<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Emmanuel Dupuy &#8211; Atlasinfo</title>
	<atom:link href="https://dev.atlasinfo.fr/tag/emmanuel-dupuy/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://dev.atlasinfo.fr</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Sat, 08 May 2021 16:06:01 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2026/03/cropped-Atlasinfo.fr-Icone-32x32.png</url>
	<title>Emmanuel Dupuy &#8211; Atlasinfo</title>
	<link>https://dev.atlasinfo.fr</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>GhaliGate: l&#8217;accueil en catimini du chef du Polisario, une « sacrée entorse aux us et coutumes diplomatiques » de l&#8217;Espagne à l&#8217;égard du Maroc (Expert)</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/ghaligate-laccueil-en-catimini-du-chef-du-polisario-une-sacree-entorse-aux-us-et-coutumes-diplomatiques-de-lespagne-a-legard-du-maroc-expert/</link>
					<comments>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/ghaligate-laccueil-en-catimini-du-chef-du-polisario-une-sacree-entorse-aux-us-et-coutumes-diplomatiques-de-lespagne-a-legard-du-maroc-expert/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 May 2021 14:26:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Brahim Ghali]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[IPSE]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Polisario]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://atlasinfo.fr/?p=222510</guid>

					<description><![CDATA[Pour Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Securité en Europe (IPSE), l'accueil en catimini du chef du Polisario, Brahim Ghali, poursuivi en Espagne pour crimes de guerre,  est  "sacrée entorse aux us et coutumes diplomatiques de la part de l’Espagne vis-à-vis du Maroc, deux pays liés par la proximité géographique, l’histoire partagée et une profonde et longue relation". L'expert géostratégique souligne aussi qu'il ne faut pas oublier que l’intrigue se joue aussi à Alger dans ce qu’il est convenu d’appeler le « GhaliGate ».]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Poursuivi en Espagne pour crimes contre l’humanité et viols, comment l&rsquo;Espagne a-t-elle accepté d&rsquo;accueillir en cachette le chef des milices du Polisario sans mettre en péril sa relation avec le Maroc ?</strong></p>
<p><strong>Emmanuel Dupuy</strong>:  en effet, le chef du Polisario est sous le coup d’une action en justice engagée devant l’<em>Audencia Nacional espagnole</em>, par des citoyens sahraouis et, ce depuis 2006. Brahim Ghali est accusé de faits graves et de crimes imprescriptibles : assassinat, torture, séquestration, enlèvement…</p>
<p>Cet accueil est en tout cas une sacrée entorse aux <em>us et coutumes</em> diplomatiques de la part de l’Espagne vis-à-vis du Maroc, deux pays liés par la proximité géographique, l’histoire partagée et une profonde et longue relation économique. J’en veux pour preuve les quelques 12 milliards d’euros actuels de la balance commerciale entre les deux pays. Cette somme devrait, du reste, être multipliée par deux dans les cinq prochaines années, comme l’ont rappelé les deux monarques, Mohammed VI et Felipe VI.</p>
<p>Qu’il s’agisse par ailleurs de la maitrise conjointe de la migration, la lutte concertée en matière de trafic de drogue ou du partage de renseignements en matière de terrorisme, les deux Etats collaborent activement. Sur le dernier point, celui de la « guerre » contre le terrorisme, la radicalisation djihadiste et la lutte contre l’extrémisme violent, Rabat a constamment &#8211; et encore récemment &#8211; aidé Madrid et Paris, à démanteler plusieurs cellules terroristes prêtes à passer à l’action, dont une la semaine dernière à Grenade, prête à agir en France.</p>
<p>Comme l’a donc rappelé, avec justesse, mon collègue Mohamed Benhamou, président su CMES, l’accueil « en catimini » du chef du Polisario, Brahim Ghali à Logroño, est bel et bien un « <em>coup de poignard des espagnols dans le dos des Marocains</em> ».</p>
<p><strong>Comment expliquer cette attitude inamicale et conspirationniste du gouvernement espagnol à l&rsquo;égard du Maroc ?</strong></p>
<p>On savait la proximité avec le Polisario du parti Podemos, partenaire du Parti socialiste au sein de la coalition fragile au pouvoir en Espagne. Pablo Iglesias Turrion, ne s’en est jamais caché. Cet épisode fâcheux entre Rabat et Madrid traduit aussi de profondes tensions propres au paysage politique espagnol, où l’agenda des velléités indépendantistes &#8211; notamment catalane et basque &#8211; est souvent associé au soutien de leurs leaders au mouvement séparatiste du Polisario.</p>
<p>Il convient, bien évidemment, de ne pas oublier que l’intrigue se joue aussi à Alger dans ce qu’il est convenu d’appeler le « <em>GhaliGate</em> ». N’est-ce pas par le truchement d’un passeport diplomatique algérien que le chef du Polisario est entré en Espagne. L’on évoque, d’ailleurs, sous cape, que l’Algérie aurait fourni un avion présidentiel, au chef du Polisario, ardemment soutenu et armé par les généraux algériens, véritables tenants du pouvoir à Alger, et ce depuis la création du groupe armé, en 1973.</p>
<p><strong>Qu’en est-il de la stratégie de l’Algérie dans ce scandale d’Etat ?</strong></p>
<p>L’Algérie semble inscrire cette stratégie de la reprise de « tension progressive » avec le Maroc dans un agenda précis visant à donner l’impression que la conflictualité saharienne est aussi grave que celle qui obère la stabilité des Etats sahéliens ! L’Algérie ne cesse d’insister, du reste, pour que « l’état de guerre » soit constaté par l’ONU, tout en pointant du doigt l’inefficacité et <em>de facto</em> l’inutilité de la Minurso.</p>
