Libye : le clan Kadhafi divisé avant la conférence à Paris
Alors que les rebelles ont lancé aux partisans de Kadhafi un ultimatum fixé à samedi pour déposer les armes, Seif al-Islam a mis en garde contre un assaut sur Syrte, la région natale de son père, affirmant que "20.000 hommes armés" étaient prêts au combat. Mais le vice-président du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion, a raillé ces déclarations, en affirmant que Seif al-Islam vivait dans un "rêve".
Son frère, Saadi Kadhafi, a en revanche adopté un ton différent, qualifiant les rebelles de "frères" et se disant prêt à se rendre pour "arrêter l’effusion de sang", dans une interview le même soir à la chaîne de télévision Al-Arabiya. Saadi est "hésitant" à se rendre, a affirmé le vice-président du conseil militaire des insurgés, Mehdi Harati, mais s’il le fait, "nous assurerons sa sécurité".
Une partie de la famille de Mouammar Kadhafi a déjà fui en Algérie, notamment sa fille Aïcha et deux de ses huit fils -Mohamed et Hannibal.
Pour les rebelles, le "Guide" déchu est "très certainement" en Libye et un responsable au CNT, Ahmad Darrad, a estimé qu’il était de leur "droit de le tuer" s’il ne se rendait pas. La rébellion, qui a offert une récompense de 1,7 million de dollars pour la capture mort ou vivant de Kadhafi, a affirmé avoir arrêté un proche de Kadhafi, Nagi Ahrir, en espérant qu’il les mettra sur sa piste.
Conférence des "amis de la Libye" à Paris
Au lendemain de l’Aïd, fêté dans l’allégresse à Tripoli et ailleurs, et quarante-deux ans jour pour jour après l’arrivée au pouvoir de Kadhafi, des diplomates du monde entier participent ce jeudi à Paris à une conférence des "amis de la Libye". La Russie et la Chine, qui n’ont pas officiellement reconnu le Conseil national de transition, seront représentées.
A l’initiative du sommet, Paris et Londres souhaitent rallier l’ensemble de la communauté internationale derrière le CNT pour entamer sans tarder l’après-Kadhafi et espèrent obtenir le déblocage des avoirs libyens gelés sur décision de l’ONU.
L’Union européenne, en outre, compte lever vendredi une partie de ses sanctions contre des sociétés pétrolières et les ports libyens. La France espère obtenir l’autorisation de débloquer 1,5 milliard d’euros d’avoirs gelés et l’Italie, qui rouvre son ambassade à Tripoli jeudi, a indiqué avoir débloqué 500 millions d’euros. L’Espagne a transféré 16 millions d’euros au CNT.




