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	<title>Abdelilah Benkirane &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Lettre ouverte à Abdelilah Benkirane: Le populisme n’a jamais fait un homme d’État</title>
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		<pubDate>Mon, 05 May 2025 09:59:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Monsieur Abdelilah Benkirane, Il est des mots qui pansent, et d’autres qui blessent. Des mots qui élèvent, et d’autres qui rabaissent, des mots qui rassemblent et d’autres qui fracturent. Le vôtre, récemment lâché avec une désinvolture glaçante — « microbes » — n’appartient pas au champ lexical de la liberté, mais à celui de l’humiliation. Ce n’est &#8230;]]></description>
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<p>Monsieur Abdelilah Benkirane,</p>
<p>Il est des mots qui pansent, et d’autres qui blessent. Des mots qui élèvent, et d’autres qui rabaissent, des mots qui rassemblent et d’autres qui fracturent. Le vôtre, récemment lâché avec une désinvolture glaçante — « <em>microbes</em> » — n’appartient pas au champ lexical de la liberté, mais à celui de l’humiliation. Ce n’est pas un simple faux pas langagier. C’est une dérive grave. Une faillite morale, un naufrage éthique, une chute silencieuse mais brutale de ce que devrait incarner tout homme d’État digne de ce nom.</p>
<p>Car lorsqu’un ancien chef de gouvernement se permet de réduire une partie de ses concitoyens à des parasites invisibles, ce n’est plus une sortie de route. C’est une trahison. Non pas d’un programme politique ou d’un parti, mais d’un contrat fondamental : celui du respect mutuel dans une démocratie. Vous avez franchi une ligne rouge. Celle qui sépare le parler vrai de la violence symbolique. Celle qui distingue le courage politique de la morgue. Et personne ne devrait feindre la surprise : ce n’est ni la première fois que vous choquez, ni la première que vous vous réfugiez derrière le masque d’une sincérité brute pour justifier ce qui n’est, au fond, que dédain et suffisance. À force de confondre populisme et proximité, vous avez transformé la parole politique en outil de clivage, en arme de blessure.</p>
<p>Il fut un temps — il faut le reconnaître — où votre voix avait une résonance. Vos mots, même rudes, trouvaient un écho dans le cœur des délaissés. Vous n’étiez pas l’homme des versets ciselés ni des discours à la Mitterrand. Vous n’étiez pas un orateur classique, ni un homme d’élégance rhétorique. Mais vous aviez ce ton brut, cette cadence singulière, ce souffle qui faisait vibrer les foules. On vous excusait vos écarts parce qu’on voulait croire que vous étiez mû par une forme d’authenticité. On vous tolérait votre rudesse, persuadés qu’elle était enracinée dans un amour sincère pour le peuple. On vous prêtait même une boussole morale. Mais aujourd’hui, force est de constater qu’elle s’est égarée.</p>
<p>Car lorsqu’un ancien homme d’État traite ses compatriotes de « <em>microbes</em> », ce n’est plus la voix du peuple qui parle, mais celle de celui qui se croit au-dessus. C’est là que la fracture devient béante. Ce n’est plus du franc-parler : c’est de la domination. Ce n’est plus du langage populaire : c’est de l’arrogance de caste. Vous n’êtes plus ce représentant d’une vox populi oubliée. Vous êtes devenu, à votre tour, ce que vous combattiez : un homme retranché, enfermé dans ses certitudes, prompt à punir d’un mot ceux qui osent ne pas vous suivre. Vos mots ne rassemblent plus. Ils fendent. Ils piquent. Ils excluent. Ils blessent. Et ce n’est pas de conservatisme ou de progressisme qu’il s’agit ici. Ce n’est pas un débat d’idées. Il s’agit d’un principe fondamental : le respect. Celui que l’on doit à chaque citoyen, quel qu’il soit. Celui que vous avez piétiné, avec une légèreté qui glace.</p>
