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	<title>Abdessalam Yassine &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Abdessalam Yassine &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Entre modèle iranien, manœuvres florentines et compromissions, l&#8217;alliance entre les « laïcs » et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane cultive l’hypocrisie politique</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/decryptages/entre-modele-iranien-manoeuvres-florentines-et-compromissions-lalliance-entre-les-laics-et-les-islamistes-dal-adl-wal-ihssane-cultive-lhypocrisie-politique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 18:57:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est le modèle iranien de république islamiste qui a inspiré le concept de Qawma* à Abdessalam Yassine. Le fondateur du mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane* voyait dans cet Iran des ayatollahs un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman. Rouhollah Khomeiny n’a pu arriver au pouvoir qu’en promettant liberté et démocratie aux courants notamment d’extrême-gauche qui avaient fait alliance avec lui contre le Shah. Il n’a pu s’y maintenir qu’en les liquidant les uns après les autres pour instaurer une dictature, celle des mollahs. Le rapprochement entre la Jamaâ* de Abdessalam Yassine et la gauche radicale marocaine n’est pas sans rappeler le modèle iranien. Il interroge sur la répartition des rôles et les engagements contractés par les différents acteurs de cette alliance qui  interpelle surtout sur le prix que le camp des « laïcs » est disposé à payer dans sa course folle pour le pouvoir. Une analyse détaillée du rôle joué par l’historien Maati Monjib dans la mise en place de ce « front commun », permet de cerner la stratégie développée ces 10 dernières années. Elle a pour piliers d’œuvrer à l’« acceptabilité » d’Al Adl Wal Ihssane d’une part, et travailler au discrédit de la monarchie, d’autre part. Enquête.        
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Seuls ses proches se souviennent encore de Noureddin Kianouri, dirigeant du parti communiste iranien Tudeh. Emprisonné en juin 1983 sous l’accusation de trahison et d’espionnage au profit de l’ex URSS, lui et 5 autres dirigeants du comité central du parti avaient été acculés à des « aveux » diffusés à la télévision. Pourtant Noureddine Kianouri était si proche de la hiérarchie religieuse mise en place par Rouhollah Khomeiny, qu’il avait été surnommé « Ayatollah Kianouri » par ses opposants.</p>
<h2>Soumission inconditionnelle de l’extrême gauche à Khomeiny</h2>
<figure id="attachment_209469" aria-describedby="caption-attachment-209469" style="width: 349px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-209469 " src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg" alt="" width="349" height="429" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1.jpg 333w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/NOUREDDIN1-244x300.jpg 244w" sizes="(max-width: 349px) 100vw, 349px" /><figcaption id="caption-attachment-209469" class="wp-caption-text">Noureddin Kianouri</figcaption></figure>
<p>Le « guide suprême de la révolution » a attendu 4 ans avant de liquider Tudeh, sans doute parce que de toutes les forces qui s’étaient jointes au mouvement révolutionnaire, le parti communiste était le plus inféodé aux islamistes, Kianouri allant même jusqu’à approuver la répression contre l’organisation des Moujahiddines du peuple dont l’éviction sanglante a fait des milliers de victimes. C’est cette soumission inconditionnelle qui vaudra à Noureddin Kianouri d’avoir la vie sauve et d’être assigné à résidence jusqu’à la fin de sa vie en novembre 1999, après avoir passé 6 ans en prison. Entre temps, il avait publié une lettre ouverte détaillant les tortures dont lui et sa femme ont été victimes.</p>
<h2><strong>Khomeiny extermine ses alliés de la gauche radicale </strong></h2>
<p>La terrible et massive répression qui s’est abattue sur le parti Tudeh a touché plus de 1. 500 cadres et militants du parti. C’est une véritable purge qui a été entreprise, menant des milliers de personnes au peloton d’exécution ou sur le chemin de l’exil, surtout après que Tudeh ne soit interdit en 1983.</p>
<figure id="attachment_209451" aria-describedby="caption-attachment-209451" style="width: 326px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" class="wp-image-209451 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg" alt="" width="326" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1.jpg 326w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/KAMINY1-272x300.jpg 272w" sizes="(max-width: 326px) 100vw, 326px" /><figcaption id="caption-attachment-209451" class="wp-caption-text">Ayatollah Khomeiny</figcaption></figure>
<p>Le parti communiste iranien n’est qu’une des organisations qui avaient favorisé l’arrivée des mollahs au pouvoir. Plusieurs courants se réclamant de la gauche radicale avaient en effet fait alliance avec des organisations prônant un « islam révolutionnaire » aux couleurs marxistes, pour marcher, main dans la main, avec l’Ayatollah Khomeiny, lui faisant allégeance et lui octroyant le titre de guide de la révolution.</p>
<p>Pourtant plusieurs signaux auraient dû alerter les dirigeants de Tudeh sur l’évolution (prévisible) de cette alliance dès l’automne 78 lorsque les slogans comme « un seul parti, celui d’Allah » ont commencé à résonner dans les rues de Téhéran. Dès le lendemain de l’arrivée au pouvoir des « religieux », chacune des aspirations démocratiques qui s’exprimait s’éteignait aussitôt, réduite au silence.</p>
<h2><strong>Une fois au pouvoir Khomeiny montre son véritable visage</strong></h2>
<p>Répondant aux questions de journalistes allemands en 1978, l’Ayatollah Khomeiny déclarait pourtant, s’agissant de la place de la femme, par exemple : « tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la république islamique n’est qu’une propagande hostile. Les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront comme les hommes. » Bien plus qu’un discours modéré, c’est un discours moderniste que tient alors le futur « guide suprême de la révolution ».<br />
Pour fédérer les libéraux et les organisations et partis de gauche, il composera et fera siennes les notions de respect des droits de l’Homme, de démocratie et de liberté de parole. Il cultivera savamment pendant des mois un discours d’ouverture et de progrès, avant qu’il ne prenne le pouvoir. Donnant à voir son véritable visage, il accélère l’islamisation de la société avec pour premières cibles les femmes.</p>
<h2><strong>L&rsquo;âge du mariage des femmes fixé à…9 ans </strong></h2>
