Irak: le chef religieux Sistani met fin à ses messages hebdomadaires
Chaque vendredi, "nous lisions, dans le second sermon, un texte représentant les perspectives et les opinions de l’autorité religieuse suprême sur les affaires irakiennes", a indiqué un représentant de M. Sistani, Ahmed al-Safi. Mais il a été décidé que "cela ne se passera plus chaque semaine (…)" mais seulement lorsque les circonstances l’exigent, a-t-il ajouté sans expliquer cette décision.
Selon Hayder al-Khoei de Chatham House, un think tank spécialisé dans les relations internationales, la fin de ces messages réguliers souligne la frustration de M. Sistani vis-à-vis du Premier ministre Haider Al-Abadi et de son gouvernement. "Manifestement, M. Sistani est toujours furieux contre le gouvernement en raison de l’échec de son programme de réformes", a soutenu M. Khoei. Cette décision "indique une frustration évidente, ses messages constants faisant pression pour des réformes n’ayant pas été écoutés", a-t-il déclaré.
Ali Sistani a appelé à plusieurs reprises le gouvernement irakien à mettre en oeuvre des réformes pour lutter contre la corruption mais une partie de la classe politique a empêché un véritable changement. Selon les propos d’un dignitaire religieux rapportés par M. Khoei, "M. Sistani ferme à moitié la porte (au Premier ministre) Abadi". Connu pour sa pondération, Ali Sistani considère que les religieux doivent conseiller sans se mêler de la gestion des affaires publiques. Son rôle a toutefois eu un impact majeur sur l’évolution de l’Irak après la chute de Saddam Hussein en 2003.
En 2004, il avait pressé les Américains d’organiser des élections démocratiques, et est à l’origine de la création d’une coalition chiite aux législatives de 2006. Son intervention la plus influente de ces dernières années est intervenue en 2014 lorsqu’il a appelé les Irakiens à prendre les armes pour stopper l’avancée jihadiste de l’EI.




