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	<title>armes chimiques &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>armes chimiques &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Du Soudan à la Syrie et à l’Irak : quand les régimes militaires banalisent l’arme chimique</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Dec 2025 13:05:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans le monde arabe, les tragédies se répètent lorsque les États sont gouvernés par la logique de la militarisation et que la nation se résume à la loi des armes. Entre le Soudan, la Syrie et l’Irak, un fil sombre relie ces trois expériences : l’usage des armes chimiques, expression ultime de la violence lorsque &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le monde arabe, les tragédies se répètent lorsque les États sont gouvernés par la logique de la militarisation et que la nation se résume à la loi des armes. Entre le Soudan, la Syrie et l’Irak, un fil sombre relie ces trois expériences : l’usage des armes chimiques, expression ultime de la violence lorsque la politique échoue et que toute reddition de comptes disparaît. Ces crimes ne sont pas des accidents isolés, mais le produit de systèmes de pouvoir qui ont fait de la force brute un mode de gouvernement et des civils des victimes collatérales.</p>
<p>Au Soudan, depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023, le pays s’est enfoncé dans une spirale de violences sans précédent. À mesure que les combats s’intensifient et que la situation humanitaire se dégrade, des rapports concordants évoquent un recours à des armes chimiques dans certaines zones de conflit. En l’absence, à ce stade, d’une enquête internationale concluante, les indices de terrain et la nature des blessures signalées suscitent une inquiétude croissante.</p>
<p>Dans ce contexte, le nom de Abdel Fattah al-Burhan s’impose comme celui du chef d’un pouvoir militaire ayant privilégié l’option armée comme unique voie, au mépris du coût humain et des perspectives de transition politique. Un schéma désormais familier : une guerre sans horizon et une autorité sans comptes à rendre.</p>
<p>En Syrie, l’arme chimique n’est plus une hypothèse mais une réalité documentée. Depuis 2012, plusieurs régions ont été frappées par des attaques au gaz sarin et au chlore, notamment à la Ghouta et à Khan Cheikhoun, comme l’ont établi des rapports onusiens et des organisations internationales. Sous le régime de Bachar al-Assad, l’arme chimique est devenue un instrument de l’État, non seulement pour obtenir un avantage militaire, mais surtout pour diffuser la terreur et briser toute résistance sociale. Malgré les « lignes rouges » proclamées par la communauté internationale, la responsabilité pénale est restée limitée, nourrissant un sentiment d’impunité et laissant la porte ouverte à la répétition des crimes.</p>
<p>L’Irak, enfin, porte une mémoire plus ancienne mais toujours vive. Dans les années 1980, les armes chimiques furent utilisées à grande échelle, en particulier lors du massacre de Halabja. Ces atrocités ne relevaient pas d’excès ponctuels, mais d’une politique d’État menée sous Saddam Hussein, où l’arme interdite servait à écraser les oppositions et à punir des populations entières. La chute du régime n’a pas effacé les séquelles : les survivants et leurs descendants en portent encore les stigmates, rappelant que les effets du chimique dépassent le temps de la guerre.</p>
<p>Ce qui unit ces trois trajectoires, au-delà de l’arme prohibée, c’est un même modèle de gouvernance : la domination de l’institution militaire sur la décision politique, la diabolisation de l’adversaire érigé en menace existentielle, l’absence de mécanismes internes de responsabilité et l’affaiblissement — voire l’instrumentalisation — de la justice internationale. Dans de tels contextes, la violence extrême devient un choix « rationnel » pour le pouvoir, et l’arme chimique, loin d’être une exception, s’inscrit dans la continuité d’une logique autoritaire.</p>
<p>La souffrance des peuples soudanais, syrien et irakien face aux armes chimiques pose une question centrale, à la fois morale et politique : peut-on parler de paix sans justice ? Les crimes commis avec des armes interdites par le droit international ne se prescrivent pas, et le silence qui les entoure ne les efface pas ; il en prépare la répétition. Seules une reddition de comptes effective, la fin de l’impunité et l’ouverture vers un pouvoir civil soumis à l’État de droit peuvent rompre ce cycle.</p>
<p>L’histoire récente l’enseigne crûment : la militarisation ne construit pas des États, et partout où l’arme chimique a été utilisée, elle a marqué l’échec de la politique et l’effondrement du sens humain de l’État.</p>
