Une force arabe commune …un projet séduisant et difficile
Sur ce plan, deux crises semblent montrer les limites opérationnelles d’un tel projet. D’abord la crise syrienne. Les connaisseurs des arcanes de la Ligue arabe la pressentent comme premier possible théâtre d’intervention de cette force. Avec cette lancinante question: Faut-il le faire avec la bénédiction et la participation du régime syrien ? Dans ce cas l’opération légitimation de Bachar al Assad est inévitable. Ou sans lui et la politique du "Régime change" à l’américaine est aux aguets avec ses prévisibles et dangereuses conséquences.
La seconde crise sur laquelle cette force est susceptible de se déployer est la Libye. Là aussi les ambiguïtés, les hésitations et les divergences sont grandes. Au sein des pays arabes, certains prêchent l’intervention militaire avec enthousiasme, car le chaos libyen a une dangereuse capacité de contagion. D’autres s’y opposent farouchement pour des diverses raisons. Sauf à forcer le destin, une force arabe commune restera impuissance face à l’anarchie libyenne.
Même si publiquement elles ne le disent pas, les puissances occidentales peuvent voir d’un très bon œil la formation d’une telle force arabe. Efficace et bien utilisée, elle peut épouser facilement leur doctrine du moment de ne pas déployer des forces occidentales terrestre au Proche orient et accepter, comme une nécessité stratégique, que la guerre contre Daech soit sous-traitée aux forces arabes.