<p>Il en a résulté le blocage, en novembre dernier, du poste frontière de Guerguerat et les tentatives de mener des opérations militaires contre les Forces Armées Royales (FAR) et les Forces Auxiliaires, qui se sont soldées par le décès du chef de la Gendarmerie du Front Polisario, Addar Al-Bendir, il y a quelques semaines, dans la zone de Tifariti, au Nord-est du Mur de sable. Le non-respect du cessez-le-feu de septembre 1991, à l’initiative du Polisario, visait ainsi à dramatiser nettement la situation.</p>
<p>C’est, également dans cet objectif d’accroitre la tension sur la zone tampon que l’Algérie et le Polisario tentent actuellement de faire évoluer les positions des chancelleries en leur faveur. L’objectif recherché reste, bien sûr, la remise en cause de la décision américaine reconnaissant la marocanité du Sahara. Il en résulte une volonté évidente à mettre en porte à faux les pays européens quant à leur soutien au plan d’autonomie proposé en 2007 par le Maroc, notamment, au niveau du Parlement européen. Quant à la décision américaine du 10 décembre dernier. Madrid et Paris sont ainsi les deux principales cibles. En ce qui concerne Washington, les « défenseurs » du Polisario, John Bolton et Christopher Ross ou encore le lobbyiste David Keene agissent, désormais, sans fard ni masque tant dans les couloirs du Congrès que de ceux des Nations Unies.</p>
<p>Gageons que la nomination imminente de Steffan de Mistura, fort de sa riche expérience en Syrie, Irak et en Afghanistan, pour succéder Horst Kohler, l’ancien Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Sahara, vienne mettre en échec cette stratégie de la fuite en avant.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/ghaligate-laccueil-en-catimini-du-chef-du-polisario-une-sacree-entorse-aux-us-et-coutumes-diplomatiques-de-lespagne-a-legard-du-maroc-expert/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le « polisario » une menace imminente aux portes de l&#8217;Europe (Emmanuel Dupuy)</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/le-polisario-une-menace-imminente-aux-portes-de-leurope-geopolitologue/</link>
					<comments>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/le-polisario-une-menace-imminente-aux-portes-de-leurope-geopolitologue/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Mar 2021 15:57:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[IPSE]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Polisario]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://atlasinfo.fr/?p=220401</guid>

					<description><![CDATA[La reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara est un élément “pacificateur” qui permet d’avancer au-delà du statuquo qui empêche la résolution d’un conflit déstabilisateur pour la région euro-méditerranéenne, affirme Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), un Think tank spécialisé dans les questions de géopolitique et géostratégie, basé &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="item_article" class="content_sigle_article">
<div class="box-taxo skin12">
<div class="body single_act" data-actitle="La reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, un élément “pacificateur” qui permet d’avancer au-delà du statuquo (IPSE)" data-acdossier="Opinions et Débats">
<p>La reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara est un élément “pacificateur” qui permet d’avancer au-delà du statuquo qui empêche la résolution d’un conflit déstabilisateur pour la région euro-méditerranéenne, affirme Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), un Think tank spécialisé dans les questions de géopolitique et géostratégie, basé à Paris.</p>
<p>“La reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara est un élément pacificateur au sens propre du terme. Elle permet d’avancer au-delà du statuquo et au-delà de la position que la communauté internationale, dont la France, reconnait avec l’accord de cessez-le-feu de 1991 et la solution d’autonomie proposée par le Maroc en 2007”, soutient le géopolitologue dans un entretien à la MAP, à la veille d’une conférence virtuelle sur le thème “Menace du polisario pour la région euro-méditerranéenne : une responsabilité indéniable de l’Algérie”, organisée conjointement par l’IPSE et l’Institut Mandela.</p>
<p>Actuellement, il y a “une nouvelle dynamique puissante” qui se met en place autour de la question du Sahara, affirme le Président de l’IPSE, par ailleurs Secrétaire national Les Centristes, estimant que la France et l’Union européenne doivent eux aussi s’inscrire dans cette dynamique qui engage jusqu’à présent plus d’une vingtaine de pays.</p>
<p>“Pas moins de 25 représentations diplomatiques (consulats ou bureaux d’intérêt économique), se sont positionnées au Sahara, de pays qui comprennent évidemment que la dynamique Nord-Sud et Sud-Sud et la transversalité eurafricaine passe par ce corridor, ce couloir le long du rail où va être construit le pipeline transafricain qui va de Lagos à Tanger et de facto amener le pétrole de manière plus sûre, plus régulière et moins perturbée”, a-t-il détaillé.</p>
<p>Selon le géo-politologue, une pacification de la région va “évidemment dans l’intérêt de tous”, affirmant que le développement de la sous-région Ouest-africaine et son unité avec la mise en place d’une monnaie commune, sont autant “de piliers qui s’amoncellent les uns sur les autres pour créer un véritable espace d’échanges d’ailleurs accéléré par la mise en place effective de la zone de libre échange continentale africaine depuis le début de l’année”.</p>
<p>A cela s’ajoute le grand intérêt de cette zone sur le plan économique sachant que “c’est dans la zone de l’Afrique de l’Ouest, 16ème puissance économique que se situe la zone économique la plus stable et la plus conséquente, ce qui lui confère une puissance lui permettant de peser sur les relations internationales”, a-t-il poursuivi.</p>
<p>Pour être plus pragmatique, le géopolitologue considère que “la première étape, pour la France et l’Europe, serait de suivre la dynamique diplomatique qui est en train de se créer dans les provinces du Sud que ce soit à Dakhla ou à Laayoune, et de l’accompagner comme l’ont très bien compris et fait les Américains, avec la mise en place de structures économiques”.</p>
