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	<title>Décryptages &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Décryptages &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Américains et Iraniens : Poker Vs Echecs ?</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 10:56:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Si l’on veut distribuer les rôles dans la grande négociation entre Américains et Iraniens, Donald Trump incarne celui du joueur de poker, tandis que les Iraniens endossent celui des joueurs d&#8217;échecs. Le premier, tout en communication où les désirs sont souvent pris pour des réalités. Les seconds, en dénégation, communication autistique et calculs froids. Il &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3 class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Si l’on veut distribuer les rôles dans la grande négociation entre Américains et Iraniens, Donald Trump incarne celui du joueur de poker, tandis que les Iraniens endossent celui des joueurs d&rsquo;échecs. Le premier, tout en communication où les désirs sont souvent pris pour des réalités. Les seconds, en dénégation, communication autistique et calculs froids.</strong></span></h3>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Il faut dire que les premiers jours de la guerre ont ouvert une séquence perméable à toutes les éventualités. Pour Donald Trump, avoir décapité aussi rapidement et efficacement la tête du régime iranien, Ali Khamenei, laissait espérer une chute rapide et inévitable, tel un château de cartes. La soif des Iraniens pour un changement de régime devait faire le reste. Tant le président américain que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont ainsi misé sur un soulèvement spontané de la rue iranienne, appelée à se rebeller, à s’emparer des leviers du pouvoir et à concrétiser le rêve de Donald Trump de renverser ce régime iranien, honni par son peuple et craint pour la sécurité de son voisinage.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Pour les autorités iraniennes, après l’effet de marteau sur la tête, le régime ne s’est pas écroulé. Elles sont parvenues à désigner un autre guide suprême, Mojtaba Khamenei, signe d’une continuité du pouvoir. Il est vrai que le nouveau guide est demeuré, jusqu’à aujourd’hui, invisible — si invisible que les services de renseignement occidentaux ne disposent d’aucune réelle preuve de vie &#8211; Les deux fois où il est intervenu dans les médias, ce fut d’abord à travers un message lu par une présentatrice de la télévision iranienne, puis à travers un message écrit diffusé à l’occasion de la fête de Norouz.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Le régime iranien a donc encaissé la décapitation de sa tête et mis en œuvre deux stratégies guerrières qui semblent avoir surpris l’administration américaine. Outre l’envoi de missiles sur Israël, prévisible et déjà éprouvé lors de la guerre de juin dernier, le régime iranien s’est attaqué aux pays du Golfe, qu’il considère comme un prolongement territorial et politique de l’Amérique dans la région. La seconde initiative a consisté en une fermeture partielle du détroit d’Ormuz, une artère vitale pour l’économie mondiale.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Au bout de quatre semaines d’une guerre sans merci et de bombardements américains et israéliens massifs visant de nombreuses infrastructures iraniennes, le régime a conservé de précieuses ressources lui permettant de prolonger l’affrontement au-delà de ce qui est politiquement tenable, ainsi qu’une forte capacité de nuisance qui continue de déstabiliser l’ensemble de la région.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Dans cette équation militaire, la notion du temps n’est pas la même chez les Américains et les Israéliens que chez les Iraniens. Aussi bien à Washington qu’à Tel Aviv, une guerre d’usure et un enlisement sont difficiles à gérer et à supporter. Donald Trump fait face à deux défis majeurs en interne. Le premier est la hausse des prix, qui risque de rendre cette guerre encore plus impopulaire. Le second est l’approche des élections de mi-mandat, destinées à renouveler une grande partie du Congrès américain. Le risque, pour Donald Trump, est de perdre sa majorité et d’offrir le Congrès aux démocrates, qui ne manqueraient pas de lui faire payer ses «erreurs» et ses «outrances».</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Pour Benjamin Netanyahu, une guerre qui s’enlise n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Les pressions psychologiques et économiques que la société israélienne est en train de subir pourraient produire des effets boomerang sur sa posture de chef de guerre. Et, à l’instar de Donald Trump, il a un intérêt particulier à ce que cette affaire iranienne soit réglée le plus tôt possible, bien entendu à son avantage, avec la destruction du régime iranien.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Et c’est là où la différence stratégique avec l’Iran s’installe. Le régime iranien a le temps pour lui. Il tire sa force des points de faiblesse de ses adversaires. Le bourbier est pour lui une bouée de sauvetage et un moyen de marquer des points malgré son infériorité militaire.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">C’est sans aucun doute en prenant en considération ces nouvelles donnes que le régime iranien tergiverse dans le processus de négociation proposé par les Américains. Pire, il formule des contre-propositions tellement irréalistes qu’il accule Donald Trump soit à opérer un net recul, au risque de perdre la face sur la scène internationale, soit à s’engager dans une escalade majeure, comme le déploiement de forces terrestres pour occuper l’île stratégique de Kharg et risquer de plonger toute la région dans un chaos indescriptible.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Entre un joueur de poker et un joueur d’échecs, les techniques, les stratégies et les postures diffèrent, mais l’objectif demeure le même: déstabiliser l’adversaire, le pousser à concéder et à reconnaître une situation d’échec. Qui de Donald Trump ou du régime iranien aura le dernier mot dans cette grande confrontation militaire et politique ?</p>
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		<title>IA : le nouveau terrain de l’intelligence économique</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 11:21:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’intelligence artificielle est encore présentée comme une révolution technologique. Elle est déjà une transformation des rapports de puissance.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le débat public reste souvent focalisé sur les performances, les usages et les gains de productivité. Mais l’essentiel se joue ailleurs. L’IA ne modifie pas seulement les outils. Elle recompose la chaîne qui relie l’information à la décision. Et c’est précisément là que se situe désormais le cœur de l’intelligence économique.</p>