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		<title>Les Émirats arabes unis et le Soudan : une lecture sereine loin du tumulte médiatique</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Dec 2025 08:58:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdel Fattah al-Burhan]]></category>
		<category><![CDATA[armes chimiques]]></category>
		<category><![CDATA[cessez-le-feu]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats Arabes Unis]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Dr Anwar Mohammed Gargash;
Conseiller diplomatique du Président des Émirats arabes unis, Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane*]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3>Ces derniers mois, les interrogations concernant la position des Émirats arabes unis sur le Soudan et les questions régionales en général se sont intensifiées, notamment suite à une campagne médiatique sans précédent visant les Émirats arabes unis. Cette campagne est menée par des entités bien connues, ainsi que par d&rsquo;autres dont l&rsquo;implication dans ce dossier a été inattendue.</h3>
<p>Cette agitation exige une analyse calme et objective de la position des Émirats arabes unis, une analyse qui évite les débats houleux et les réactions émotionnelles, et qui prend plutôt en compte le contexte stratégique qui a guidé la politique étrangère du pays ces dernières années.</p>
<p>Depuis 2018, la politique étrangère émiratie a connu une transformation notable, marquée par la fin de son rôle militaire direct au sein de la coalition arabe dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite au Yémen. Les forces émiraties ont joué un rôle déterminant dans des batailles cruciales de la libération d&rsquo;Aden à la lutte contre Al-Qaïda à Mukalla et à la sécurisation de la côte Ouest. Cette décennie a été l&rsquo;une des plus complexes de l&rsquo;histoire de la région, durant laquelle les Émirats arabes unis ont assumé l&rsquo;entière responsabilité de faire face au chaos généralisé qui menaçait la sécurité régionale.</p>
<p>Avec le recul, voire l&rsquo;abandon des actions militaires, les Émirats arabes unis sont entrés dans une phase de transformation geo-économique où le renforcement de la compétitivité économique, la stabilité et l&rsquo;ouverture aux investissements sont devenus des priorités absolues. Cette tendance a été accentuée par la pandémie de COVID-19, qui a souligné son importance dans un monde en mutation rapide.</p>
<p>Un renouveau s&rsquo;est amorcé avec l&rsquo;accession à la présidence de Son Altesse Cheikh Mohammed Ben Zayed Al Nahyane en 2022, qui a tracé une voie fondée sur une position internationale active, une économie régionale de premier plan, un écosystème d&rsquo;investissement mondial et des ambitions technologiques fortes, notamment dans le domaine de l&rsquo;intelligence artificielle. Parallèlement à ces priorités, la stabilité régionale est restée un élément essentiel de la stratégie de sécurité nationale des Émirats arabes unis.</p>
<p>Cette stratégie a été mise à rude épreuve après le 7 octobre, avec le déclenchement de la guerre à Gaza et les conflits subséquents au Liban et en Iran. À ce moment critique, les Émirats arabes unis ont joué un rôle déterminant dans les efforts diplomatiques complexes visant à obtenir un cessez-le-feu à Gaza, tout en étant le principal soutien humanitaire au peuple palestinien à Gaza, privilégiant ainsi les actes concrets aux simples déclarations d&rsquo;intention.</p>
<p>Dans ce contexte turbulent, les Émirats arabes unis ont suivi avec une grande inquiétude l&rsquo;évolution de la situation au Soudan. Le coup d&rsquo;État de 2021 contre le gouvernement civil de transition a sonné l&rsquo;alarme, ignorée par la communauté internationale malgré ses graves conséquences pour l&rsquo;avenir du pays. Durant cette période, les Émirats arabes unis ont déployé des efforts considérables pour réconcilier le chef du Conseil de souveraineté, AAbdel Fattah Al-Bourhane et son adjoint, Mohamed Hamdan Dagalo, afin d&rsquo;éviter l&rsquo;effondrement militaire qui s&rsquo;ensuivrait.</p>
<p>Depuis le début du conflit, la complexité du paysage soudanais est apparue clairement : d&rsquo;un côté, une armée endoctrinée idéologiquement pendant plus de trente ans sous le régime d&rsquo;al-Bashir et son alliance avec les Frères musulmans ; de l&rsquo;autre, une force armée issue des rangs mêmes de l&rsquo;armée. Cette réalité a rendu illusoire l&rsquo;espoir d&rsquo;une victoire militaire pour l&rsquo;un ou l&rsquo;autre camp, un fait confirmé par la situation sur le terrain.</p>
