Décryptages

Le patron de la DGED, Yassine, Mansouri, révèle des détails de l’approche antiterroriste du Maroc

Détaillant l’approche marocaine en matière de lutte contre le terrorisme dans ses aspects sécuritaires, religieux et socio-économiques, lors d’une réunion mardi de haut niveau du Comité contre le terrorisme (CTC) relevant du Conseil de Sécurité de l’ONU, le patron des services marocains a fourni des informations précises sur les cellules démantelées et sur les Marocains ayant rallié les mouvances terroristes en Irak et en Syrie, ainsi que sur la collusion avérée du Polisario avec les mouvances terroristes s’activant sur l’axe Alger-Bamako-Niamey.

Le Maroc, a-t-il souligné, a aidé bien des pays à faire échouer des attentats terroristes, notamment les Etats-Unis, la France, la Belgique et l’Espagne, sans compter sa contribution, à l’échelon régional, aux efforts de mise hors d’état de nuire des Ansar Eddine (opération militaire française, nommée Serval, en 2013, au nord du Mali).

Depuis 2005, a rappelé M. Mansouri, les autorités marocaines ont réussi à démanteler des réseaux terroristes opérés par des membres d’AQMI basés au Sahel, dont les plus actifs sont les structures dénommées "Fath Al Andalous" (2008), "Al Mourabitoune Al Joudoud" (2009), composé de membres du "Front Polisario" et la structure d’Amgala (2011), dont le démantèlement a permis la saisie d’un arsenal d’armes qui allait être utilisé contre des intérêts nationaux et internationaux.

Pour le patron de la DGED, la menace terroriste émanant de la région Sahélo-Saharienne est aujourd’hui exacerbée par des alliances entre AQMI et le polisario, ainsi que par d’autres groupes terroristes, dont le +MUJAO+, +Boko Haram+, +Al Chabab Islami+ en Somalie et +Ansar Acharia+ en Tunisie et en Libye.

"Les services de sécurité marocains ont fourni à leurs homologues occidentaux des renseignements extrêmement importants au sujet de la spectaculaire prise d’otages perpétrée, en janvier 2013, sur le site gazier Aïn Amenas, au sud de l’Algérie, par le groupe du terroriste Belmokhtar +Les signataires par le sang+", a révélé M.Mansouri, regrettant toutefois un déficit de coopération au regard des menaces terroristes qui guettent cet ensemble géographique et son voisinage immédiat, la région Sahélo-Saharienne.

Mettant en avant la stratégie multidimensionnelle du royaume en matière de lutte antiterroriste, M. Mansouri a relevé que celle-ci ne s’appuie pas uniquement sur l’aspect sécuritaire, mais va au-delà pour trouver son expression dans une stratégie religieuse et spirituelle aboutie, visant la diffusion d’un Islam qui prône les valeurs de tolérance, d’altérité et du juste milieu en toute chose, ainsi qu’à travers un développement socio-économique inclusif qui place l’individu au cœur de ses préoccupations.

Sur le projet expansionniste de l’Etat islamique en Irak et en Syrie, le patron de la DGED a révélé qu’ils seraient au nombre de 1.193, dont 216 ex-détenus islamistes, 251 d’entre eux ayant trouvé la mort dans les combats ou dans des attentats suicide (219 en Syrie et 32 en Irak), ajoutant que 500 autres attendraient aujourd’hui la moindre occasion pour aller grossir les rangs de l’organisation terroriste d’Abou Bakr Al Baghdadi.

Mais, a-t-il indiqué, le Maroc a procédé à un renforcement drastique de son dispositif de contrôle policier et un verrouillage de son arsenal juridique antiterroriste.

"Je souhaite réitérer depuis cette tribune que mon pays, conformément à ses traditions et convictions, demeure entièrement engagé dans tout effort multilatéral ou bilatéral visant à combattre le fléau du terrorisme dans toutes ses formes", a-t-il dit.

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