<p>Elles qui avaient joué un rôle prépondérant dans les grèves et les manifestations, ont payé le prix fort en devenant le premier axe de la répression de Khomeiny. Moins d’un mois après son arrivée au pouvoir, des mesures drastiques visant à les écarter de tous les domaines de décisions sont prises : ségrégation dans les transports, interdiction de la mixité scolaire et obligation du port du tchador.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-209455" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg" alt="" width="652" height="284" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors.jpg 652w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/chadors-520x227.jpg 520w" sizes="(max-width: 652px) 100vw, 652px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209458 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/doktrine2.jpg" alt="" width="302" height="286" /></p>
<p>Plus terrible encore, l’âge légal du mariage passe de 18 à ….9 ans. Cet âge ainsi fixé n’est pas sans rappeler les écrits de Rouhollah Khomeiny pour lequel « si un homme qui a épousé une fille impubère la « possède » avant ses 9 ans révolus et provoque chez elle des traumatismes, il n’a pas le droit de répéter l’acte avec celle-ci* ».</p>
<h2><strong>Une république islamique dont la survie dépend du contrôle des mœurs</strong></h2>
<p>Bien plus qu’une purge, c’est à une véritable extermination à laquelle ont assisté les iraniens, au fur et à mesure que leurs libertés étaient restreintes et dument contrôlées par la police religieuse chargée de la stricte application de la Charia. Comment avoir pu croire, s’étonnent encore les rescapés de cette répression refugiés à l’étranger, que la nature du régime islamiste mis en place par Khomeiny pouvait souffrir la moindre rivalité politique, tolérer l’existence d’un parti politique distinct de l’appareil du pouvoir ? La survie même de cette dictature dépend du contrôle de la vie politique et de la vie sociale dans le plus petit de ses détails, fût-ce-t-il dans le vagin d’une enfant de 9 ans.</p>
<p>D’ailleurs, et ce assez rapidement, la scène politique iranienne s’est résumée au Parti de la Révolution Islamique, « les Hezbollahi » *, le réseau des mosquées, les comités islamiques, les conseils islamiques sur les lieux de travail, l’ « office du péché » pour le contrôle des mœurs, le « ministère du contrôle du comportement conforme aux préceptes », l’armée des gardiens de la révolution, et la SAVAMA*, la police politique islamique mise en place par Khomeiny.</p>
<p>Pour lui, « la foi et la justice islamique exigent de ne pas laisser survivre dans le monde musulman les gouvernements anti islamiques ou ceux qui ne se conforment pas entièrement aux lois islamiques. L’instauration d’un ordre politique laïc revient à entraver la progression de l’ordre islamique* ».</p>
<h2><strong>Al Adl Wal Ihssane trouve de la bravoure dans les troupes de la révolution iranienne</strong></h2>
<p>Pour un mouvement marocain comme la Jamaâ d’Al Adl Wal Ihssane fondée par Abdessalam Yassine en 1973, la révolution iranienne arrive comme une prophétie que le fondateur du mouvement obscurantiste marocain magnifie aux yeux de ses adeptes. Lui qui a des « visions », et a pour ambition l’instauration d’une société islamique authentique, trouve du mérite dans le modèle  « d’éducation » de la population mis en place par l’Ayatollah Khomeiny. Il admire la bravoure des troupes de la révolution, voyant dans cette Iran des Ayatollahs et de leurs conseils islamiques, un modèle de réforme pour le monde arabo-musulman.</p>
<figure id="attachment_209459" aria-describedby="caption-attachment-209459" style="width: 317px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209459 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg" alt="" width="317" height="473" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine.jpg 317w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/yyassine-201x300.jpg 201w" sizes="auto, (max-width: 317px) 100vw, 317px" /><figcaption id="caption-attachment-209459" class="wp-caption-text">Abdessalam Yassine</figcaption></figure>
<p>C’est l’Iran de Khomeiny qui lui a inspiré le concept de la Qawma, soulèvement général par lequel serait régénéré le califat, le modèle politique qui lui ferait endosser le rôle de guide suprême, lui qui se considère comme un « élu » de Dieu. Lorsqu’en page 170 de son livre « la Sunnah d’Allah » Abdessalam Yassine nous indique les modèles qui suscitent son admiration, il parle de « l’épopée de la révolution iranienne, le jihad majestueux des afghans, la résistance islamique du Sud Liban (celle du Hezbollah soutenu par Téhéran), et les soulèvements des mouvements islamistes, sont autant d’exemples de la vraie identité musulmane recouvrée », écrit le prédicateur. C’est là l’idéal révolutionnaire que l’ancien instituteur a laissé en héritage à son successeur Mohamed Abbadi et aux cadres de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>La Jamaâ compose mais ne reniera jamais l’héritage de son fondateur</strong></h2>
<p>Quels que soient les changements qui acculent la Jamaâ à se réinventer pour survivre au décès du prédicateur disparu en 2012, le fait est qu’aucun membre n’osera jamais remettre en question la doctrine du fondateur et les orientations qu’il a fixées et il semblerait même que ce soit le contraire.</p>
<figure id="attachment_209460" aria-describedby="caption-attachment-209460" style="width: 340px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209460" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/ababiii.jpg" alt="" width="340" height="264" /><figcaption id="caption-attachment-209460" class="wp-caption-text">Mohamed Abbadi</figcaption></figure>
<p>En successeur zélé, Mohamed Abbadi est allé jusqu’à surenchérir sur le lègue « prophétique » d&rsquo;Abdessalam Yassine quant à la restauration du califat qu’il aborde régulièrement dans ses prises de parole depuis octobre 2015.Citant en avril 2016 Bnou Lkhattab qui avait donné 3 jours à ses compagnons pour nommer un nouveau calife, il parle de « décapiter » tout opposant à la restauration du califat. Les propos du prédicateur ont provoqué un tollé d’indignations plongeant la Jamaâ dans une zone de turbulences déstabilisatrice, l’obligeant à clarifier ses positions mais sans jamais renier le fond.</p>
<p>Une secousse d’autant plus grande que le marketing de la Jamaâ depuis sa création avait pour axe principal la non-violence et le rejet du terrorisme.</p>
<h2><strong>L</strong><strong>’instauration du califat, quitte à couper des têtes</strong></h2>
<p>Hassan Bennajeh, porte-parole du cercle politique est alors en première ligne pour éteindre le feu allumé par Abaddi. Il multiplie les déclarations pour limiter les dégâts et tenter de préserver l’image d’un mouvement pacifiste : « le califat que défend Al Adl Wal Ihssane est une sorte de fédération et une union qui rassemble tous les pays musulmans », explique le porte-parole du cercle politique qui semble s’étonner «de la compréhension simpliste et erronée selon laquelle Abbadi voudrait “couper des têtes” […] si cela était vrai, on serait en train de couper des têtes depuis 40 ans*».</p>
