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	<title>artisans &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Coronavirus: la grande déprime des artisans traditionnels du Maroc</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2020 12:12:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les poteries, les vanneries, les meubles en fer forgé s&#8217;entassent dans les échoppes désertes du centre artisanal d&#8217;Oulja, situé à Salé, près de Rabat. Sans revenus depuis près de trois mois à cause de la pandémie de Covid-19, les artisans dépriment. « Le coronavirus, c&#8217;est le KO final: sans aide, sans soutien, notre métier va disparaître », &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les poteries, les vanneries, les meubles en fer forgé s&rsquo;entassent dans les échoppes désertes du centre artisanal d&rsquo;Oulja, situé à Salé, près de Rabat. Sans revenus depuis près de trois mois à cause de la pandémie de Covid-19, les artisans dépriment.</p>
<p>« Le coronavirus, c&rsquo;est le KO final: sans aide, sans soutien, notre métier va disparaître », déplore Youssef Rghalmi, un potier de 49 ans qui vient de rouvrir le local où il expose le fruit d&rsquo;un « savoir-faire transmis depuis des générations ».</p>
<p>Dans l&rsquo;atelier familial, l&rsquo;argile se dessèche, le four est éteint, les neuf employés ne viennent plus. La dernière commande destinée à une cliente de France qui a annulé son séjour à cause de la fermeture des frontières prend la poussière dans un recoin.</p>
<p>« On avait déjà du mal à survivre parce que les modes de vie ont changé, les métiers traditionnels se perdent parce que les jeunes ne veulent pas prendre la relève et là c&rsquo;est le coup de grâce », renchérit Mohamed Touel, maître artisan de gebs &#8211; plâtre sculpté utilisé pour la décoration.</p>
<p>Ce sexagénaire entreprenant a adjoint un petit restaurant à son échoppe mais a dû baisser le rideau à cause de l&rsquo;état d&rsquo;urgence sanitaire instauré depuis mi-mars.</p>
<p>Les touristes étrangers ont disparu, le confinement obligatoire a paralysé la vie économique et la clientèle locale, engluée dans la crise, « a d&rsquo;autres priorités que d&rsquo;acheter des tapis », se désole Ahmed Driouch dans son grand magasin encombré de lampes en cuivre, céramiques, poignards, bijoux, coffres en marqueterie et tapis.</p>
<p>« Touché à 200% par l&rsquo;impact du virus », ce commerçant pense qu&rsquo;il lui faudra « au moins deux ou trois ans pour retrouver une activité normale ».</p>
<p>A l&rsquo;étage du magasin, quelques employés dépoussièrent un par un les quelque 10.000 tapis artisanaux en stock. « Il faut tout nettoyer même si, pour l&rsquo;instant, personne ne vient », regrette l&rsquo;un d&rsquo;eux.</p>
<p><strong>Pistes de relance</strong></p>
<p>La ministre du Tourisme et de l&rsquo;Artisanat Nadia Fettah a récemment évoqué des pistes de relance, comme la création d&rsquo;espaces d&rsquo;exposition dans les grandes surfaces, pour ce secteur qui emploie plus de 2 millions de personnes &#8211; soit 20% de la population active-, dont environ 230.000 artisans traditionnels. L&rsquo;artisanat représente environ 7% du PIB, avec un chiffre d&rsquo;affaires à l&rsquo;export de près d&rsquo;1 milliard de dirhams l&rsquo;an dernier (91 millions d&rsquo;euros).</p>
<p>Malgré leur poids économique, les artisans travaillent dans des conditions précaires, sans couverture sociale, avec un réseau de distribution limité aux ventes occasionnelles et au bouche à oreille, comme tous les petits métiers au Maghreb.</p>
<p>La trentaine de femmes qui tissent des tapis pour la petite coopérative de « La femme créatrice » de Salé ont toutes perdu leurs maigres revenus.</p>
<p>Les tisseuses travaillent huit heures par jour pour moins de cent euros par mois « quand les tapis se vendent » et elles « n&rsquo;ont plus rien car il n&rsquo;y pas eu une seule vente en trois mois », explique avec amertume Rachida Nabati.</p>
<p>Cette quadragénaire énergique qui travaille depuis l&rsquo;âge de 7 ans a « dû emprunter de l&rsquo;argent à des connaissances », malgré l&rsquo;appoint du potager qui jouxte sa bicoque misérable. Dans la coopérative, quelques-unes ont bénéficié des aides directes débloquées par l&rsquo;Etat sur un fonds spécial « Covid-19 », d&rsquo;autres « n&rsquo;ont rien eu et ne parviennent plus à payer leur loyer ».</p>
<p>« Il faudrait vendre sur internet, mais on ne sait pas faire », regrette cette mère de famille qui a appris seule à lire et à écrire. « Une plateforme numérique a été lancée pour les artisans il y a quelques années, mais ça ne marche pas », abonde le maître plâtrier Mohamed Touel.</p>
<p>En Tunisie, où la crise du nouveau coronavirus a plongé les petits artisans dans la même détresse, l&rsquo;Office national de l&rsquo;artisanat (ONAT) travaille sur une plate-forme électronique pour ouvrir des débouchés en Europe en fin d&rsquo;année et compte multiplier les petites expositions dans les hôtels.</p>
<p>L&rsquo;ONAT encourage aussi les artisans à lancer des pages Facebook ou des sites électroniques. Mais les finances de Sabiha, une potière de Sejnane (nord) dont le savoir-faire est inscrit au patrimoine mondial de l&rsquo;Unesco, sont « en dessous de zéro » et « elle n&rsquo;arrive même pas à charger son téléphone portable ».</p>
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