<p>Le plus affligeant, c’est que cette offense ne vient pas d’un bouffon de la toile ni d’un agité de micro. Non, elle émane d’un ancien chef du gouvernement du Royaume. D’un homme qui prétendait incarner, un temps, l’espoir d’une politique propre, verticale, intègre. Vous avez eu entre vos mains les leviers de l’Exécutif et les clés de la confiance de tout un peuple. Et vous transformez aujourd’hui ce legs en porte-voix d’invective. C’est consternant. C’est indigne. Car ce que vous avez dit, Monsieur Benkirane, n’est pas simplement déplacé — c’est dangereux.</p>
<p>Personne ne s’attendait à des vers de Victor Hugo sortant de votre bouche. Nous vous avons toujours connu loin de l’éloquence classique. Ce n’est pas votre terrain. Votre force était ailleurs : Vous avez toujours préféré le parler cru à la parole construite, la punchline au raisonnement, l’émotion à l’argument. Le populisme, Monsieur Benkirane, peut électriser un soir, mais il ne bâtit ni les lendemains, ni les nations. Ce qui fut votre ressort — parler fort pour se faire entendre — est aujourd’hui votre faille. Parce que ce n’est plus une voix qui cherche l’écho d’un peuple. C’est une voix qui l’écrase, qui l’humilie, qui ne supporte plus la contradiction. Dire de vos concitoyens qu’ils sont des « microbes » n’est pas une maladresse. C’est un aveu de mépris. C’est une blessure infligée au tissu national, une trahison sèche envers ceux que vous prétendiez défendre. Oui, vous avez su parler au peuple. Mais vous avez échoué à parler pour lui.</p>
<p>Votre registre n’a jamais été celui du raffinement — et ce n’était pas une faute en soi. Vous n’étiez ni poète, ni tribun, ni stratège de la syntaxe. Vous étiez le porte-voix d’une colère collective. Vous vous êtes imposé avec une éloquence de souk : directe, rugueuse, tranchante. Mais le souk, Monsieur Benkirane, n’est pas la Nation. Et la rugosité du mot n’a pas vocation à piétiner l’altérité. C’est là votre marque de fabrique. Vous maniez l’argot comme d’autres manient l’argument. Mais à force de frapper, vous ne persuadez plus. Vous blessez. À force de cliver, vous n’êtes plus une voix : vous devenez un bruit. Et derrière ce vacarme, que reste-t-il ? Un populisme d’apparat, drapé dans une fausse proximité, qui a séduit un temps ceux que la politique avait abandonnés, mais qui aujourd’hui n’abrite plus que l’écho d’un profond mépris pour le désaccord. Car ce n’est pas un dérapage isolé. C’est une ligne de conduite. Une manière d’user de l’insulte comme d’un filtre : pour disqualifier ce qui résiste, pour délégitimer ce qui s’oppose, pour faire taire ce qui questionne.</p>
<p>Votre parcours est jalonné de ces dérapages devenus habitudes. On se souvient de vos sorties contre les artistes, contre les femmes, contre les voix qui ne vous obéissaient pas. On se souvient de vos phrases-choc, toujours calibrées, toujours tranchantes, destinées à occulter l’essentiel : les failles criantes de votre gouvernance. les renoncements d’un pouvoir qui s’était rêvé comme une révolution tranquille et qui n’a été, au final, qu’une parenthèse d’austérité sociale, de désillusion, de promesses évanouies. Pourtant, en 2011, vous étiez porté par les espérances de milliers de Marocains lassés des faux-semblants, affamés de justice sociale, avides de vérité. Vous disiez vouloir en finir avec la rente, pourfendre la corruption, assainir les mœurs politiques. Vous brandissiez cette ambition comme on brandit un étendard sacré. Et dans les cœurs, une étincelle s’était rallumée. Mais à l’heure du bilan, il ne restait de vos promesses que les cendres froides d’un espoir trahi. Les slogans étaient flamboyants, les actes, eux, furent ternes. Votre passage au pouvoir, tant attendu par plusieurs, s’est mué en une ère d’austérité, où les classes moyennes ont plié, où les plus modestes ont souffert. Vous, l’homme du peuple, avez gelé les recrutements, taillé dans les subventions, augmenté les prix. Et laissé la jeunesse, cette jeunesse que vous étiez censé écouter, crier son désarroi dans les rues. Le rêve a tourné court. Le réveil fut brutal.</p>