<p>Il a rappelé, dans ce contexte, la signature de deux accords économiques entre le Maroc et les USA, “des accords sous-tendus par la mise en en place de la structure United State International development and financial corporation avec le but de faire du Maroc le premier étage d’une fusée qui sous-tend un projet largement mis en avant par les Américains notamment Prosper Africa qui est vraiment la porte d’entrée des intérêts économiques sur l’Afrique de l’Ouest”.</p>
<p>Selon le géopolitologue, “l’enlisement du conflit (du Sahara) et la lassitude internationale vont de paire avec la nécessité d’aller de l’avant et de trouver des solutions innovantes”, affirmant que “le Maroc, de ce point de vue là, est particulièrement bien outillé avec la stratégie nationale pour le développement humain (INDH) qui place le capital humain comme un facteur inclusif de toutes les populations marocaines et le processus de régionalisation avancée permis par la Constitution de juillet 2011”.</p>
<p>Cette politique permettra une plus grande participation dans les processus décisionnels des acteurs locaux et partant, une reconnaissance des pouvoirs d’autonomie territoriale en l’occurrence avec cette notion de l’’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara qui est “une bonne base de travail”.</p>
<p>M. Dupuy s’est également dit confiant que “l’on va trouver une issue au conflit du Sahara qui consomme beaucoup d’énergie diplomatique et beaucoup de moyens financiers”.</p>
<p>“Alors que partout on réfléchit à des processus de décentralisation, des processus de plus grande intégration des zones périphériques, je crois très profondément que si l’on développe des régions qui n’étaient pas jusqu’à présent suffisamment développées, ce serait la meilleure réponse aux facteurs de troubles et d’instabilité”, a estimé le géopolitologue.</p>
<p>Évoquant la position de l’Algérie concernant le conflit du Sahara, et ses récentes provocations à l’égard du Maroc, Emmanuel Dupuy estime que le régime algérien “a besoin d’être dans une logique de stratégie de la tension pour éviter de devoir gérer les problèmes en interne, alors que le Hirak, ce mouvement de contestation politique et sociale, reprend de plus belle”.</p>
<p>Actuellement, analyse le géopolitologue, “Il y a une temporalité algérienne qui est un peu particulière : le pouvoir algérien a vacillé et continue toujours de vaciller avec la chute du président Bouteflika, la mise en place du Hirak entré en février dernier dans sa 2ème année, les revendications des Algériens qui restent toujours les mêmes à savoir la lutte contre la corruption, le népotisme”. De plus, la situation actuelle a fait remonter les velléités d’un agenda politico-militaire.</p>
<p>A cela s’ajoute “une réforme constitutionnelle qui stipule  la possibilité pour les forces armées algériennes de mener des opérations en dehors du territoire national”, outre “le renforcement conséquent des forces armées algériennes à la frontière avec le Maroc et notamment autour de la zone où se situent les camps des réfugiés, donc à proximité de la zone tampon”. Tous ces éléments “ne vont pas dans le sens d’une stabilisation de la situation”, alerte le président de l’IPSE.</p>
<p>Il a souligné, dans ce contexte, que “la remise en cause par l’Algérie de ce qui était une sorte de modus-vivendi, participe de la même volonté de créer un nouvel agenda qui, en gros, vise à montrer à la communauté internationale que la région du Sahara est aussi instable que la région du Sahel”.</p>
<p>“C’est d’ailleurs cette position qui est vendue à Washington par le puissant réseau lobbyiste algérien, notamment au Congrès”, affirme le géopolitologue, assurant qu’ “il y a actuellement à Washington comme du reste à Bruxelles une vraie tentative de faire influer les choses par le biais d’actions d’influence”.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="partage_button">
<div id="atstbx" class="at-resp-share-element at-style-responsive addthis-smartlayers addthis-animated at4-show" role="region" aria-labelledby="at-221cb872-69db-4e78-b3fd-9d4a6389c3b1"><span id="at-221cb872-69db-4e78-b3fd-9d4a6389c3b1" class="at4-visually-hidden"></span></p>
<div class="at-share-btn-elements"></div>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/le-polisario-une-menace-imminente-aux-portes-de-leurope-geopolitologue/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Terrorisme/Coopération internationale: “Le Maroc alerte, informe et partage les informations dont il dispose”</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/terrorisme-cooperation-internationale-le-maroc-alerte-informe-et-partage-les-informations-dont-il-dispose/</link>
					<comments>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/terrorisme-cooperation-internationale-le-maroc-alerte-informe-et-partage-les-informations-dont-il-dispose/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Dec 2020 08:35:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellatif Hammouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[attentats]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gérald Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://atlasinfo.fr/?p=215189</guid>

					<description><![CDATA[Le Président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) analyse pour AtlasInfo.fr les éléments constitutifs de la singularité du modèle sécuritaire marocain en matière de lutte contre le terrorisme et les grands principes de sa stratégie en matière de coopération internationale. Emmanuel Dupuy est professeur associé de géopolitique à l’université Paris-Sud et à la Faculté Catholique de Lille. Cet ancien conseiller politique au ministère de la Défense et aux Anciens Combattants est spécialiste des questions de sécurité et de défense. 

