France

Emmanuel Macron, un président « hautain » à la recherche de sa « baraka »

Une Journée décisive pour Emmanuel Macron. Après avoir fait sa rentrée des classes hier, le président de la République est désormais confronté à ses premiers devoirs. Au programme, l’obligation d’un remaniement après le départ surprise de Nicolas Hulot mais surtout l’affaire qui empoisonne sa rentrée politique : le prélèvement à la source. Deux dossiers qui symbolisent pour la presse son « été politiquement meurtrier » et la recherche de « baraka » d’un Jupiter « vacillant ».

Dans sa lettre politique, Laurent Joffrin, directeur de la publication de Libération, égrène les « noms propres » qui symbolisent l’« été politiquement meurtrier » du président: « Benalla, Borloo, Aquarius, Hulot, Darmanin, Gaulois, Besson, Saal, Bern. » Pour le patron de Libération, tout cela n’a rien à voir avec « la scoumoune qui a empoisonné [ses] prédécesseurs », et Laurent Joffrin rappelle, ironique, que les « Gaulois réfractaires au changement » ont élu « un président qui promettait un changement radical ». Se demandant si on a « élu la bonne personne » et si sa « stratégie de libéralisation est juste », il s’interroge : « Jupiter tonnant ou Jupiter vacillant ? »

Dans Le Figaro, Guillaume Tabard estime « que les macronistes ont usé et abusé de cette image du président Jupiter » au point que « les Français ont un temps acheté ce récit ». « On leur a vendu un président dans les hauteurs ; la bise étant venue, ils ne voient plus qu’un président hautain. » « Pour renouer le fil avec ses Gaulois, Jupiter redescend chez les humains », analyse l’éditorialiste du quotidien conservateur après que le président a admis que sa fonction n’est pas « facile » tous les jours. « Seize mois après son arrivée au pouvoir, voilà Emmanuel Macron à la recherche de sa baraka », juge Nicolas Beytout dans L’Opinion.

« Chantre de la réforme (…) le chef de l’État semblait avoir inventé le mouvement perpétuel », se rappelle Philippe Marcacci de L’Est républicain, qui pense que les derniers événements l’ont « fragilisé » et « ont révélé l’une des grandes faiblesses du macronisme, son péché de jeunesse ». Dans Le Courrier picard, Bertrand Meinnel prévient que les « deux épreuves de rentrée » sont « à ne pas rater ». En effet, « les Français professeurs, indulgents pour les petits nouveaux de l’an dernier, le sont beaucoup moins pour les élèves en deuxième année », prévient-il. « Difficile d’imaginer l’arrêt d’une spirale négative qui entraîne la popularité de l’exécutif au niveau de l’abîme hollandaise », pense Maurice Bontinck de la Charente Libre. « Ce moment est l’occasion pour Emmanuel Macron de donner ce qui manque le plus à ces quinze premiers mois : du sens », assène-t-il. « Trop sûr de lui peut-être, le jeune lieutenant de vaisseau qui avait expédié à fond de cale le capitaine de pédalo commence à éprouver les mêmes doutes que ses prédécesseurs », croit savoir Bernard Maillard du Républicain lorrain. « La magie envolée, Macron apparaît comme l’héritier de Hollande », assure Hubert Coudurier dans Le Télégramme.

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