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Pour Macron, « certains » devraient chercher du travail « au lieu de foutre le bordel »

Lors de l’inauguration d’un campus à Égletons, en Corrèze, Emmanuel Macron s’est agacé de voir les salariés de GM&S, accompagnés de plusieurs élus locaux, l’attendre sur place pour l’interpeller sur la situation de leur entreprise. Le chef de l’Etat s’adresse alors à Alain Rousset, le président de la région Nouvelle Aquitaine: "Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire", s’est agacé le chef de l’Etat, faisant référence à la fonderie voisine Constellium d’Ussel.

Une petite phrase incendiaire, dans un climat social tendu après la promulgation des ordonnances réformant le code du Travail. Le porte-parole du président, Bruno Roger-Petit, a dénoncé une citation "tronquée" et "sortie de son contexte".

Après plusieurs "petites phrases" polémiques, cette nouvelle sortie du président de la République a déclenché un tollé immédiat. Mercredi soir, l’Elysée a tenté en vain de désamorcer la crise. Mais les réactions pleuvent, venues aussi bien du Front national que du Parti socialiste et de la France insoumise.

Sur Twitter, la députée Les Républicains (LR) des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer et l’ex-numéro deux du Front national Florian Philippot ont dénoncé le « mépris » d’Emmanuel Macron.

Une accusation également portée par la députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain. "Cela traduit un grand mépris de classe. Il ne cesse d’avoir des phrases injustes pour les milieux populaires. Les salariés de GM&S se battent pour leur emploi. On ne peut pas leur dire simplement qu’ils sont des fainéants", a-t-elle déclaré sur LCI.

Olivier Faure, président du groupe Nouvelle gauche (ex-PS) à l’Assemblée nationale a quant à lui dénoncé sur Twitter "le mépris social pour les "illettrées", les "fainéants" et les "riens", et en même temps’ la compassion fiscale pour les grandes fortunes".

L’équipementier automobile GM&S Industry a été placé en liquidation judiciaire en juin. L’offre de reprise du groupe GMD, validée par le tribunal de commerce de Poitiers début septembre – la seule qui avait été soumise – prévoit de conserver 120 emplois sur les 277 du site de La Souterraine (Creuse). La Souterraine et Ussel sont distantes de près de 150 kilomètres.

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