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	<title>Opinions &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Opinions &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Ce que les élections du 8 septembre mettent en perspective</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Sep 2021 13:00:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;article expose quelques éléments rapides au sujet du Rendez Vous électoral marocain du 8 septembre 2021. LES SCRUTINS A l&#8217;issue des élections du 8 septembre 2021 et suite aux résultats du vote, les citoyens marocains sont en droit de se réjouir de cet événement qui revêt une importance capitale pour, aux moins, les raisons qui &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;article expose quelques éléments rapides au sujet du Rendez Vous électoral marocain du 8 septembre 2021.</p>
<p><strong>LES SCRUTINS</strong></p>
<p>A l&rsquo;issue des élections du 8 septembre 2021 et suite aux résultats du vote, les citoyens marocains sont en droit de se réjouir de cet événement qui revêt une importance capitale pour, aux moins, les raisons qui suivent :</p>
<p>1- Les scrutins ont été organisés aux dates attendues malgré les contraintes qu&rsquo;impose la (le) COVD19.</p>
<p>Le respect des échéances électorales est un signe puissant de respect des règles démocratiques,</p>
<p>2- Le déroulement des votes au sein des bureaux s&rsquo;est effectué dans de bonnes conditions de maîtrise, de fluidité et de stricte observation des modalités qui régissent la validité des opérations,</p>
<p>3- Trois scrutins ont été programmés la même journée : local, régional et législatif (chambre basse).</p>
<p>Un bulletin pour les communales et régionales et un deuxième pour la chambre des députés, &#8211; listes des circonscriptions locales et celles au niveau de chaque région pour les femmes, (4 listes de candidats au total). Ce qui est un véritable défi pour les électeurs notamment et pour ceux qui ont la charge des opérations de dépouillement.</p>
<p>4- Les défis relatifs à l&rsquo;ensemble des opérations ont été relevés avec brio par les organisateurs, notamment les Départements du Ministère de l&rsquo;intérieur.</p>
<p>5-Les nombreux observateurs nationaux et étrangers n&rsquo;ont mentionné aucune entorse au scrutin.</p>
<p>Seuls des candidats malheureux ont, ici ou là, manifesté bruyamment leurs déceptions.</p>
<p>6- Malgré les embûches qui peuvent survenir, les résultats relatifs aux élections législatives ont été annoncés (pour 97 % des dépouillements) par le Ministre de l&rsquo;intérieur vers 3h du matin du 9 septembre. Ce qui est une véritable prouesse.</p>
<p>A ce niveau il faut mentionner l&rsquo;usage maîtrisé des techniques informatiques au niveau des provinces et à celui de l&rsquo;Administration Centrale. Ceux parmi les cadres stratèges et techniques qui s&rsquo;en sont chargés ont donné l&rsquo;exemple, qu&rsquo;ils en soient félicités.</p>
<p><strong>LES RESULTATS</strong></p>
<p>Les résultats définitifs relatifs à la Chambre des représentants et annoncés par le Ministère de l&rsquo;intérieur donnent la répartition suivante :</p>
<p>Le Rassemblement National des Indépendants (RNI), Dirigé par M Akhennouch, 102 sieges</p>
<p>Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) Dirigé par M Ouahbi, 86</p>
<p>Le Parti de l&rsquo;Istqlal, Dirigé par M Baraka, 81</p>
<p>Le Parti de l&rsquo;Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), Dirigé par M Lachgar, 34</p>
<p>Le Parti du Mouvement Populaire (MP), Dirigé par M Laensar, 26</p>
<p>Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), Dirigé par Ben Abdellah, 22</p>
<p>Le Parti de l&rsquo;Union Constitutionnelle (UC), Dirigé par M Sajid, 18</p>
<p>Les autres Partis, une dizaine, 26 sièges</p>
<p>Au total 395 sièges que compte la Chambre Basse. La majorité absolue est de 198.</p>
<p>Moins de 48 heures après l&rsquo;annonce des résultats définitifs, Sa Majesté le ROI Mohammed VI a nommé M Akhnouch, Président du Parti arrivé en tête des résultats, Chef du prochain Gouvernement qu&rsquo;il a chargé de former. Cet acte immensément symbolique souligne avec rigueur, et en le réitérant pour la 4eme fois le respect des dispositions de l&rsquo;article 47 de la constitution, (Benkirane 2 fois, Otmani une fois et cette fois Akhennouch).</p>
<p><strong>DE LA COALITION GOUVERNEMENTALE</strong></p>
<p>Après l&rsquo;annonce du Palais Royal qui désigne M Akhennouch pour former et diriger le future Gouvernement, les analystes politologues et constitutionnalistes y vont de leurs scénarii.</p>
<p>Ils partent des chiffres indiqués ci-dessus et forment des majorités plus ou moins confortables sur le plan purement arithmétique.</p>
<p>Ils évoquent également, ici et là, les points de rapprochement entre les acteurs appelés à coaliser.</p>
<p>La lecture des propos et points de vue des analystes laisse sur notre faim.</p>
<p>Ils gagneraient, sans se tromper, à centrer leurs conjectures sur trois conditions essentielles pour la constitution de la coalition :</p>
<p>-La première concerne « <strong>le noyau dure</strong> » du programme du future Gouvernement. Il ne peut être que celui du RNI.</p>
<p>-La deuxième porte sur la nécessité de constituer un Gouvernement ramassé, cohérent et percutant. Un Gouvernement discipliné devant son Chef, un gouvernement où personne ne « <strong>danse plus vite que la musique</strong> »</p>
<p>&#8211; La troisième porte sur l&rsquo;importance d&rsquo;avoir une opposition forte et constructive. Une opposition dont la mission est également celle qui a pour objectif de coordonner, autant que faire se peut, la constellation des partis n&rsquo;ayant obtenu que quelques sièges.</p>
<p>Jusqu&rsquo;à ce niveau, il est très important de noter que le peuple marocain doit se</p>
<p>féliciter pour le formidable succès enregistré dans un environnement Régional où la démocratie est encore balbutiante sinon falsifiée et dénaturée.</p>
<p><strong>DU PROGRAMME DU FUTURE GOUVERNEMENT</strong></p>
<p>Partant du Programme annoncé et rendu public par le RNI, il est souhaité vivement que cette victoire de la démocratie dans notre pays soit suivie d&rsquo;une forte contribution et dynamique de mise en œuvre de  politiques publiques en vue:</p>
<p>&#8211; D&rsquo;améliorer le niveau de protection et promotion de l&rsquo;Environnement et du développement durable, en mettant l&rsquo;accent sur les études de prospective,</p>
<p>&#8211;  De dynamiser le Développement de nos territoires ruraux de plus en plus désertés,</p>
<p>&#8211; De réduire les disparités sociales, économiques, et territoriales qui grandissent au fil du temps,</p>
<p>&#8211; De donner une véritable et réelle priorité à l&rsquo;enseignement et à la santé,</p>
<p>&#8211; De mettre en œuvre activement le Nouveau Modèle de Développement en soulignant l&rsquo;obligation de promouvoir la bonne gouvernance.</p>
<p>&#8211; De consolider toujours davantage la position de Notre Pays dans le concert des Nations, et de préserver irrévocablement notre intégrité territoriale,</p>
<p>&#8211;  De renforcer, toujours plus, nos Institutions sous la Conduite éclairée de Sa Majesté que Dieu l&rsquo;assiste.</p>
<p>Chacun des points évoqués ci-dessus sont des génériques pour de nombreuses mesures et actions qui donneront l&rsquo;opportunité à notre pays de devenir véritablement et réellement un pays émergent.</p>
<p>*Omar Chiban</p>
<p>Statisticien Économiste</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Maroc/élections: les promesses des candidats pour s’accaparer des voix précieuses</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2021 15:04:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[campagne]]></category>
		<category><![CDATA[candidats]]></category>
		<category><![CDATA[électorale]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[Parcourir nos villes marocaines pendant la campagne électorale pour les législatives du 8 septembre laisse entrevoir une sorte de décor commun. Toute une palette de tenues semble uniformiser le paysage à Meknès: casquettes, écharpes, tee-shirts, vêtements portant le symbole du candidat. Tout est mis en œuvre pour carotter la voix de l’électeur troublé par ce &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Parcourir nos villes marocaines pendant la campagne électorale pour les législatives du 8 septembre laisse entrevoir une sorte de décor commun. Toute une palette de tenues semble uniformiser le paysage à Meknès: casquettes, écharpes, tee-shirts, vêtements portant le symbole du candidat.</p>
<p>Tout est mis en œuvre pour carotter la voix de l’électeur troublé par ce vent de propagande qui anime les candidats des 32 partis en lice, obligés d’éviter les grands meetings et de recourir aux tracts, affiches, porte-à-porte, techniques visioconférences, en observant toutefois scrupuleusement les restrictions en vigueur contre la pandémie de Covid-19.</p>
<p>En cette période de campagne électorale, les Hommes de lettres cèdent complètement la place à de nouveaux ‘’artistes’’ du mot. Une nouvelle littérature électoraliste résonne dans l’oreille sourde de l’électeur, peu sensible à l’appel idéologique et aux programmes politiques des partis en lice. Des discours emprunts de belles paroles et de fausses promesses, offrent aux électeurs une scolarité meilleure, un emploi stable et un avenir plus prometteur. La littérature électoraliste fait ainsi l’objet d’une fixation accentuée sur le sens et le double sens, une sorte de jargon standardisé, des formules quasi stéréotypées et des thèmes incontournables comme la santé, l’enseignement, la démocratie, la transparence, et la nécessaire lutte contre le chômage.</p>