<figure id="attachment_209461" aria-describedby="caption-attachment-209461" style="width: 327px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209461 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/hassan-1.jpg" alt="" width="327" height="250" /><figcaption id="caption-attachment-209461" class="wp-caption-text">Hassan Bennajeh</figcaption></figure>
<p>L’exercice est périlleux pour Hassan Bennajeh car Abbadi a fait la promotion d’un modèle de prise de pouvoir basé sur la contrainte, la force et les armes.</p>
<p>Du côté d’Al Adl Wal Ihssane, Hassan Bennajeh porte une grande partie de la responsabilité du rapprochement avec l’extrême gauche. Il a pour principal interlocuteur, dans le camp des « laïcs » l’universitaire Maati Monjib, pivot central, avec Fouad Abdelmoumni, de l’exécution des différentes dispositions de cette alliance. Les deux hommes cultivent une grande proximité et l’historien qui est interpelé par plusieurs figures de l’extrême gauche sur la sortie malencontreuse de Abbadi, se voit demander des comptes sur le Califat et les têtes qu’il faudrait « décapiter ».</p>
<h2><strong>Voler au secours d&rsquo;Al Adl Adl Wal Ihssane</strong></h2>
<p>L’historien tente de désamorcer en disant qu’une telle déclaration est « ordinaire de la bouche d’un Adliste (…) Maintenant ils disent que le califat n’est religieusement nécessaire que sur le plan panislamique, et quand tous les peuples musulmans seront unis ».</p>
<figure id="attachment_209462" aria-describedby="caption-attachment-209462" style="width: 337px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209462 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/mayti.jpg" alt="" width="337" height="215" /><figcaption id="caption-attachment-209462" class="wp-caption-text">Maati Monjib</figcaption></figure>
<p>Et de poursuivre: « Autrement dit, le califat n’est pas politiquement souhaitable sur un niveau strictement national. Les Adlistes sont nationalement pour un régime choisi par le peuple* » , affirme Maati Monjib, pensant dédramatiser les propos du Secrétaire General de la Jamaâ.</p>
<h2><strong>Quand l’instauration d’un califat dans le monde musulman est cautionnée par Maati Monjib</strong></h2>
<p>Mais cette sortie de l’historien les rend en réalité bien plus effrayants encore. Se présentant comme un homme de gauche, un démocrate moderniste œuvrant pour les libertés, Maati Monjib cautionne le projet d’instauration d’une « société islamique authentique » dans tout le monde musulman. Il ne dit pas que c’est un écart ou que les propos de Abbadi ont été mal compris, il les justifie et avalise le projet d’instauration d’un califat « religieusement nécessaire que sur le plan panislamique (…) quand tous les peuples musulmans seront unis ». En clair, ils ne veulent pas d’un califat au Maroc mais à l’échelle du monde musulman et Maati Monjib ne semble y voir aucune contre-indication.</p>
<p>Lire aussi:<a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><strong> </strong></a><a href="https://atlasinfo.fr/enquete-al-adl-wal-ihssane-extreme-gauche-frapper-ensemble-mais-marcher-separement.html"><span class="post-title"><strong>“frapper ensemble mais marcher séparément</strong>”</span></a></p>
<p>L’énormité de ces propos prêterait à sourire s’ils n’étaient pas aussi graves. Ils présentent le mérite de révéler les termes de l’entente entre les deux « parties », leur niveau d’engagement et l’état d’avancement du projet insurrectionnel que Fouad Abdelmoumni , en bon relais idéologique de cette alliance, a baptisé « initiative pour la lutte contre le despotisme ». Ainsi cerné, le projet insurrectionnel dans lequel s’inscrivent les différents acteurs qui n’ont pour unique point commun que la prise du pouvoir, suggère d’abord que le mouvement intégriste Al Adl Wal Ihssane soit dédiabolisé aux yeux de l’opinion publique.</p>
<h2><strong>Obtenir une partie du pouvoir ou le renverser</strong></h2>
<p><strong> </strong>Sur cet axe très précis, l’universitaire Maati Monjib réalise un véritable travail d’encadrement de la Jamaâ. Après les déclarations de Abbadi sur le projet califal de la Jamaâ, il multiplie les déclarations à la presse et parraine les sorties médiatiques de Hassan Bennajeh dans ses tentatives de rectifier le tir publiquement pour calmer la colère qui gronde dans les rangs des « alliés » : le parti d’obédience marxiste, Annahj Addimocrati , son pendant associatif l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), des groupuscules de la société civile qui se sont associées à ce rapprochement et des individualités qui œuvrent en coulisses depuis plus de 10 ans pour donner corps à cette alliance entre « laïcs »  et intégristes religieux.</p>
<figure id="attachment_209464" aria-describedby="caption-attachment-209464" style="width: 615px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209464 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg" alt="" width="615" height="460" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah.jpg 615w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-401x300.jpg 401w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/maatibennajah-86x64.jpg 86w" sizes="auto, (max-width: 615px) 100vw, 615px" /><figcaption id="caption-attachment-209464" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Hassan Bennajeh (à sa gauche)</figcaption></figure>
<p>Leur objectif est d’obtenir une partie du pouvoir ou de le renverser. Devant l’amplitude et la profondeur de l’assise populaire dont jouit Mohammed VI, la première option s’impose aux promoteurs de ce front commun, y compris Al Adl Wal Ihssane qui conteste pourtant au monarque chérifien son rôle de Commandeur des Croyants. Mais le rêve d’une option révolutionnaire républicaine ou califale est toujours caressé par une partie des « laïcs » et une majorité des obscurantistes d’Al Adl Wal Ihssane qui se verraient bien en gardiens de cette révolution.</p>
<p>Lire aussi: <span class="post-title">“<a href="https://atlasinfo.fr/lune-des-plus-grandes-forces-dal-adl-wal-ihssane-est-de-savoir-nager-en-eaux-troubles-et-brouiller-les-cartes.html"><strong>L’une des plus grandes forces d’Al Adl Wal Ihssane est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes”</strong></a></span></p>
<p>En effet, le rôle et les objectifs des héritiers d&rsquo;Abdessalam Yassine est clairement défini notamment dans le livre signé du fondateur de la Jamaâ « la Sunnah d’Allah » publié en 2005 : « le devoir (…) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad » (P52).</p>
<h2><strong>Adopter un discours de démocrates sans se déjuger</strong></h2>
<p>Tirant les leçons de leur participation aux manifestations du mouvement du « 20 Février » et conseillés par Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni, les membres de la Jamaâ ont fait évoluer leur positionnement et épousent des causes sociales aux charges revendicatives plus impactantes pour le quotidien des marocains.</p>