]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr"><strong>Le Maroc jouit, un peu malgré lui, d&rsquo;une certaine “antériorité” de la menace terroriste et de facto d’une forme certaine de légitimité dans sa réponse sécuritaire, et ce, au prix de nombreuses victimes sur son propre territoire. Vous suivez de près les questions liées au terrorisme. Pensez-vous que ce soit cet « historique » qui fait qu’aujourd’hui le Maroc a acquis une expertise précieuse dans la lutte contre le terrorisme au niveau international ?</strong></p>
<p dir="ltr"><strong>Emmanuel Dupuy</strong>: en effet, le Maroc a payé un lourd tribut et lorsqu’on observe ces 25 dernières années, on comprend les raisons et la manière avec laquelle il a dû redimensionner sa stratégie sécuritaire pour faire face à la menace terroriste.</p>
<p dir="ltr">Plusieurs attentats ont en effet durement frappé le Maroc, confirmant, hélas, l’enquête réalisée par la Fondation pour l’Innovation Politique : « Les attentats islamistes dans le monde entre 1979 et 2019 » qui veut que 91,2% des victimes d’attentats islamistes viennent de pays musulmans (contre 0,9% pour l’Europe) ; 44,3% plus précisément des victimes étant issues de la région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.</p>
<p dir="ltr">Il y eut d&rsquo;abord, il y a 26 ans, l’attentat qui a visé l’hôtel Atlas Asni à Marrakech et qui a coûté la vie à deux touristes espagnols. Sans doute, s’agissait-il alors d’une certaine forme d’externalisation de la violence qui a miné l’Algérie voisine pendant la décennie noire de 1991 à 2002.</p>
<p dir="ltr">Il y a eu ensuite, le 16 mai 2003, les cinq attentats kamikazes qui ont frappé Casablanca dans ce qui s’apparentait à une « modélisation » de celles qui allaient toucher le continent européen durant la décennie suivante.</p>
<p dir="ltr">Ce fut le cas, hélas, peu de temps après, le 11 mars 2004 à Madrid, puis le 7 juillet 2005, à Londres. Dix ans plus tard, c’est au tour de Paris d’être lourdement endeuillé en novembre 2015, avec une série d’attaques qui a provoqué le décès de 159 personnes. Je vous rappelle que depuis 1979, 317 personnes ont perdu la vie en France dans le cadre d’attentats terroristes perpétrés par des extrémistes islamistes.</p>
<p dir="ltr">Quasiment, tous les « ingrédients » du chaos terroriste qui s’est « enkysté » en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient étaient déjà ainsi réunis au Maroc, à travers ces prémices de l’ « hyper-terrorisme ».</p>
<p dir="ltr">Comme dans plusieurs attentats qui ont endeuillé les deux rives de la Méditerranée, le point commun entre tous ces attentats est le choix « symbolique » des lieux ciblés.</p>
<p dir="ltr">A Casablanca par exemple, un hôtel très fréquenté par les touristes étrangers, un cimetière juif,  un restaurant, un centre social hébraïque, ainsi que le restaurant « Casa de España » . La même chose à Paris, le 13 novembre 2015 avec le Bataclan, un lieu de spectacle, plusieurs terrasses de cafés et le Stade de France.</p>
<p dir="ltr">Ce choix des cibles, les méthodes employées, la sociologie des terroristes, le phénomène de radicalisation localisée, ne sont pas sans rappeler, non plus, la très forte charge symbolique que revêt l’attentat ayant visé le café Argana sur la Place Jemaa-El-Fna, à Marrakech, le 28 avril 2011.</p>
<p dir="ltr">Tous ces évènements montrent le chemin difficile emprunté par le Maroc pour arriver à cette « maturité ». Depuis 2002, il y a eu quelque 300 opérations diverses fomentées contre le Maroc. Ils ont pris la forme de projets d&rsquo;attentats, d’enlèvements, de jonction entre des actions liées au grand banditisme, des groupes armés des organisations terroristes, ainsi que des projets criminels que prévoyaient d’entreprendre 1500 marocains qui ont rejoint les rangs de Daech en Irak et en Syrie, dont au moins 600 sont décédés sur place.</p>
<p dir="ltr"><strong>Comment, à partir de cet historique que vous venez de rappeler, le Maroc a construit le « savoir-faire » qui caractérise son dispositif sécuritaire ?</strong></p>
<p dir="ltr">C’est bien évidemment à partir de l’expérience acquise dans la récolte du renseignement &#8211; notamment de nature humaine &#8211; et par le truchement des outils d’anticipation qu’il a créé et sa capacité de captation des signaux faibles que le Maroc a réussi à mettre en place un maillage à l’intérieur de son propre territoire. Celui-là même qui lui a permis d’apporter une réponse coordonnée d&rsquo;action et de coopération régionale, continentale, et plus spécifiquement euro-méditerranéen en matière d’anti-terrorisme. C’est sur cela que réside la « martingale » qui fait du Maroc, le maillon fort de la lutte contre le terrorisme entre l’Europe, l’Afrique et par-delà, la Méditerranée.</p>
<p dir="ltr">Il ne faut pas négliger non plus que le modèle marocain d’un Islam du « juste milieux », serein, équilibré et pondéré, qui dénonce les influences religieuses venues d’ailleurs, est également un des outils prégnants dans la lutte contre le terrorisme.</p>
<p dir="ltr">La référence « structurante » que constitue le statut de Mohammed VI, comme Roi chérifien du Maroc, « Commandeur des croyants », et « président du Comité Al-Qods », a toute son importance et rayonne bien au-delà des frontières du Royaume marocain.</p>
<p dir="ltr">Un autre point qui me paraît important est celui de la forte résilience sociale et une détermination sans faille dans le domaine cultuel à travers la restructuration du champ religieux par l’Etat. Tous ces éléments contribuent à expliquer cette espèce d&rsquo;engouement au niveau international pour l’exemplarité marocaine.</p>
<p dir="ltr"><strong>Cette exemplarité, dont vous parlez, est-elle un enjeu de la coopération franco-marocaine en matière de terrorisme ? </strong></p>
<p dir="ltr">Elle  l’a toujours été avec, évidemment, des hauts et des bas. C’est par cette exemplarité qu’on peut expliquer les déplacements répétés à Rabat de plusieurs ministres français ces dernières semaines, pour exemples : le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, ou encore le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Dans l’agenda de leurs entretiens figurait systématiquement le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq.</p>
<p dir="ltr"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-215194 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/12/munue.jpg" alt="" width="360" height="218" /></p>