<p>Nos 32 partis politiques optent ainsi pour des formes linguistiques épiques pour viser une majorité facile à manipuler verbalement. Des slogans qui pèsent lourd de part leurs mots et les valeurs qu’ils incarnent, tels le progrès (dima dima lqaddam), lit-on sur les pancartes du RNI, l’équité maintenant (Mounassafa Hiya daba), pour le PPS. Nous méritons mieux, (nastahiqo l’Ahssan) pour le PAM, ‘’ une démocratie sans femmes est une démocratie mutilée’’ pour l’USFP..</p>
<p>Quant au PJD, on s’agite au sein du parti pour rééditer l’exploit de 2016 avec  125 sièges, devant le PAM, qui lui, en a décroché 102. Le Parti islamiste tient le pari de remporter les législatives pour la troisième fois depuis son arrivée aux affaires en 2011. On redouble d’énergie, on surfe sur la fibre religieuse et identitaire en vue de s’accaparer les voix de ceux à qui le parti a inculqué l’idée que l’islam est le mode d’emploi unique pour tous les problèmes humains, alors que c’est autour du logement, de l’emploi, de l’économie, de la santé, que se cristallisent les véritables enjeux.</p>
<p>Dans leurs messages écrits ou transmis visuellement, les partis de droite ne déambulent pas de la même manière. Ils centrent sur des priorités économiques, véritables gages, selon eux, d’une société apaisée disposant d’un appui social solide.</p>
<p>Les candidats de gauche adressent, pour leur part, des discours moins identiques. C’est aux femmes, aux jeunes, aux instruits que leur message se veut fort, convainquant et vainqueur. Il est vérité convaincante, pour les uns, et sorte de calmant temporaire, selon d’autres, surtout quand il s’adresse à l’âme sensible et peinée de la femme, cet élément ‘’fondamental, pilier de développement’’ pour les beaux parleurs politiciens. On a beau avoir de magnifiques discours qui instaurent de belles égalités, mais sur le terrain les choses ne se passent pas forcément au gré des faiseurs de phrase. Et s’il est un terrain sur lequel le bilan du Maroc est loin d’être édifiant, c’est bien celui de l’égalité femmes/hommes.</p>
<p>Le hic dans cette littérature électoraliste, c’est que l’électeur est conscient des manipulations de certains candidats. Il en a vu plusieurs venant avec de belles promesses sur le paradis promis par un tel parti ou un tel candidat présentant des projets bien ficelés en apparence sur la scolarité, la santé, la culture, le sport, la jeunesse, l’emploi&#8230; Et bien d’autres secteurs qui relèvent du social, de l’économique, et du bien vivre de tout un chacun dans une communauté où la précarité n’aura aucune place.</p>
<p>Et de là, l’impression qui règne dans la ville de Meknès, est que les candidats des partis en lice peignent une image inverse du vécu d’une population déçue et nostalgique d’un passé glorieux digne d’une ville impériale. Et au lieu de présenter des projets qui libèrent et dynamisent la créativité sur les bases d’une démarche active centrée sur les femmes et les hommes qui font le Maroc, ils s’emploient à redire les mêmes phrases décousues et les mêmes discours affectivement chargés.</p>
<p><em>Qu’à cela ne tienne, la grande inconnue de ces élections reste la participation. Il y a au Maroc un désaveu croissant à l’égard de la politique et à l’égard des urnes. Combien des 18 millions de Marocains appelés à voter, vont-ils se présenter aux urnes ?.  Le désespoir est manifeste dans les rangs, notamment des jeunes, qui risquent de boycotter en masse ces législatives qui n’ont enregistré lors du scrutin de 2016 que 42,29% de participation, contre 45,40 en 2011. </em></p>
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		<title>GhaliGate : Rien ne saurait justifier l’impunité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 May 2021 11:11:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Brahim Ghali]]></category>
		<category><![CDATA[criminel]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Mounir Satouri]]></category>
		<category><![CDATA[Polisario]]></category>
		<category><![CDATA[UE]]></category>
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					<description><![CDATA[L’accueil du chef du Polisario Brahim Ghali en catimini en Espagne sous une fausse identité algérienne continue de faire des remous auprès des députés européens. Le député européen des Verts, Mounir Satouri*, pointe du doigt dans une Tribune* la complicité de l'Espagne avec le régime algérien qui a remis un vrai faux passeport diplomatique sous une fausse identité à un criminel pour échapper à la justice espagnole. Cela constitue une violation grossière de l’état de droit espagnol et des valeurs de l’UE, dénonce l'eurodéputé, appelant le gouvernement espagnol à s’excuser d’avoir étroitement et secrètement collaboré avec un régime autoritaire.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="entete">
<p> [<strong>Tribune</strong>] Le scénario est digne d’un truculent roman d’espionnage. Il prend ses racines dans un territoire disputé depuis plus de 45 ans, « le Sahara Occidental ». En toile de fond : un conflit qui s’aggrave, un cessez-le-feu qui se fragilise, des souffrances et des violations imposées aux populations civiles par l’ensemble des parties, une Union Européenne paralysée et des voisins frères ennemis.</p>
<p><span style="text-transform: initial;">La scène se déroule en Espagne où le chef du Front Polisario a trouvé refuge incognito au mépris des poursuites judiciaires à son encontre. Nous sommes le 21 avril dernier, Brahim Ghali est hospitalisé d’urgence à Logroño sous le nom d’emprunt Mohamed Benbatouche.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<p>Porteur d’un vrai faux passeport diplomatique algérien, M. Ghali aurait bénéficié d’un avion médicalisé affrété par la présidence algérienne et de la clémence discrète des autorités espagnoles.</p>
<p>Cette manœuvre, véritable maladresse diplomatique, constitue une violation grossière de l’état de droit espagnol et des valeurs de l’UE.</p>
<p>Le gouvernement espagnol ne devrait pas s’excuser d’avoir accueilli M. Ghali pour « motif humanitaire ».</p>
<p>Le gouvernement espagnol devrait en revanche s’excuser d’avoir étroitement et secrètement collaboré avec un régime autoritaire à cette occasion. L’accointance ainsi affichée avec le régime algérien vient plomber la crédibilité de la diplomatie européenne quand elle promeut le respect des droits humains vis-à-vis de son partenaire algérien.</p>
<p>Alors que le Parlement européen demande aux autorités algériennes de mettre un terme à la répression du Hirak et d’avancer sur le chemin de la démocratie, le gouvernement espagnol complote sans égard pour les objectifs droits de l’Homme et démocratie de la politique étrangère européenne.</p>
<p>Le gouvernement espagnol devrait enfin s’excuser d’avoir voulu consacrer l’impunité au mépris de ses engagements européens et internationaux. En dissimulant l’identité de M. Ghali pour lui permettre d’échapper à ses obligations juridiques, il fait montre d’une politique du deux poids, deux mesures dans son attachement à garantir les droits humains sur son territoire.</p>
<p>La mobilisation de la société civile et la vigueur du pouvoir judiciaire devraient finalement sauver l’honneur des Espagnol.e.s. Un Magistrat de l’Audience nationale a inculpé ce 4 mai 2021 M. Ghali de génocide et crimes de guerre présumés conformément à la procédure visant une  campagne présumée d’élimination des «élites sahraouies d’origine espagnole» dans les années 1980.</p>
<p>N’oublions pas qu’il devrait encore répondre d’actes de tortures présumés conformément à la plainte déposée par Fadel Breika.</p>
<p>N’oublions pas qu’il devrait encore répondre du chef de viol présumé conformément à la procédure introduite par Khadijatou Mahmoud.</p>
<p>N’oublions pas qu’il devrait encore répondre des attentats terroristes présumés de Phos Bucraa conformément au mandat émis contre lui suite aux enquêtes de l’Association sahraouie des droits de l’Homme, de l’Association Canarienne des Victimes du Terrorisme (Acavite) et de la Fédération autonome des victimes d’Espagne (Faavte).</p>
<p>N’oublions pas qu’aucune «cause» ne saurait justifier l’impunité des violations commises en son nom. Il en va de la cohérence du projet européen et de sa capacité à garantir aux victimes l’accès au droit. M. Ghali doit répondre des accusations portées contre lui dans le cadre de procès équitables.</p>
<p>*<strong>Mounir Satouri: député européen (EELV), membre des Commissions Emploi et affaires sociales, Affaires Etrangères, et des sous-commissions Défense et Droits humains</strong></p>
<p>*<strong>La Tribune a été initialement publié sur Médiapart </strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tribune-Le confinement et Ramadan : une nouvelle équation sociale !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2020 16:27:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[ramdan]]></category>
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					<description><![CDATA[Rien n&#8217;est facile mais tout est possible. Avec la nouvelle équation sociale, fruit du hasard du calendrier qui a télescopé les contraintes du confinement et les efforts sur soi que suscite l’observation du jeûne du mois de Ramadan. Ainsi, nous allons  vivre le mois sacré, le plus inédit et le plus singulier de notre existence. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rien n&rsquo;est facile mais tout est possible. Avec la nouvelle équation sociale, fruit du hasard du calendrier qui a télescopé les contraintes du confinement et les efforts sur soi que suscite l’observation du jeûne du mois de Ramadan. Ainsi, nous allons  vivre le mois sacré, le plus inédit et le plus singulier de notre existence. Placé sous le signe de l’Etat d&rsquo;urgence sanitaire et du confinement, notre « habitus », en l’espèce cette grille d&rsquo;attitudes, des comportements sociaux qui régulent notre quotidien, connaîtra un bouleversement radical.</p>