<p>Ils répètent à qui veut l’entendre que le mouvement respecte les libertés individuelles et adhère aux grands principes de la démocratie, mais ils ne réussissent toujours pas à sortir de la ligne directrice de la Jamaâ construite sur le référentiel islamique. L’association ne parvient pas non plus à rassurer sur sa vision de la condition féminine, ses adeptes des deux sexes continuant de défiler séparément lors des manifestations, les hommes devant et les femmes derrière, évidemment.</p>
<h2><strong>Des efforts colossaux pour rendre Al Adl Wal Ihssane fréquentable</strong></h2>
<p>Devant l’idéal religieux défendu par la Jamaâ, le scepticisme ne cède toujours pas le pas aux certitudes et ce en dépit des efforts colossaux réalisés par ses « alliés » pour la rendre fréquentable. Les dirigeants de la Jamaâ comme Omar Iharchane membre du secrétariat général de la section politique et autre pilier du rapprochement avec l’extrême gauche, s’attèlent à faire évoluer le discours du mouvement mais peinent à sortir de leur doctrine : «l’Etat civil que nous appelons de nos vœux est aux antipodes de l’Etat militaire, policier ou théocratique ; c’est un Etat où la religion occupe une place qu’on ne peut renier, vu la nature des sociétés arabes», affirme Omar Iharchane.</p>
<figure id="attachment_209465" aria-describedby="caption-attachment-209465" style="width: 314px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-209465" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/iharchane1.jpg" alt="" width="314" height="297" /><figcaption id="caption-attachment-209465" class="wp-caption-text">Omar Iharchane</figcaption></figure>
<p>De l’autre côté, celui des « laïcs » Maati Monjib redouble d’efforts pour banaliser le référentiel religieux de la Jamaâ : «la gauche marxiste orthodoxe pro démocratique […] qui, tout en reconnaissant que le référentiel d’Al Adl reste fondamentalement islamique, juge nécessaire de s’allier à lui pour changer le rapport de force avec le régime, dans la même ligne que les catholiques et le Parti communiste en France après la Seconde Guerre mondiale* »</p>
<h2><strong>Tentative des « laïcs » d’éloigner ce rapprochement du modèle iranien </strong></h2>
<p>La comparaison utilisée par l’universitaire est destinée à estampiller d’un référentiel européen l’alliance entre islamistes intégristes et « laïcs » marocains. Maladroite, cette tentative de l’éloigner d’un parallèle avec la révolution islamique iranienne, ne leurre que les promoteurs de cette alliance eux-mêmes, en tout cas ceux du camp « moderniste ».</p>
<p>La machine répressive du régime des mollahs qui a vu l’élimination de tous les acteurs dont le parti communiste Tudeh qui les ont portés au pouvoir en 1979, atteste de l’échec annoncé d’une alliance de cette nature :<br />
Un tel modèle ne laisse en effet que deux voies possibles : une soumission absolue à l’idéal religieux servile des obscurantistes ou l’élimination.</p>
<h2><strong>Plus de 30.000 opposants liquidés par le régime de Khomeiny</strong></h2>
<p>Le régime chiite iranien qui constitue un modèle à suivre pour Al Adl Wal Ihssane est accusé du massacre d’au moins 30.000 opposants, sur fatwa de Rouhollah Khomeiny.</p>
<figure id="attachment_209467" aria-describedby="caption-attachment-209467" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209467 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg" alt="" width="720" height="485" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd.jpg 720w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/10/fouadd-445x300.jpg 445w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption id="caption-attachment-209467" class="wp-caption-text">Maati Monjib et Fouad Abdelmoumni à une rencontre organisée par la jeunesse d&rsquo;Adl Wal Ihssane</figcaption></figure>
<p>Que les cadres de la Jamaâ œuvrent pour faire oublier que leur doctrine est inspirée du régime des mollahs est une chose, mais que les activistes « laïcs » minimisent la portée de cette doctrine pour servir leur projet insurrectionnel, en est une autre. Elle révèle leur immense hypocrisie et leur déphasage avec les réalités marocaines. Quelles que soient les difficultés économiques et la situation sociale, les marocains ne sont pas prêts à voir basculer le pouvoir dans l’illégitimité.</p>
<h2><strong>Manœuvres florentines et « Mohammed VI bashing »</strong></h2>
<p>Tout comme ils sont conscients de ce que le harcèlement, notamment médiatique, dont fait l’objet le Roi Mohammed VI, n’a rien de spontané ou de « naturel ». Que les éléments, qui constituent chaque axe du « Mohammed VI bashing » ces 10 dernières années, ont été posés et sont portés par un groupe d’acteurs qui ont pour point commun un parcours et des revendications personnelles vis-à-vis du pouvoir.</p>
<p>Ce ne sont pas leurs idées politiques ou leur positionnement idéologique qui motivent leurs discours forcément à charge et leur réquisitoire anti-monarchique, mais des griefs et des déboires personnels pour la plupart et des aspirations contrariées pour certains.</p>
<p>L’historien Maati Monjib, Les journalistes Ahmed Reda Benshemsi, Abou Bakr Jamaï , Ali Lmrabet, Hussein Majdoubi et Ali Anouzla, l’économiste Fouad Abdelmoumni, l’ex capitaine Mustafa Adib, le boxeur Zakaria Moumni ou encore Hicham Alaoui, le fils du frère cadet de Hassan II, sont de ceux-là.<br />
Leurs itinéraires respectifs se croisent et se confondent en permanence dans cette guérilla dont les ressorts faits d’intrigues et de diversions permanentes s’apparentent à des manœuvres florentines.</p>
<p>A suivre….</p>
<p><strong>*Qawma, soulèvement général.<br />
*Traduit « Justice et Bienfaisance ».<br />
*Jamaâ, communauté.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny décédé en 1989.<br />
*Hezbollahi, les nervis qui se réclament du « parti de Dieu ».<br />
*La SAVAMA est la police politique islamique qui a succédé à la police politique du shah, la SAVAK.<br />
*« Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny », Editions Livres Hallier,1979. « Le petit livre vert » est composé d’extraits des trois principaux ouvrages de Khomeiny.<br />
*«Al-Adl Wal Ihssane veut-il vraiment couper des têtes ? », <a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a> , le 12 avril 2016.<br />
*<a href="http://telquel.ma">telquel.ma</a>, le 12 avril 2016, d’après Lakome.</strong></p>
<p><strong>*« Au Maroc, un mouvement en faveur de la séparation des pouvoirs intrigue » par Dounia Hadni. 13 juillet 2017, Libération.fr .</strong></p>
