France : course à la fermeté entre la droite et la gauche
Dans cette bagarre politique qui met en scène une grande confrontation symbolique, la gauche ne veut pas être à la traîne. Longtemps accusée d’amateurisme et d’angélisme, elle sait que la future bataille présidentielle se jouera sur la sécurité et l’identité. Le contexte social et sécuritaire, national et international, marqué par l’explosion du phénomène migratoire et de la menace terroristes, impose un agenda, des priorités et une certaine tonalité politiques. Elle ne veut pas laisser le monopole de le fermeté et de la détermination à univers de la droite. La gauche veut se montrer elle aussi intraitable sur des thématiques qui constituent les sources d’angoisse des Français.
Mais les solutions qu’elle propose et l’aval du premier ministre Manuel Valls ont de fortes chances de provoquer des grincements de dents au sein de l’autre gauche qui voit dans la course sur les traces de l’extrême droite un reniement total des valeurs de la république qui n’apportera aucune victoire. Bien au contraire, cette imitation qui vaut validation pour les thèses de l’extrême droite, est la meilleure manière de baliser le terrain pour le retour de la droite. Les Français pourront toujours arguer de l’adage selon lequel l’original est toujours mieux que la copie.
La gauche au gouvernement est prise en tenaille entre une pression politique à droite pour étoffer son arsenal répressif et une interpellation permanente à gauche de ne pas céder sur les fondamentaux républicaines. La faillite sondagière de François Hollande montre, entres autres défaut, l’incapacité du président de la république à incarner l’esprit de synthèse dont il avait le légendaire secret pendant ses longues années de premier secrétaire du parti socialiste. Aujourd’hui le contexte mouvant lui impose des attitudes clivantes qui multiplient les adversités et renforcent les concurrences. Au sein de ce qui est présenté comme la famille de gauche, François Hollande est défié sur sa droite par un jeune ambitieux aux dents longues, Emmanuel Macron et sur sa gauche par Arnaud Montebourg, l’amer ex ministre du redressement productif. Entre ces deux icônes, François Hollande peinera sans aucun doute a exister et à être audible.