<p>Sur la base de cette évaluation, les Émirats arabes unis ont participé et apporté leur soutien à diverses initiatives régionales et internationales visant à mettre fin à la guerre, des plateformes de Djeddah, de Bahreïn et de Genève aux contacts bilatéraux. Il était évident que la prise de décision au sein de l&rsquo;establishment militaire soudanais restait soumise à des calculs idéologiques étroits, faisant écho à des expériences soudanaises antérieures caractérisées par une dualité du pouvoir et une prise de décision ambiguë.</p>
<p>Une question troublante est parfois soulevée quant à l&rsquo;intérêt des Émirats arabes unis pour le Soudan, comme si la sécurité régionale n&rsquo;était pas interdépendante, ou comme si le soutien à d&rsquo;autres acteurs régionaux dans le conflit était légitime, tandis qu&rsquo;une position appelant à la neutralité et à un cessez-le-feu est accueillie avec scepticisme. La désignation par les Émirats arabes unis de l&rsquo;armée et des Forces de soutien rapide comme parties au conflit armé n&rsquo;était pas une position sélective, mais plutôt une évaluation réaliste qui privilégie les intérêts du Soudan par-dessus tout autre alignement. Cela a conduit à la conclusion claire qu&rsquo;un gouvernement civil indépendant est la seule voie à suivre.</p>
<p>Cette préoccupation est indissociable de la mémoire collective soudanaise, marquée par l&rsquo;expérience du régime de « Salut », qui a engendré une guerre civile dévastatrice, un isolement international étouffant et la transformation du Soudan en un refuge pour les figures extrémistes et terroristes. Cette expérience a même incité les forces civiles soudanaises à s&rsquo;accorder sur la nécessité d&rsquo;écarter les Frères musulmans du gouvernement et de la vie politique.</p>
<p>L&rsquo;espoir le plus significatif dans ce sombre tableau est peut-être apparu en septembre 2025 avec la déclaration du Quartet (États-Unis, Arabie saoudite, Égypte et Émirats arabes unis). Cette initiative demeure la voie la plus réaliste et la plus sérieuse pour sortir de cette guerre civile dévastatrice, offrant une proposition globale comprenant une trêve humanitaire, un accès garanti à l&rsquo;aide humanitaire face à une crise humanitaire sans précédent et une voie négociée vers une transition civile indépendante dans un délai défini. Cependant, le rejet de cette feuille de route par l&rsquo;armée et ses alliés idéologiques témoigne de leur persistance à croire à un retour au pouvoir militaire, malgré l&rsquo;histoire du Soudan jalonnée de renversements de tels régimes en 1964, 1985 et 2019.</p>
<p>Néanmoins, les Émirats arabes unis ont maintenu leur engagement politique et humanitaire, devenant l&rsquo;un des principaux soutiens de l&rsquo;aide humanitaire au Soudan, face à l&rsquo;une des pires crises humanitaires que connaît actuellement le pays. Nos efforts se poursuivent malgré les défis et les difficultés.</p>
<p>Cette guerre ne se gagnera pas par les armes. Nous assistons à un rapport de force inégal entre les deux camps avec trente milices de chaque côté et à une guerre caractérisée par la brutalité des deux camps, qui fait des victimes civiles. Des crimes des Forces de soutien rapide à El Fasher à l&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques par l&rsquo;armée d&rsquo; Abdel Fattah Al-Bourhane et aux massacres dans l&rsquo;État de Gezira, ce conflit reproduit les tragédies historiques du Soudan. Le seul perdant du conflit est le peuple soudanais.</p>
<p>En résumé, la seule issue à cette tragédie réside dans un cessez-le-feu et la reprise d&rsquo;un processus politique menant à un régime civil dans un délai raisonnable, ainsi qu&rsquo;à une réconciliation nationale fondée sur la justice et la responsabilité. Ces mesures ouvriront la voie à la reconstruction et au rétablissement du prestige du Soudan.</p>
<p>Le Soudan a payé un lourd tribut au régime militaire, aux Frères musulmans et à leurs interventions irresponsables. Il ne peut se permettre de revivre une telle expérience.</p>
<p>*(<em><strong><span style="font-size: 14pt;">Tribune</span></strong></em>)</p>
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		<title>L&#8217;Usage d&#8217;Armes Chimiques au Soudan : l&#8217;Urgence d&#8217;une Enquête Internationale</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 12:39:47 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[armes chimiques]]></category>
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		<category><![CDATA[gaz de chlore]]></category>