<p>Dans l’histoire, les grandes ruptures technologiques ont toujours redessiné les équilibres. L’imprimerie a déplacé l’autorité sur le savoir. La révolution industrielle a redistribué la puissance économique et militaire. La guerre froide a installé durablement la centralité du renseignement, de l’influence et de la perception. L’IA s’inscrit dans cette continuité, mais avec une portée plus profonde : elle agit directement sur les filtres qui sélectionnent, hiérarchisent et reformulent l’information. Autrement dit, elle intervient au niveau même où se fabrique la décision.</p>
<p>Dans ce nouvel environnement, la valeur stratégique se déplace vers les couches invisibles : données, infrastructures cloud, puissance de calcul, modèles fondamentaux, standards techniques et interfaces d’accès à l’information. Ce déplacement n’est pas neutre. Il s’accompagne d’une concentration croissante des capacités critiques entre un nombre limité d’acteurs. Le Stanford AI Index 2025 souligne à la fois le poids croissant de l’industrie dans les modèles d’IA les plus notables et la hausse record des investissements privés en 2024. L’UNCTAD insiste, elle, sur la concentration du développement de l’IA dans un nombre limité de pays et d’entreprises. L’OCDE documente enfin les risques concurrentiels liés à la forte concentration du cloud et de l’infrastructure physique de l’IA.</p>
<p>La question centrale devient alors simple : qui contrôle la chaîne informationnelle qui précède la décision ? Qui collecte les données ? Qui héberge les flux ? Qui entraîne les modèles ? Qui fournit le calcul ? Qui fixe les standards ? Qui structure les interfaces à travers lesquelles administrations, entreprises et médias accèdent à l’information ?</p>
<p>Celui qui contrôle cette chaîne ne détient pas seulement un avantage technologique. Il dispose d’un levier économique et stratégique.</p>
<p>C’est ici que l’intelligence économique retrouve toute sa centralité. Elle ne consiste plus seulement à surveiller des marchés. Elle doit permettre de cartographier les dépendances, d’identifier les asymétries, de sécuriser les chaînes de valeur et de transformer l’information en capacité de décision.</p>
<p>La grille de lecture redevient claire : veille pour détecter les dépendances critiques; tri pour distinguer le signal stratégique du bruit technologique; analyse pour comprendre les rapports de force;<br />
décision pour arbitrer entre efficacité et autonomie; protection pour sécuriser les actifs immatériels et les médiations. Cette chaîne constitue désormais le socle de la souveraineté économique.</p>
<p>Le risque, sinon, est bien identifié. Un acteur peut adopter massivement l’IA et renforcer sa dépendance. Il peut produire davantage sans maîtriser les conditions de sa visibilité. Décider plus vite sans contrôler les filtres qui orientent ses arbitrages. Moderniser ses usages tout en externalisant les couches informationnelles qui structurent son rapport au réel. Ce phénomène relève d’un encerclement cognitif.</p>
<p>Une économie ne s’affaiblit pas seulement lorsqu’elle perd des parts de marché ou des capacités industrielles. Elle s’affaiblit lorsqu’elle ne maîtrise plus les médiations qui filtrent l’information utile et structurent la décision.</p>
<p>L’IA accélère ce basculement. Les moteurs de recherche avaient restructuré l’accès au savoir. Les plateformes avaient déplacé la hiérarchie éditoriale. Les réseaux sociaux avaient fragmenté l’autorité du vrai. L’IA générative franchit un seuil supplémentaire : elle ne se contente plus d’organiser l’accès à l’information, elle participe désormais à sa reformulation, à sa hiérarchisation et à sa pré-interprétation.</p>
<p>Le problème n’est donc plus seulement la désinformation. Il devient le cadrage du réel. Dans ce contexte, la vitesse n’est pas une stratégie. Aller vite avec des dépendances mal identifiées revient souvent à s’intégrer plus rapidement dans des architectures conçues ailleurs.</p>
<p>À l’inverse, une stratégie d’intelligence économique appliquée à l’IA suppose des choix clairs : maîtriser les données sensibles, sécuriser les infrastructures critiques, former les décideurs et auditer les médiations techniques. Les travaux récents de l’OCDE sur le cloud et l’infrastructure IA insistent justement sur les enjeux de concentration, de barrières à l’entrée et d’interopérabilité, qui pèsent directement sur l’autonomie stratégique des acteurs dépendants.</p>
<p>L’enjeu n’est pas d’utiliser l’IA. Il est de savoir dans quelles conditions on l’intègre sans perdre le contrôle de ses dépendances.</p>
<p>Dans l’économie algorithmique, la puissance ne se mesure plus seulement à ce qu’un acteur produit ou possède. Elle se mesure à sa capacité à contrôler les chaînes de l’information et à transformer la connaissance en décision.</p>
<p>À l’ère de l’intelligence artificielle, une économie ne perd pas sa souveraineté lorsqu’elle manque de technologies. Elle la perd lorsqu’elle ne maîtrise plus les filtres à travers lesquels elle comprend, hiérarchise et décide.</p>
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		<title>Etats vs Big Tech : qui contrôle vraiment l’intelligence artificielle ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 15:13:26 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[compétitivité]]></category>
		<category><![CDATA[économie algorithmique]]></category>
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					<description><![CDATA[L’intelligence artificielle n’est plus seulement une affaire de technologie. Elle est devenue une question de pouvoir.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Le débat public continue pourtant de se concentrer sur l’innovation, la régulation, la compétitivité et la productivité. Ces dimensions comptent. Mais elles ne disent plus l’essentiel. La question décisive est désormais la suivante : qui contrôle les conditions dans lesquelles l’information est structurée, hiérarchisée et transformée en décision ?</strong></h3>
<p>À partir de là, l’IA change de nature. Elle cesse d’être un simple outil. Elle devient une médiation stratégique entre le réel et l’action. Or toute médiation dominante finit, tôt ou tard, par toucher à l’autorité.</p>
<p>C’est là que le débat contemporain reste en retard sur son objet. Les États continuent d’apparaître comme les acteurs centraux. Ils légifèrent, investissent, annoncent des stratégies nationales et invoquent la souveraineté numérique. Leur souveraineté juridique demeure. Mais la souveraineté juridique ne recouvre pas toujours la souveraineté fonctionnelle.</p>
<p>Car, dans les faits, une partie croissante des couches critiques de l’IA — cloud, capacités de calcul, modèles fondamentaux, interfaces et standards techniques — est concentrée entre les mains d’un nombre limité d’acteurs industriels. Le Stanford AI Index 2025 souligne que près de 90 % des modèles d’IA notables en 2024 provenaient de l’industrie, contre 60 % en 2023. Le même rapport indique aussi que le compute d’entraînement des modèles notables continue de croître très rapidement, à un rythme de doublement d’environ cinq mois. ￼</p>
<p>Nous sommes donc entrés dans une configuration nouvelle : une tension entre souveraineté institutionnelle et puissance d’infrastructure.</p>
<p>Les États conservent le droit, la légitimité politique, la coercition, la diplomatie et la sécurité nationale. Les Big Tech, elles, concentrent l’infrastructure, la vitesse d’exécution, l’innovation appliquée, les interfaces d’accès et, de plus en plus, les médiations qui organisent l’information utile.</p>
