Polygamie en série dans le gouvernement marocain
Au-delà de cet étonnant feuilleton sentimental, l’affaire a relancé l’épineux débat sur la polygamie au Maroc, officiellement peu répandue, mais toujours légale (jusqu’à quatre femmes). Depuis la réforme du code de la famille (la Moudawana), en 2004, les conditions ont été durcies : l’homme doit notamment obtenir l’autorisation d’un tribunal, mais aussi de sa première épouse, pour prendre une nouvelle femme. Selon les chiffres du ministère de la justice, les mariages polygames n’ont représenté que 0,26 % de toutes les unions célébrées en 2013, soit moins de 800.
« Dans le gouvernement marocain, le pourcentage monte à 6 % », notait non sans ironie l’agence EFE. Il s’agit en effet du deuxième ministre polygame au sein du gouvernement islamiste modéré PJD, le ministre de la justice, Mustafa Ramid, ayant également deux épouses. Pas de quoi améliorer les relations entre le gouvernement et les associations de défense des droits des femmes, qui militent pour l’interdiction de la polygamie. En 2014, le premier ministre, Abdelilah Benkirane, s’était attiré les foudres des militantes en louant « le rôle sacré » de la femme dans les foyers, les comparant à des « lustres » illuminant nos maisons.