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					<description><![CDATA[​Les rapports occidentaux indépendants et les documents officiels font de plus en plus état de l&#8217;utilisation d&#8217;armes chimiques dans la guerre qui sévit au Soudan, et pointent la responsabilité de l&#8217;Armée soudanaise dans ces agressions chimiques. Tandis que les enquêtes internationales officielles tardent à se manifester ou progressent avec lenteur, les révélations publiées jusqu&#8217;à ce &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>​Les rapports occidentaux indépendants et les documents officiels font de plus en plus état de l&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques dans la guerre qui sévit au Soudan, et pointent la responsabilité de l&rsquo;Armée soudanaise dans ces agressions chimiques. Tandis que les enquêtes internationales officielles tardent à se manifester ou progressent avec lenteur, les révélations publiées jusqu&rsquo;à ce jour suffisent à sonner le tocsin et à soulever une question juridique majeure : comment la communauté internationale peut-elle demeurer muette et passive face à l&#8217;emploi d&rsquo;une arme prohibée en vertu du droit international sur les champs de bataille ?</p>
<p>​L&rsquo;interdiction des armes chimiques est absolue dans le corpus du droit international, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de conflits de nature internationale ou non. Les règles et conventions internationales confirment en effet que le recours aux armes chimiques constitue un crime de guerre nécessitant l&rsquo;établissement des responsabilités. Or, le fossé profond qui sépare les textes de loi de leur application concrète se manifeste avec une netteté désolante au Soudan aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Bien que des instances internationales produisent des données attestant de la responsabilité de la communauté mondiale dans la poursuite des auteurs de tels actes, l&rsquo;enquête effective et la reddition des comptes restent inexistantes ou différées.</p>
<p>​Depuis le déclenchement de la guerre actuelle, opposant l&rsquo;Armée soudanaise aux Forces de Soutien Rapide (FSR) en 2023, la majorité des rapports s&rsquo;était concentrée sur les massacres et les déplacements massifs de population. Cependant, depuis 2024, des informations ont commencé à filtrer, faisant état de l&rsquo;usage de substances chimiques, au premier chef le gaz chlore, lors de certains affrontements.</p>
<p>​Dans la lignée du New York Times américain, une enquête journalistique française de la chaîne France 24, diffusée la semaine dernière, a révélé que des barils contenant du chlore, initialement importés pour la potabilisation de l&rsquo;eau, ont été utilisés comme arme près d&rsquo;une raffinerie de pétrole au Soudan en septembre 2024. Cette investigation occidentale s&rsquo;est appuyée sur des preuves de terrain, ainsi que sur l&rsquo;analyse d&rsquo;images et de vidéos du site de l&rsquo;attaque. Au moment de la rédaction de ces lignes, l&rsquo;Armée soudanaise n&rsquo;a émis aucune dénégation concernant ces enquêtes médiatiques.</p>
<p>​En mai dernier, les États-Unis ont pour leur part officiellement conclu que l&rsquo;Armée soudanaise avait utilisé des armes chimiques lors de ses combats contre les FSR en 2024, et des rapports ont à nouveau mentionné le chlore parmi les substances employées. Il est notable que le chlore, matière internationalement proscrite pour les usages militaires, est le point commun de toutes ces attaques imputées à l&rsquo;Armée soudanaise.</p>
<p>​L&rsquo;organisation Human Rights Watch, en octobre 2025, a signalé que Washington avait imposé des sanctions à Al-Burhan après l&rsquo;accusation d&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques par l&rsquo;Armée soudanaise. Néanmoins, l&rsquo;organisation a critiqué l&rsquo;absence de publication de l&rsquo;intégralité des preuves, appelant à davantage de transparence et à des enquêtes indépendantes.</p>
<p>​Ces données, prises dans leur ensemble, dressent un tableau sombre de la situation au Soudan : l&rsquo;Armée soudanaise est formellement accusée par plusieurs acteurs internationaux d&rsquo;avoir eu recours à des armes chimiques, accusations renforcées par des enquêtes de presse et des rapports d&rsquo;organisations de défense des droits humains, sans qu&rsquo;une mécanisme d&rsquo;enquête international, indépendant et résolu, ne vienne y faire écho.</p>
<h3><strong>​Leçon de Halabja et l&rsquo;Impératif de l&rsquo;Action</strong></h3>