<p>Le pouvoir ne disparaît pas des États. Mais il se déplace partiellement hors d’eux. Plus précisément, il se loge dans les systèmes que les États eux-mêmes utilisent désormais.</p>
<p>Dès lors, la question n’est plus simplement : qui décide ? Elle devient : qui rend certaines décisions possibles, rapides, fluides et, à terme, incontournables ?</p>
<p>C’est ce déplacement qui importe. Un État peut réglementer l’intelligence artificielle tout en dépendant d’infrastructures qu’il ne maîtrise pas totalement. Une administration peut moderniser ses procédures tout en externalisant les couches techniques qui structurent ses flux d’information. Une entreprise peut gagner en efficacité tout en perdant la maîtrise des médiations qui orientent ses arbitrages.</p>
<p>Ce phénomène n’est pas une simple dépendance technique. Il annonce ce que l’on peut appeler un encerclement cognitif. Le terme peut sembler abstrait. Il désigne pourtant une réalité très concrète : un acteur conserve ses institutions, ses procédures et sa capacité formelle de décision, mais voit progressivement les conditions de perception, de tri, de synthèse et d’interprétation de l’information être structurées ailleurs.</p>
<p>Lorsqu’une administration, une industrie stratégique ou un acteur de défense confie à des systèmes qu’il ne contrôle pas la synthèse de données sensibles, l’organisation de flux critiques ou l’assistance à l’arbitrage, il ne délègue pas seulement une fonction technique. Il délègue une part du cadrage du réel.</p>
<p>C’est pourquoi le sujet n’est plus seulement celui de la performance. Il devient une question d’autorité, de responsabilité et de souveraineté effective. Les données disponibles confirment d’ailleurs que cette bataille se joue dans des marchés fortement concentrés.</p>
<p>Le rapport UNCTAD 2025 insiste sur le fait que l’IA se développe dans un paysage marqué par de fortes asymétries d’infrastructures, de données et de compétences, et met en avant trois leviers clés pour les pays en développement : infrastructure, data et skills. De son côté, l’OCDE souligne que le marché du cloud soulève des préoccupations de concurrence liées à la concentration, aux barrières à l’entrée et aux difficultés d’interopérabilité. Son travail sur l’infrastructure de l’IA insiste aussi sur le caractère capitalistique et stratégique des chaînes d’approvisionnement liées au compute, aux puces avancées, aux data centers, à l’énergie et aux réseaux.</p>
<p>Face à cela, deux erreurs symétriques doivent être évitées. La première est la fascination : croire que l’adoption rapide de l’IA suffit à produire de la puissance. La seconde est le refus stérile : imaginer qu’un retrait pur et simple préserverait l’autonomie. Ni l’enthousiasme naïf, ni le rejet réflexe ne constituent une stratégie.</p>
<p>La ligne juste est plus exigeante. Elle suppose une cartographie lucide des dépendances, une hiérarchisation des priorités, une maîtrise sélective des zones critiques et une doctrine claire de l’usage.</p>
<p>Pour les puissances intermédiaires, l’enjeu n’est pas de rivaliser frontalement avec les grands centres mondiaux de l’IA. Il est de savoir où la maîtrise est indispensable, où la dépendance peut être assumée lucidement, et où la protection doit devenir prioritaire.</p>
<p>C’est ici que l’intelligence économique retrouve toute sa centralité. Elle permet de cartographier les dépendances, de repérer les vulnérabilités, de lire les chaînes de valeur, de distinguer le bruit technologique du basculement stratégique et, surtout, de transformer l’information en capacité de décision.</p>
<p>Dans l’économie algorithmique, la puissance ne se mesure plus seulement à ce qu’un acteur possède. Elle se mesure à sa capacité à contrôler les conditions dans lesquelles le réel est perçu, ordonné et rendu exploitable.</p>
<p>Le vrai débat sur l’intelligence artificielle ne porte donc déjà plus uniquement sur la technologie. Il porte sur le pouvoir de structurer l’environnement informationnel à partir duquel les autres pensent, arbitrent et agissent.</p>
<p>À l’âge de l’intelligence artificielle, le pouvoir n’appartient plus seulement à celui qui décide. Il appartient aussi à celui qui organise ce que les autres peuvent voir, comprendre et, finalement, décider.</p>
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		<title>GITEX Africa 2026 : le Maroc à l’épreuve de sa centralité numérique</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 14:58:29 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Salon GITEX-Africa Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans les textes déjà consacrés à GITEX Africa, une ligne de fond s’est progressivement imposée : pour le Maroc, ce rendez-vous ne relève plus seulement de l’exposition technologique. Il est devenu, d’abord, un test de cohérence, puis l’expression d’une ambition de souveraineté numérique.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La séquence qui s’ouvre appelle désormais un troisième niveau de lecture, plus sobre et plus décisif : celui des acteurs. Car une stratégie sérieuse ne se mesure pas uniquement à ses thèmes, à ses annonces ou à son habillage institutionnel. Elle se lit aussi à la qualité des profils qu’elle agrège, à la nature des convergences qu’elle rend possibles et à la crédibilité des chaînes de décision qu’elle parvient à faire coexister dans un même espace.</p>
<p>Prévue à Marrakech du 7 au 9 avril 2026, la quatrième édition de GITEX Africa Morocco est présentée, dans le corpus officiel, comme un grand rendez-vous continental placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration met en avant une édition 2026 centrée sur l’intelligence artificielle et orientée vers l’émergence d’une économie numérique africaine compétitive, inclusive, souveraine et durable. Cette formulation est importante. Elle indique d’emblée que l’enjeu ne se limite pas à la mise en vitrine d’innovations, mais touche à une ambition plus large de structuration.</p>
<p>Dans ce dispositif, la présence de Amal El Fallah Seghrouchni revêt une portée particulière. Figure politique de premier plan dans cette séquence, elle incarne l’adossement institutionnel de l’événement et lui donne une profondeur publique qui dépasse le seul registre sectoriel. La logique affichée par les autorités marocaines consiste moins à accueillir un salon supplémentaire qu’à inscrire GITEX Africa dans une perspective de transformation, de coopération et d’orientation de l’écosystème numérique africain.</p>
<p>Le second élément significatif tient à la composition des profils visibles sur le site officiel de l’événement. On y retrouve notamment Obaid Amrane, CEO d’Ithmar Capital, Yasser Shaker, Executive Vice President et CEO d’Orange Middle East and Africa, Leila Serhan, SVP and General Manager North Africa, Levant and Pakistan chez Visa, ainsi que Major General Abdellah Boutrig, directeur général de la DGSSI. Pris séparément, ces noms renvoient à des univers distincts. Pris ensemble, ils dessinent un périmètre particulièrement révélateur : investissement, connectivité, paiements et sécurité. Autrement dit, les briques sans lesquelles aucune ambition numérique continentale ne peut durablement se consolider.</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>: <a href="https://dev.atlasinfo.fr/gitex-africa-2026-le-manifeste-dune-souverainete-numerique-a-lame-marocaine.html">GITEX Africa 2026 : le Manifeste d&rsquo;une souveraineté numérique à l&rsquo;âme marocaine</a></p>