<p>Un chamboulement qui impactera, notre rapport au sacré et notre aptitude à gérer l&rsquo;aspect profane, d’un quotidien ramadanesque, lequel nous n&rsquo;y avons jamais été préparé. Privés de nos repères, sevrés d&rsquo;une proximité, de notre singularité. Le tout se dissout et fond dans la masse des comportements allant du plus sage au plus irrationnels. Nous serons contraints, d&rsquo;inventer un nouveau mode d&rsquo;exercer ce culte, à la fois religieux et culturel, sous haute tension.</p>
<p>Mon propos, s&rsquo;intéresse essentiellement, à notre mode de domestication, aux multiples  addictions sociales, au  réel défi individuel même en temps normal, sont un véritable challenge, en période de confinement, et de couvre-feu nocturne. Par ailleurs, sachant que les nuits ramadanesques ont toujours constitué, par leur ambiance particulière et conviviale, un moment privilégié, pour se libérer des contraintes professionnelles ou personnelles pesantes, d’une journée de jeûne et d&rsquo;abstinence.</p>
<p>A ce titre, il est intéressant d’analyser ce fait sociétal sous le prisme d’une typologie comportementale fondée sur les différentes catégories d&rsquo;âges, et leur aptitude à s&rsquo;adapter aux contraintes du jeûne, en période de confinement et de distanciation sociale. Ainsi, c’est à travers la famille, comme cellule sociale de base, que sont révélés, les dysfonctionnements, induits par le confinement en plein ramadan.</p>
<p>Au niveau de la vie conjugale et parentale, comment un couple actif, avec des enfants scolarisés, pourra t-il gérer une coexistence déjà éprouvée par les restrictions professionnelles, liées au chômage technique et scolaires depuis l’arrêt dictés par les mesures d&rsquo;urgence sanitaire ?</p>
<p>Quelle alternative pédagogique et cognitive pour les adolescents, une boule d&rsquo;énergie et d&rsquo;hormones débordantes, et étouffées par une série de mesures restrictives et privatives de mobilité sociale, qu’offrait l’espace scolaire ? Un espace qui ne se réduit pas seulement à L’apprentissage, mais constitue également, un cadre de vie, d’échange et de partage, et surtout, un lieu, où, l’adolescent conjure et brave les interdits, et s’affirme en tant qu’individu, loin de l’emprise et des injonctions parentales, voire patriarcales.</p>
<p>Cet exutoire, obstrué, par le confinement, ne peut que générer un mal-être, source de problèmes psychologiques forts déstabilisants. Par ailleurs, l’activité sportive à l&rsquo;air libre, utile et agréable, très prisée pendant le Ramadan, mais hélas, suspendue, pour raisons sanitaires, ne fait qu’amplifier la frustration. De même, la digitalisation scolaire, qui s’avère une illusion déshumanisante et dépersonnalisantes de la transmission du savoir. Ce n&rsquo;est pas une solution, c’est un simulacre.</p>
<p>Toujours est-il que dans ces conditions, où tous les espaces de vie, sont fermés au public et vidés de toute substance vivifiante, et où le cloisonnement, reste l&rsquo;ultime refuge, les symptômes dépressifs  s&rsquo;y installent, et les tensions deviennent inévitables. Des adolescents devenus des oiseaux en cage. Un véritable cauchemar pour les parents comme pour les enfants.</p>
<p>Pour les hommes et dans une société patriarcale, que ce soit le père de famille ou le responsable du ménage, c&rsquo;est toujours les habitudes désagréables liées aux multiples formes d’addictions à la cigarette au à d’autres substances, aux terrasses des cafés, au rituel de la prière des Tarawih et aux jeux de cartes…Habituellement, les hommes avaient l&rsquo;habitude de passer leur journée entre le travail et le sommeil pour éviter la confrontation avec leurs conjointes, les frères, les sœurs et même leurs propres progénitures.</p>
<p>Quant aux femmes, elles avaient pour habitude durant le mois de Ramadan de gérer et de supporter les tensions des uns et des autres le ménage, la préparation des repas, les caprices des enfants, du mari et de toute la famille, elles ne peuvent avoir un répit  qu’en dehors de quelques minutes de solitude .Un moment  important pour maintenir leur équilibre mental et spirituel.</p>
<p>Les enfants en bas âge sont, certes, sources de bonheur et d&rsquo;espoir mais aussi une réserve d’énergies débordantes. Les crèches et les écoles, qui soulageaient les familles pendant le ramadan, étant fermées, c&rsquo;est à la femme qu&rsquo;échoue le rôle d&rsquo;éducatrice, en plus des tâches ménagères décuplées durant le Ramadan. Que Dieu puisse lui venir en aide.</p>
<p>Certes, c&rsquo;est dur mais pas impossible de vivre le confinement pendant le ramadan par ce qu&rsquo;on sera privé de tous nos habitudes bonnes comme mauvaises. La frustration sera au rendez-vous puis qu&rsquo;ont doit oublier nos soirées ramadanesques en famille, avec nos amis, grands-parents, frères et sœurs, cousins-cousines&#8230;</p>
<p>Oui Ramadan commence et le confinement sera plus dure&#8230; car beaucoup de personnes deviennent incontrôlables en agressant, verbalement ou physiquement, les membres de leur famille ou leurs collègues au travail, souvent à cause  des tensions issues de la proximité constante dans un espace étroit .Des personnes vont vous provoquer, vous pousser à la colère, alors surtout, ne cédez pas à cette colère, car vous n&rsquo;êtes pas concernés par le comportement de quelqu&rsquo;un même si ce comportement semble vous viser. Restez juste calme.</p>
<p>Pour comprendre comment se comporter, laissez-moi vous raconter cette petite histoire qui  traduit  intitulée La paix intérieure   « Un jour, un pêcheur  décida de méditer seul, loin de son village. Il s’en fuit dans une barque, au milieu du lac, jeta l’ancre, ferma les yeux et commença à méditer. Après quelques heures de silence, il sentit soudainement le choc d’une autre barque  heurtant la sienne. Les yeux toujours fermés, il commença à sentir la colère, puis la rage. Il ouvrit alors les yeux, prêt à hurler sur le pêcheur qui avait si brutalement dérangé sa méditation.  En ouvrant les yeux, Il resta bouche bée : c’était une barque vide qui avait heurté la sienne. L’embarcation s’était probablement détachée et avait dérivé. Il comprit que le moindre choc de l’extérieur suffisait à ce qu’il se mette, tout seul, en colère. Dès lors, chaque fois qu’il rencontrait quelque qui l’irrita ou provoqua sa colère, il se souvenait : “Cette colère est la mienne. L’autre n’est qu’une barque vide. »</p>
<p>Rappelez-vous toujours de cette phrase : Cette colère est la mienne. L’autre n’est qu’une barque vide. Et tout ira bien.</p>
<p>Faisant bon ménage contre mauvaise fortune</p>
<p>*<strong>Amina Akesbi-Hibbane, </strong></p>
<p><strong>Responsable des Ressources humaines au sein d&rsquo;une multinationale à </strong><b>Casablanca</b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Tribune-Les MRE de/en France et le Covid19 la Task force diplomatique sous tension</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2020 18:08:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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		<category><![CDATA[Task force]]></category>
		<category><![CDATA[tension]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La quasi-totalité des pays dans le monde ont été pris de cours par la propagation fulgurante, exponentielle et mortifère du Covid-19 de par son impact déstabilisant sur les infrastructures sanitaires, et, plus globalement au regard de ses effets collatéraux. La résilience des Etats est soumise à rude épreuve, y compris dans les pays les plus avancés et ceux dotés d’infrastructures les plus proportionnées à contenir une telle catastrophe sanitaire. Face à cette urgence, les pays ont pris une série de mesures inédites, brutales, voire attentatoires aux libertés. La mesure la plus partagée par les Etats est celle du confinement progressif de la population et la fermeture totale des frontières terrestres, maritimes et aériennes. Des dizaines de milliers de personnes se sont trouvées dans l’incapacité de retourner chez elles.</p>
<p>Chaque pays, selon ses moyens logistiques, diplomatiques ou militaires, tente de rapatrier ses ressortissants ou de négocier avec les Etats tiers des protocoles de gestion, in situ, de la crise. A titre d’exemple, près de 180.000 citoyens français, il y a quinze jours, ont été dans l’incapacité de rentrer en France faute de vols en provenance de leurs lieux de vacance ou de travail. La fermeture du trafic aérien fut décrétée par 121 pays à la mi-mars immobilisant près de 95% de la flotte des compagnies aériennes. Une tragédie peu médiatisée et reléguée au second plan dans la hiérarchie des priorités. Des milliers de personnes lancent des appels de détresse à leurs gouvernements en vue de leur venir en aide pour les soustraire de l’isolement, à la précarité et au sentiment d’abandon.</p>