<p dir="ltr">Ces enjeux de la coopération franco-marocaine se sont récemment refocalisés sur le retour des quelque 60 marocains figurant au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) en France. Ces derniers sont en situation irrégulière sur le territoire français et font partie des 231 personnes que la France souhaite expulser.</p>
<p dir="ltr">Après l’attentat ayant visé la Basilique Notre Dame de Nice, le 29 octobre dernier, Gérald Darmanin a évoqué avec son homologue marocain, Abdelouafi  Laftit, le souhait de la France de les voir retourner au Maroc. Les autorités marocaines n’ont pas fermé la porte à cette demande. Elles se sont montrées en tout cas plus réceptives que l’Algérie à ce sujet.</p>
<p dir="ltr">Dans ce contexte sensible, le modèle marocain de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent suscite l’intérêt de la France et d’autres pays européens, tels que l’Espagne. L’exemple de l’Institut Mohammed VI de formation des Imams en est une illustration que Paris regarde avec beaucoup d’intérêt, justifiant les visites ministérielles répétées des dernières semaines, tel qu’évoqué précédemment.</p>
<p dir="ltr">La rebuffade récente du Recteur de la grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, quant à la création d’un Conseil national des Imams, tendrait à prouver que le chemin reste encore semé de nombreuses embûches.</p>
<p dir="ltr"><strong>La coopération dont a fait preuve le Maroc dans le cadre de l’enquête sur les attentats qui ont ensanglanté Paris en 2015 est connue puisque c’est grâce à un renseignement marocain que l’organisateur présumé, Abdelhamid Abaaoud, a pu être localisé et neutralisé par les forces de sécurité françaises. Dans quelle mesure les services de ces deux pays peuvent-ils améliorer cette coopération et pourquoi pas, donner l’exemple d’un véritable modèle en la matière? </strong></p>
<p dir="ltr">Sans doute, en prenant &#8211; enfin &#8211; en compte le fait que la sécurité entre les deux rives ne se résume pas à une excellente coopération bilatérale, mais se construit dans une coopération plus large.</p>
<p dir="ltr">Comment amplifier, dès lors, la coopération nécessaire, quoique insuffisante, entre les services de renseignements français : Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) et Direction générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) et côté marocain , Direction Générale des Etudes et de la Documentation (DGED) et Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST) ?</p>
<p dir="ltr">A l’instar de la mise en place en 2015 du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), chargé de punir les délits au regard de l’article 108 du Code pénal marocain (banditisme dans tous ses aspects : lutte contre circulation armes/explosifs, trafics de stupéfiants, atteinte à la sûreté de l’Etat, falsification de monnaie et documents), nombre des récents déplacements de ministres français que j’évoquais, dont celui du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ou encore plus récemment, celui de la Justice, Eric Dupond-Moretti, visait à regarder en détail les raisons de cette réussite marocaine de coordination policière, financière et judiciaire.</p>
<p dir="ltr">La Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNCT), créée en France, en juin 2017, pourrait assurer ce rôle de « FBI » à la française, comme les anciens députés Georges Fenech et Sébastien Pietrasanta l’appelaient de leurs vœux dans leurs rapports portant sur les attentats de novembre 2015, sur le modèle du BCIJ.</p>
<p dir="ltr">Tenez par exemple, aussi, la prochaine présidence semestrielle de l’Union européenne, assurée par le Portugal à partir du 1er janvier prochain, devrait s’inscrire dans la dynamique de la consolidation-élargissement de l’initiative dite du « G4 terrorisme ».</p>
<p dir="ltr">Ce « format » avait été proposé, en juin 2018, par les ministres de la justice de France, de Belgique, d’Espagne et du Maroc. Il devrait en être de même par le truchement de l’initiative dite du 5+5 (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte + Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye).</p>
<p dir="ltr">Incontestablement, le Maroc, au-delà de sa coopération avec la France, devrait être amené à jouer un rôle beaucoup plus prépondérant que ce soit dans les cadres dont je viens de parler ou d’autres qu’il faudrait peut-être réinventer pour contrer la menace terroriste au niveau méditerranéen, africain ou européen.</p>
<p dir="ltr">Le démantèlement de plusieurs filières djihadistes au Maroc, depuis janvier 2020, notamment à Tanger, et encore très récemment, le 4 décembre dernier, à Tétouan, vient conforter le « tableau de chasse » du Bureau Central des Investigations Judiciaires (BCIJ) et de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN).  Avec 80 arrestations en 2019 pour affaires de terrorisme, plus de 175 cellules terroristes démantelés depuis 2002, ainsi que 350 projets d’attentats déjoués, sur la même période, les services de la sûreté intérieure marocains peuvent partager leurs expériences et leur expertise de manière à ce qu’elles profitent à leurs partenaires dans cette lutte contre le terrorisme de manière plus importante.</p>
<p dir="ltr">Le Maroc informe, alerte et partage les informations dont il dispose, ce qui a permis d’anticiper sur des opérations terroristes et de neutraliser leurs organisateurs à l’instar de l’opération déjouée en janvier 2015 à Verviers, en Belgique, et ce grâce aux informations données par les autorités sécuritaires marocaines à leurs homologues belges et à Europol.</p>
<p dir="ltr"><strong>Il y a d’autres éléments qui entrent en jeu dans la place du Maroc et son rôle dans la sécurité de toute la région : ses avancées diplomatiques, son leadership sur le continent africain et toute la dynamique d’intégration économique qu’il imprime en Afrique. Tous ces éléments contribuent-ils à en faire un partenaire de tout premier plan pour l’Europe ?</strong></p>
<p dir="ltr">Incontestablement. Sur le plan militaire, par exemple, le Maroc est un partenaire incontournable. C’est aussi pour cette raison qu’il a été longtemps présenté comme un « allié majeur hors OTAN » et qu’il est depuis 2016, qualifié de « partenaire stratégique » de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.</p>
<p dir="ltr">Les avancées récentes, sur le plan diplomatique, par le truchement de la reconnaissance accélérée et élargie de la « marocanité du Sahara », à l’aune de la reconnaissance américaine du 10 décembre dernier, alliée au retour du Maroc au sein de l’Union Africaine (janvier 2017), devrait ainsi trouver sa pleine finalité avec l’intégration du Maroc au sein de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), comme Rabat en avait fait la demande, dès février 2017.</p>
