Turquie: Paris renvoie son ambassadeur à Ankara, espère des « clarifications » (Le Drian)

Après l’assassinat en France, par un Russe tchétchène radicalisé, d’un enseignant qui avait montré des caricatures de Mahomet en classe dans un cours sur la liberté d’expression, « la Turquie alors a fait le choix délibéré d’instrumentaliser cet attentat et de lancer une campagne de propagande haineuse et calomnieuse contre nous », a souligné M. Le Drian sur RTL.
« J’observe que la réaction des autorités turques le jour des attentats de Nice (commis par un Tunisien de 21 ans qui a tué trois personnes dans une église, ndr) a été différente, claire, sans ambiguïté mais ca n’empêche qu’il faudra des clarifications » de la part d’Ankara, a-t-il ajouté.
Ainsi, a-t-il annoncé, « nous avons demandé à notre ambassadeur de retourner à Ankara demain et de poursuivre avec les autorités turques cette demande de clarification et d’explication », au sujet des « déclarations outrancières récentes » mais aussi sur l' »action déstabilisatrice d’Ankara depuis maintenant plusieurs mois à la fois en Libye, à la fois en Medor (Méditerranée orientale, ndr), à la fois dans la région du Haut Karabakh », a affirmé le chef de la diplomatie française.
« Tout cela nécessite des clarifications fortes que l’UE elle-même a demandées (…) On ne peut pas rester à la fois dans les malentendus mais aussi les déclarations outrancières et la tentation islamo-nationaliste que développe le président Edrogan d’autant plus que normalement il est réputé être notre allié » au sein de l’OTAN, a-t-il insisté.
M. Le Drian s’exprimait quelques heures après la diffusion d’un entretien sur la chaine Al-Jazeera du président Emmanuel Macron, qui a tenté d’apaiser la colère montant contre la France dans le monde musulman en assurant comprendre que des musulmans puissent être « choqués » par les caricatures de Mahomet, tout en dénonçant les « manipulations » et « la violence ».
Interrogé sur ses relations tendues avec le président turc, Emmanuel Macron a déclaré souhaiter que les « choses s’apaisent » mais qu’il fallait que « le président turc respecte la France, respecte l’Union européenne, respecte ses valeurs, ne dise pas de mensonges et ne profère pas d’insultes ».
Atlasinfo (AFP)