<p>C’est à ce niveau que GITEX Africa 2026 devient plus intéressant qu’un grand salon bien organisé. Un salon attire. Une plateforme coordonne. Un dispositif d’influence, lui, cherche à faire converger des acteurs qui, en temps normal, se croisent peu dans un cadre unifié : décideurs publics, opérateurs de réseau, responsables de sécurité, investisseurs, entreprises technologiques. La présentation officielle de GITEX Africa insiste précisément sur cette fonction de rencontre entre entreprises, pouvoirs publics, investisseurs et entrepreneurs. L’ensemble suggère une volonté d’aller au-delà de la simple exposition pour approcher une logique de coordination.</p>
<p>Il faut toutefois rester diplomatique dans l’interprétation. Rien n’autorise à affirmer que le Maroc aurait déjà acquis une centralité incontestée dans l’architecture numérique africaine. Rien n’autorise non plus à transformer chaque nom affiché en indice d’un alignement stratégique pleinement stabilisé. En revanche, il est légitime de constater qu’à travers cette édition, le Royaume tente d’installer un espace où peuvent se rencontrer, avec davantage de cohérence, des logiques de politique publique, de capital, de sécurité et d’infrastructure. À l’heure où la compétition numérique se joue aussi dans la capacité à organiser la conversation, cette tentative mérite d’être observée avec sérieux.</p>
<p><strong>Lire aussi</strong>: <a href="https://dev.atlasinfo.fr/gitex-2026-le-maroc-teste-sa-capacite-a-convertir-des-acquis-reels-en-levier-de-competitivite.html">GITEX 2026: le Maroc teste sa capacité à convertir des acquis réels en levier de compétitivité</a></p>
<p>Cette lecture prolonge naturellement les précédents textes. Le premier moment consistait à rappeler que le Maroc disposait déjà d’actifs réels. Le deuxième montrait que ces actifs pouvaient nourrir un récit de souveraineté numérique. Le troisième, aujourd’hui, consiste à vérifier si ce récit commence à prendre corps dans une distribution crédible des rôles et dans une scène suffisamment lisible pour retenir l’attention des acteurs africains et internationaux. C’est souvent à ce niveau qu’une ambition se confirme ou se dissipe. Les stratégies les plus solides ne se jugent pas seulement à leur vision, mais à leur capacité à agréger autour d’elles des profils capables d’articuler décision publique, sécurité, financement et projection économique.</p>
<p>Le véritable test de Marrakech ne sera donc pas seulement celui de la fréquentation, des annonces ou de la qualité logistique d’un grand rendez-vous international. Il sera plus discret et, au fond, plus décisif : savoir si GITEX Africa 2026 permet au Maroc d’apparaître non comme un simple pays hôte, mais comme un espace où la conversation numérique africaine peut gagner en densité, en continuité et en crédibilité. À ce niveau, la centralité ne se proclame pas. Elle se vérifie.</p>
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		<title>De Téhéran à Port-Soudan : une alliance qui menace la sécurité arabe et internationale</title>
		<link>https://dev.atlasinfo.fr/international/de-teheran-a-port-soudan-une-alliance-qui-menace-la-securite-arabe-et-internationale/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 19:53:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans un contexte international marqué par des évolutions rapides, les informations faisant état de la visite d’une délégation iranienne à Port-Soudan et de réunions à huis clos avec le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, ne sauraient être considérées comme un simple épisode protocolaire. Cette démarche porte en réalité des implications stratégiques profondes, appelant &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-size: 14pt;"><strong>Dans un contexte international marqué par des évolutions rapides, les informations faisant état de la visite d’une délégation iranienne à Port-Soudan et de réunions à huis clos avec le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, ne sauraient être considérées comme un simple épisode protocolaire. Cette démarche porte en réalité des implications stratégiques profondes, appelant à une lecture attentive et à une mise en garde contre ses répercussions sur la sécurité régionale et internationale.</strong></span></h3>
<p>L’Iran n’a jamais dissimulé son ambition d’étendre son influence au-delà de ses frontières, en s’appuyant sur des réseaux d’alliances non conventionnels, souvent dans des environnements politiquement fragiles. Le Soudan, engagé dans une transition complexe, apparaît aujourd’hui comme un terrain propice à cette projection d’influence.</p>
<p>Les mouvements iraniens à Port-Soudan dépassent le cadre d’une visite diplomatique classique. Ils s’inscrivent dans une tentative de repositionnement stratégique sur la mer Rouge, l’un des axes maritimes les plus vitaux au monde. Une telle présence offrirait à Téhéran un levier supplémentaire face à ses adversaires régionaux et internationaux.</p>
<p>Certains acteurs soudanais pourraient justifier ce rapprochement au nom d’un pragmatisme dicté par l’isolement international ou le besoin d’un soutien militaire et technologique. Pourtant, l’expérience montre que les partenariats avec l’Iran ne sont jamais dénués de contreparties et s’inscrivent dans des agendas qui dépassent largement le cadre national.</p>
<p>Dans ce contexte, le risque est réel de voir le Soudan se transformer en plateforme avancée des ambitions iraniennes, que ce soit à travers une assistance militaire ou une infiltration sécuritaire. Une telle évolution pourrait aggraver les fractures internes et complexifier davantage une situation déjà instable.</p>
<p>Un rapprochement entre Téhéran et Khartoum, à ce moment précis, ne peut être dissocié des tensions régionales croissantes, notamment dans le Golfe. Dès lors, cette alliance irano-soudanaise dépasse le cadre d’un enjeu interne : elle touche directement à la sécurité nationale arabe.</p>
<p>L’établissement d’un point d’ancrage iranien sur la mer Rouge, via le Soudan, élargirait le spectre des menaces aux routes maritimes internationales, tout en accentuant la pression sur les États riverains de ce corridor stratégique.</p>
<p>Mais la portée de ce rapprochement va bien au-delà des considérations géographiques. Elle s’inscrit dans une dynamique de menace globale. Lorsque se rencontrent un projet d’expansion porté par Téhéran et un régime accusé de graves violations contre les civils, les risques se multiplient.</p>
<p>Depuis plusieurs années, l’Iran poursuit le développement de ses capacités nucléaires, suscitant une inquiétude internationale persistante quant à une possible militarisation de son programme. Parallèlement, le régime de Abdel Fattah al-Burhan fait face à des accusations récurrentes d’usage d’armes chimiques prohibés contre des populations civiles lors de conflits internes.</p>