<p>Pire encore, vous n’avez pas brisé les logiques de rente. Vous les avez tolérées. Vous les avez, par votre inertie, laissées prospérer. Les dossiers sensibles sont restés fermés. Les baronnies, intactes. Et nous avons regardé, incrédules, les privilèges fleurir pendant que les principes se fanaient. Vous promettiez l’exemplarité. Vous avez livré l’exaspération. Et aujourd’hui, vous traitez vos concitoyens de « <em>microbes</em> ». Ce n’est plus de la franchise, Monsieur Benkirane. C’est du mépris. Et ce mépris, personne ne vous l’a confié en héritage. Vous vous l’êtes arrogé. Il faut le dire sans détour : les Marocains ne sont pas tenus de se plier à vos caprices pour que vous soyez satisfait. Ils ne vous doivent ni leur pensée, ni leur silence. Le peuple marocain n’est pas un décor pour flatter vos humeurs. Il n’est ni la toile de fond de vos rancunes, ni le tremplin de votre ego. Il est le cœur vivant de cette Nation. Et ce cœur ne bat pas au rythme de votre colère. Il bat avec ses doutes, ses douleurs, ses désaccords. Il ne vous doit rien. C’est vous qui lui devez tout. À commencer par ce fauteuil, que vous n’auriez sans doute jamais rêvé occuper, et auquel vous vous êtes accroché jusqu’à l’ultime illusion de retour.</p>
<p>Le Maroc ne vous appartient pas, Monsieur Benkirane. Il appartient à tous. Et chaque voix, même discordante, même tranchante, a droit à la considération. Car vous le savez : les mots d’un homme d’État ont un poids. Ils peuvent soulever un peuple comme ils peuvent diviser une nation. Et les vôtres, hélas, ne relèvent plus du franc-parler. Ils relèvent du dédain, de la condescendance, de l’arrogance. Ce n’est pas là le langage d’un ancien chef de gouvernement. C’est, au mieux, une faute. Au pire, un signal inquiétant. Sachez-le, il n’existe pas de citoyens « <em>microbes</em> ». Il n’y a que des Marocains. Debout, dignes, parfois égarés, parfois critiques, mais toujours porteurs du même droit fondamental : celui d’exister, de contester, de penser autrement. Et ce sont ces Marocains-là, ces mêmes électeurs, qui vous ont hissé là où vous étiez. Ce sont eux que vous insultez aujourd’hui, d’un revers de phrase glaçant, comme s’ils n’avaient jamais compté.</p>
<p>Le Maroc mérite mieux. Mieux que des mots qui blessent, mieux qu’une nostalgie rageuse d’un pouvoir révolu, mieux qu’un théâtre d’invectives. Il mérite des hommes d’État. Des bâtisseurs, pas des bretteurs. Des figures qui rassemblent, pas qui réduisent. Il mérite des responsables capables d’élever la parole politique, pas de la souiller. Vous êtes libre de vos positions, bien sûr. Mais cette liberté ne vous donne aucun droit de piétiner la dignité de ceux qui ne pensent pas comme vous. La démocratie n’est pas un décor. Elle est un pacte. Et dans ce pacte, la parole n’est pas une arme : elle est un lien. Elle doit éclairer, non stigmatiser.</p>
<p>Alors non, Monsieur Benkirane. Les Marocains ne sont pas des <em>microbes</em>. Ils sont citoyens. Entiers et fiers. Ils sont la sève d’un pays que vous avez dit vouloir servir, mais que vous avez trop souvent offensé dès qu’il vous résistait. Ils n’ont pas à flatter votre orgueil pour exister dans vos discours ni à entrer dans les petites cases mentales de votre ressentiment pour mériter votre considération. Le respect n’est pas une faveur. C’est un droit. Et il serait temps que vous l’intégriez. Et s’il vous arrive, aujourd’hui, d’oublier qui sont ceux que vous insultez, nous, nous n’avons pas oublié. Car une grande partie de ces « <em>bougres</em> », comme vous les appelez, avaient voté pour vous. Ils vous avaient hissé là où vous n’auriez peut-être jamais espéré être. Mais vous avez trahi leur confiance. Et à la veille de nouvelles échéances électorales, il serait bon de vous en souvenir. Car la mémoire populaire est tenace. Et votre démagogie n’aura plus la même résonance face à ceux que vous avez méprisés.</p>
<p>Il vous reste une option. Une seule. Celle du silence. Un silence digne, à défaut d’excuses. Car parfois, il vaut mieux se taire que s’enliser. L’Histoire retiendra peu vos piques, mais elle retiendra votre incapacité à grandir avec la fonction. Le micro ne fait pas la stature. Et la vulgarité ne remplacera jamais la vision.</p>