<p dir="ltr">Il y a également la mise en place, sûrement mais lentement, de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF) à partir de 2021, rendue désormais pérenne par la ratification, en novembre dernier, par le Nigéria. Elle devrait conforter cette nouvelle réalité stratégique alliant « marocanité du Sahara » et « africanité du Maroc ».</p>
<p dir="ltr">Dans cette nouvelle dynamique d’intégration régionale, « élargie » tant du point de vue des institutions existantes &#8211; telle que la CEDEAO depuis 1975 &#8211; que celles en devenir &#8211; à l’instar du G5-Sahel, crée en février 2014, les apports du Maroc doivent être pris en compte dans des formats qui permettent de faire face aux groupes armés et organisations terroristes dans la région, tels que l’Etat Islamique dans le Grand Sahara et le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM).</p>
<p dir="ltr"><strong>Plusieurs opérations terroristes à travers le monde auraient pu être évitées s’il y avait eu une meilleure coordination entre les services à l’intérieur d’un même pays. Prenons l’exemple de l’attentat du marché de Noël de Berlin en 2016 au cours duquel les autorités fédérales de sécurité, détentrices d’informations sur la dangerosité du terroriste, ne les avaient pas communiquées à la police de Berlin. Le Maroc a fait le choix d’une organisation qui favorise une coordination étroite des actions entre la police et la sécurité intérieure. Quelle évaluation faites-vous de ces deux modèles de fonctionnement, allemand et marocain ? </strong></p>
<p dir="ltr">Le cas allemand est singulièrement différent de celui du Maroc. La nature fédérale du système politique allemand a, en effet, retardé l’indispensable coordination en matière de renseignement et de lutte anti-terroriste. Il aura fallu l’attentat de décembre 2016 pour que soit pris au sérieux le double objectif de la coordination des différents services de renseignements de la Fédération allemande, sis à Berlin, autant que le dialogue entre Berlin et les structures dédiées au renseignement et à la lutte anti-terroriste issues des 16 Landers allemands.</p>
<p dir="ltr">Ceci est d’autant plus vrai que la question terroriste implique en Allemagne, comme ailleurs, une nouvelle « pluralité ». Il est utile, pour être complet, de rappeler que depuis 2015, 44 attentats ayant abouti étaient d’inspiration islamiste en Europe, tandis que 17 émanaient d’organisations d’extrême- droite et 10 étaient d’inspiration d’extrême gauche.</p>
<p dir="ltr">Donc, les thématiques européennes et marocaines en termes de coordination et de centralisation décisionnelle ne sont forcément pas de même nature.</p>
<p dir="ltr">Ceci étant dit, il est pertinent que vous évoquiez cet exemple de l’attentat au camion-bélier du marché de Noël de Berlin car les services marocains de sécurité avaient transmis à leurs homologues allemands plusieurs mois avant l’attentat des informations sur le terroriste qu’ils avaient malheureusement ignorées.</p>
<p dir="ltr">Pour revenir au modèle d’organisation des services de sécurité du Maroc, il est intéressant d’observer qu’une même personne chapeaute à la fois la Sûreté Nationale et les services de sécurité intérieure. D’une certaine manière, Abdellatif Hammouchi coiffe la réponse en « amont » et en « aval », en matière de sécurité nationale. C’est un exemple à méditer.</p>
<p dir="ltr">Il y va, en effet, de l’efficacité et de la rapidité du processus décisionnel, autant que de l’interopérabilité entre agents des différents services, favorisant les logiques vertueuses de passerelle entre les différents corps.</p>
<p dir="ltr">Il faudrait cependant s’assurer que cette « hyper-coordination » ne mène pas à d’éventuelles fuites mettant en danger tout le système. Le cas des Etats-Unis peut inviter à une certaine prudence, à l’aune des failles révélées dans le système partagé « inter-agence » du renseignement américain, depuis le 11 septembre 2001. Ce danger de la « centralité » de l’accès et du traitement des données devrait, très certainement, préoccuper aussi les autorités marocaines.</p>
<p dir="ltr">La « centralité » de l’accès et du traitement de données fait l’objet d’une réflexion des autorités marocaines dans le cadre du processus de régionalisation avancée, initiée au Maroc, depuis le discours du roi Mohamed VI, du 9 mars 2011.</p>
<p dir="ltr">Comme dans le cas allemand, le Maroc a pris résolument le tournant de la  « décentralisation sécuritaire », comme le plan « Hadar », associant les Forces Armées Royales, la Gendarmerie Royale, la Police et les Forces Auxiliaires, sous l’autorité des Wali, tendrait à le prouver.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://dev.atlasinfo.fr/maghreb/terrorisme-cooperation-internationale-le-maroc-alerte-informe-et-partage-les-informations-dont-il-dispose/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dialogue inter-libyen au Maroc: « Cette réunion constitue le premier pilier solide sur lequel envisager les prochaines étapes de la stabilisation en Libye »</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/entretiens/dialogue-inter-libyen-au-maroc-cette-reunion-constitue-le-premier-pilier-solide-sur-lequel-envisager-les-prochaines-etapes-de-la-stabilisation-en-libye/</link>
					<comments>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/entretiens/dialogue-inter-libyen-au-maroc-cette-reunion-constitue-le-premier-pilier-solide-sur-lequel-envisager-les-prochaines-etapes-de-la-stabilisation-en-libye/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2020 15:25:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Bouznika]]></category>
		<category><![CDATA[Corse]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[Fayez al-Serraj]]></category>
		<category><![CDATA[Khalifa Haftar]]></category>
		<category><![CDATA[Libye]]></category>
		<category><![CDATA[libyen]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Med7]]></category>
		<category><![CDATA[Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[stabilisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://atlasinfo.fr/?p=208395</guid>

					<description><![CDATA[Pour Emmanuel Dupuy, président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), le dialogue inter-libyen, qui s'est tenu du 6 au 10 septembre à Bouznika au Maroc, constitue le premier pilier solide sur lequel envisager les prochaines étapes de la stabilisation en Libye. Il souligne par ailleurs que le Maroc demeure un acteur et un partenaire de tout premier plan pour la stabilité régionale. 

