Centrafrique: des experts de l’ONU s’élèvent contre l’évacuation précipitée des musulmans
Le gouvernement de Bangui s’est opposé à l’évacuation de quelque 1.300 membres de la minorité musulmane menacés par les milices anti-balaka, estimant que leur départ revenait à quasiment vider la capitale de ses derniers musulmans.
Lundi dernier, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés a évacué plus de 90 musulmans de Bangui à Bambari (centre) afin qu’ils échappent aux exactions et aux violences dont ils sont victimes.
"Les évacuations doivent être décidées au cas par cas, avec le plein consentement des personnes concernées. Il est important que chacun ait le droit de décider de rester ou d’être évacué avec la garantie d’un retour dans la sécurité et la dignité", a déclaré M. Beyani.
Mme Izsak a de son côté fait part de son inquiétude face à la situation des personnes déplacées, en majorité de confession musulmane, et réclamé la protection des droits des minorités.
"Une évacuation ne doit être entreprise que si elle est absolument nécessaire pour sauver des vies et ne doit engendrer qu’un déplacement à court terme, avec une perspective de retour dans le foyer", a-t-elle insisté.
Le sud de la Centrafrique s’est presque vidé de ses populations musulmanes qui ont dû fuir les exactions des milices anti-balaka. Ces groupes armés à dominance chrétienne disent vouloir venger leurs coreligionnaires, majoritaires dans le pays, des sévices infligés par l’ex-rébellion Seleka lorsqu’elle était au pouvoir l’an dernier.
Des dizaines de milliers de musulmans ont ainsi gagné soit le nord du pays, soit les pays voisins.