<p>Avec le respect que je vous dois pour ce que vous avez été, et une réelle inquiétude pour ce que vous devenez.</p>
<p>Une Marocaine parmi d’autres. Mais certainement pas un <em>microbe</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<div class="single-post-meta post-meta clearfix"><span class="author-meta single-author no-avatars"><span class="meta-item meta-author-wrapper meta-author-54"><span class="meta-author"><a class="author-name tie-icon" title="Souad Mekkaoui" href="https://maroc-diplomatique.net/author/souad-mekkaoui/">Souad Mekkaoui</a></span></span></span></div>
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		<title>L’irrésistible ascension de Aziz Akhennouch</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Oct 2021 17:05:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La composition du nouveau gouvernement reçu hier par le Roi Mohammed VI est sans doute l’un des secrets les mieux gardés de ces dernières années. Aziz Akhannouch a voulu rompre, en tant que chef de gouvernement avec les pratiques de ses prédécesseurs du Parti de la Justice et du Développement, prompts à organiser des fuites &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><b>La composition du nouveau gouvernement reçu hier par le Roi Mohammed VI est sans doute l’un des secrets les mieux gardés de ces dernières années. Aziz Akhannouch a voulu rompre, en tant que chef de gouvernement avec les pratiques de ses prédécesseurs du Parti de la Justice et du Développement, prompts à organiser des fuites sur les noms retenus, les profils rédhibitoires ou les tractations avec les formations politiques.</b></h4>
<p>Pour garantir que rien ne filtre, le président du Rassemblement National des Indépendants (RNI) se rendait seul aux rencontres avec les formations politiques, pendant toute la durée des négociations.<br />
Si le Parti Authenticité et Modernité (PJD) ou les cadres de l’Istiqlal étaient plus disponibles pour les journalistes qui cherchaient à vérifier leurs informations, ceux du RNI ont reçu les instructions d&rsquo;Aziz Akhannouch pour ne pas alimenter les spéculations qui ont entouré la liste des ministrables.</p>
<p>Jusqu’à ce que la nouvelle équipe gouvernementale ne soit officiellement reçue par le souverain, peu d’observateurs pouvaient prétendre être « surs » de la bonne liste des profils retenus. Fort de cette première réussite, Aziz Akhannouch imprime son style et tourne une page sur la gestion ubuesque par les islamistes de ces séquences politiques pourtant solennelles qui s’étaient transformées en véritables spectacles de rue.<br />
Aussi bien Saad Eddine El Otmani que son rival Abdelilah Benkirane, doivent en assumer la responsabilité et tirer les leçons de l’impact de leurs manquements et de leurs prises de position sur la crédibilité du PJD.</p>
<p><b>Quand Benkirane « fait campagne » contre Akhannouch</b></p>
<p>Abdelilah Benkirane, en tout premier lieu, a réussi le tour de force, au rythme de ses sorties médiatiques, d’escamoter le peu de crédit qui restait encore à la formation politique islamiste la précipitant vers la sortie et, dans le même temps, de contribuer à assoir l’image politique de Aziz Akhannouch.<br />
En réalité, le nouveau chef de gouvernement doit beaucoup à l’ancien secrétaire général du PJP. Il lui a offert une véritable campagne de communication inédite, ne manquant aucune occasion, depuis qu’il a été remercié en mars 2017, de parler de lui.<br />
deux jours avant la fin de la campagne électorale, Abdelilah Benkirane intervenait encore sur sa page Facebook pour dire « tout le bien » qu’il pense du président du RNI : « il n’a ni culture, ni idéologie, ni passé historique, ni parti politique», vociférait l’ancien chef du gouvernement qui s’est placé dans la posture d’un véritable « gourou » du parti islamiste depuis qu’il a dû céder sa place à Saad Eddine El otmani.<br />
Depuis 4 ans, chacune de ses prises de parole à été transformée en véritable procès du patron du parti de la Colombe. Ainsi, en février 2018 face à la direction du PJD, l’ancien SG du PJD s’interroge dans un humour lourd sur la «voyante» qui aurait prédit à Aziz Akhennouch une victoire électorale en 2021.</p>
