Abdelfatah al Sissi cible l’aile militaire du Hamas
La Situation sécuritaire au Sinaï qui se dégradait de jour en jour avec les derniers attentats contre les forces de l’ordre qui ont fait trente morts ont changé la donne et aggravé l’humeur belliqueuse de Sissi contre le Hamas dont la branche armée est accusé de soutenir l’insurrection dans cette région. La décision de la justice égyptienne de la classer comme organisation terroriste s’est accompagnée par de déclarations très viriles de Sissi sur sa détermination à mener une "longue et difficile " lutte contre les jihadistes. La réaction du Hamas était prévisible. Le mouvement l’avait qualifié de "dangereuse décision politique qui ne sert que les intérêts de l’occupant" israélien. Un de ses portes paroles Sami Abou Zouri clarifie davantage la position du mouvement :" Nous refusons que le nom des Brigades Qassam soit mêlé aux affaires internes de l’Egypte".
Le Sinaï s’est imposée aux autorités égyptiennes comme le grand cauchemar sécuritaire du moment. Il est vrai que de temps en temps quelques attentats confectionnés souvent de manière artisanale frappent des villes égyptiennes comme le Caire et visent des membres de la sécurité, mais l’essentiel de l’activité terroriste trouve refuge dans ce vaste territoire frontalier à Israël. Le mouvement Ansar Beit Al Maqdess, présenté comme la branche égyptienne de l’organisation terroriste transnationale l’Etat Islamique y a élu ses quartiers et s’y livre régulièrement à des actions .
Les actions terroristes des groupes jihadistes au Sinaï sont autant de défis qui narguent régulièrement le président Sissi. Le nouveau rais égyptien avait bâti toute sa crédibilité sur sa capacité à déployer une politique d’éradication à l’encontre des organisations terroristes. S’il échoue dans cette mission, les Egyptiens qui l’ont porté aux nues, lui tiendront rigueur. D’autant plus qu’en ciblant de cette manière le Hamas, l’Egypte abandonne son statut d’éternel médiateur dans l’éternel conflit conflit entre israéliens et palestiniens.
Ce conflit militaire ouvert entre Sissi et Hamas aura d’immenses conséquences politiques. Pour le Hamas, qui contrôle toujours la bande de Gaza malgré la réconciliation nationale palestinienne, son unique voie de communication avec le monde passe par l’Egypte. Sa grande crainte est que les autorités égyptiennes ne puissent exploiter ce ciblage de sa branche armée pour régler des comptes politiques, procéder à des arrestations abusives de Palestiniens sous le prétexte d’avoir des sympathies pour Ansar Beit Al Maqdess.
La position de la justice égyptienne à l’encontre de la branche armée du Hamas est de nature à conforter les autorités israéliennes dans leur guerre contre ce mouvement. Elle valide la campagne internationale de Tel Aviv pour mettre à l’index le Hamas comme mouvement terroriste et rend encore plus audible la demande des autorités européennes de cibler le Hamas et de le ranger sur la liste des organisations terroristes.