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		<title>« L’une des plus grandes forces d’Al Adl Wal Ihssane est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes »</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/entretiens/lune-des-plus-grandes-forces-dal-adl-wal-ihssane-est-de-savoir-nager-en-eaux-troubles-et-brouiller-les-cartes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2020 18:53:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Hamza El Anfassi]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[islamistes]]></category>
		<category><![CDATA[Jamâ]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[radicale]]></category>
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					<description><![CDATA[Basé à Washington, Hamza El Anfassi est chercheur et journaliste maroco-américain spécialisé sur les questions liées à la démocratie, l’islamisme, la résolution des conflits et les relations entre civiles et militaires dans la région du Moyen-Orient. Diplômé notamment en sciences politiques, il a étudié à l’« Arizona State University » et à l’ « Elliott School of International Affairs ». Militant associatif, Hamza El Anfassi travaille sur les questions de société liées à la jeunesse dans la région MENA et revendique son engagement dans les mouvements du « printemps arabe » dont celui du « 20 février » au Maroc. Entretien]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="adn ads" data-message-id="#msg-f:1678194614806764432" data-legacy-message-id="174a251c5787db90">
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<h2 dir="ltr"><strong>L’un de vos domaines de recherche aux Etats-Unis est celui du radicalisme religieux. Vous avez travaillé sur la Jamaâ Al Adl Wal Ihssane, vous intéressant notamment à l’après Abdeslam Yassine. Qu’est-ce qui a changé depuis la mort du fondateur du mouvement en 2012 ?</strong></h2>
<div dir="ltr"><strong>Hamza El Anfassi</strong> : Comme pour la plupart des organisations qui tirent leur force et une forme de légitimité de la personnalité de leur dirigeant, Al Adl Wal Ihssane souffre indéniablement de l&rsquo;absence de son fondateur charismatique et leader pendant prés de 40 ans, Abdessalam Yassine. C’était un homme qui écrivait beaucoup et animait de nombreuses conférences auprès de ses disciples. C’était là une communication régulière qui lui permettait d’entretenir son influence auprès des disciples, de préserver une certaine cohésion et de garder les troupes unies pendant les nombreuses crises que la jamaâ a traversé. Ce n’est donc plus pareil mais Abdeslam Yassine a mis en place une structure qui puisse survivre à son décès, et c’est sur elle que s&rsquo;appuie aujourd&rsquo;hui Al Adl Wal Ihssane. Une organisation structurée qui peut encore peser dans le débat public, malgré son interdiction.</div>
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<h2><strong>Al Adl Wal Ihssane est en faveur de la restauration d&rsquo;un califat. Son fondateur aussi bien que Abbadi qui lui a succédé en ont cerné les contours. Comment cela est-il perçu aux États-Unis et dans le monde occidental car quand on parle de restauration du califat, on pense à Daech, Boko Haram ou Al-Qaida, mouvements terroristes qui ont tous les trois proclamé un califat en 2014 ?</strong></h2>
<p>Malheureusement, l&rsquo;Occident n&rsquo;appréhende pas véritablement la gravité de ce pilier du projet politique et idéologique d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane.</p>
<p>L&rsquo;Occident considère la jamaâ comme un acteur politique et social qui opère dans un paysage diversifié. Il ne la voit évidemment pas de la même manière qu’il appréhende des groupes tels que Daech, Boko Haram ou Al-Qaïda. Force est de constater que sur cela, la communication et les tactiques sophistiquées développées par Al Adl Wal Ihssane, fonctionnent en Occident.</p>
<p><strong>Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html">https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html</a></strong></p>
<p><span style="text-transform: initial;">Ceci étant dit, il est un fait que de nombreux marocains qui ont intégré des organisations extrémistes violentes ont commencé leur parcours de radicalisation au sein de la Jamaâ de Abdessalam Yassine. C’est dans les cercles et dans le sillage d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane que ces jeunes entendent parler de la restauration du califat pour la première fois. De nombreux témoignages de ceux qui ont rejoint des mouvements extrémistes violents font état du fossé qui existe entre l’image pacifiste que veut véhiculer le mouvement et son modus operandi. Ces jeunes le décrivent comme un « habillage de respectabilité » pour leur permettre de manœuvrer dans le paysage politique dans lequel la Jamaâ opère.</span></p>
<h2><span style="text-transform: initial;">Il</span><strong style="text-transform: initial;"> y a des passages assez violents dans les livres écrits par Abdessalam Yassine. Il parle de moudjahidines, de combat, de jihad et de guerre. Pensez-vous alors que l&rsquo;image qu&rsquo;ils veulent véhiculer d&rsquo;un mouvement pacifiste est justifiée ?</strong></h2>
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<p>De nombreux écrits d&rsquo;Abdessalam Yassine prêtent à la polémique. Pour les comprendre, il faut tenir compte du fait qu’ils ont été écrits pour un public ouvert à ses idées et à sa vision. Les termes utilisés sont familiers à ce public, dans le contexte de l&rsquo;histoire de l’Islam. Il n’en est pas moins que dans la littérature d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane, ces écrits prennent un tout autre sens dans la tentative de leur auteur de transposer les concepts et la vision qu’il y développe dans le monde moderne.</p>
<p>Encore une fois, il y a un décalage entre les concepts entretenus publiquement par la Jamaâ et la réalité, d’où sa réticence à s&rsquo;engager de manière claire et directe dans le débat politique. C’est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles de nombreux jeunes se détournent d’Al Adl Wal Ihssane pour entrer dans des mouvements islamistes plus actifs sur la scène politique.</p>
<h2><strong style="text-transform: initial;">La mise en place d&rsquo;un califat suppose un autre modèle politique, donc le renversement de la monarchie ?</strong></h2>
<p><span style="text-transform: initial;">Vous savez, l’une des plus grandes forces de la Jamaâ est de savoir nager en eaux troubles et brouiller les cartes pour quiconque essaie de creuser plus profondément dans leurs motivations et leurs objectifs finaux. Il est vrai que l’ancien chef du mouvement avait maintes fois vanté ce qu’il considère comme les bienfaits du califat, ralliant autour de cet objectif ses partisans et recrutant de nouveaux adeptes. </span></p>
<p><span style="text-transform: initial;">En même temps, dans le contexte du printemps arabe, le mouvement a appelé à un État laïc, allant jusqu’à joindre sa voix à ceux qui appelaient à une monarchie parlementaire. Ceci montre que la Jamaâ souffle le chaud et le froid, qu’elle cultive la confusion sur les objectifs réels qui sont les siens, au gré des situations qui se présentent. C’est là, je pense sa plus grande réussite marketing.</span></p>
