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L’embrasement est possible en Algérie

Le clan Bouteflika peine à imposer sa loi. Président fantomatique, “Boutef” n’aurait que quelques heures de lucidité par jour. Son frère Saïd est aux commandes, mais sans légitimité, ce qui explique les fortes tensions au sein du régime, où une partie de l’establishment sécuritaire a lâché le sortant. D’ordinaire patiente — ou fataliste —, la population attend un changement, excédée par les pénuries et la corruption. Le succès des réunions publiques de Benflis et les éruptions de violence confirment ce mal-être général — le « dégoutage », dit-on à Alger.

Grâce aux chaînes satellitaires et aux réseaux sociaux, les Algériens observent avec autant d’espoirs que de craintes ce qui se passe en Tunisie, en Égypte, au Maroc, le grand rival, dont la modernisation maîtrisée les conduit à s’interroger sur la stagnation de leur pays, malgré d’immenses ressources naturelles. L’enjeu majeur de cette présidentielle est précisément d’élire un chef de l’État capable de réformer le pays et de lui faire changer de cap.

Piégée par sa richesse gazière et pétrolière (97 % de ses revenus), l’Algérie importe 90 à 95 % de ce qu’elle consomme. Le régime maintient la paix sociale à coups de recrutement public et de subventions — 19 milliards de dollars de transferts sociaux prévus en 2014 et 25 milliards de subventions occultes. Ce système suicidaire vient d’être qualifié d’« insoutenable » par Mohamed Laksaci, le gouverneur de la Banque d’Algérie.

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