Macron retrouve son gouvernement mercredi, les oppositions s’organisent
Echaudés par les mois de contestation des "gilets jaunes", Emmanuel Macron et son gouvernement vont tenter de mieux faire accepter une série de réformes délicates.
En tĂŞte, l’ouverture de la PMA pour toutes et l’unification des rĂ©gimes de retraites, avec un âge "pivot" de dĂ©part Ă taux plein repoussĂ© Ă 64 ans.
Avec une embellie de sa popularité, remontée au dessus des 30%, le couple exécutif semble en meilleure position pour poursuivre son programme. Surtout, il peut se targuer de tenir ses promesses après la baisse du chômage au 2e trimestre à 8,5%, son plus bas niveau depuis dix ans.
ArrivĂ© en 2e place mais juste derrière le RN, le parti prĂ©sidentiel sort renforcĂ© d’un score honorable de 22,4% aux europĂ©ennes de mai, quand tous les autres partis, LR, PS et France Insoumise, ont Ă©tĂ© laminĂ©s. Les "gilets jaunes" ont eux Ă©chouĂ© dans les urnes et ne parviennent plus guère Ă mobiliser.
DĂ©sormais plus prudent, Emmanuel Macron veut Ă©viter les rĂ©parties polĂ©miques qui braquent l’opinion. Il s’est d’ailleurs fait extrĂŞmement discret pendant ses trois semaines de retraite estivale au Fort de BrĂ©gançon.
Plusieurs signaux d’alarme restent nĂ©anmoins allumĂ©s, sur de nouveaux fronts comme l’Ă©cologie ou la souverainetĂ©, qui Ă©taient dĂ©jĂ au centre de la campagne des europĂ©ennes.
Au carrefour de ces deux inquiĂ©tudes, l’accord de libre-Ă©change avec le Canada (Ceta), ratifiĂ© par les dĂ©putĂ©s LREM en juillet, a non seulement rĂ©uni contre lui les oppositions mais aussi divisĂ© la majoritĂ©: les voix d’une soixantaine de dĂ©putĂ©s LREM manquaient Ă l’appel.
Au nom du Ceta, beaucoup de députés marcheurs ont aussi vu leur permanence dégradée cet été par des agriculteurs, des "gilets jaunes" ou des écologistes.
– RentrĂ©e sociale –
La dĂ©fense de l’environnement s’est Ă©galement traduite dans les urnes, offrant aux Verts un score surprise de plus de 13% aux europĂ©ennes. EELV se sent dĂ©sormais "lĂ©gitime et crĂ©dible pour gouverner" et espère transformer l’essai aux municipales.
LR, La France Insoumise, tout comme le PS et les diverses formations de gauche, tous laminés aux européennes, cherchent eux à retrouver un second souffle.
Le PS (6,3% aux europĂ©ennes) tient une universitĂ© d’Ă©tĂ© rebaptisĂ©e "Campus", du 23 au 25 aoĂ»t Ă La Rochelle, avec une volontĂ© d’"ouverture" vis-Ă -vis des autres formations de gauche. L’universitĂ© d’Ă©tĂ© de la France insoumise est elle prĂ©vue du 22 au 25 aoĂ»t.
Chez LR, après la douche froide d’un score de 8,2% en mai, il faut d’abord choisir un nouveau chef. Trois candidats sont en lice, Christian Jacob, prĂ©sident des dĂ©putĂ©s LR Ă l’AssemblĂ©e, et deux quadras ambitieux, Julien Aubert et Guillaume LarrivĂ©.
Le gouvernement doit aussi se préparer à un rentrée sociale agitée.
DĂ©jĂ fustigĂ©e par le RN, la loi sur la bioĂ©thique pourrait rĂ©veiller le camp conservateur. Une vingtaine d’associations ont annoncĂ© une manifestation de protestation le 6 octobre Ă Paris.
La rĂ©forme des retraites, prĂ©sentĂ©e au dĂ©but de l’Ă©tĂ©, a Ă©tĂ© unanimement rejetĂ©e par les syndicats. Le gouvernement veut se donner du temps en ouvrant une nouvelle phase de concertation mais FO et la CGT se mobiliseront les 21 et 24 septembre.
Enfin, la réforme de la fonction publique, promulguée début août, que les syndicats perçoivent comme un "mauvais coup", doit être précisée le 5 septembre.
D’autres conflits couvent chez les urgentistes et les enseignants, après la rĂ©forme du lycĂ©e et du bac.
Cette rentrĂ©e gouvernementale s’intercale avant un Ă©vĂ©nement diplomatique majeur du quinquennat: l’organisation du G7 de Biarritz, prĂ©cĂ©dĂ© d’une batterie de rendez-vous. Après Vladimir Poutine Ă BrĂ©gançon lundi, Emmanuel Macron accueille successivement jeudi le Premier ministre britannique Boris Johnson, le chef du gouvernement grec Kyriakos Mitsotakis et le Premier ministre indien Narendra Modi. Il pourrait Ă©galement recevoir vendredi le ministre iranien des Affaires Ă©trangères, Mohammad Javad Zarif.