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<div dir="ltr"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/HOOO.jpg" alt="" width="692" height="498" /></div>
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<h2 dir="ltr"><strong>AL Adl Wal Ihssane s&rsquo;est rapproché, particulièrement, depuis le printemps arabe, de la gauche radicale marocaine incarnée notamment par Annahj Addémocrati et son pendant associatif l’AMDH. Que pensez-vous de cette « alliance» destinée à conjuguer leurs forces contre le pouvoir ?</strong></h2>
<div dir="ltr">Comme dans de nombreux mouvements politiques et sociaux à travers le monde, des courants différents, parfois même divergents, s’allient contre les pouvoirs en place. On peut remonter à la révolution française et à la pléthore de groupes qui ont uni leurs forces pour renverser la monarchie. Plus récemment en Iran, le parti communiste Toudeh a joué un rôle dans la révolution de 1979. Ce n&rsquo;est donc pas anormal de voir des mouvements qui ne partagent pas la même idéologie, en l’occurrence ici, l&rsquo;extrême gauche  et le mouvement islamiste radical, unir leurs forces dans un contexte de  mobilisation sociale. Néanmoins, je ne qualifierais pas les objectifs de cette alliance d ‘ « insurrection » car jusqu&rsquo;à très récemment, Al Adl Wal Ihssane a fait preuve d&rsquo;une extrême retenue dans de nombreuses actions auxquelles elle a participé. Le but de cette « alliance » est de montrer à l&rsquo;État que le mouvement est encore capable de créer des coalitions avec des « alliés» de différents horizons.</div>
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<div dir="ltr">Cette alliance présente également l’avantage de sortir la Jamaâ de l&rsquo;isolement. Elle a beaucoup souffert de la montée en puissance du Parti de la Justice et du Développement. Le PJD a été une alternative, une autre voie pour les électeurs d’obédience islamiste auxquels ils ont promis des réformes en étant à l’intérieur du système. L&rsquo;ascension fulgurante du PJD dans les espaces urbains a porté un préjudice énorme à la réputation d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane et l&rsquo;a en quelque sorte forcée à rechercher des alliés pouvant lui donner une légitimité.</div>
<div dir="ltr"></div>
<h2 dir="ltr"><strong>Arrêtons-nous sur la révolution iranienne dont vous parliez. Abdessalam Yassine y fait référence dans ses écrits. Comment expliquer que l’Iran puisse constituer un modèle ?</strong></h2>
<div dir="ltr">Beaucoup des écrits d&rsquo;Abdessalam Yassine sont intervenus dans le sillage de la révolution iranienne de 1979. Khomeiny a longtemps fait la promotion d’une forme de révolution islamique presque dépourvue de toute référence à des mouvances, qu’elles soient sunnites ou chiites, par exemple. Au lieu de cela, Khomeiny a créé son propre modèle, fourni un exemple d&rsquo;une révolution islamiste qui a réussi puisqu’elle a mené au renversement d&rsquo;une figure qui était considérée par les islamistes comme despotique.</div>
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<div dir="ltr">Il y a une forme de « lien informel » entre Al Adl Wal Ihssane et l’Iran. Un lien idéologique pourrait constituer une menace pour le Maroc qui est un allié des États-Unis. L’Iran ne se privera pas de toute possibilité qui pourrait lui être offerte de pénétrer la société marocaine, particulièrement aujourd’hui, dans le contexte de la lutte pour le pouvoir qui se joue dans la région MENA.</div>
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<h2><strong>Restons en Iran précisément où, vous le disiez, Khomeini s&rsquo;était allié aux sensibilités d&rsquo;extrême gauche pour renverser le shah avant de les éliminer. Ce genre d’alliances contre-nature peut-il fonctionner ou est-il voué à l&rsquo;échec ?</strong></h2>
<div dir="ltr">Dans la théorie, Je ne pense pas que ces alliances soient forcément vouées à l&rsquo;échec. Mais dans la pratique, l’histoire pullule d&rsquo;exemples d&rsquo;alliances politiques de mouvements aux idéologies différentes ou opposées qui ont été rompues, y compris entre organisations de gauche et islamistes. Il y en a tellement que l’on pourrait modéliser aussi bien ce qui les a rapprochés que ce qui les a menés à la rupture.</div>
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<div dir="ltr">L’histoire a également démontré que les mouvements de gauche étaient généralement plus enracinés dans la société dans laquelle ils opéraient et ils avaient plus à perdre dans leur alliance avec les islamistes. Dans le cas d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane et la gauche radicale marocaine, c’est l’inverse : la Jamaâ est plus enracinée dans la société que la plupart des groupuscules de gauche avec lesquels elle travaille.</div>
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<h2><strong>Pour conclure, quel poids numéraire attribuer à ce mouvement ? Quelle influence réelle ?</strong></h2>
<p><span style="text-transform: initial;">Al Adl Wal Ihssane a fait preuve d&rsquo;un grand niveau d&rsquo;organisation et de discipline dans le contexte du mouvement du 20 février en 2011, pour ne prendre que cet exemple. La présence de ses disciples dans les rues n&rsquo;a été réellement ressentie que lorsqu&rsquo;ils ont décidé de ne plus prendre part aux manifestations. C’est là, lorsque l’amplitude des manifestations s’est réduite  que nous avons observé que ce sont les disciples de la Jamaâ qui étoffaient les rangs des manifestants.</span></p>
<p><span style="text-transform: initial;">Une fois ce constat établi, je ne pense pas que le plus important soit un débat autour des chiffres, il n’est pas essentiel. Ce qui est stratégique en revanche, c’est de mesurer le taux de pénétration de leur idéologie à l&rsquo;intérieur de la société. De même que le niveau d&rsquo;engagement de leurs membres doit être évalué. Enfin, quelle connaissance avons-nous des chemins empruntés par les disciples qui ont décidé de quitter Al Adl Wal Ihssane ? Ce sont là les questions qui me semblent bien plus décisives.</span></p>
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<div dir="ltr"><strong style="text-transform: initial;">Lire aussi: <a href="https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html">https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html</a></strong></div>
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			</item>
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		<title>« Il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs », selon le fondateur d&#8217;Al Adl Wal Ihssane</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/decryptages/il-ny-aura-pas-de-resurrection-jusqua-ce-que-les-musulmans-tuent-les-juifs-selon-le-fondateur-dal-adl-wal-ihssane/</link>
