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A Marrakech, les restaurants de la place Jamaa El Fna font peau neuve

Les restaurants, situés au milieu de la place, qui accueillent en moyenne entre 50.000 et 100.000 visiteurs par jour, ont récemment subi un important lifting. Ils arborent tous désormais les mêmes bâches ocres, la couleur emblématique de la ville, et sont désormais construits avec des matériaux non inflammables.

"On veut être dans les standards internationaux, notamment en matière d’hygiène et de sécurité", explique à l’AFP Abdellatif Abouricha, responsable communication du Conseil régional de tourisme (CRT).

La restauration a coûté quelque deux millions de dirhams (180.000 euros), 30.500 par stand (2.800 euros), payés principalement par les restaurateurs eux-mêmes.

Tajines et thé à la menthe

Si les 63 stands, qui servent à eux seuls plus de 12.000 couverts par jour, sont désormais plus modernes, la nourriture, elle, ne change pas, entre tajines marocains, grillades "méchoui" et fameux thé marocain à la menthe. Le prix d’un repas va de 10 dirhams (1 euro) à 150 dirhams (près de 14 euros).

"Ce changement est bien pour nous, et pour Marrakech. Les gens sont curieux de venir voir ce qui a changé", explique Mbareck Bendich, président de l’association des restaurateurs de Jamaa El Fna.

Hayat, une touriste marocaine, est venue en famille de Rabat pour "faire découvrir à (ses) filles le patrimoine culinaire marocain". "C’est une authentique cuisine marocaine, c’est notre patrimoine", dit-elle.

En plus des Marocains, "on traite avec des Espagnols, des Français, des Italiens, des Japonais, des Américains, des Allemands, des Emiratis, des Saoudiens…", énumère fièrement Abousaïd Mohamed Amine, restaurateur de père en fils depuis plus de 40 ans.

Erwin, venu des Pays-Bas, évoque une "atmosphère fantastique". "C’est pour cela que nous somme venus manger ici, au milieu de cette place", ajoute-t-il.

Le Maroc enregistre quelque 10 millions de visiteurs chaque année, Marrakech constituant avec Agadir, sur la côte Atlantique, la destination la plus prisée, et a l’ambition de doubler ce chiffre à l’horizon 2020.

Mais le royaume est confronté à un tassement de la demande européenne, son principal marché, du fait des tensions régionales.

Selon le Syndicat des agences de voyages françaises (Snav) et l’agence de promotion touristique de la France, la ville de Marrakech a enregistré 46% de volume d’affaire en moins de janvier à avril 2015.

Les autorités de la ville reconnaissent une baisse de "l’activité touristique enregistrée au niveau des établissements d’hébergement classés", mais l’expliquent par "le phénomène de l’hébergement informel qui ne cesse de croître", et qui échappe aux statistiques.

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