<p>Les Marocains n’ont pas échappé à cette nouvelle facette de la crise du Covid-19. Selon les dernières statistiques officielles, publiées par le ministère des Affaires étrangères du royaume, ils sont plus de 16 800 Marocaines et Marocains à être « piégés » par cette double peine : Confinement et rétention du fait et non de droit de partir de la zone géographique où ils y sont et l’impossibilité, à court terme, de regagner le Maroc même par leurs propres moyens. La France vient en tête avec près de 4500 citoyens bloqués dans l’Hexagone, soit 26,4%, suivi de la Turquie avec 1859 personnes, soit 11%, vient en troisième position l’Espagne avec 1400 Marocains, soit 8,3%. La Belgique vient en quatrième position avec 800 personnes, soit 4,7% de nos concitoyens et enfin, les Emirats Arabes Unies où sont bloqués 715 Marocains, soit 4,2% du total. Ainsi, sur les 16 812 citoyens marocains bloqués à l’étranger, les mêmes sources ministérielles évoquent le chiffre de 2600 personnes vivant dans une situation vulnérable et sans ressources, soit 15,4% des Marocains recensés par les autorités consulaires et ayant formulés des demandes d’assistance précises et explicites.</p>
<p>Nous avons privilégié de centrer les investigations sur la situation de nos compatriotes en France du fait de leur nombre et à travers le maillage territorial de la France avec la présence de 16 Consulats, et plus particulièrement, à l’hétérogénéité des statuts juridiques des marocains de/en France (binationaux, résidents légaux, touristes et personnes en situation irrégulière). Pour ce faire, plusieurs capteurs d’informations ont été sollicités pour évaluer cette situation majeure inédite, recouper les informations et restituer les réponses concrètes pour accompagner nos compatriotes dans cette épreuve traumatisante. L’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de la crise (Ambassade, Consulats, Associations, médecins marocains travaillant dans les hôpitaux d’Ile-de-France, témoignages de victimes du blocage ou de ceux ou celles ayant des proches atteints ou non par le Covid 19…). L’objectif est de modéliser la crise dans ses dimensions humaines, sanitaires, logistiques et typologiques, formulées en demandes tendancielles en suivant la chronologie et la courbe de la demande en assistance.</p>
<p>En dépit d&rsquo;un léger retard à l’allumage après la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre le Maroc et la France, les autorités consulaires ont déployé progressivement une stratégie d’assistance au fur et à mesure de la modélisation de la demande. Une stratégie qui a atteint sa vitesse de croisière à partir du 20 Mars, axée sur les points suivants :</p>
<ul>
<li>Mise en ligne des numéros téléphoniques de 16 Consulats et de l’ambassade en phase opérationnelle 24/24 et 7j/7 pour recueillir les demandes, faire le tri, réorienter les appelants impactés vers les services ad ‘hoc et servir d’interfaces avec les autorités françaises préfectorales et communales. Ainsi, depuis le 15 Mars jusqu’à nos jours, près de 10.000 appels ont été enregistrés.</li>
<li>Une cellule d’écoute de proximité fut mise en place conjointement par le Consulat d’Orly, qui a servi de terminal logistique et le collectif des Associations des Marocains du département de l’Essonne, faisant partie de la circonscription Consulaire d’Orly en région parisienne.</li>
<li>Prise de contact directe, par audioconférence, du Président du Conseil du Culte Musulman de France, M. Mohammed Moussaoui, et le Président de la République, E. Macron en vue de parvenir à un accord garantissant l’enterrement des musulmans dans des carrés dédiés dans des cimentiers et coupants courts ainsi la rumeur macabre des   crémations. Dans la même audioconférence, M. Moussaoui a demandé au président la possibilité de mobiliser des parcelles foncières non urbanisées pour servir de carrés musulmans provisoires dans l’attente d’une éventuelle opération d’exhumation des cercueils et leur rapatriement vers leurs pays d&rsquo;origine, notamment au Maroc, dans le strict respect de la volonté des familles des personnes décédées suite à leur maladie liée au Covid-19 ou pour d’autres raisons.</li>
<li>Le Président du Conseil Français du Culte Musulman a sollicité, par courrier officiel, François Baroin, en sa qualité de  Président de l’Association des Maires de France (AMF) et du Président de l’Association des Maires d’Ile-de-France d&rsquo;autoriser la création de carrés musulmans supplémentaires pour palier à la saturation. In fine, prendre des mesures exceptionnelles face à une situation exceptionnelle.</li>
<li>Intervention des autorités consulaires pour coordonner une réquisition de chambres d’hôtels, près d’Orly, en faveur de 114 marocains et marocaines bloqués en France et n’ayant aucun réseau de solidarité local et soumis aux mesures drastiques du confinement décrétés par la France. Les autorités diplomatiques ont pris en charge l’intégralité des frais de séjours en hôtels, de nourritures et des médicaments. En parallèle, ce sont les autorités des deux pays ont pris la décision de proroger les visas pour les ressortissants marocains non résidents jusqu’à la date du déconfinement et la reprise du trafic aérien entre le Maroc et la France. De l’autre côté de la Méditerranée, les établissements bancaires marocaines, via l’Office de Changes, ont répondu favorablement à la demande de rallonger, à titre dérogatoire, leurs dotations annuelles touristiques en devises.</li>
<li>De son côté, le ministère des Affaires étrangères, en charge des MRE, s’est engagé à prendre en charge les frais d’obsèques des défunts démunis ou ceux ne disposant pas d’une assurance obsèques souscrites auprès des banques marocaines.</li>
</ul>
<p><strong>Les Marocains en/de France et le Covid-19</strong></p>
<p>Des sources hospitalières nous ont avancé des chiffres mais à prendre avec beaucoup de précaution. Nous avons tenté de recouper ces chiffres avec les sources officielles des consulats, mais nous n’avons pas pu obtenir des réponses confirmées. Des sources officielles évoquent 50 marocains décédés recensés depuis le début de la pandémie et jusqu’à la date du 10 Avril. Ce chiffre ne prend pas en compte les binationaux. Des médecins urgentistes et des personnels soignants évoquent le chiffre de 316 Marocains hospitalisés pour avoir contracté le Covid 19. Chiffre impossible à vérifier.</p>
<p>Les trois communes du département de la Seine-Saint-Denis ont délivré des permis d’inhumation pour 360 musulmans d’origine maghrébine, dont il est difficile de quantifier les personnes décédées de nationalité marocaine. Deux communes de département de l’Oise, au Nord de Paris, notamment la commune- Cluster à côté de la ville de Creil (Crépy-en-Valois) a délivré 14 permis d’inhumation, dont 6 pour des familles marocaines. Dans la première zone de pandémie à l’Est de la France, des responsables religieux évoquent le chiffre de 68 musulmans d’origine maghrébine qui ont été inhumés à Mulhouse sans toutefois préciser leur nationalité.</p>
<p>Ainsi, en l’état actuel et compte tenu des réticences et des lenteurs des familles à déclarer leurs proches décédées aux services de l’état civil des consulats d’un côté, et de l’absence de données officielles des autorités françaises, de l’autre côté, il est très difficile de répondre aux six questions brûlantes et sensibles.</p>
<p>Combien de Marocains sont décédés suite au Covid-19 ?</p>
<p>Combien de Marocains sont hospitalisés en soins intensifs en rapport au covid-19 ?</p>
<p>Combien de Marocains testés positifs au Covid-19 et qui sont confinés chez eux ?</p>
<p>Combien de Marocains bloqués sont contaminés du covid-19 ?</p>
<p>Beaucoup de question sont et seront sans réponses durant les semaines à venir en attendant le débriefing général post-crise. Egalement, d’autres questions subsidiaires sont en attente d’une réflexion et d’une stratégie post pandémie comme:</p>
<p>Pour combien de temps, nos compatriotes resteront bloqués en France ou ailleurs ?</p>
<p>Les autorités diplomatiques et consulaires qui travaillent en flux tendus, depuis bientôt un mois, vont-elles tenir humainement et financièrement face à une situation dont personne n’a été préparé ou formé pour la gérer ?</p>
<p>Quels rôles jouent, à l’instant « T », les assurances marocaines, les banques historiques dans la gestion de cette crise ? Quelles solidarités sont-elles en capacité de proposer aux Marocains de France ?</p>
<p>Quelles implications concrètes des Fondations ou Institutions dédiées aux MRE pendant la pandémie du covid-19 ?</p>
<p>Quelle communication réactive pour contrecarrer la rumeur dévastatrice sur les MRE responsables de l’introduction du virus Covid-19 au Maroc ?</p>
<p>Comment se profile la grande transhumance humaine des MRE vers leur pays pour les « vacances prochaines » dans des conditions de sécurité sanitaires, si toutefois le mot vacance a un sens par les temps qui courent et compte tenue de la fermeture de l’espace Schengen jusqu’à nouvel ordre et la décision entérinée par les 27 pays de l’Union européenne ?</p>
<p>Quels protocoles anticipés de sécurité sanitaire aux frontières du Maroc pour préserver notre pays une fois le retour à la normale, sachant que le tourisme est une source économique stratégique pour le Maroc ?</p>
<p>S’il est avéré aujourd’hui que le Maroc est parmi les pays qui ont construit une des stratégies les plus efficaces attestée par l’OMS, face à la pandémie du Covid- 19, grâce à sa doctrine (anticipation-réactivité-transparence-solidarité), il est impératif que cette même stratégie puisse inclure les MRE, particulièrement ceux qui sont démunis, endeuillés et en attente de davantage d’assistance spécifique à la hauteur de cette pandémie mortifère et anxiogène.</p>
<p>L’ambassade à Paris, les autorités consulaires, les associations, les acteurs associatifs sont en premières lignes. Elles sont soumises à une pression sans précédant.</p>