					<comments>https://dev.atlasinfo.fr/opinions-analyses/decryptages/il-ny-aura-pas-de-resurrection-jusqua-ce-que-les-musulmans-tuent-les-juifs-selon-le-fondateur-dal-adl-wal-ihssane/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2020 19:04:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages]]></category>
		<category><![CDATA[Abdessalam Yassine]]></category>
		<category><![CDATA[Al Adl Wal Ihssane]]></category>
		<category><![CDATA[André Azoulay]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamiste]]></category>
		<category><![CDATA[jamaâ]]></category>
		<category><![CDATA[jihad]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[Qawma]]></category>
		<category><![CDATA[radical]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[La stratégie de conquête de l’attention d’Al Adl Wal Ihssane a été construite autour de la non-violence du mouvement. L’ouragan de mots destiné à bâtir une image médiatico-politique basée sur le pacifisme, a été nourri pendant plus de quatre décennies avec des méthodes de propagande suffisamment remarquables pour qu’elles réussissent à reléguer à un second plan les écrits bellicistes de son fondateur, Abdessalam Yassine. L’apologie qu’il fait du Jihad et son antisémitisme, sont deux des piliers de la doctrine que le prédicateur développe dans ses livres, en particulier « La Sunna d’Allah ». Il constitue un « guide-à-penser » d’une telle brutalité, que l’on ne peut que s’interroger sur les grandes manœuvres médiatiques et politiques destinées à mettre un vernis d'irréprochabilité sur la Jamaâ. L’ambition de cet article est d’aider nos lecteurs à prendre connaissance et décrypter les messages pernicieux et dangereux du mouvement islamiste radical qui aspire à une conquête du pouvoir.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« On nous diabolise et on essaye de nous faire passer pour de méchants islamistes et des obscurantistes. Ce sont des clichés ; les Américains nous soutiennent parce ce qu’ils ne veulent plus de dérives autoritaires ». Ces propos, extraits d’une interview parue dans « La Libre.be » le 6 mai 2006, sont signés de Nadia Yassine. Il n’est pas certain que celle qui fut surnommée « la pasionaria » du mouvement Al Adl Wal Ihssane (Justice et Bienfaisance) aurait prononcé ces propos aussi facilement si Martin Buxant, le journaliste qui l’a interviewée, avait pris connaissance du contenu des écrits de son père, le fondateur de la Jamaâ.</p>
<figure id="attachment_208498" aria-describedby="caption-attachment-208498" style="width: 349px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-208498" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/nadiatou2.jpg" alt="" width="349" height="232" /><figcaption id="caption-attachment-208498" class="wp-caption-text">Nadia Yassine</figcaption></figure>
<p>Celle qui fût la porte-parole du mouvement avant que ses condisciples au sein de la Jamaâ ne décident de l’écarter après une obscure histoire d’adultère, était  un symbole de cette ère des grandes manipulations médiatiques de la Jamaâ. Les méthodes d’influence et de persuasion utilisées par Al Adl Wal Ihssane ont indéniablement contribué à attirer l’attention de médias et de responsables politiques étrangers autour de ce mouvement qui se présentait comme non-violent, au moment où plusieurs capitales étaient endeuillées par des vagues d’attentats perpétrés par des mouvements terroristes se revendiquant de l’Islam.</p>
<p>D’un côté, le besoin de comprendre et d’informer pour les journalistes, et de l’autre, l’idée selon laquelle il valait peut-être mieux composer avec ces mouvements, voire même les aider à accéder au pouvoir. Ce fut le cas des démocrates aux Etats-Unis, par exemple.</p>
<h2>Non, ce n’est pas un mouvement non-violent</h2>
<p>La littérature du maître à penser d’Al Adl Wal Ihssane est bien plus brutale et choquante que les phrases toutes faites et les slogans sur lesquels est basée la stratégie de désinformation des portes-paroles de la Jamaâ.<br />
Non, ce n’est pas un mouvement non-violent. Non, le pacifisme et la recherche de la paix sont étrangers à sa doctrine politique.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong><span style="color: #000000;">Lire aussi: </span></strong><a href="https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html">https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html</a></span></p>
<p>Comme des spasmes violents, les écrits de Abdessalam Yassine viennent balayer le discours des moins conciliants de ses soutiens qui voudraient qu’il eût des hallucinations, qu’il était peut-être un peu fou mais totalement inoffensif. Pour ses disciples les plus fidèles, il suffisait d’adhérer au monde « surnaturel » de cet « élu de Dieu » pour qu’il vous mène aux portes du paradis.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-208500 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg" alt="" width="279" height="360" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah.jpg 279w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/sunnatallah-233x300.jpg 233w" sizes="auto, (max-width: 279px) 100vw, 279px" /></p>
<p>Non, Abdessalam Yassine n’était pas un illuminé et il était en pleine possession de ses moyens en rédigeant ses livres, en particulier la « Sunna d’Allah », publié en 2005. Nous ne retiendrons que celui-ci car il présente l’avantage de réunir dans un seul ouvrage toutes les réflexions intimes et profondes du prédicateur sur la manière de mener le Jihad, de « réhabiliter la personnalité « jihadie » pour prendre les rênes de la Oumma (communauté islamique) » (P.11). Il s’agit pour lui de « vaincre ses ennemis (de Dieu) et régner sur le monde (…) en mettant en marche un programme d’actions pour acquérir la puissance nécessaire » (P.12 et 14).</p>
<h2>Moudjahidines, martyrs et Jihad</h2>
<p>Pour cela, il faut des « moudjahidines » (un combattant qui prend les armes au nom de l’Islam), précise Abdessalam Yassine ajoutant que « Dieu soutiendra uniquement les fidèles armés qui combattent pour la gloire de sa parole. Ce groupe de fidèles forts de la volonté de consentir le martyre, vaincra ses ennemis même si leur nombre est supérieur à celui des Moudjahidines» (P.11 et 12).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-208502 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/ssissine.jpg" alt="" width="300" height="450" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/ssissine.jpg 300w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/ssissine-200x300.jpg 200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le vocable employé par le prédicateur s’apparente plus à celui des leaders des mouvements djihadistes violents qu’à celui des confréries qui jouent un rôle d’encadrement des croyants dans leur quête spirituelle. Abdessalam Yassine le dit lui-même en page 19 lorsqu’il écrit   que « loin d’être inspiré de la pensée « soufie », notre projet est Jihadi ». Cette précision à elle seule indique que le débat qui pourrait exister sur la traduction ou l’interprétation du Jihad (ou Djihad) est ici inutile car ne présentant aucune ambiguïté sur ce que pense Abdessalam Yassine. Il ne parle pas de devoir religieux au sein de l’Islam en tant que tel ni d’« abnégation », d’ « effort », de « lutte » ou de « résistance ».</p>