<p>Ce croisement entre une ambition nucléaire controversée et un passif marqué par des soupçons d’utilisation d’armes chimiques interdites constitue un facteur de déstabilisation majeur — non seulement pour le Soudan et son environnement immédiat, mais pour l’ensemble de l’architecture de sécurité internationale.</p>
<p>Le timing de ces initiatives soulève, à cet égard, de nombreuses interrogations. Alors que l’Iran subit des pressions militaires et politiques accrues sur d’autres fronts, il semble chercher à ouvrir de nouveaux espaces d’influence, voire à se doter de leviers de négociation supplémentaires.</p>
<p>Pour le régime soudanais, cet alignement peut apparaître comme une tentative de rompre l’isolement. Mais il comporte un risque considérable : celui de réinscrire le Soudan dans les dynamiques conflictuelles régionales, au lieu de l’en extraire.</p>
<p>L’histoire récente montre que les alliances dictées par l’urgence, sans vision stratégique de long terme, s’avèrent souvent coûteuses. Dans le cas présent, ce rapprochement pourrait placer le Soudan dans une position particulièrement vulnérable, en le transformant en théâtre de rivalités par procuration.</p>
<p>Dans une région en pleine recomposition, le véritable enjeu réside dans la clarté des choix stratégiques — et non dans des alliances aux conséquences incertaines.</p>
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		<title>Rachida Dati ou la diversité que la France n’a jamais vraiment banalisée</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 10:42:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Pendant longtemps, le parcours de Rachida Dati a servi de démonstration commode. Magistrate de formation, ancienne garde des Sceaux, maire du 7e arrondissement de Paris depuis 2008, puis ministre de la Culture à partir du 11 janvier 2024, elle semblait confirmer à elle seule une promesse française simple : celle d’un pays où l’école, l’État &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant longtemps, le parcours de Rachida Dati a servi de démonstration commode. Magistrate de formation, ancienne garde des Sceaux, maire du 7e arrondissement de Paris depuis 2008, puis ministre de la Culture à partir du 11 janvier 2024, elle semblait confirmer à elle seule une promesse française simple : celle d’un pays où l’école, l’État et le mérite pouvaient encore porter une fille d’une famille issue de l’immigration jusqu’au cœur du pouvoir.</p>
<p>Mais ce que son parcours révèle est plus troublant que cette fable républicaine. Une démocratie pleinement apaisée avec elle-même ne transforme pas ce type d’ascension en événement permanent. Elle le banalise. Or c’est précisément ce que la France n’a jamais totalement réussi à faire.</p>
<p>Le sujet Dati dépasse donc la personne, le style, la droite, ou même Paris. Il touche à une question plus profonde : que vaut une égalité proclamée si certaines trajectoires continuent d’être reçues comme des exceptions symboliques ? Les institutions françaises se sont ouvertes. Le regard collectif, lui, a évolué plus lentement.</p>
<p>C’est là que le cas devient politiquement intéressant. Lorsqu’une femme issue d’un milieu populaire et d’une histoire familiale marquée par l’immigration accède à des fonctions associées à l’autorité de l’État, le débat ne porte jamais seulement sur ses compétences. Il charrie autre chose : une interrogation implicite sur la normalité même de cette présence. Non pas toujours : est-elle capable ? Mais plus discrètement : sa place ici va-t-elle vraiment de soi ?</p>
<p>Le problème français n’est donc plus seulement l’intégration. Il est la banalisation de la légitimité.</p>
<p>La magistrature, dans ce récit, reste un moment décisif. Dans l’imaginaire républicain, rendre la justice relève de l’un des visages les plus solennels de l’État. Qu’une femme venue d’un milieu modeste y accède devrait suffire. Pourtant, dans la réception publique, cette trajectoire a souvent été traitée moins comme une évidence républicaine que comme une singularité. Et une égalité qui continue de surprendre n’est pas une égalité stabilisée.</p>
<h3><strong>Banalisation ou exception</strong></h3>
<p>Son passage dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, a déplacé cette tension vers le centre même du pouvoir. Il ne s’agissait plus seulement d’une réussite scolaire ou administrative. Il s’agissait d’une entrée dans le noyau dur de l’État. Là encore, le fait essentiel n’est pas qu’une telle ascension ait été possible. Il est qu’elle ait continué à être perçue, pour une partie du pays, comme quelque chose de peu ordinaire.</p>
<p>La séquence récente a ravivé cette lecture. Après plus de deux ans au ministère de la Culture, Rachida Dati a quitté le gouvernement le 25 février 2026 pour se consacrer à la bataille municipale parisienne. Quelques semaines plus tard, Emmanuel Grégoire l’a emporté au second tour, prolongeant l’ancrage de la gauche dans la capitale.</p>
<p>Cette défaite, pourtant, ne réduit pas sa portée. Elle la clarifie. Car Rachida Dati reste moins importante par ce qu’elle représente électoralement à un moment donné que par ce qu’elle continue de révéler sur la société française. Elle est l’une des figures à travers lesquelles se lit la difficulté du pays à considérer comme ordinaires certaines formes de réussite, de représentation et d’autorité.</p>
<p>On objectera, à raison, que la France a changé. Que d’autres figures ont émergé. Que l’accès aux institutions n’est plus ce qu’il était il y a trente ans. Tout cela est vrai. Mais ce n’est pas encore la vraie question. La vraie question est plus exigeante : ces trajectoires sont-elles devenues banales dans l’imaginaire national, ou demeurent-elles des cas que l’on célèbre précisément parce qu’ils restent rares, visibles et partiellement exceptionnels ?</p>
<p>C’est ici que Rachida Dati cesse d’être seulement un sujet politique pour devenir un test démocratique. Une démocratie mûre ne se contente pas d’ouvrir des portes. Elle cesse de regarder comme extraordinaires ceux qui les franchissent.</p>
<p>Et c’est peut-être là que se situe encore l’inachèvement français : dans cette difficulté à transformer la diversité admise en diversité ordinaire, la réussite possible en réussite banale, et l’exception admirée en légitimité pleinement reconnue.</p>
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		<title>Le Maroc face au retour du risque pétrolier</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 10:04:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La crise autour de l’Iran ne pose pas seulement une question de sécurité régionale. En remettant le détroit d’Ormuz au centre des tensions, elle réactive un risque majeur pour les économies importatrices d’énergie. Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas militaire. Il est énergétique, commercial et inflationniste. Le point décisif est connu : environ 20 % &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>La crise autour de l’Iran ne pose pas seulement une question de sécurité régionale. En remettant le détroit d’Ormuz au centre des tensions, elle réactive un risque majeur pour les économies importatrices d’énergie. Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas militaire. Il est énergétique, commercial et inflationniste.</strong></h3>