<p>A ce titre, des hommes comme M. Saad Bendouro, chef de mission-adjoint près de l&rsquo;ambassade du Maroc en France,  et des femmes du consulat d’Orly, N. Bekkali, ont été à la hauteur du défi pour mettre en œuvre les directives de Sa Majesté le Roi Mohamed VI et venir au chevet des marocains déboussolés par cette crise inédite. Des journalistes, dont H .Daoudi, des universitaires, des médecins et des anonymes ont contribué chacun dans le cadre de ses compétences, à la cohésion de notre communauté installée en France.</p>
<p>Ainsi, par cette contribution synthétique sur le Covid 19 et les Marocains en/de France, nous incitons nos compatriotes expatriés dans le monde à s’inspirer de cette démarche pour la dupliquer dans chaque pays où se trouvent nos compatriotes, afin de mesurer l’impact du Covid 19 au-delà des frontières du Maroc. Nous sommes tous en phase de gestion de crise et nous avons besoin davantage de solidarité et de cohésion, comme nous réfutons aussi les polémiques stériles ou les controverses (dixit le rôle du CCME qui n’est qu’une instance consultative et non exécutive), même si le temps de la réédition des comptes se profile inéluctablement à la sortie de la pandémie pour lancer les réformes nécessaires, en matière de santé publique au niveau mondiale et la nécessité d’en tirer toutes les conclusions comme tout le monde semble le dire : il y aura un avant et un après pandémie du Covid-19.</p>
<p>Une catastrophe qui a impacté plus d’un million d’habitants dans le monde et faisant plus de 100 000 morts dans la planète où l’Europe a payé une lourde facture au sens propre comme au sens figuré.</p>
<p>Nous sommes fières de la capacité de résilience de notre pays à gérer cette pandémie qui a chamboulé l’ordre mondial et qui a mis à nu les carences et les choix désastreux des grands pays qualifiés de modèles en matière de santé publique. Nous sommes fières du choix du Maroc qui a privilégié l’homme et non l’économie.</p>
<p>En attendant des jours meilleurs, protégeons notre pays, restons unis et solidaires, respectons les consignes du confinement, les gestes barrières, évitons les interactions physiques ou sociales, luttons contre les fake news et évitons à nos enfants scolarisés la rupture cognitive.</p>
<p>Restons ce que nous sommes toujours <strong>: <em>DES MAROCAINS</em> <em>SOLIDAIRES</em> !</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>*Par Dr Youssef Chiheb*, Professeur Université Paris Sorbonne; Géostratégie et Développement International; Directeur de Recherche au CF2R; Analyste politique à France 24</p>
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		<title>C&#8217;est dans la tempête que l&#8217;on reconnait le capitaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2020 17:24:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarité]]></category>
		<category><![CDATA[Taroudant]]></category>
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					<description><![CDATA[« A l’heure, si sombre encore, de la civilisation où nous sommes, le misérable s’appelle l’homme ; il agonise sous tous les climats et gémit dans toutes les langues », telles sont les paroles de Victor Hugo dans une Lettre sur les Misérables. Qui aurait pu prédire que ces mots prendraient tout leur sens deux &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« A l’heure, si sombre encore, de la civilisation où nous sommes, le misérable s’appelle l’homme ; il agonise sous tous les climats et gémit dans toutes les langues », telles sont les paroles de Victor Hugo dans une Lettre sur les Misérables.</p>
<p>Qui aurait pu prédire que ces mots prendraient tout leur sens deux siècles plus tard ? C’est justement en temps de crise que l&rsquo;on reconnait la grandeur d’une Nation et de son chef d’Etat. Au Maroc, c’est une épopée humaine que nous vivons faites d’élans de solidarité et de générosité.</p>
<p>La crise sanitaire provoquée par le coronavirus est avant tout une crise humaine qui fait appel à notre solidarité. L’ampleur et la complexité ont un écho planétaire. La situation exige que les pays mènent des actions coordonnées, décisives et innovantes.</p>
<p>Au Maroc, nous nous félicitons que SM le Roi ait réagi dès le début pour répondre aux défis incroyables imposés par la pandémie de COVID-19 et nous nous réjouissons de ses portées sur notre pays. Dans la foulée, Le Royaume a bouclé, jusqu’à nouvel ordre, ses frontières terrestres, aériennes et maritimes pour prévenir la propagation du nouveau coronavirus.</p>
<p>Depuis toujours, le Royaume du Maroc a connu au cours de son histoire un modèle civilisationnel singulier d’interaction entre les musulmans et les autres religions monothéistes, un pays précurseur en matière de dialogue entre Marocains et les étrangers qui ont souhaité s&rsquo;y installer. L&rsquo;histoire nous a démontré que le citoyen marocain fort de son identité a dépassé beaucoup de crises. On en est toujours sorti plus fort, plus uni grâce à la discipline et à la solidarité. C’est là l’essence même de notre état d’esprit.</p>
<p>Au niveau de la ville de Taroudant, les autorités locales ont une fois encore montré le bon exemple : l’initiative de désinfection et de contamination des rues a été saluée à l&rsquo;unanimité par la population, une démarche qui en a engendré d’autres comme celle de donner du sang dans ce temps de pandémie, car Sauver des vies reste un geste citoyen que tout le monde peut accomplir.</p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-197783 alignright" src="https://atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/04/tarodant-253x300.jpg" alt="" width="253" height="300" srcset="https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/04/tarodant-253x300.jpg 253w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/04/tarodant-864x1024.jpg 864w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/04/tarodant-768x910.jpg 768w, https://dev.atlasinfo.fr/wp-content/uploads/2020/04/tarodant.jpg 939w" sizes="(max-width: 253px) 100vw, 253px" /></p>
<p>Hier encore, Taroudannt a été témoin d&rsquo;un geste de solidarité envers les touristes confinés dans un camping caravaning. Ils sont au nombre de 61 personnes, à bord de 31 caravanes-voitures, Français pour la plupart. Grâce au déplacement de l&rsquo;autorité locale de la ville avec à leur tête le Pacha M. Khalid Belmouden, et les caïds chefs des 4 annexes administratives, ces touristes ont pu bénéficier d’un soutien moral des autorités qui se sont également engagées à ce que la distribution d’aides alimentaires d&rsquo;une association locale soit faite dans de bonnes conditions. « Chose promise, chose due », dit-on. Les touristes n&rsquo;ont pas caché leur satisfaction face à cette démarche qui témoigne de la bienveillance, la solidarité de la population locale, déclarant qu’ils n&rsquo;ont pas regretté le choix de rester confinés au Maroc à Taroudant.</p>
<p>Plus que jamais, nous avons besoin de solidarité, d’espoir et de volonté pour surmonter tous ensemble cette terrible crise. L’avenir peut nous promettre de belles surprises.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f1f2-1f1e6.png" alt="🇲🇦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f954.png" alt="🥔" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> A <a href="https://twitter.com/hashtag/Taroudant?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Taroudant</a>, c’est la population locale qui fait un travail humanitaire d’aides à des vacanciers venus de France.</p>
<p>« Non pas parce qu’ils ont rien mais par humanité car nous comprenons leur situation » comme a dit le monsieur. <a href="https://t.co/6iJCxEjIUK">pic.twitter.com/6iJCxEjIUK</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/Maroc?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Maroc</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/Morocco?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Morocco</a></p>
<p>— RTwittoma <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f1f2-1f1e6.png" alt="🇲🇦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> (@RTwittoma) <a href="https://twitter.com/RTwittoma/status/1248236593493815301?ref_src=twsrc%5Etfw">April 9, 2020</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>*Moustapha Belhaj,</p>
<p>Citoyen engagé à Taroudant</p>
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		<title>L’extrême-droite, le plus grand perdant de la guerre contre le coronavirus ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2020 18:26:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellah Boussouf]]></category>
		<category><![CDATA[CCME]]></category>
		<category><![CDATA[coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
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					<description><![CDATA[Les sorties de l’extrême-droite européenne dans les médias officiels ou dans les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter se font de plus en plus rares en comparaison à l&#8217;avant pandémie du coronavirus. De timides sorties dont le seul objectif est d’assurer qu&#8217;elle n&#8217;a pas disparu du paysage politique. Cette guerre contre le coronavirus aura confiné plus &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les sorties de l’extrême-droite européenne dans les médias officiels ou dans les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter se font de plus en plus rares en comparaison à l&rsquo;avant pandémie du coronavirus. De timides sorties dont le seul objectif est d’assurer qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas disparu du paysage politique.</p>