<p>Si Nous devions nous attacher à la définition qu’en donne Averroès, il y aurait le jihad par le cœur, par la langue, par la main ou par l’épée. La doctrine développée par Al Adl Wal Ihssane nous mènerait tout naturellement à la dernière, tant les concepts développés dans la « Sunna d’Allah » sont belliqueux. Le jihad par l’épée donc, celui-là même qui a servi d’argument à plusieurs groupes ou mouvements à travers le temps pour contrer les « infidèles ».</p>
<h2>Le fondateur de la jamaâ parle de « guerre » et de victoire</h2>
<p>Cette victoire reste « tributaire de la préparation pour l’acquisition de la puissance nécessaire » (P.21). Il insiste également sur « le devoir (qui) est d’œuvrer avec dévouement pour l’enrôlement du maximum de fidèles dans les rangs des soldats de Dieu pour qu’ils combattent aux côtés de ceux-ci sur la voie du Jihad (guerre sainte pour défendre ou propager l’Islam) » (P.52).</p>
<p><span style="color: #3366ff;"><span style="color: #000000;"><strong>Lire aussi:</strong></span> <a href="https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html">https://atlasinfo.fr/al-adl-wal-ihssane-une-jamaa-nee-dans-lamertume.html</a></span></p>
<p>Préconiser de mener la guerre n’a rien de pacifiste surtout lorsque l’on s’assigne pour objectif de régner sur le monde et que ce but ne puisse « se concrétiser que grâce au Jihad et à la Qawma, le soulèvement général » (P.301). Pour le fondateur du mouvement, l&rsquo;approche repose sur le fait d&rsquo;avoir été choisi, « élu » par Dieu : « cette quête ne peut être menée par n’importe quel mouvement prétendant être porteur du « fanion » de l’Islam mais dont la pureté n’est pas entière » (P.301).</p>
<h2>« La guerre n’est que ruse »<strong><br />
</strong></h2>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-208503 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/manifets1.jpg" alt="" width="407" height="237" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/manifets1.jpg 407w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/manifets1-260x150.jpg 260w" sizes="auto, (max-width: 407px) 100vw, 407px" /></p>
<p>Al Adl Wal Ihssane serait alors l’un de ces mouvements « investis » de l’autorité pour mener ce jihad, renverser les modèles politiques et sociétaux en place pour atteindre l’objectif ultime qu’est la restauration du Califat. Il s’agit donc d’une guerre et quel que soit le temps qu’elle prendra, le prédicateur décrit à ses disciples l’état d’esprit dans lequel elle doit être conduite : « nous sommes tenus de mener toutes les étapes de la Qawma avec intelligence, dextérité, finesse et ruse. Il s’agit justement d’une guerre et la guerre n’est que ruse » (P.302).</p>
<h2>Le « caractère exécrable des juifs, leur apostasie, leur hypocrisie »</h2>
<p>Pour le fondateur de Al Adl Wal Ihssane, un obstacle majeur à ce soulèvement général doit être levé : les juifs « constituent une espèce humaine qui concentre toutes les déviations incarnées par la Jahilia (période préislamique) », écrit-il page 66.</p>
<p>Se préparer à long terme  pour la restauration du califat et réussir dans cette entreprise ne sera pas possible « si nous ne prenons pas conscience du caractère exécrable des juifs, leur apostasie, leur hypocrisie, leur propension à la ruse et leur déploiement pour dévier les gens du chemin de Dieu », écrit Abdessalam Yassine (P.65). Dans le torrent de haine qui le saisit dès qu’il est question des juifs, il ajoute : « il n’y aura pas de résurrection jusqu’à ce que les musulmans tuent les juifs. Les musulmans le feront » (P.70).</p>
<h2><strong>Incitation à la haine</strong></h2>
<p>C’est là bien plus qu’une incitation à la haine, c’est un appel à passer à l’acte qu’il réitère page 69 en parlant de « cauchemar de la puissance croissante des juifs et leur dépravation » ou encore « les juifs sont maudits par Dieu » (P.80) et « les juifs sont connus pour être les assassins des prophètes » (page 74).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-208504" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg" alt="" width="689" height="383" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000.jpg 689w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/09/azoulay-adl1-000-520x289.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 689px) 100vw, 689px" /></p>
<p>Le déferlement d’antisémitisme d&rsquo;Abdessalam Yassine continue page 126 en présentant les juifs comme une puissance qui dispose de relais lui permettant de façonner les Etats et les économies : « le judaïsme est favorable dans son essence à la perpétuation des conflits entre les différentes nations ». Pour le fondateur d&rsquo;Al Adl Wal Ihssane, « le vrai défi consiste à livrer un combat sans merci aux juifs, jusqu’à leurs derniers bastions » (P.124).</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><span style="color: #000000;"><strong>Lire aussi: </strong></span><a href="https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html">https://atlasinfo.fr/maroc-enquete-radicaux-de-gauche-et-islamistes-radicaux-les-liaisons-dangereuses-de-deux-extremes.html</a></span></p>
<p>Joseph Goebbels, responsable de l’éducation du peuple et de la propagande nazie, n’aurait pas fait mieux pour tracer et baliser le chemin du parfait petit antisémite. Ceci d’autant plus que les propos de Abdessalam Yassine ne cultivent aucun doute ou confusion avec le sionisme et la cause palestinienne, laquelle question palestinienne est chère au cœur de tous les Marocains, y compris ceux de confession juive dont le conseiller du Roi Mohammed VI, André Azoulay.</p>
<p>Pourtant,  son nom est régulièrement scandé dans les manifestations du mouvement radical, parce qu’il est juif. Les manifestants de la Jamaâ parlent de « honte » s’agissant de son statut de conseiller royal du fait de ses croyances religieuses, faisant de lui une « cible » pour qui prendrait à la lettre les écrits d&rsquo;Abdessalam Yassine. Celui que la propagande du mouvement présente comme un pacifiste parle de la nécessité d’affronter les juifs « et de les combattre sans répit » (P.74).</p>
<p>Non, les adeptes de Al Adl Wal Ihssane ne sont décidément pas des colombes. Reste à déterminer si leurs soutiens et leurs alliés « démocrates » font l’autruche devant la violence effroyable des textes fondateurs de la Jamaâ ou s’ils se complaisent dans ce miroir aux alouettes.</p>
<p>A suivre…</p>
<p>&nbsp;</p>
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