<p>​L&rsquo;histoire de la région arabe a été marquée par un exemple flagrant d&rsquo;usage d&rsquo;armes chimiques lors du massacre de Halabja au Kurdistan irakien en 1988, où des milliers de civils furent tués en quelques heures par des bombardements aux gaz toxiques, dans le cadre de la campagne Anfal menée par le régime de Saddam Hussein. Des enquêtes internationales, des documents officiels et des témoignages de responsables irakiens ont prouvé l&rsquo;implication des anciennes autorités irakiennes dans ce crime. De hauts responsables, tel Ali Hassan al-Majid (surnommé « Ali le Chimique »), furent condamnés pour l&rsquo;utilisation de gaz moutarde et d&rsquo;autres agents. Malgré l&rsquo;horreur des événements d&rsquo;Halabja, il fallut de longues années pour que cette reconnaissance se matérialise en jugements et condamnations claires, les calculs politiques ayant longtemps jeté une ombre sur l&rsquo;accès des victimes à la justice.</p>
<p>​Aujourd&rsquo;hui, dans le cas du Soudan, la situation est analogue à celle de l&rsquo;Irak. La paradoxe réside toutefois dans la disponibilité rapide des preuves initiales, via des enregistrements vidéo du terrain, des enquêtes journalistiques publiées et des rapports d&rsquo;organisations de défense des droits. Au lieu d&rsquo;attendre des décennies comme cela fut le cas en Irak, ces données doivent être exploitées pour l&rsquo;ouverture d&rsquo;une enquête internationale urgente et transparente, avant que les preuves ne se dissipent, que la mémoire ne s&rsquo;érode et que les victimes ne soient doublement ensevelies : une fois sous les décombres, et une seconde fois sous le poids de l&rsquo;oubli.</p>
<p>​Ce qui suscite la stupéfaction et le choc est la réaction toujours limitée et lente de la communauté internationale, malgré la gravité des accusations. Le Conseil de sécurité n&rsquo;a toujours pas institué de mécanisme d&rsquo;enquête spécifique sur l&rsquo;usage potentiel d&rsquo;armes chimiques au Soudan, comme il l&rsquo;a fait dans d&rsquo;autres circonstances. L&rsquo;Organisation pour l&rsquo;Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) ne s&rsquo;est pas vu confier de rôle central pour investiguer ces violations.</p>
<h3><strong>Une « indifférence coupable »</strong></h3>
<p>​Tout ceci a conduit la presse occidentale à évoquer une « indifférence coupable » de la part des grandes puissances face à la tragédie soudanaise, où les considérations géopolitiques et les alliances régionales semblent l&#8217;emporter sur la protection des civils et la poursuite des criminels.</p>
<p>​En revanche, l&rsquo;on observe une fermeté et une célérité manifestes dans l&rsquo;imposition de sanctions, voire dans le lancement de frappes militaires, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;autres dossiers. Ceci accrédite l&rsquo;impression dangereuse que la vie des victimes n&rsquo;a pas la même valeur, et que l&rsquo;interdiction des armes chimiques n&rsquo;est pas un principe moral universel, mais un instrument utilisé de manière sélective, auquel manque l&rsquo;élément essentiel de la règle de droit : l&rsquo;impartialité.</p>
<p>Face à la gravité des allégations, le minimum de la responsabilité légale, éthique et humanitaire est d&rsquo;exiger une enquête internationale indépendante et immédiate, menée sous l&rsquo;égide d&rsquo;instances neutres et spécialisées, notamment l&rsquo;OIAC.</p>
<p>Il est impératif d&rsquo;assurer aux experts un accès aux sites des attaques pour recueillir des échantillons et des témoignages, sans pression ni intimidation. Il convient également d&rsquo;élargir le champ des sanctions pour cibler les individus directement responsables, non seulement les chefs politiques et militaires, mais aussi tous ceux de la chaîne de commandement qui ont donné les ordres, facilité le transfert des substances chimiques ou contribué à leur transformation en armes.</p>
<p>​La question des armes chimiques est un nouvel examen de conscience pour la communauté internationale. S&rsquo;il est prouvé que l&rsquo;Armée soudanaise, sous la direction d&rsquo;Abdel Fattah al-Burhan, a employé du gaz chlore ou d&rsquo;autres agents toxiques comme arme dans ce conflit, le silence qui s&rsquo;ensuivrait signifierait deux choses à la fois : une nouvelle trahison des victimes soudanaises, et le fait d&rsquo;ouvrir la voie à d&rsquo;autres régimes pour oser briser le tabou.</p>
<p>​À Halabja, le monde a eu besoin de longues années pour nommer le crime pour ce qu&rsquo;il était et pour juger certains de ses responsables. Au Soudan, les preuves initiales sont là, et des avertissements sont lancés par des organisations occidentales, des gouvernements et des médias indépendants.</p>
<p>​Le monde agira-t-il avant qu&rsquo;il ne soit trop tard, ou reproduira-t-il la même tragédie par le même silence ?</p>
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