<p>Cette guerre contre le coronavirus aura confiné plus de la moitié des habitants de la planète dans leurs foyers, privé les plus grandes entreprises de leur main-d’œuvre, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie alimentaire et des services, et devrait aussi changer la pyramide des âges en Europe.</p>
<p>Ces conditions  feront perdre aux extrêmes-droites européennes leur plus importante carte politique et électorale, celle de la migration et des immigrés.</p>
<p>La situation actuelle rappelle « A day without a Mexican » (un jour sans Mexicains). Sorti en 2004, le film offre un regard satirique sur les conséquences de la disparition soudaine de tous les<span style="color: #000000;"> </span><span style="color: #000000;">Mexicains</span> de l&rsquo;État de Californie  et décrit des champs  de tomates, d’olives, de pommes et de fraises sans ouvriers agricoles. Les secteurs touristiques et des services américains de même, ainsi que <span style="text-transform: initial;">les usines d’installations industrielles de personnel technique, des maisons de retraites sans agents d’accompagnement, sans infirmiers&#8230;</span></p>
<p>L’après-coronavirus révélera que la thèse de l’extrême-droite selon laquelle l’immigré menace et prive le citoyen européen des opportunités de travail est fausse. Cette crise ouvrira sûrement plus d’horizons aux immigrés pour des postes d’emplois plus qualifiés ou plus importants que ceux d’aujourd’hui et une reconnaissance de leur force qualitative et de leurs compétences techniques, scientifiques et intellectuelles.</p>
<p>Ces propos ne surestiment pas la valeur de l’immigration mais traduit la réalité sous l’angle de la positivité. Car il est probable à ce que l’extrême-droite européenne soit le plus grand perdant de la guerre contre le coronavirus car elle est ne dispose pas d’une vision réaliste des politiques publiques.</p>
<p>Cela suppose que les priorités de l&rsquo;ère post-coronavirus doivent être réorganisées. Ce qui signifie surtout une réorganisation des priorités de l&rsquo;électeur européen.</p>
<p><strong>Abdellah Boussouf,</strong></p>
<p><strong>Historien, Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l&rsquo;étranger (CCME)</strong></p>
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		<title>Tribune: « Nous sommes face à un choix de société »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Atlasinfo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2019 06:35:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Narjis Rerhaye et Ahmed Ghayet]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!--PARAGRAPH --> </p>
<div class="photo top" style="text-align:center"> <a href="https://atlasinfo.wpengine.com/photo/art/grande/37576825-33130215.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> <img decoding="async" id="img-37576825-33130215" src="https://atlasinfo.wpengine.com/wp-content/uploads/2019/12/37576825-33130215.jpg" alt='Tribune: 'Nous sommes face à un choix de société"" title="Tribune: "Nous sommes face à un choix de société"" /> </a> </div>
<div class="texte"> Depuis des années le mouvement féministe Marocain, des Femmes et des Hommes, des jeunes, ont fait du combat pour les libertés de la Femme -qui vont bien évidemment de paire avec les libertés de l’Homme- leur priorité. </p>
<p> La liberté de disposer de son corps, d’aimer, la liberté de circuler, la parité, l’égalité des chances et des salaires…ces causes sont un tout, elles sont une ! </p>
<p> Combien de femmes ont-elles payé de leur vie le fait d’être femme ? </p>
<p> De pétitions en rassemblements, de sit-in en manifestations… ces militant(e)s n’ont eu de cesse de se mobiliser, souvent dans le silence, parfois dans l’indifférence mais toujours avec constance et courage : rappelons nous de Hanane (l’une des dernières en date, parmi tant d’autres) ajoutons y d’ailleurs le petit Reda de Meknes, souvenons nous de l’affaire des jupes d’Inezgane, du bisou des adolescents de Nador et tout dernièrement des jeunes bénévoles Belges menacées car vêtues de shorts… Bref toutes ces affaires ont la même valeur, méritent la même mobilisation et nécessitent la même détermination ! </p>
<p> Comment ne pas voir qu’il s’agit en fait d’un choix de société ? </p>
<p> Où nous choisissons de vivre en harmonie les un(e)s avec les autres &#8211; où le mot liberté ne dépendra pas d’un genre – où bien nous irons vers plus de ghettoïsation, plus de défiance, plus d’inégalité(s), plus de discrimination dont la femme sera la victime expiatoire ! </p>
<p> A l’heure où vont débuter les travaux devant conduire notre pays vers un nouveau modèle de développement, nous ne pouvons plus nous cantonner à la dénonciation, à la protestation, il est évident que nous sommes face à un choix d’avenir : notre combat est porteur de propositions, d’idées, de valeurs, de choix : notre sensibilité doit être présente dans les structures chargées de réfléchir à ce nouveau modèle de développement qui conditionnera notre choix de vie, nos voix doivent être prises en compte. </p>
<p> De ces luttes ancrées dans le temps -et dans lesquelles il est absolument indispensable d’inclure les nouvelles générations- nous sommes les héritiers ; cette prise de position a valeur d’engagement, elle ne saurait être ponctuelle : nous nous engageons pour que la voie que nous traçons, le modèle auquel nous aspirons, ce choix que nous incarnons soit l’un des piliers de la société que nous voulons laisser à nos enfants. </p>
<p> Un futur -qui doit s’incarner d’ores et déjà dans le présent- où la liberté se conjuguera aussi bien au féminin qu’au masculin et se déclinera au pluriel. </p>
<p> Narjis Rerhaye : écrivaine et activiste <br /> Ahmed Ghayet : acteur associatif et culturel </p></div>
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		<title>Michel Serres,  Le Messager</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Atlasinfo]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 10:03:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
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					<description><![CDATA[Mustapha Saha*]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!--PARAGRAPH --> </p>
<div class="photo top" style="text-align:center"> <a href="https://atlasinfo.wpengine.com/photo/art/grande/34495556-31540075.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> <img decoding="async" id="img-34495556-31540075" src="https://atlasinfo.wpengine.com/wp-content/uploads/2019/12/34495556-31540075.jpg" alt='Michel Serres, Le Messager' title="Michel Serres, Le Messager" /> </a> </div>
<div class="texte"> La disparition subite d’une vieille complicité philosophique se vit, non point comme un vide, mais comme une tempête émotive et une secousse cognitive, qui font remonter à la surface les souvenirs par vagues successives. A commencer par ces conversations rhizomiques, hyperboliques, frénétiques à l’Université libre et libertaire de Vincennes, une auberge espagnole ouverte aux salariés et aux non-bacheliers. Les protagonistes sont entrés depuis longtemps dans la postérité. Michel Serres rejoint ses géniaux acolytes, Michel Foucault, François Châtelet, Gilles Deleuze, Jean-François Lyotard… </p>
<p> Demeurent des chefs-d’œuvre, des livres fondateurs, des pensées délivrées des vieilles ornières académiques. Souvenirs, souvenirs. Souvenirs des cours improvisés comme des palabres africaines, dans la brume hallucinante des clopes et des cibiches clandestines, des étudiants agglutinés par terre, des diatribes théâtrales dans une atmosphère chaotique, où la contestation fait office d’esprit critique. L’enjeu central, la remise en cause du patriarcat pédagogique, de l’autorité mandarinale des professeurs, qui cultivent, du jour au lendemain, comme leurs disciples, l’autodérision en salutaire antidote. Les cyniques grecs enjambent les millénaires pour faire un pied de nez aux fenêtres. Au-delà des manifestations excentriques, des postures extravagantes, des argumentations zigzagantes, une conscience aiguë des dangers du néolibéralisme, désireux, technocraties mobilisées tous azimuts au crépuscule des trente Glorieuses, de mettre main basse sur les sanctuaires universitaires. La maison bleue de Michel Serres à Vincennes conserve, à coup sûr, dans ses niches, les échos des pourparlers interminables. </p>
<p> François Châtelet thématise la révolte intellectuelle, et le rôle de la philosophie dans la culture et la société, dans un livre admirable, « La philosophie des professeurs » (éditions Grasset, 1970). Il s’agit de renouer avec la raison pratique de la maïeutique, de délivrer les concepts des carcans des programmes, des cours, des manuels, des dissertations téléguidées, qui formatent les esprits dans des moules disciplinaires, il s’agit, en d’autres termes, de faire descendre l’exercice de la pensée dans la rue. Ce que Michel Serres s’évertue à concrétiser toute sa vie. La désincarnation, l’autoréférentialité, la redondance exégétique de la philosophie, sont renvoyées aux musées des conceptions périmées. </p>
