Une réfugiée syrienne s’immole par le feu devant un centre de l’ONU au Liban
Mardi, alors que des centaines de réfugiés faisaient la queue pour recevoir de l’aide à un centre d’enregistrement du HCR à Tripoli, une femme vêtue de noir a commencé à crier, a raconté Abou Riad al-Amudi, un vendeur ambulant se trouvant près du centre.
"Elle a dit: ‘Cela fait trois jours que je viens ici pour recevoir de l’aide pour moi et mes quatre enfants et à chaque fois, on me renvoie et on me promet de l’aide si je reviens le lendemain. Mais ces promesses sont vides’", a-t-il déclaré à l’AFP.
"Puis, avec ses enfants debout à côté d’elle, elle a sorti de son sac une petite bouteille d’eau en plastique, en versant le contenu sur sa tête et ses habits. C’était du gazole. Elle a pris un briquet et s’est immolée", a-t-il ajouté, visiblement ému.
Aussitôt, plusieurs personnes ont enlevé leurs vestes pour couvrir la femme et l’ont aspergée d’eau. Les gardes de l’ONU ont ensuite éteint les flammes et l’ont emmenée à l’hôpital.
Le directeur de l’hôpital, Gabriel al-Sabeh, a affirmé à l’AFP que la femme souffrait de brûlures au visage et sur plusieurs parties du corps.
Sur son lit, d’une voix presque inaudible, la femme a déclaré à l’AFP: "Ma poitrine me fait mal, on n’a pas de quoi manger".
Joelle Eid, porte-parole du HCR, a confirmé que la femme était dans un "état critique" et que l’organisation enquêtait sur les causes du drame.




