Lu-dans-la-presse

Syrie : BHL « déçu » par Hollande

Syrie : BHL
Il n’a pas fait ce qu’il avait promis le 29 mai sur France 2. Il parlait ce soir-là de ‘chasser’ Bachar el-Assad. Et il n’excluait pour cela aucun moyen, même militaire. Nous sommes loin du compte." Dans les colonnes du Parisien, publié jeudi, Bernard-Henri Lévy juge sévèrement la gestion, par François Hollande, du dossier syrien. "Bien sûr, je suis déçu par Hollande", ajoute-t-il, avant de rappeler qu’il a "voté pour lui".

Le regard porté par le philosophe, qui aime à rappeler son action en Libye, aux côtés de Nicolas Sarkozy – et dont il a tiré un livre et un film – est dur. Bernard-Henry Lévy s’était rendu à plusieurs reprises en Libye, avant de la chute de Mouammar Kadhafi, et avait facilité la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les responsables du Conseil national de transition. L’occasion, pour l’écrivain, de reprendre son costume de ministre bis des Affaires étrangères, comme à Sarajevo dans les années 90, et avec cette fois, plus de succès.

BHL prône une intervention hors ONU

Plutôt discret jusqu’à présent dans le dossier syrien, BHL donne ses "conseils" au président Hollande, toujours dans Le Parisien. Pour dépasser le double veto sino-russe à l’ONU – qui empêche toute résolution – le philosophe prône une intervention hors-ONU : "Acter l’échec lamentable des Nations unies et forger une coalition ad hoc avec la Ligue arabe et cette fois les Turcs."

Car BHL l’assure : Nicolas Sarkozy avait envisagé cette solution hors ONU si la résolution n’avait pas abouti au Conseil de sécurité. "Je le revois, le 10 mars 2011 à l’Elysée, face aux Libyens lui demandant ce qui se passerait si Russes et Chinois opposaient leur veto à la résolution française. Il y a eu un long silence. Il a dit : ‘On fera comme au Kosovo. Avec les Britanniques, la Ligue arabe et certains Etats africains, on passera outre.’"

"Sauver l’euro (…) mais sauver un peuple?"

Déjà, le 29 mai dernier dans une tribune envoyée à plusieurs journaux européen, le philosophe avait prôné une intervention militaire. "La France fera-t-elle pour Houla et Homs ce qu’elle a fait pour Benghazi et Misrata?", écrivait-il notamment, ajoutant : "Userez-vous de votre crédit personnel et considérable, celui de notre pays, pour revenir vers nos alliés d’hier (…) et décider d’une stratégie allant au-delà du ‘soutien sans faille à la mission Annan’?"

Et de conclure : "Sauver l’euro, ce sont des obligations impérieuses – mais sauver un peuple? Et en quoi le drame grec empêche-t-il de décrocher le téléphone pour, comme le fit votre prédécesseur, convaincre vos homologues russe et chinois que leur soutien aveugle au terrorisme d’Etat syrien les déshonore et les affaiblit?"

Dans le Parisien, le philosophe utilise les mêmes arguments : Devant ce qui restera peut-être comme la plus grande épreuve historique, politique, morale, du quinquennat, cet attentisme, ce flot de bonnes paroles sans effet, ce n’est plus possible." Chez BHL, le costume de ministre bis des Affaires étrangères n’est jamais loin.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page