<p> L’histoire de la philosophie est bouleversée par des problématiques et des méthodologies inédites. Michel Serre initie une nouvelle approche, vivante, vivifiante, des théories positivistes de la science, et des rapports entre la rationalité grecque et les mathématiques. François Châtelet, modérateur de cette collectivité turbulente, est auteur, entre autres, du livre de référence « Périclès et son siècle » sur le miracle grec au Vème siècle avant Jésus-Christ, siècle d’or et de violence, qui fait de chaque citoyen un acteur actif de l’entreprise commune, dans laquelle le travail littéraire, dramaturgique, philosophique de Phidias, d’Anaxagore, de Thucydide, de Protagoras, de Sophocle agissent comme des incitations dynamisantes. Retour aux sources de la démocratie, une démocratie dévoyée à travers les siècles par l’escroquerie représentative. La solution théorique existe, la démocratie directe, longtemps considérée comme une irréalisable utopie faute de moyens techniques. Avec la Révolution numérique, l’obstacle est levé. </p>
<p> J’attends patiemment, dans le désenchantement post-soixante-huitard, la livraison suivante de la série Hermès de Michel Serres, finalement déclinée en cinq volumes, « La Communication », « L’Interférence », « La Traduction », « La Distribution », « Le Passage du Nord-Ouest » (éditions de Minuit, 1969 – 1980). A partir de la Révolution de la Mai 68, le monde entre dans une mutation civilisationnelle, liquidatrice de l’antique architecture pyramidale, instauratrice d’expériences transversales, dynamisées par la libre circulation de l’information et l’autogestion réseautique. Les logos et les praxis, les alternatives et les intercurrences, les intelligences et les accointances s’interconnectent et se virtualisent, s’entrecroisent et se matérialisent, s’entremêlent et se fertilisent. La communication, jusque-là monopolisée, instrumentalisée, cérémonialisée par les pouvoirs politiques, économiques, religieux, échappe marginalement à l’utilitarisme et se retrouve, par son imprévisible propagation, en position de submerger les prépotences acquises et les prérogatives acquises. L’herméneutique interdisciplinaire, pluriréférentielle, de Michel Serres constitue, dans ce contexte, une éclairante problématisation. </p>
<p> En bon disciple de Gaston Bachelard, son professeur, Michel Serres combine en permanence le scientifique, le philosophique, le poétique, l’artistique, et se méfie des interférences corruptrices de la politique. La figure d’Hermès, le messager, le passeur, le transmetteur, veille sur toute l’œuvre, du premier livre, sa thèse de doctorat « Le système de Leibnitz et ses modèles mathématiques » (éditions Presses Universitaires de France, 1968), au dernier libelle « Morales espiègles » (éditions Le Pommier, 2019). Hermès, le gardien des routes et des carrefours, le pourvoyeur des bonnes fortunes, le dieu lunaire animé du feu divin, le protecteur des orateurs, des voyageurs, des navigateurs, des surfeurs, des internautes… Une pensée ancrée dans les racines ontologiques de la philosophie, exploratrice de ramifications épistémologiques du devenir, dénicheuse de l’idée neuve en germination dans les forêts denses du savoir. Une pensée cumulative qui révèle les liens souterrains des champs dissociés par les spécialisations exclusives. « Le Contrat naturel » (éditions François Bourin, 1990), dote de droits inaliénables les écosystèmes et complète avec bonheur « Le Contrat social » de Jean-Jacques Rousseau. L’anthropocentrisme est battu en brèche par l’écocritique. Comment dépolluer la planète des objets-monde, « les satellites pour la vitesse, les bombes atomiques pour l’énergie, les ondes électromagnétiques pour l’espace, les résidus nucléaires pour le temps… » ? </p>
<p> Dans l’une de ses dernières interventions sur la chaîne de télévision Arte, en Mai 2019, une semaine à peine avant de s’éteindre comme une chandelle, Michel Serres explique pourquoi l’école a perdu le monopole de la transmission des savoirs et pourquoi l’éducation nationale est devenue une institution éminemment anomique, désorganisatrice, déstabilisatrice, dans un monde où chaque internaute dispose d’une plateforme qui regroupe toutes les écoles, toutes les bibliothèques, toutes les données documentaires, où chaque cybernaute jouit à demeure d’une véritable salle de rédaction qui peut diffuser dans la planète entière ses propres contributions. Les réformes politiques sont, dans ce contexte, inefficientes sinon risibles. Les structures figées sont continuellement bouleversées par les inventions perpétuelles. Toute invention est une transgression, une désobéissance, une infraction à l’ordre établi. Les inventeurs sont souvent malicieux, facétieux, rebelles. L’espièglerie est tout simplement un décalage, un regard oblique, insolite par rapports aux habitudes usuelles. Le professeur des temps présents se retrouve devant un challenge inédit, devenir un penseur, avoir cette aptitude plus complexe, plus subtile, plus raffinée, plus enthousiasmante, de transformer l’information en connaissance. </p>
<p> </div>
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		<title>Adonis en fraternité poétique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Atlasinfo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Feb 2017 09:53:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
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					<description><![CDATA[*Mustapha Saha &#8211; Nous sommes dans l’enclave historique du Marais, aux abords du Musée Picasso, chez notre amie Rabiaâ Menouar, propriétaire de la galerie d’art du même nom. Adonis, après les fraternelles accolades, s’emmitonne dans sa chaleureuse nonchalance. Les projets communs s’élaborent sans formalités pesantes. Elisabeth immortalise les fugacités parlantes. La sphère intimiste s’imprègne de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!--PARAGRAPH --> </p>
<div class="photo top" style="text-align:center"> <a href="https://atlasinfo.wpengine.com/photo/art/grande/11271819-18758435.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> <img decoding="async" id="img-11271819-18758435" src="https://atlasinfo.wpengine.com/wp-content/uploads/2019/12/11271819-18758435.jpg" alt='Adonis en fraternité poétique' title="Adonis en fraternité poétique" /> </a> </div>
<div class="texte"> *Mustapha Saha &#8211; </p>
<p> Nous sommes dans l’enclave historique du Marais, aux abords du Musée Picasso, chez notre amie Rabiaâ Menouar, propriétaire de la galerie d’art du même nom. Adonis, après les fraternelles accolades, s’emmitonne dans sa chaleureuse nonchalance. Les projets communs s’élaborent sans formalités pesantes. Elisabeth immortalise les fugacités parlantes. La sphère intimiste s’imprègne de l’urbaine atmosphère. S’évanouissent dans la brume les vautours des beaux jours. L’esprit de Victor Hugo hante les alentours. Quand ciel s’obscurcit, son pas lourd résonne dans les ruelles désertes, déplie détour sur détour, aiguille la quête hésitante. Des portiques impénétrables s’ouvrent par enchantement sur cours miraculeuses. Ne voit-on pas, à travers la vitre, les silhouettes empressées d’Alphonse de Lamartine, Prosper Mérimée, Théophile Gautier… se rendre aux communions rituelles du salon rouge ? La maison muséale, Place des Vosges, couve jalousement ses portraits lymphatiques et leurs moirures mouvantes, ses gravures énigmatiques et leurs nébulosités captivantes, ses ubiquités fantomatiques et leurs lueurs poursuivantes. Les tableauxjavascript:void(0) et les bustes ponctuent, en balises voyantes, la présence théurgique de l’icône du romantisme. </p>
<p> Secrètement, je recense les correspondances entre les deux enfants d’Apollon, les convergences entre mystiques révolutionnaires, les concordances entre extatiques visionnaires. Picasso s’expose en symbiose avec Giacometti dans son antre mitoyenne. Par quelle magie l’âme poétique réunit les êtres dans lesquels elle se réincarne ? N’est-ce pas ce que magnifie Victor Hugo dans ses tables tournantes, ses télépathies intrigantes, ses stichomythies hallucinantes ? Gare aux simplifications cartésiennes qui n’y voient qu’artifice divinatoire. Les poètes, convulsés d’énergies indomptables, sont translateurs de l’informulable, convertisseurs de l’indiscernable, intercesseurs de l’insoupçonnable. Leurs œuvres germent, bourgeonnent, fleurissent dans une niche cérébrale insoupçonnable. </p>
<p> Adonis irradie tranquillement son mysticisme chamanique, sa débonnaire éthique, sa douce colère envoilée de sérénité bouddhique. Et cette sagesse dubitative préservée des convictions excessives. Et cette disponibilité réceptive sans réserve spéculative. Et cette fraîcheur imaginative, teintée de malice, qui désarçonne les vaines rhétoriques. Et cette vision panoramique, qui décèle instantanément l’essentiel dans la sophistique. Et cette lucidité sans amertume, qui déploie sa liberté réflexive dans l’intensité créative. </p>
<p> <b>Le poète est rebelle ou n’est pas</b> </p>
<p> Que dire des mystères de l’intuition créative quand l’écriture et la peinture s’envoûtent d’indicible, quand l’invisible se manifeste dans des métaphores immarcescibles ? Les philosophes Blaise Pascal et Henri Bergson, et combien d’autres penseurs contemplatifs, se sont approchés de cette porte impensable sans la franchir. N’en filtrent qu’éclats d’immortalités incompréhensibles. Comment résoudre l’énigme de l’énigme ? L’éruption poétique et artistique, comme l’intuition scientifique et l’illumination philosophique, échappent à l’intelligible. La littérature peut décrire leur surgissement sans percer leur part intangible. L’introspection elle-même s’avère impuissante face aux vagues énergétiques qui la submergent. La muse fécondatrice s’initialise d’ondes indéfinissables. Une liberté fabuleuse s’épanouit dans ce territoire indéterminable. La fécondation de l’œuvre s’impose à l’auteur comme une visitation cosmique. Les ressorts de l’inspiration relèvent d’une mécanique indescriptible. Le don est une clairvoyance innée. L’imperceptibilité de la vie devient aussitôt manifeste dans la création singulière qui l’a captée. Le poète, l’artiste n’a d’autre raison d’être que sa vocation médiumnique. L’œuvre germine dans les entrailles comme une graine céleste. Quand elle remonte à la conscience, elle requiert son incarnation. Elle plonge son accoucheur dans un état de possession. Elle s’accapare de toutes ses facultés imaginatives comme une idée fixe, obsessionnelle. Elle enfièvre sa veine irrationnelle, exaspère sa fibre émotionnelle, attise sa braise passionnelle. Nulle force ne peut dompter l’élan poétique, la flamme artistique. Comment peut-on plier le poète, qui n’a d’autre ressource expressive que l’embrasement volcanique qui le dévore de l’intérieur, aux canons dogmatiques ? Le poète est rebelle ou n’est pas. </p>