<p><b>Les calomnies de Benkirane contribue à renforcer le nouveau chef de gouvernement</b></p>
<p>Quelques mois plus tard, en novembre 2018, Abdelilah Benkirane revient à la charge dans une déclaration filmée pour donner son avis sur la situation du Maroc et affirmer que «le Roi est mécontent». L’occasion également pour critiquer les dirigeants de son parti mais surtout d’affirmer qu’Aziz Akhannouch «n’est pas fait pour la politique».</p>
<p>En 2019, après une déclaration d’Aziz Akhannouch,le samedi 23 février depuis Dakhla, Benkirane monte à nouveau au créneau. Le leader du RNI n’avait pas fait dans la dentelle pour affirmer que tout ce qui a été entrepris sur le registre social ces dernières années au Maroc était le fruit de l’engagement personnel du Roi.<br />
Celui qui est devenu un partisan des Facebook live pendant le week-end n’a pas pu s’empêcher de consacrer une longue réponse au président du RNI.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-229095 size-full" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/10/Akhannouch-32benkiki2.jpg" alt="" width="471" height="277" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/10/Akhannouch-32benkiki2.jpg 471w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2021/10/Akhannouch-32benkiki2-357x210.jpg 357w" sizes="(max-width: 471px) 100vw, 471px" />« Puisque le Roi fait tout, à quoi servez-vous ?», s’est demandé l&rsquo;ancien Chef de gouvernement qui s’est empressé d’ajouter que si « Akhannouch est nommé chef de gouvernement, il ne va rien faire . »<br />
A force de médire, critiquer, baragouiner, vociférer, jaser, s&rsquo;égosiller, jacter, gueuler et calomnier le patron du RNI, Abdelilah Benkirane a contribué à la transformation de l’image politique de l’homme d’affaires, devenu ministre le 15 octobre 2007 et chef de parti politique en 2016.</p>
<p><b>Il a dopé la combativité de l’homme d&rsquo;affaires, habile négociateur mais peu habitué au pugilat.</b></p>
<p>Abdelilah Benkirane en est-il seulement conscient ? « Le déni qui est le sien et tel qu’il n’admettra jamais que son acharnement contre Akhannouch a participé à en faire un véritable adversaire politique pour le PJD », déplore un ancien ministre islamiste contacté par AtlasInfo.fr.<br />
Aucun coup bas n’a été épargné au nouvel occupant du siège de chef de gouvernement. « Si la campagne de boycott qui avait concerné des produits du groupe Akwa dont il est propriétaire n’a pas entamé sa détermination à poursuivre son ascension politique, alors il faut admettre qu’il a le cœur bien accroché, » poursuit notre interlocuteur du Parti de la Justice et du Développement. En 2018, un appel à boycotter les marques Afriquia (Akwa), Danone et Sidi Ali (Eaux minérales Oulmés) avait été lancé et instrumentalisé dans les réseaux sociaux. Les islamistes du PJD et du mouvement radical interdit mais toléré Al Adl Wal Ihssane sont soupçonnés d’être les instigateurs de cet appel au boycott auquel Abdelilah Benkirane pourrait ne pas être étranger.<br />
Force est de constater qu’il n’a pas vu venir l’homme d’affaires, plus encore : il l’a sous- estimé.<br />
Lorsqu’Aziz Akhannouch s&rsquo;oppose au chef du gouvernement désigné Abdelilah Benkirane chargé de former un gouvernement à l’issue du scrutin législatif de 2016, l’ex secrétaire général du PJD méjuge la force de caractère et le sens politique du patron du RNI. Cela le mènera à une impasse politique inédite au Maroc et à être démis de ses fonctions pour être remplacé par le numéro 2 du parti islamiste, Saad Eddine El Othmani.<br />
Les marocains qui suivent depuis plusieurs années l’irrésistible ascension de l’enfant de Tafraout aiment les success stories. Moins influençables que ne l’aurait sans doute souhaité Abdelilah Benkirane, ils ont fait le choix de faire confiance à Aziz Akhannouch, fatigués d’entendre les supputations du « gourou » du PJD.</p>
<p>&nbsp;</p>
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