Ces Espagnols qui fuient la crise pour une nouvelle vie au Maroc
Rares sont les Espagnols qui s’inscrivent dans leur consulat. Ils n’ont pas besoin de visa pour le Maroc. Et il leur suffit de fouler le territoire européen, même une enclave comme Ceuta, pour remettre les compteurs à zéro. D’après Charlotte Rooijendijk, « ils seraient des dizaines de milliers à vivre ainsi ». Préférer vivre au Maroc quand on est espagnol semble paradoxal. L’économie marocaine accuse un PIB six fois inférieur à celui de l’Espagne. Mais grâce au taux de change de 10 dirhams pour 1 euro, les Espagnols qui travaillent pour des entreprises européennes au Maroc, ou qui arrivent avec des économies, vivent comme des rois. A la nuit tombée, un groupe d’expatriés se retrouve dans les bars de l’avenue Mohamed V pour suivre un match de foot. Ce soir, l’Atletico Madrid affronte le Real en finale de la Copadel Rey. Le patron du Number One distribue les « cervesas » et offre des tapas jusqu’à la fermeture. On se croirait à Madrid. Le lendemain, les expatriés déjeunent chez Juan Carlos. Le restaurateur vient d’ouvrir le Diblue Tanger, face à la future Marina. Depuis sa terrasse, les migrants nostalgiques contemplent l’horizon. Et l’Espagne qu’ils ont quittée. •