<p> Les ectoplasmes d&rsquo;Ibn Hazm, de Nazhoun Al Qal&rsquo;iyya, d&rsquo;Ibn Zaïdoun, de Wallâda Bint al-Moustakfi, de Hafsa Al-Rakouniyya , d&rsquo;Ahmad al-Tifachi, et leurs strophes impérissables, agitent à l’horizon leurs torches bigarrées, consolent de leurs odes orgastiques les sagesses désemparées, secouent dans leur chevauchée hors-temps les générations égarées. « Le Collier de la colombe » d’Ibn Hazm m’apparaît sur peinture abstraite. Défile dans ma tête, en rapide rétrospective, l’incroyable destinée de ce poète fidèle à ses convictions, malgré le doute et la désillusion, la malveillance et l’exclusion, l’exil et la réclusion. Et l’apologie de Cupidon en salutaire abandon. Et le « Kitab al-Zahra » d’Ibn Daoud, le mythe de Sphairos d’Enpédocle et Le Banquet de Platon en hermétique référence. Une poésie intemporelle de l’amour et de ses turpitudes. Une tentative désespérée de sacraliser la fusion charnelle. Et l’inconsolable nostalgie de la sphère originelle. Et le remord de l’unisson frappée de finitude. Et la greffe impossible des organes de la plénitude. Et l’envolée brisée dans la béatitude. Et la passion de l’alter ego nécessaire, marquée d’incertitude. Et l’amoureuse épopée de Nazhoun Al Qal’iyya et d’Ibn Zaïdoun. En ces temps d’indigence prosodique, ces éternels jardiniers de la langue ne sont-ils pas les vrais interlocuteurs d’Adonis ? </p>
<p> Le choix de l’hétéronyme « Adonis », personnification des cycles de renaissance et des saisons régénératrices, dessine, dès la jeunesse, la trajectoire programmée, l’aspiration réclamée, l’intention proclamée. La rose et le myrte, attributs d’Adonis, humain d’origine phénicienne parmi les dieux grecs, amant d’Aphrodite et de Perséphone, ne sont-ils pas également les symboles de la muse Erato, patronne de la poésie érotique et lyrique. Aphrodite, découvrant Adonis mortellement blessé par un sanglier, verse une larme une goutte de son sang, qui engendre l’anémone, rouge offrande de la perte irréparable. Avec cet emprunt, Ali Ahmed Saïd Esber, poète des transmutations, se métamorphose en citoyen du monde qui, comme il le formule, « affranchit les mots de l’esclavage des mots ». L’être fraie librement son chemin quand il se renomme. </p>
<p> <b>L’ère des idéologies mortifères</b> </p>
<p> Adonise écoute et commente avec bienveillance. Quand la subtilité philosophique s’impose comme sémaphore, le dialogue fait l’économie des gloses subalternes. La société arabe se retrouve, depuis la fin des colonialismes, dans un rapport schizophrénique au monde. Elle est dedans et dehors. Elle accumule, en ses parties cousues d’or, les architectures postmodernes et les intimidantes casernes, les équipements technologiques et les gadgets électroniques. Imagination captive de son rétroviseur, elle se fossilise dans des postures régressives. La planète avance dans le chaos, elle rétrograde et dégénère dans le prophétisme apocalyptique et l&rsquo;excitation psychotique,le carnage absolutoire et le sacrifice expiatoire. Les légions sévissent sous protection clandestine. L’ignorantisme sanguinaire diabolise ses contradicteurs pour sacraliser une guerre génocidaire dont nul ne connaît clairement les commanditaires. La terreur sans visage, experte en manipulation psychologique et en intoxication médiatique, vise indistinctement les élites réfractaires et les masses populaires. Les frayeurs collectives confortent les desseins maléfiques et les manœuvres machiavéliques des gouvernances arbitraires. L’idéologie sécuritaire creuse son lit dans l’angoisse commune. Les crimes incessants contre l’humanité se glorifient de leur impunité et de l’inaction de leurs dénonciateurs. La presse indépendante et l’intelligentsia critique sont les cibles prioritaires de la vindicte purgative. La culture s’assassine à chaque coin de rue. </p>
<p> Le poème, matrice de l’écriture, imprévisible saillie d’anamnésie somatique, réminiscence occulte de charnelle aventure, est une œuvre qui se scénographie et se visualise, se calligraphie et se théâtralise, se scande et se vocalise. Jusqu’à l’avènement de l’imprimerie, il était inconcevable de lire quelque stance en silence, fusse dans la solitude. Dans son Diwân de la poésie arabe classique, Adonis s’attache essentiellement à l’esthétique, cette combinaison magique qui sublime la voix singulière, cette efflorescence métaphorique qui réverbère l’émotion particulière, cette résonance alchimique qui perpétue la parole perlière. L’esthétique, en cette occurrence, prime l’historique parce que la poésie, comme l’art, s’étincelle d’impondérabilités sapientielles, s’illumine de brumailles existentielles, s’étoile d’assonances providentielles. </p>
<p> <b>Ressusciter Ibn Rochd (Averroès)</b> </p>
<p> Ibn Rochd s’invite subrepticement dans la conversation. Nous nous promettons spontanément de ressusciter cet éclaireur de la raison, à contre-pied de sa postérité prestigieuse, comme dynamiteur de la torpeur orientale. Le fondamentalisme cloisonne, codifie, rigidifie la culture arabe, une culture qui ne connaît son épanouissement littéraire, artistique, scientifique que dans des oasis historiques bénies d’un vent de liberté. Le combat philosophique le plus épique à cet égard oppose Abou Hamid Al-Ghazali (1058-1111), théologien, juriste et mystique dogmatique, et Ibn Rochd (1126 – 1198), médecin et philosophe andalou, maître du rationalisme émancipateur, qui défend, au prix de son bannissement à Marrakech pour hérésie, la théorie péripatéticienne de l’intellection active, défricheuse des ressorts cachés des phénomènes, cependant que l’âme n’est qu’une faculté passive, une substance périssable qui n’accède à l’entendement qu’en captant les éclairs de l’intelligence universelle . N’est-ce pas là l&rsquo;explication la plus rationnelle de la quête mystique ? L’affrontement se focalise autour de deux traités fondateurs, deux livres incendiaires aux retombées idéologiques incalculables. Les arabes, après avoir été les transmetteurs miraculeux de la philosophie grecque s’en détournent, à l’exception notable d’Ibn Rochd. L’ouvrage ravageur d’Al Ghazali « Tahafout al-falasifa » (le Délire des philosophes, 1095), où le déterminisme théocratique et la réfutation de la causalité ne laissent aucune marge à la raison, exécute en règle la libre pensée. Al Ghazali classe la conscience et l’intelligence dans les outils misérables qui n’ont d’autre utilité que d’appréhender les futilités de la vie matérielle et l’indigence ontologique de la condition humaine. Il dépouille l’être humain de toute volonté propre, ne lui concédant que l’obéissance aveugle aux commandements de l’omniprésent, l’omniscient, l’omnipotent, sans forme et sans substance, comme porte de salut. Il ne voit d’autre alternative à l’être vertueux, pour se rapprocher de la vérité suprême, que la renonciation au monde, la purification du corps et de l’âme de toute imprégnation terrestre. Il recommande le dépouillement renonciataire, la désocialisation volontaire, la claustration solitaire, en un mot, la dépossession de soi. Il instille le sentiment de peur, le réflexe de la soumission, la dévotion moutonnière dans le subconscient des croyants. Il soumet la transgression soufie aux règles compressives de la chariâ. Toute l’œuvre d’Al-Ghazali est un verrouillage méthodique de l&rsquo;esprit critique. Alors que les thèses d’Ibn Rochd sont rejetées, pendant dix siècles en Orient, dans les géhennes de la prohibition, et qu’elles ne sont redécouvertes qu’à l’occasion de la Nahda avortée du dix-neuvième siècle, le puritanisme ghazalien creuse ses ramifications dans l’enseignement élitaire et le psychisme populaire. </p>
<p> Et pourtant, depuis le Moyen Âge, en passant par la Renaissance, l’averroïsme s’impose en Occident comme une école de pensée fondatrice de la modernité, au point qu&rsquo; au XIIIème siècle, les maîtres de la Faculté des Arts l’enseignent comme corpus incontournable. Dans « Le discours décisif » ou « Le Livre du discours décisif sur la connexion entre révélation et philosophie » (1179), Ibn Rochd, Cadi de Courdoue, conclut sur l’exigibilité de la connaissance philosophique dans toutes les disciplines du savoir, y compris la théologie. Il recourt souvent au syllogisme pour contourner l’hégémonisme dogmatique. Il défend cependant, avec une constance remarquable, l’impératif d’une pensée libre, affranchie de l’emprise religieuse, et le statut social du savant désenchaîné du pouvoir théocratique. Il localise l’enjeu de l’autonomisation de l’intellectuel de toute influence profane ou spirituelle. Une pensée d&rsquo;une actualité brûlante… </p>
<p> <b>*sociologue, poète, artiste peintre </b>  </div>
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