Tunisie: 7 ans après la révolution, premier procès devant la justice transitionnelle
Aucun accusé n’était toutefois présent lors de cette première audience, qui s’est tenue dans une salle comble a constaté une journaliste de l’AFP.
Déjà condamné par contumace à plusieurs années de prison pour torture, Ben Ali vit en exil en Arabie saoudite.
"Nous voulons que ceux qui l’ont tué, torturé, soient jugés", a déclaré à l’AFP son épouse, Latifa. "Nous sommes passés par des années terribles. Le plus dur est de ne pas avoir sa dépouille (…). Mais il y a une joie aujourd’hui, parce que finalement la vérité va être dévoilée", a-t-elle ajouté.
"C’est un jour exceptionnel", a affirmé un avocat de la partie civile, Habib Kheder. "Nous savons une partie de la vérité mais il reste des choses à dévoiler", a-t-il toutefois relevé.
Des tentes ont été dressées devant le tribunal et plus de 150 personnes ont manifesté avant l’ouverture, scandant "Non à l’impunité", "Justice équitable = pays sécurisé".
Créée en 2014 pour solder les comptes des années de dictature mais aussi de la période ayant immédiatement suivi la révolution –jusqu’en 2013–, l’Instance Vérité et Dignité (IVD) a le pouvoir de renvoyer devant des tribunaux spécialisés les responsables présumés de viols, meurtres, tortures ou faits de corruption.
L’IVD, qui a subi entraves et divisions, a reçu plus de 62.000 dossiers et renvoyé à ce jour 32 cas devant les tribunaux spécialisés mis en place dans le cadre de la justice transitionnelle. Le dossier de Kamel Matmati est le premier à être jugé.
Outre Ben Ali, au pouvoir de 1987 à janvier 2011, 13 anciens ministres et hauts responsables sont poursuivis.
L’ancien dictateur et ses ministres sont jugés pour "participation à un homicide volontaire", les autres responsables sécuritaires pour "homicide volontaire sous la torture et disparition forcée".