<p>Le point décisif est connu : environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz transitent par le détroit d&rsquo;Ormuz. À cette échelle, il ne s’agit plus d’un simple passage maritime, mais d’un nœud systémique. Sa fragilisation transforme immédiatement une crise régionale en contrainte économique globale.</p>
<p>Pour le Maroc, l’exposition est directe. Le Royaume importe environ 90 % de ses besoins énergétiques. Dans ces conditions, une hausse durable du baril ne reste pas une variable externe abstraite. Elle  devient une charge supplémentaire sur la facture énergétique, puis sur les équilibres extérieurs.</p>
<p>Le contexte récent avait plutôt offert un répit relatif. Les données de l’Office des Changes montrent qu’en janvier 2026, les recettes voyages ont progressé de 19,3 % pour atteindre 11,659 milliards de dirhams, tandis que le déficit commercial a augmenté de 5,1 % sur un an. Cette configuration montre à la fois l’existence d’amortisseurs extérieurs et la fragilité persistante de l’équilibre commercial.</p>
<p>Si la tension autour d’Ormuz devait durer, trois effets sont à anticiper. Le premier est commercial. Une énergie plus chère alourdit mécaniquement les importations et pèse sur la balance extérieure. Le deuxième est inflationniste. Le renchérissement du pétrole se diffuse vers les carburants, le transport, la logistique et, à terme, vers certains prix intérieurs.<br />
Le troisième est plus structurel : la réduction des marges de manœuvre. Un choc énergétique prolongé n’entraîne pas toujours une rupture brutale ; il agit souvent par érosion, en compliquant les arbitrages budgétaires, extérieurs et monétaires.</p>
<p>Le Maroc dispose certes d’amortisseurs. Les avoirs officiels de réserve couvraient début mars 2026 un peu plus de cinq mois d’importations de biens et services, selon Bank Al-Maghrib. Les recettes extérieures offrent elles aussi un soutien utile. Mais ces leviers ne suppriment pas la vulnérabilité. Ils permettent surtout d’absorber un choc court, non d’annuler les effets d’une tension durable sur l’énergie. ￼</p>
<p>C’est en cela que la crise prend une signification plus large. Elle rappelle que la dépendance énergétique ne relève pas uniquement d’une politique sectorielle. Elle touche à la sécurité économique. Plus les routes énergétiques mondiales deviennent incertaines, plus la réduction de l’exposition aux hydrocarbures importés devient un impératif stratégique.</p>
<p>La lecture marocaine du moment est donc nette. Le Royaume ne fait pas face à une menace militaire directe. Mais il reste exposé à un choc de flux dont les effets se lisent d’abord dans l’énergie, puis dans les prix, enfin dans les équilibres extérieurs. Dans ce type de crise, ce que le Maroc n’encaisse pas sur le terrain se traduit, tôt ou tard, dans ses équilibres énergétiques et extérieurs. ￼</p>
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		<title>L&#8217;escalade au Moyen-Orient jusqu&#8217;où mènera-t-elle ?</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 16:58:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Jusqu’où mènera l’affrontement entre Américains, Israéliens et Iraniens, et quand prendra-t-il fin? Par quel moyen et sous l’impulsion de qui cette escalade pourra-t-elle être stoppée?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph"><strong>Ces interrogations pèsent lourd dans la partie de «Scrabble» qui se joue à l’échelle de la diplomatie mondiale. Pour l’heure, nul ne semble détenir la réponse, ni posséder la clé permettant de déchiffrer l’issue ou d’anticiper les perspectives de ce conflit.</strong></h4>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">L’Amérique de Donald Trump est sur le fil du rasoir. Elle s’est vue opposer un refus catégorique de la part des Européens quant à une participation à la guerre. Leur logique est la suivante: Donald Trump et Benjamin Netanyahu l’ont commencée sans les prévenir. C’est à eux de la terminer sans les impliquer.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Le président américain se trouve dans une situation étrange. Il a décapité la tête du régime iranien, affaibli son arsenal militaire, mais sans le faire chuter et sans le priver de ses capacités de nuisance, comme le montrent les projectiles qui continuent de pleuvoir sur les pays du Golfe et sur Israël. Donald Trump est au milieu d’une équation à plusieurs inconnues. Il ne peut ni crier victoire et se retirer sous peine d’être désavoué par la réalité du terrain, ni continuer cette aventure militaire sous peine d’accentuer le chaos économique mondial.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Il faut dire que Donald Trump est entré dans cet Orient compliqué avec des idées d’une désarmante simplicité. Avec le précédent vénézuélien, où les forces spéciales américaines ont pu capturer facilement le président Nicolas Maduro et installer dans la foulée Delcy Rodriguez, plus compatible avec les intérêts US, il pensait qu’il pouvait aisément appliquer ce modèle à la crise iranienne. Or, aucune «Delcy Rodriguez» ne pointe à l’horizon.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">La première phase de la décapitation du régime a été couronnée de succès, mais la seconde étape consistant à changer la direction ou le régime lui-même tarde à se concrétiser. Les capacités de résistance de l’Iran ont été sous-évaluées et le choix de leurs cibles semble avoir pris Donald Trump de court. Dans une étonnante confession, le président américain avait reconnu que son administration ne s’attendait pas à ce que les Iraniens s’attaquent aux pays du Golfe et bloquent le très vital détroit d’Ormuz. On peut se demander si cette naïveté diplomatique était réelle ou simplement feinte dans un contexte de guerre où la prudence impose de tout anticiper. Gouverner, c’est prévoir.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Donald Trump a demandé en vain l’aide de l’Europe et de l’OTAN. Les deux structures lui ont opposé la même réponse. On ne monte pas dans un train qui ne va nulle part sans couverture légale internationale. Ces deux refus laisseront des traces dans la relation transatlantique déjà malmenée par Trump. Le président américain fera sans doute payer à l’Europe sa non-assistance militaire. La revanche à venir aura probablement pour terrain la guerre entre l’Ukraine et la Russie qui se déroule sur le sol européen. Le pari est qu’il fera payer à l’OTAN sa passivité dans la guerre qu’il mène à l’Iran en réalisant un vieux «rêve américain»: le désengagement US de l’Alliance atlantique, jugée inutile désormais.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">L’autre mystère est l’attitude des pays du Golfe. Jusqu’à présent, ces pays ont pratiqué une forme de patience stratégique. Leurs réactions se sont limitées à des postures défensives. En activant les accords de coopération militaire qu’ils avaient signés avec certains pays européens, ils ont réussi à minimiser les dégâts. Mais avec une guerre qui s’intensifie et le choix de cibles stratégiques telles que les infrastructures énergétiques et les unités de dessalement d’eau de mer, une ressource devenue extrêmement rare dans la région, la posture défensive risque de ne plus être suffisante.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">L’idée que ces pays du Golfe puissent participer de manière offensive à cette guerre pourra en changer et la physionomie et les enjeux. La retenue actuelle s’explique par deux facteurs essentiels. Le premier est de ne pas tomber dans le piège iranien qui n’aurait d’autres choix que la politique de la terre brûlée. Ceci d’autant qu’ils ont bâti des modèles de développement reposant sur la stabilité. Le second facteur est de ne pas donner l’impression de réaliser les desseins politiques de l’agenda israélien dans la région.</p>
