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		<title>Application StopCovid et libertés en France : la Cnil pose des conditions</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Apr 2020 10:46:53 +0000</pubDate>
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<p><strong>« Conforme », à condition de muscler les garanties de protection des libertés, et d&rsquo;évaluer régulièrement son utilité: la Cnil a rendu dimanche un avis très attendu sur l&rsquo;application de traçage StopCovid.</strong></p>
<p>Ce dispositif gouvernemental doit permettre, lors du déconfinement, de répertorier les contacts avec des malades du coronavirus. L&rsquo;application, inspirée de stratégies déployées par Singapour notamment, doit alerter les personnes l&rsquo;ayant téléchargée quand elles ont côtoyé, par exemple dans un train ou un métro, des personnes diagnostiquées positives au Covid-19, et elles-mêmes équipées.</p>
<p>Plusieurs autres pays européens étudient ce type de dispositif, qui repose sur la technologie « Bluetooth » permettant à des smartphones de communiquer entre eux. Il sera basé en France sur le volontariat, anonyme, temporaire et transparent, a promis l&rsquo;exécutif.</p>
<p>L&rsquo;objectif est d&rsquo;encourager les personnes averties à se faire tester et à s&rsquo;isoler. StopCovid permettrait aussi de cartographier l&rsquo;évolution de l&rsquo;épidémie, qui a tué 22.614 personnes en France depuis début mars, selon le dernier bilan communiqué samedi.</p>
<h2>« Conforme » sous conditions</h2>
<p>La Cnil, organisme veillant au respect des libertés dans le domaine numérique, estime que dans un « contexte exceptionnel de gestion de crise », en accompagnement du déconfinement à partir du 11 mai, le dispositif est conforme aux exigences européennes « si certaines conditions sont respectées ».</p>
<p>Cela signifie que « StopCovid » respecte bien le Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui encadre en Europe la collecte, la conservation et le partage des données personnelles.</p>
<p>« Ce déploiement doit s&rsquo;inscrire dans un plan d&rsquo;ensemble » de déconfinement et de lutte contre l&rsquo;épidémie, selon la Cnil, qui met en garde « contre la tentation du +solutionnisme technologique+ ».</p>
<p>Elle « demande certaines garanties supplémentaires » et veut « pouvoir se prononcer à nouveau après la tenue du débat au Parlement », selon un avis rendu public dimanche, et adopté le 24 avril.</p>
<p>Parmi les garanties allant dans le bon sens, selon la Cnil: le volontariat, et l&rsquo;utilisation de pseudonymes.</p>
<p>L&rsquo;organisme demande que le téléchargement puisse se faire sans « conséquence négative en cas de non-utilisation ». Pas question de refuser un test ou un billet de train à une personne qui refuserait d&rsquo;utiliser l&rsquo;application, en clair.</p>
<p>La Cnil énumère aussi une série de suggestions techniques. Elle souligne en particulier que l&rsquo;algorithme envisagé à ce stade par le gouvernement « ne devrait plus être utilisé », si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux recommandations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d&rsquo;information.</p>
<h2> « Large adoption »</h2>
<p>La Cnil relève que l&rsquo;efficacité de StopCovid dépendra « de sa disponibilité dans les magasins d&rsquo;application (appstore, playstore…), d&rsquo;une large adoption par le public ». Et ce au moment où seuls 39% des Français ont confiance dans le gouvernement pour faire face efficacement au coronavirus, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.</p>
<p>Le Conseil national de l&rsquo;ordre des médecins avait lui aussi estimé, dans un avis rendu samedi, que « l&rsquo;efficacité d&rsquo;une application de suivi des interactions sociales repose sur une utilisation importante », et demandé qu&rsquo;elle soit accompagnée d&rsquo;un dépistage « massif ».</p>
<p>Dans un entretien au Journal du dimanche, le secrétaire d&rsquo;Etat au Numérique Cedric O a souligné que l&rsquo;application ne fonctionnait pour l&rsquo;instant pas correctement sur les iPhone, soit un smartphone sur 5 en France.</p>
<p>Mais selon lui, « ce que disent les épidémiologistes, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de seuil minimum de téléchargements nécessaire pour que cette application soit utile ». Il a affirmé que « dans l&rsquo;arbitrage entre contrainte sanitaire et libertés individuelles, nous avons poussé à fond vers les libertés individuelles. »</p>
<p>Dimanche, il a commenté par un tweet l&rsquo;avis de la Cnil, qui selon lui « valide le déploiement de #StopCovid comme brique d&rsquo;une stratégie globale d&rsquo;enquêtes sanitaires. Une étape importante. On continue. »</p>
<p>Pour éviter toute dérive, la Cnil « recommande (&#8230;) que l&rsquo;impact du dispositif sur la situation sanitaire soit étudié et documenté de manière régulière ».</p>
<p>L&rsquo;Académie nationale de médecine a de son côté émis le 22 avril un « avis favorable » au recours à StopCovid, en soulignant également que « l&rsquo;efficacité du traçage dépendra pour une large part de l&rsquo;acceptation et de l&rsquo;adhésion confiante de la population ».</p>
<p>Le gouvernement présente mardi à l&rsquo;Assemblée nationale sa stratégie de déconfinement, dont le déploiement de cette application fait partie.</p>
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