols avec le Kenya.</p>
<p>Alors <strong>certains avancent la piste d&rsquo;une possible protection climatique</strong>. « Peut-être que le virus ne pousse pas dans l&rsquo;écosystème africain, on ne sait pas », esquisse le Pr Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l&rsquo;hôpital Bichat à Paris.<br />
Une hypothèse rejetée par Pr Rodney Adam, de l&rsquo;hôpital universitaire Aga Khan de Nairobi (Kenya).</p>
<p>« Nous n&rsquo;avons aucune preuve d&rsquo;une quelconque influence du climat sur la transmission (du virus) », assure-t-il, « à l&rsquo;heure actuelle, il semble que la vulnérabilité des Africains soit la même que celle des autres ailleurs ».</p>
<p>D&rsquo;autres sont tentés d&rsquo;attribuer le faible nombre de cas confirmés de coronavirus à de possibles ratés des systèmes de détection déployés dans les pays du continent.</p>
<p>« C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il y a certains pays, certaines régions dont on n&rsquo;est pas certain de la capacité, ne serait-ce que par faute de ressources, à mettre en oeuvre les modalités de diagnostic », dit le Dr Daniel Lévy-Bruhl, de l&rsquo;agence sanitaire française Santé publique France.</p>
<h3>Systèmes en place</h3>
<p>« Il y a un risque que des chaînes de transmission méconnues existent aujourd&rsquo;hui dans certains pays du monde », ajoute-t-il.</p>
<p>Les spécialistes écartent toutefois le risque d&rsquo;erreurs de détection massives. « Mais s&rsquo;il y avait des cas massifs en Afrique, je pense qu&rsquo;on le saurait car l&rsquo;OMS est en alerte et beaucoup de gens sont très attentifs », juge le Dr Amadou Alpha Sall, patron de l&rsquo;Institut Pasteur de Dakar (Sénégal).</p>
<p>« Tous les systèmes sont en place », confirme le Dr Michel Yao, en charge des plans d&rsquo;urgence pour l&rsquo;OMS à Brazzaville (Congo).</p>
<p>Le nombre de pays africains disposant de laboratoires capables d&rsquo;identifier le Covid-19 est passé en quelques semaines de deux (Afrique du Sud et Sénégal) à 29, se félicite le Dr Yao.</p>
<p>Le principe de précaution s&rsquo;est en outre imposé. Jeudi, Madagascar a interdit son territoire, prisé des touristes, à tous les voyageurs ayant récemment séjourné en Iran, en Italie ou en Corée du Sud, foyers importants de l&rsquo;épidémie. De son côté le gouvernement de l&rsquo;archipel touristique du Cap-Vert a décidé jeudi d&rsquo;interdire pendant trois semaines tous les vols en provenance d&rsquo;Italie.</p>
<p>Un point faible persiste, souligne toutefois le Dr Yao, la capacité à contenir l&rsquo;épidémie et à traiter ses victimes.</p>
<p>« La plupart des pays africains ne seraient pas capables de traiter des cas sévères nécessitant des soins intensifs », estime-t-il, « les capacités sont limitées dans les capitales (&#8230;) et en dehors, elles sont encore plus faibles&#8230; »</p>
<p>Mais plutôt que d&rsquo;envisager un scénario catastrophe, les spécialistes préfèrent se satisfaire de leur bonne fortune actuelle. « Il est difficile de dire pourquoi » si peu de cas ont été recensés jusque-là en Afrique, souligne le Pr Thumbi Ndung&rsquo;u, « peut-être nous avons simplement de la chance ».</p>
<p>&nbsp;</p>
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