<p class="default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph">Dans cette configuration, les pays européens et ceux du Golfe semblent partager les mêmes appréhensions. Ils en ont rejeté l’initiative et ne veulent pas en assumer les conséquences.</p>
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		<title>Fausses vidéos, vraies manipulations : le nouveau choc de l’information</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:39:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Deepfakes, rumeurs virales, faux contenus : de l’Europe au Maroc, la désinformation change de nature. Elle ne cherche plus seulement à tromper. Elle cherche à capter la confiance et à provoquer une réaction avant même que la vérification n’ait commencé.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En février 2026, la Banque d’Italie a mis en garde contre la circulation de faux articles, images et vidéos utilisant l’image de son gouverneur, Fabio Panetta, pour promouvoir de prétendus placements financiers. L’institution a précisé que ces contenus étaient fabriqués et, dans de nombreux cas, produits à l’aide de techniques de deepfake, saisissant au passage la justice.</p>
<p>Quelques jours plus tard, au Maroc, le ministère de l’Intérieur a démenti une prétendue note, diffusée sur les réseaux sociaux et certains sites, qui évoquait un soi-disant phénomène d’enlèvements d’enfants dans les écoles. L’information était fausse, mais elle a suffisamment circulé pour nécessiter une prise de parole officielle.</p>
<p>Ces deux épisodes n’ont pas de lien direct. Mais ils révèlent une évolution commune : le faux ne vise plus seulement à être cru. Il vise à produire un effet immédiat là où la confiance est la plus forte — la finance, l’autorité publique, l’école, la sécurité des familles.</p>
<p>Pendant longtemps, une image, une vidéo ou une voix pouvaient servir de preuve spontanée. Aujourd’hui, un visage peut être imité, une voix clonée, une scène entièrement reconstruite. Le problème n’est donc plus seulement la circulation de contenus faux. Le problème est que le vrai lui-même devient plus difficile à établir. Cela rejoint le diagnostic porté par l’UNESCO, qui évoque une crise de la connaissance face aux deepfakes et aux usages trompeurs de l’IA générative.</p>
<p>Le sujet n’a plus rien de périphérique. Dans son Global Risks Report 2026, le Forum économique mondial classe la mésinformation et la désinformation au deuxième rang des risques à deux ans. Le rapport souligne aussi que les effets négatifs de l’IA figurent parmi les risques qui progressent le plus fortement à l’horizon de dix ans. Nous ne sommes donc plus face à un simple dérèglement des réseaux sociaux, mais à un risque stratégique pour les sociétés, les institutions et les économies.</p>
<p>L’exemple italien montre comment le faux peut attaquer la confiance économique. Lorsqu’une banque centrale doit prévenir que des vidéos truquées utilisent l’image de son gouverneur pour vendre de faux placements, ce n’est pas seulement une escroquerie de plus. C’est aussi une mise à l’épreuve de la crédibilité institutionnelle.</p>
<p>L’exemple marocain montre autre chose : le faux peut aussi toucher la sécurité émotionnelle d’une société. Une rumeur liée aux enfants et à l’école circule plus vite parce qu’elle touche à la peur, à la proximité, à la famille. Elle n’a pas besoin d’être vraie pour produire des effets réels. Elle précède souvent la vérification et place les institutions dans une position défensive. Là encore, il s’agit d’une lecture analytique, mais elle est directement éclairée par la nature de la fausse note démentie par le ministère de l’Intérieur.</p>
<p>C’est là que commence le véritable choc de l’information. Le faux ne concurrence plus seulement le vrai. Il le devance, l’épuise, l’oblige à se justifier. Les institutions passent davantage de temps à démentir, corriger, rassurer, rétablir. D&rsquo;où les alertes internationales sur la désinformation et les deepfakes.</p>
<p>La réponse ne peut donc pas être uniquement technique. Les outils de détection seront nécessaires, mais ils ne suffiront pas. Le défi est aussi éducatif, culturel et institutionnel. Une société résiste mieux au faux lorsqu’elle dispose de circuits de parole crédibles, de médias capables de vérifier vite et d’institutions qui parlent clairement. Cette conclusion prolonge les constats de l’UNESCO sur la crise du savoir et ceux du Forum économique mondial sur la montée du risque informationnel.</p>
<p>Pour le Maroc, l’enjeu est clair : protéger non seulement les données ou les plateformes, mais aussi la chaîne de confiance entre institutions, médias et citoyens. Dans un espace saturé de contenus, la crédibilité devient un actif stratégique. Elle ne se proclame plus. Elle se démontre, se défend et s’entretient. Cette dernière séquence est une lecture stratégique fondée sur le cas marocain récent et sur l’évolution internationale du risque. ￼</p>
<p>Le danger n’est plus seulement que le faux circule. Le danger est qu’il arrive le premier, qu’il frappe plus vite et qu’il use la confiance avant même que le vrai n’entre en scène. C’est désormais là que se joue l’équilibre de nos sociétés.</p>
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		<item>
		<title>GITEX Africa : le Maroc face au test de la cohérence numérique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[omarb]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 14:33:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le Maroc a ses actifs. Il lui reste à les transformer en système

Tenu sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, GITEX Africa Morocco n’est plus, pour le Maroc, un lieu de découverte. C’est devenu un test de cohérence. Le Royaume n’y vient plus pour constater l’accélération technologique du monde, mais pour mesurer sa propre capacité à convertir des acquis réels en levier de compétitivité. Avec Digital Morocco 2030, l’orientation est désormais posée : le numérique doit cesser d’être un registre de modernisation déclarative pour devenir un instrument de transformation économique et administrative.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 14pt;"><em>Le Maroc a ses actifs. Il lui reste à les transformer en système</em></span></p>
