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La Fifa compte sur la Coupe du monde pour améliorer la situation des droits de l’Homme au Qatar

Certes, la situation des travailleurs migrants employés sur les chantiers liés à la Coupe du monde est "inacceptable", a admis M. Zwanziger mais "retirer la Coupe du monde au Qatar serait tout à fait contre-productif".

Le faire "reviendrait à laisser les choses telles quelles sur place et les violations des droits de l’Homme continueraient, loin des projecteurs", a-t-il argumenté. D’ailleurs, a-t-il ajouté, la Fifa ne peut "juridiquement pas" annuler la Coupe du monde au Qatar.

Il a promis que la Fifa "ne fermera pas les yeux" sur les abus tout en soulignant que l’instance internationale du football "ne peut pas tout faire". "La Coupe du monde peut apporter des améliorations à long terme", a-t-il insisté.

M. Zwanziger a reconnu que la Fifa n’avait pas pris en compte la situation des droits de l’Homme quand, en 2010, elle avait choisi le Qatar comme pays hôte du Mondial de 2022. "Mais, à l’avenir nous prendrons en compte cette dimension", a-t-il assuré.

Entendus également par le Parlement européen, Gilbert Houngbo, directeur général adjoint de l’Organisation internationale du travail (OIT) et Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats (CIS) ont pour leur part décrit "un système féodal", où les droits des travailleurs sont quasi inexistants.

Accusé depuis septembre 2013 de tolérer sur ses chantiers des conditions de travail proches de l’esclavage, l’émirat a publié mardi une charte destinée à améliorer le sort des centaines de milliers de travailleurs asiatiques appelés à bâtir les infrastructures du Mondial 2022.

La charte est censée améliorer les droits des quelque 1,4 millions de travailleurs étrangers employés au Qatar, la plupart originaires d’Inde, du Sri Lanka, du Népal et du Bangladesh. Mais le texte ne revient pas sur la kafala (parrainage), le système qui enchaîne les ouvriers à leur employeur.

La règle du kafala interdit à tous les employés étrangers, y compris les Occidentaux, de rompre leur contrat sans l’aval d’un tuteur qui est souvent leur patron. Il s’agit de "travail forcé", a fait remarquer James Lynch d’Amnesty International.

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