Propos recueillis par Hasna Daoudi

]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après Skhirat, la tenue du « Dialogue Libyen » du 6 au 10 septembre 2020 à Bouznika au Maroc, en vue de consolider le cessez-le-feu du 20 août 2020 et faciliter les négociations entre les parties libyennes opposées, constitue-t-elle la vraie relance du processus politique ?</strong></p>
<p><strong>Emmanuel Dupuy</strong>: le fragile cessez-le-feu entre les deux camps (GNA &#8211; Gouvernement dit de «  l’Accord national », sous l’autorité du président du Conseil présidentiel, Fayez al-Serraj, reconnu internationalement, à l’ouest de la Libye, <em>sis </em>à Tripoli ; Gouvernement dit de « Brega » , <em>sis</em> en réalité à Tobrouk et à Benghazi, soutenu militairement et sous la coupe de l’Armée nationale libyenne &#8211; LNA &#8211; dirigée et crée par le Maréchal Khalifa Haftar) tient, depuis sa mise en place fin août, malgré quelques anicroches. Dans ce contexte, la perspective d’une reprise du dialogue intralibyen entre le GNA du Premier ministre Fayez al-Serraj et les partisans du camp du Maréchal Khalifa Haftar, nous est, en effet, venu du Maroc, où une délégation de cinq membres du Haut Conseil d’Etat (<em>sis</em> à Tripoli, présidé par Khaled al-Mechri) et ceux issus du Parlement de Tobrouk (présidé par Aguila Salah Issa) se sont réunis, début septembre, dans la cité balnéaire marocaine de Bouznika.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208397" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/dialogue3.jpg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/dialogue3.jpg 640w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/dialogue3-450x300.jpg 450w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>Cette réunion, par la dimension parlementaire, qui la caractérise et la justifie, constitue le premier pilier solide sur lequel envisager les prochaines  étapes de la stabilisation en Libye. Le deuxième pilier est le dispositif de négociation-médiation marocain. Ainsi, quand le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, indique que le Maroc « ne<em> dispose ni d’agenda, ni d’intérêt en Libye</em> », il n’a ainsi pas tort.</p>
<p>Le caractère potentiellement novateur de ce dialogue, inédit tant dans sa forme que dans la composition des délégués, réside, bien évidement dans la parfaite complémentarité avec les autres « voies » de médiations pré-existantes. En premier lieu desquelles, les négociations de la Commission militaire mixte dite 5+5 (eu égard aux délégués venus à parité des deux camps) en cours depuis février dernier, à Genève, placées sous l’égide de l’ONU, quoique quelque peu au point mort depuis plusieurs semaines. L’autre « voie » de résolution du conflit étant désormais dans les mains des principaux soutiens « extérieurs » des deux « parties »libyennes, à savoir Ankara et Doha &#8211; pour Tripoli &#8211; et Moscou et Abu Dhabi, pour Benghazi.</p>
<p><strong>La neutralité du Royaume et sa médiation en faveur d’une solution politique à la crise libyenne ont-elles été déterminantes dans l’organisation de ce dialogue Libyen ? </strong></p>
<p>La médiation marocaine, rendue possible par l’implication directe et assidue d&rsquo;une diplomatie active du Royaume à travers son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, est ainsi désormais ardemment et pleinement soutenu par la mission onusienne (MANUL) et sa chef par interim, Stéphanie Williams.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas sans rappeler la précédente médiation marocaine qui avait débouché sur la Déclaration de Skhirat, en décembre 2015, et qui avait abouti à la création du Gouvernement dit d’accord national (GNA) en mars 2016. A cette époque, comme, du reste, aujourd’hui, Alger, qui redécouvre l’importance stratégique de son agenda frontalier (eu égard aux 982 km de frontière commune partagée entre l’Algérie et la Libye) avec la Libye cherche d’emblée à en torpiller l’issue.</p>
<p>Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a modifié l’article 3 de la Constitution algérienne pour autoriser le déploiement de troupes hors des frontières algériennes et garder un oeil sur les médiations. Il en est allé ainsi avec celles proposées précédemment par l’autre pays limitrophe avec la Libye, à savoir l’Egypte, qui partage 1115 km de frontière avec son voisin occidental. Plus timidement, il convient aussi de rappeler le rôle timide, pour l’instant, qu’entend jouer la Tunisie, elle aussi fortement impactée par le chaos libyen, eu égard aux 300 000 libyens qui y vivent et la perméabilité des 482 km de frontière. Cette dernière a ainsi pu constituer le passage peu contrôlable emprunté par les groupes terroristes que Tunis n’arrive pas à juguler et qui continuent à semer la terreur dans le pays, comme l’attentat qui a visé un détachement d’officiers de la Garde nationale, à Sousse, le 6 septembre dernier, tend, hélas, à la prouver.</p>
<p>De sorte qu’alliés et adversaires, puissances régionales et superpuissances se confrontent et se côtoient en Libye, par acteurs intermédiaires. Le pays est ainsi désormais l’otage de rivalités extérieures. Ghassan Salamé, ne dit pas autre chose quand il évoque un « <em>coup de poignard dans le dos</em> » de plusieurs pays membres du Conseil de Sécurité.</p>
<p>Pour sortir de cette impasse, la France aurait dû se saisir de l&rsquo;élan généré par la conférence de Berlin de janvier dernier. En modérant sa position, Paris retrouverait sa posture équilibrée et son rôle de médiateur facilitant une sortie de crise, attendu par les Libyens depuis trop longtemps.</p>
<p>La France porte ainsi la lourde responsabilité d’avoir vu en Khalifa Haftar un négociateur sincère et honnête, alors que ce dernier restera un militaire au sens tactique discutable et au palmarès militaire quasi-inexistant. Le maréchal n’a eu de cesse de faire miroiter à ses interlocuteurs occidentaux, le projet d’unifier la Libye sous sa botte en éliminant les islamistes. Cet engagement reste pourtant incompris par une grande partie des Libyens eux-mêmes et la majeure partie de nos alliés européens, notamment les Italiens. Ces derniers, en maintenant près de 300 soldats pour assurer la protection de l’hôpital de Misrata et en gardant la dernière ambassade européenne ouverte à Tripoli semblent plus enclins à soutenir pleinement le GNA.</p>