<p><span style="font-size: 14pt;"><em>Tenu sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, GITEX Africa Morocco n’est plus, pour le Maroc, un lieu de découverte. C’est devenu un test de cohérence. Le Royaume n’y vient plus pour constater l’accélération technologique du monde, mais pour mesurer sa propre capacité à convertir des acquis réels en levier de compétitivité. Avec Digital Morocco 2030, l’orientation est désormais posée : le numérique doit cesser d’être un registre de modernisation déclarative pour devenir un instrument de transformation économique et administrative.</em></span></p>
<p>Le pays aborde cette séquence avec une base déjà constituée. L’équipement des ménages, la diffusion du smartphone et la généralisation de l’accès à Internet montrent que le numérique s’est installé dans les usages. Le sujet n’est donc plus l’entrée dans le digital. Il est le passage d’un usage diffus à une création de valeur plus structurée. C’est là que commence la vraie question économique : comment transformer une présence massive des outils en gains de productivité, en capacité d’innovation et en efficacité institutionnelle.</p>
<p>Dans cette lecture, Benguerir occupe une place centrale. Autour de l’UM6P, plusieurs éléments décisifs sont déjà réunis : Ai Movement, le College of Computing et le supercalculateur Toubkal. Cet ensemble donne au Maroc un point d’appui identifiable dans l’intelligence artificielle, la formation avancée et le calcul de haute performance. Le constat est important, car il change la nature du débat. Le Maroc n’en est plus à chercher un ancrage. Il en possède un. La question est désormais de savoir si cet ancrage peut produire un effet d’entraînement au-delà de son périmètre immédiat.</p>
<p>Les projets engagés confirment cette montée en charge. Supercomputing Africa 2025 a donné à Benguerir une visibilité continentale sur le calcul intensif. Le joint AI Lab entre l’UM6P et Syensqo a ouvert un lien concret entre recherche et applications industrielles. Les premières initiatives autour du cloud local et de la souveraineté des infrastructures complètent ce mouvement. Ces avancées comptent. Mais elles mettent aussi en lumière la limite actuelle : le Maroc progresse dans l’accumulation de briques, plus vite qu’il ne progresse dans leur articulation. Le Maroc dispose déjà d’un écosystème. Il ne dispose pas encore d’une chaîne de valeur pleinement lisible.</p>
<p>Le même constat vaut pour la formation. Le supérieur marocain a atteint une masse critique, et les programmes d’initiation au numérique se diffusent plus tôt dans les parcours. Le capital humain s’élargit. C’est un acquis. Mais, sur le plan économique, un capital ne vaut réellement que lorsqu’il est orienté. La question n’est donc pas seulement celle du nombre d’étudiants, d’enseignants formés ou d’initiatives lancées. Elle est celle de la continuité entre l’apprentissage, la spécialisation, l’emploi, l’entrepreneuriat et l’usage productif. Sans cette continuité, la compétence reste un stock. Elle ne devient pas encore une force organisée.</p>
<p>Dans ce paysage, Amal El Fallah Seghrouchni apporte au dossier marocain une crédibilité scientifique identifiable. Son parcours en intelligence artificielle distribuée et sa présence dans des espaces internationaux de recherche donnent de la densité à la parole publique sur ces sujets. Cet atout est réel. Mais il ne dispense pas du critère décisif. Dans les secteurs technologiques, la qualité des profils ne vaut que si elle se traduit en arbitrages clairs, en priorités assumées et en résultats observables. La crédibilité du pilotage ne se juge pas à son niveau académique ; elle se juge à sa capacité à produire de la cohérence.</p>
<p>Cette exigence devient plus forte encore quand on replace le Maroc dans l’environnement mondial. Nvidia, Microsoft, Google, AWS, OpenAI ou Mistral AI structurent déjà une grande partie des infrastructures, des modèles et des usages. Dans ce cadre, la question pour le Royaume n’est ni théorique ni symbolique. Elle est pratique : que faut-il intégrer, que faut-il développer localement, que faut-il maîtriser directement, et sur quels segments faut-il réduire la dépendance ? La compétition ne porte plus sur l’accès nominal à la technologie. Elle porte sur la capacité à l’inscrire dans une stratégie d’usage, de production et de positionnement.</p>
<p>C’est à cette aune qu’il faut lire GITEX. Non comme une vitrine supplémentaire, mais comme un révélateur. Le Maroc dispose aujourd’hui d’une stratégie nationale, d’un site structurant, d’infrastructures, de projets, d’un système de formation massif et d’une parole publique mieux armée qu’auparavant. Le sujet n’est donc plus l’existence des briques. Le sujet est la qualité de leur assemblage. Toute l’évaluation sérieuse du moment numérique marocain tient désormais dans cette question simple : le pays saura-t-il relier ses initiatives en système, ou continuera-t-il à les additionner sans leur faire produire tout leur effet ?</p>
<p>Conclusion</p>
<p>Le débat marocain sur le numérique a changé de nature. Il ne porte plus sur l’opportunité d’entrer dans la transformation. Cette entrée a déjà eu lieu. Il porte désormais sur la capacité à ordonner, hiérarchiser et convertir.</p>
<p>Le Maroc dispose d’actifs réels : une stratégie, un site d’ancrage, des infrastructures, des projets industriels, un vivier de compétences et une base d’usage déjà large. Le problème n’est plus l’absence de matière. Il est la mise en cohérence de l’ensemble.</p>
<p>GITEX ne crée pas cette cohérence. Il la met à l’épreuve. Et c’est à ce niveau que le moment numérique marocain doit être jugé : non à la qualité de la vitrine, mais à la capacité à faire système ; non à l’accumulation des initiatives, mais à leur transformation en chaîne de valeur ; non à l’intensité du discours, mais à la preuve d’une capacité d’organisation.</p>
<p>Références</p>
<p>[1] Ministère de la Transition numérique, Digital Morocco 2030<br />
[2] Ministère de la Transition numérique, GITEX Africa Morocco<br />
[3] ANRT, Usages des TIC au Maroc, 2023<br />
[4] Ministère de l’Enseignement supérieur, Chiffres 2024-2025<br />
[5] UM6P / Ai Movement<br />
[6] UM6P / Supercalculateur Toubkal<br />
[7] Supercomputing Africa 2025, Benguerir<br />
[8] UM6P – Syensqo Joint AI Lab<br />
[9] Biographie officielle Amal El Fallah Seghrouchni</p>
<p>⸻</p>
<p>Bloc SEO</p>
<p>Titre SEO<br />
GITEX Africa : le Maroc face au test de la cohérence numérique</p>
<p>Méta-titre<br />
GITEX Africa : le Maroc doit transformer ses actifs numériques en système</p>
<p>Méta-description<br />
À l’heure de GITEX Africa, le Maroc dispose déjà d’actifs numériques réels : Benguerir, UM6P, IA, formation, infrastructures. L’enjeu n’est plus l’intention, mais la cohérence productive.</p>
<p>Slug<br />
g<br />
itex-africa-maroc-coherence-numerique</p>
<p>Mots-clés SEO<br />
GITEX Africa, Maroc numérique, Digital Morocco 2030, Benguerir, UM6P, intelligence artificielle Maroc, Toubkal, Ai Movement, transformation numérique Maroc, souveraineté numérique</p>
<p>Chapô SEO / accroche web<br />
Le Maroc n’est plus au stade de la découverte numérique. Entre stratégie nationale, infrastructures, formation et projets industriels, l’enjeu de GITEX Africa n’est plus la vitrine, mais la capacité à faire système.</p>
<p>Intertitres SEO compatibles</p>
<p>&nbsp;</p>
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