<p>C’était là, un des <em>hiatus</em>, qui, en se creusant rendait inopérante la médiation européenne, dans ce qui semble apparaître désormais comme un affrontement « sous-jacent » opposant les Emirats Arabes Unis (EAU), l’Egypte et l’Arabie Saoudite &#8211; soutenus diplomatiquement par la Russie &#8211; à un axe Tripoli-Ankara-Doha, qui se joue désormais par le biais de supplétifs, sociétés militaires privées et sous-traitants militaires engagés, à grands renforts de livraisons illicites d’armes, notamment de drones, véhicules blindés anti-IED et systèmes anti-aériens.</p>
<p><strong> Dans leur déclaration conjointe, les deux camps ont convenu de poursuivre au Maroc leur dialogue d’ici la fin du mois pour finaliser les mesures nécessaires garantissant l&rsquo;application et l&rsquo;activation de leur accord. A ce stade, peut-on qualifier  d&rsquo;étape décisive la suite de ce dialogue ?</strong></p>
<p>Il s’agit, avant toute chose, d’une étape importante, avant d’être l’aboutissement d’âpres négociations que la réunion de Bouznika ne saurait régler, alors que de nombreuses initiatives ont précédemment échoués. Je pense notamment aux deux réunions en France (en juillet 2017 et mai 2018) au Sommet de Palerme (en novembre 2018), à la rencontre entre Serraj et Haftar à Abu Dhabi (en février 2019) ou encore au dernier rendez-vous échoué en date, à savoir, la réunion de Berlin (en janvier 2020). D’ailleurs, la phase de préparation du « dialogue intra-libyen », dès juillet dernier est tout aussi déterminant que son déroulé actuel.</p>
<p>La rencontre entre Khaled al-Mechri, président du Haut Conseil d’Etat libyen et son « homologue » Aguila Saleh, président de la Chambre des Représentants avait ainsi permis de « déblayer » le terrain pour leurs « <em>missi dominici</em> » respectifs, en rencontrant les présidents des deux chambres du Parlement marocain, Habib el-Malki et Hakim Benchamach.</p>
<p><strong>Les efforts du Maroc vont-ils ouvrir des perspectives pour promouvoir davantage des solutions favorisant la paix, la sécurité et la stabilité dans les régions du Maghreb, du Sahel, ainsi que de l’espace euro-méditerranéen ? </strong></p>
<p>L’on peut le souhaiter et le constater, en effet, tant le contexte sahélo-saharien, est, comme en Libye, le théâtre de conflictualités exportées.</p>
<p>L’implication d’acteurs étrangers au Sahel, plus précisément dans les territoires des cinq états qui composent le G5-Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger et Tchad)  et au-delà dans l’Afrique de l&rsquo;Ouest élargie &#8211;  dont la Côte d’Ivoire, le Benin, le Ghana et le Togo constituent les maillons les plus « fragiles » (eu égard à la «  migration »  méridionale des actions des groupes armés terroristes &#8211; GAT &#8211; et aux processus électoraux récents et à venir qui fragilisent ces pays, notamment la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Burkina-Faso) &#8211; est bien, hélas, une réalité sur le  terrain.</p>
<p>Certains n’hésitent plus à insister sur une approche ouest-africaine du phénomène djihadiste, englobant désormais, autant les pays maghrébins riverains de la Méditerranée que ceux riverains du Golfe de Guinée, à l’instar du Ghana, du Togo, du Bénin, et surtout la Côte d’Ivoire et dans une moindre mesure, le Sénégal. Abidjan, comme Dakar ne cesse d’intercéder pour un élargissement du G5-Sahel. La candidature du Maroc à une adhésion à la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), telle que formulée en février 2017, prend ainsi un relief particulier.</p>
<p>Le Maroc est ainsi un de ceux-ci dont l’action est unanimement reconnue par les Sahéliens. J’en veux pour preuve, l’audience que Le Président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) au Mali, le Colonel Assimi Goita, a accordé à  l&rsquo;ambassadeur du Maroc au Mali, Hassan Naciri.</p>
<p>De fait, le Maroc l’a compris de longue date, en déployant, parmi beaucoup d’autres exemples, son influence «  religieuse » positive et tolérante dans la région, par le biais, notamment de l’Institut Mohamed VI de formation des imams, qui a formé 500 imams maliens depuis sa création en mai 2014 ; ou encore à travers sa « diplomatie sanitaire », par le truchement du déploiement de l’hôpital militaire marocain à Sébéninkoro, fortement sollicité pendant la crise sanitaire actuelle.</p>
<p>Ainsi, à l’aune des opérations et implications diplomatico-militaires onusiennes (Minusma), françaises (<em>Barkhane</em> depuis 2014 et plus récemment la Task Force <em>Takuba), </em>européennes <em>(EUTM-Mali et EUCAP &#8211; Sahel), </em>transregionales<em> (G5-Sahel et CEDEAO) </em>et continentale<em> (UA),</em> le Maroc demeure un acteur et un partenaire de tout premier plan pour la stabilité régionale.</p>
<p>Le Royaume, idéalement situé au carrefour des espaces euromediterranéen, maghrébin, atlantique, ouest-africain et saharien devrait ainsi profiter de la réalité stratégique du moment, qui consiste à ouvrir et interconnecter les espaces régionaux entre eux, pour réellement bâtir une politique de voisinage eurafricain.</p>
<p><strong>Lors du sommet du Med7, le 10 septembre en Corse,  est-ce que  l&rsquo;agenda Sahélien a rejoint l&rsquo;agenda méditerranéen ? </strong></p>
<p>Plus que jamais, l&rsquo;imbrication des agendas politiques, diplomatiques et sécuritaires liant les rives septentrionales du continent africain, baignant dans la mer Méditerranée au Golfe de Guinée, s’impose comme une évidence stratégique.</p>
<p>Le récent sommet du Med7, réunissant les sept pays dit de « l’Arc latin » de l’UE (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte, Grèce et Chypre) qui s’est tenu, il y a quelques jours à Porticcio, en Corse, à l’invitation de la France vient également confirmer que le destin de <em>Mare Nostrum </em>est intrinsèquement lié à celui de <em>Sahel Nostrum</em>. Quoique l’agenda ait été largement dominé par la question des tensions en Méditerranée orientale, la concomitance des crises sanitaires, migratoires et leurs impacts économiques et sociaux imposent désormais un agenda commun et partagé entre les continents européens et africains, par la passerelle que constitue la Méditerranée. Il en sera fortement question lors du prochain Conseil européen des 24 et 25 septembre prochains et surtout à l’occasion de la tenue du 6ème Sommet UE-UA, qui devrait être maintenu &#8211; même virtuellement &#8211; en octobre à Bruxelles.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/entretiens/dialogue-inter-libyen-au-maroc-cette-reunion-constitue-le-premier-pilier-solide-sur-lequel-envisager-les-prochaines-etapes-de-la-stabilisation-en-libye/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
